L'article CTD013 répond à une objection classique : où Jésus a-t-il rencontré Pierre et André pour la première fois ? Matthieu situe la rencontre en Galilée, Jean sur les bords du Jourdain. L'article démontre qu'il s'agit de deux étapes distinctes : une première rencontre en Judée (Jean), puis un appel définitif en Galilée (Matthieu). Les deux récits sont complémentaires, non contradictoires, et illustrent la progression graduelle de la vocation des disciples.
Jean 1.43 (Louis Segond S21) :
Le lendemain, Jésus décida de se rendre en Galilée. Il rencontra Philippe et lui dit: «Suis-moi.»
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
L'article CTD013, intitulé 'La rencontre de Jésus et Pierre ?', s'inscrit dans une série consacrée aux contradictions bibliques apparentes, et répond à une objection formulée sur le site islamland.com (référencée sous le numéro 38). La question posée est la suivante : où Jésus a-t-il rencontré Simon Pierre et André pour la première fois ? Deux passages évangéliques semblent en effet proposer des réponses différentes, voire contradictoires. D'un côté, l'Évangile selon Matthieu (4.18-22) situe cette rencontre au bord de la mer de Galilée, où Jésus interpelle Simon et André en train de pêcher et les invite à le suivre. La réponse des deux frères est immédiate : ils abandonnent leurs filets pour devenir ses disciples. De l'autre côté, l'Évangile selon Jean (1.40-42) décrit une première rencontre sur les rives du Jourdain, en Judée, peu après le baptême de Jésus. Dans ce récit, André, disciple de Jean le Baptiste, rencontre Jésus et amène ensuite son frère Simon auprès de lui. C'est à ce moment que Jésus lui donne le surnom de Pierre.
Matthieu 4.20 (Louis Segond S21) :
Aussitôt, ils laissèrent les filets et le suivirent.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
II
L'article propose une lecture attentive et contextuelle des deux passages pour démontrer qu'ils ne relatent pas le même événement, mais deux étapes distinctes dans la relation progressive entre Jésus et ses futurs disciples. Le premier épisode, raconté par Jean, correspond à une rencontre initiale et à une première reconnaissance de Jésus comme Messie, suscitée par le témoignage de Jean le Baptiste. À ce stade, Simon et André ne sont pas encore appelés à quitter leur vie quotidienne pour suivre Jésus de manière permanente. Ils retournent à leurs occupations habituelles après cet épisode fondateur. Le second épisode, décrit par Matthieu, intervient après que Jésus a décidé de se rendre en Galilée (Jean 1.43). C'est sur les bords du lac de Galilée que Jésus formule un appel explicite et exigeant : 'Suivez-moi, et je vous ferai pêcheurs d'hommes.' Cet appel implique une rupture radicale avec leur mode de vie antérieur et marque le début d'un engagement total dans le ministère de Jésus. Les deux frères laissent immédiatement leurs filets et le suivent. L'article insiste sur la cohérence interne de cette lecture : la progression de la relation entre Jésus et ses disciples est graduée.
Jean 1.40-42 (Louis Segond S21) :
André, le frère de Simon Pierre, était l'un des deux qui avaient entendu les paroles de Jean et qui avaient suivi Jésus.Il rencontra d'abord son frère Simon et lui dit: «Nous avons trouvé le Messie», ce qui correspond à Christ.Il le conduisit vers Jésus. Jésus le regarda et dit: «Tu es Simon, fils de Jonas, tu seras appelé Céphas», ce qui signifie Pierre.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
III
Une première rencontre, une première adhésion fondée sur la foi naissante, puis un appel définitif à un engagement total. Cette dynamique est caractéristique de la manière dont les Évangiles décrivent la formation du cercle des Douze. Loin d'être contradictoires, les deux récits sont donc complémentaires et s'éclairent mutuellement. L'article conclut que la prétendue contradiction disparaît dès lors que l'on tient compte du contexte littéraire et historique de chaque passage. Il ne s'agit pas de deux versions concurrentes d'un même événement, mais bien de deux moments successifs dans l'histoire de la vocation des disciples. Cette approche herméneutique, qui consiste à lire les Évangiles en tenant compte de leur complémentarité plutôt que de les opposer, est au cœur de la méthode utilisée dans l'ensemble de la série CTD. Pour approfondir le sujet, l'article renvoie à plusieurs annexes complémentaires : ANN010 sur les deux généalogies, ANN046 sur les exigences techniques d'édition du premier siècle, et surtout ANN021 sur les appels des disciples, qui traite en détail de la question des vocations dans les Évangiles. L'article s'inscrit dans une démarche apologétique rigoureuse, visant à répondre aux objections anti-chrétiennes avec des arguments exégétiques solides et accessibles à un large public.
La péricope 79 relate les nombreuses guérisons accomplies par Jésus en Galilée, autour de Capernaüm, en l'an 31. Face à des foules venues de tout Israël, Jésus guérit les malades et annonce le salut, demandant la discrétion. Matthieu relie ces événements à la prophétie d'Ésaïe 42.1-4 et y voit une révélation trinitaire. Sa renommée croissante contraste avec l'opposition grandissante des pharisiens jaloux de son influence sur le peuple.
Matthieu 12.15-21 (Louis Segond S21) :
Jésus le sut et s'éloigna de là. Une grande foule le suivit. Il guérit tous les maladeset leur recommanda sévèrement de ne pas le faire connaître,afin que s'accomplisse ce que le prophète Esaïe avait annoncé:Voici mon serviteur que j'ai choisi, mon bien-aimé qui a toute mon approbation. Je mettrai mon Esprit sur lui, et il annoncera la justice aux nations.Il ne contestera pas, il ne criera pas, et personne n'entendra sa voix dans les rues.Il ne cassera pas le roseau abîmé et n'éteindra pas la mèche qui fume encore, jusqu'à ce qu'il ait fait triompher la justice.Les nations espéreront en son nom.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
La péricope 79 intitulée 'Nombreuses guérisons en Galilée' s'inscrit dans la période comprise entre la deuxième et la troisième fête de Pâque, et se déroule dans la région de Capernaüm, au bord de la mer de Galilée, au cours de l'année 31 de notre ère. Cet épisode synoptique est principalement narré par Marc (3.7-12) et confirmé par Matthieu (12.15-21), tandis que Luc et Jean n'y contribuent pas directement dans cette péricope. Le récit décrit une période de grand succès pour le ministère public du Messie Jésus. Entouré de ses disciples, il se trouve sur les rives de la mer de Galilée, attirant des foules considérables venues non seulement de Galilée, mais aussi de toutes les régions d'Israël. La renommée de Jésus a largement dépassé les frontières de la Judée et de la Galilée, ce qui témoigne de l'ampleur extraordinaire de son ministère à ce stade de sa vie publique. Face à l'afflux massif de la foule, Marc rapporte que Jésus demande à ses disciples de maintenir une petite embarcation à sa disposition afin de ne pas être submergé par la multitude. Ce détail illustre à la fois la popularité croissante de Jésus et son organisation pratique dans l'exercice de son ministère. La foule voit en lui un grand libérateur, ce qui contraste fortement avec les conflits stériles et l'opposition délibérée que lui manifestent les autorités religieuses. L'article souligne la lourde responsabilité des chefs religieux de l'époque.
Esaïe 42.1-4 (Louis Segond S21) :
*Voici mon serviteur, celui que je soutiendrai,Il ne criera pas, il ne haussera pas le tonIl ne cassera pas le roseau abîméIl ne faiblira pas et ne se relâchera pas
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
II
Témoins directs des guérisons et de l'action de Dieu à travers Jésus, ils s'y opposent délibérément, alors même qu'ils sont censés promouvoir l'œuvre divine. Cette opposition est d'autant plus grave qu'elle est consciente et volontaire, et qu'elle conduit progressivement ces autorités vers des intentions meurtrières, comme le montrait la péricope précédente (PER078). Matthieu, fidèle à sa méthode d'écriture destinée à un public juif, établit un lien explicite avec la prophétie d'Ésaïe 42.1-4. Ce passage prophétique décrit le serviteur du Seigneur qui annonce la bonne nouvelle avec douceur et sans éclat. En citant ce texte, Matthieu montre que Jésus accomplit parfaitement les prophéties messianiques de l'Ancien Testament. Le commentaire relève également la présence de la Trinité dans cette citation : le Père qui parle, le Fils serviteur, et l'Esprit Saint. Cette argumentation trinitaire est pleinement adaptée aux lecteurs juifs de Matthieu, mais Marc, qui s'adresse plutôt à des Grecs et à des Gentils, a omis cette démonstration scripturaire, choisissant une narration plus directe et centrée sur les faits. Jésus, dans cet épisode, accomplit une double mission : il annonce le message du salut et guérit de nombreux malades. Cependant, il leur prescrit la discrétion.
Marc 3.7-12 (Louis Segond S21) :
Jésus se retira au bord du lac avec ses disciples. Une foule nombreuse le suivit, venue de la Galilée, de la Judée,de Jérusalem, de l'Idumée, de l'autre côté du Jourdain et des environs de Tyr et de Sidon; cette foule vint à lui car elle avait appris tout ce qu'il faisait.Il dit à ses disciples de tenir toujours à sa disposition une petite barque afin de ne pas être écrasé par la foule.En effet, comme il guérissait beaucoup de gens, tous ceux qui avaient des maladies se jetaient sur lui pour le toucher.Les esprits impurs, quand ils le voyaient, se prosternaient devant lui et s'écriaient: «Tu es le Fils de Dieu.»Mais il leur recommandait très sévèrement de ne pas le faire connaître.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
III
Cette injonction au silence s'explique par une préoccupation pastorale profonde : Jésus ne veut pas que la foule soit uniquement attirée par la dimension miraculeuse et temporaire des guérisons physiques, au détriment de la grâce éternelle du salut qu'il est venu apporter. Il cherche à orienter les cœurs vers l'essentiel, c'est-à-dire une relation authentique avec Dieu, plutôt que vers la recherche de bénédictions matérielles ou physiques. La célébrité grandissante du Messie Jésus a pour effet secondaire d'amplifier la jalousie et la haine des pharisiens. Ces derniers constatent avec amertume que le peuple, au lieu de se tourner vers eux, représentants légitimes de la Loi de Moïse, est irrésistiblement attiré par ce nouveau maître itinérant. Ce phénomène n'est pas nouveau : le ministère de Jean le Baptiste avait déjà ébranlé leur institution. Mais l'impact du ministère de Jésus prend une dimension sans précédent, que personne n'aurait pu anticiper, et qui va précipiter la confrontation entre Jésus et les autorités religieuses. En synthèse, cette péricope met en lumière plusieurs thèmes théologiques fondamentaux : l'accomplissement des prophéties messianiques, la nature trinitaire de l'œuvre de Dieu, la priorité du salut éternel sur les bénéfices temporels, et le contraste saisissant entre l'accueil populaire réservé à Jésus et le rejet institutionnel dont il est l'objet. Elle s'inscrit dans une dynamique narrative qui conduit progressivement vers l'intensification du conflit avec les autorités religieuses juives.
Jésus choisit douze disciples parmi ses suivants et leur attribue le titre d'apôtres, terme grec signifiant 'envoyé en mission'. Ce choix, effectué après une nuit de prière, correspond au nombre des tribus d'Israël. Les Douze reçoivent autorité pour guérir et proclamer le salut, constituant le fondement de l'Église future. L'article explore l'étymologie du terme, la prière de Jésus, la question de son omniscience et le cas de Judas Iscariote.
Marc 3.13-19 (Louis Segond S21) :
Il monta ensuite sur la montagne; il appela ceux qu'il voulait, et ils vinrent vers lui.Il en établit douze [auxquels il donna le nom d'apôtres,] pour qu'ils soient avec lui, et pour les envoyer prêcheravec le pouvoir [de guérir les maladies et] de chasser les démons.[Voici les douze qu'il établit:] Simon, qu'il appela Pierre;Jacques, fils de Zébédée, et Jean, frère de Jacques, auxquels il donna le nom de Boanergès, qui signifie «fils du tonnerre»;André; Philippe; Barthélémy; Matthieu; Thomas; Jacques, fils d'Alphée; Thaddée; Simon le Cananite;et Judas l'Iscariot, celui qui trahit Jésus.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
La péricope 80 (PER080) traite du choix des douze apôtres par Jésus, le Messie, événement majeur dans le développement de son ministère public en Galilée. Cet épisode se situe chronologiquement après le pèlerinage de Pâque à Jérusalem, aux alentours du 5 avril 31, dans la période comprise entre la deuxième et la troisième fête de Pâque. L'événement se déroule sur une montagne proche de Capharnaüm, en Galilée, avec un plateau en contrebas, selon la chronologie adoptée par Marc qui place cette nomination juste après les nombreuses guérisons opérées en Galilée. L'article s'appuie sur une approche synoptique, confrontant trois récits évangéliques parallèles : Matthieu 9.38 et 10.1-4, Marc 3.13-19, et Luc 6.12-16. L'évangile de Jean ne rapporte pas directement cet épisode. La méthodologie adoptée suit principalement la chronologie de Marc pour ordonner les événements. Un point central de cet article est l'étymologie et la signification du terme 'apôtre'. Issu du grec ancien ἀπόστολος (apóstolos), il désigne un 'envoyé chargé d'une mission'. Dans la Septante, version grecque de l'Ancien Testament, ce terme traduit l'hébreu shaliah, signifiant 'envoyé plénipotentiaire'.
Matthieu 9.38 (Louis Segond S21) :
Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers dans sa moisson.»
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
II
Le mot grec est composé de ἀπό (indiquant l'envoi, la mission) et de στέλλω (signifiant disposer, envoyer). Ces douze hommes deviennent ainsi des ambassadeurs du Royaume de Dieu, investis d'une autorité déléguée par Jésus lui-même, notamment le pouvoir de guérir les malades et de proclamer le message du salut. Le nombre douze n'est pas anodin : il correspond au nombre des tribus d'Israël, soulignant la dimension symbolique et eschatologique de cette institution. Ces apôtres sont choisis parmi un cercle plus large de disciples, et l'article renvoie à des annexes spécifiques (ANN021 et ANN022) pour expliquer les distinctions entre le premier appel des disciples en Judée, leur appel sur les rives de la mer de Galilée, et cette nomination officielle au titre d'apôtres. L'article insiste particulièrement sur la prière nocturne de Jésus avant ce choix, rapportée par Luc. Malgré sa nature divine, Jésus agissait toujours en harmonie avec le Père, illustrant ainsi l'unité de la Trinité (Père, Fils et Saint-Esprit). Cette prière soulève plusieurs interrogations théologiques : Jésus priait-il pour discerner la prochaine étape de son œuvre ? Pour connaître l'identité des hommes à choisir ? Pour implorer le soutien divin sur leur ministère futur ?
Actes des apôtres 5.13 (Louis Segond S21) :
Personne d'autre n'osait se joindre à eux, mais le peuple les tenait en grande estime.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
III
L'auteur propose que Jésus priait pour obtenir la confirmation divine de la liste des apôtres et pour qu'ils reçoivent les capacités nécessaires à leur mission après sa mort. La question de l'omniscience de Jésus est également soulevée, notamment en lien avec le cas de Judas Iscariote : Jésus savait-il que Judas le trahirait ? Était-il conscient de ses malversations financières ? L'article renvoie à l'annexe ANN032 consacrée à Judas Iscariote pour approfondir ces questions, sans entrer dans les détails ici. L'aspect organisationnel et structurel de cette nomination est également mis en valeur : la constitution du groupe des Douze représente une structuration de l'œuvre missionnaire, permettant de répondre aux nombreux besoins de la foule et de préparer la continuité du mouvement après la crucifixion. Ces apôtres recevront une formation spécifique auprès du Maître et constitueront un groupe reconnu et respecté par l'Église primitive, comme en témoigne le livre des Actes (Actes 5.13). Après la résurrection et la Pentecôte, ils seront considérés comme les piliers de l'Église, et leurs témoignages rédigés seront naturellement acceptés en raison de leur notoriété et de leur autorité apostolique. En résumé, cet article propose une étude rigoureuse et méthodique du choix des Douze, articulant exégèse synoptique, analyse lexicale, réflexion théologique sur la nature de Jésus et considérations ecclésiologiques, tout en renvoyant le lecteur à des ressources complémentaires pour approfondir les questions connexes.
La péricope 152 relate la guérison du démoniaque de Gadara, rapportée par Matthieu (8.28-34), Marc (5.1-20) et Luc (8.26-40). Jésus arrive sur le territoire de Gadara, rencontre des hommes possédés vivant parmi les tombes, et délivre les démons en les envoyant dans un troupeau de porcs qui se noient dans le lac. Cet épisode manifeste la puissance souveraine du Messie sur les forces démoniaques et son ministère s'étendant au-delà des frontières d'Israël.
Luc 8.26-40 (Louis Segond S21) :
Ils abordèrent dans le pays des Gadaréniens, qui est vis-à-vis de la Galilée.Lorsque Jésus fut descendu à terre, un homme de la ville vint à sa rencontre; il avait des démons depuis assez longtemps. Il ne portait pas de vêtement et n'habitait pas dans une maison, mais dans les tombeaux.Quand il vit Jésus, il poussa un cri, se jeta à ses pieds et dit d'une voix forte: «Que me veux-tu, Jésus, Fils du Dieu très-haut? Je t'en supplie, ne me tourmente pas.»Jésus ordonnait en effet à l'esprit impur de sortir de cet homme, car il s'était emparé de lui depuis longtemps. On attachait le démoniaque avec des chaînes et on lui mettait les fers aux pieds pour le garder, mais il rompait les liens et il était entraîné par le démon dans les endroits déserts.Jésus lui demanda: «Quel est ton nom?» «Légion», répondit-il, car de nombreux démons étaient entrés en lui.Ils suppliaient Jésus de ne pas leur ordonner d'aller dans l'abîme.Il y avait là, sur la montagne, un grand troupeau de porcs en train de chercher à manger. Les démons supplièrent Jésus de leur permettre d'entrer dans ces porcs. Il le leur permit.Les démons sortirent de cet homme, entrèrent dans les porcs, et le troupeau se précipita du haut de la falaise dans le lac et se noya.Quand les gardiens du troupeau virent ce qui était arrivé, ils s'enfuirent et rapportèrent la nouvelle dans la ville et dans les campagnes.Les gens allèrent voir ce qui était arrivé. Ils vinrent vers Jésus et trouvèrent assis à ses pieds l'homme dont les démons étaient sortis; il était habillé et dans son bon sens. Ils furent saisis de frayeur.Ceux qui avaient été témoins de la scène leur racontèrent comment le démoniaque avait été guéri.Alors tous les habitants du pays des Gadaréniens demandèrent à Jésus de s'en aller de chez eux, car ils étaient saisis d'une grande crainte. Jésus monta dans la barque pour repartir.L'homme dont les démons étaient sortis le priait de le laisser rester avec lui, mais Jésus le renvoya en disant:«Retourne dans ta maison et raconte tout ce que Dieu a fait pour toi.» Il s'en alla et proclama dans toute la ville tout ce que Jésus avait fait pour lui.A son retour, Jésus fut accueilli par la foule, car tous l'attendaient.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
La péricope 152 de la synopse évangélique traite de l'un des miracles les plus frappants du ministère du Messie Jésus : la guérison du démoniaque de Gadara, également connue sous le nom de la délivrance des démoniaques de la région des Géraséniens. Cet épisode se situe chronologiquement entre la deuxième et la troisième fête de Pâque, et se déroule en février ou mars de l'an 32, sur le territoire de Gadara (l'actuelle Umm Qais), une ville située dans le nord de la Jordanie, à environ 10 km au sud du lac de Tibériade, près des frontières avec Israël et la Syrie. Le récit est rapporté par trois évangélistes : Matthieu (8.28-34), Marc (5.1-20) et Luc (8.26-40), chacun apportant des nuances et des détails propres à sa perspective théologique et narrative. La chronologie de Marc est considérée comme la plus probable pour reconstituer l'ordre des événements. Selon le récit commun aux trois évangiles, le Messie Jésus et ses disciples traversent le lac de Tibériade et arrivent sur les terres de Gadara. À leur arrivée, ils sont confrontés à un ou plusieurs hommes possédés par des esprits impurs, vivant parmi les tombeaux, dans un état de violence extrême et d'isolement total. Personne ne pouvait s'approcher d'eux en sécurité. Les démons, reconnaissant immédiatement la nature divine de Jésus, l'interpellent comme le 'Fils du Dieu Très-Haut' et le supplient de ne pas les tourmenter avant l'heure du jugement. Le Messie Jésus engage un dialogue avec eux, leur demandant leur nom.
Marc 5.1-20 (Louis Segond S21) :
Ils arrivèrent sur l'autre rive du lac, dans le pays des Gadaréniens.Dès que Jésus fut hors de la barque, un homme vint à sa rencontre; il sortait des tombeaux et il était animé par un esprit impur.Cet homme habitait dans les tombeaux, et personne ne pouvait plus l'attacher, même avec une chaîne.En effet, souvent on l'avait attaché avec des fers aux pieds et des chaînes, mais il avait cassé les chaînes et brisé les fers, et personne n'avait la force de le maîtriser.Il était sans cesse, nuit et jour, dans les tombeaux et sur les montagnes; il criait et se blessait lui-même avec des pierres.Il vit Jésus de loin, accourut, se prosterna devant luiet s'écria d'une voix forte: «Que me veux-tu, Jésus, Fils du Dieu très-haut? Je t'en supplie au nom de Dieu, ne me tourmente pas.»En effet, Jésus lui disait: «Sors de cet homme, esprit impur!»Il lui demanda: «Quel est ton nom?» «Mon nom est légion, car nous sommes nombreux», répondit-il.Et il le suppliait avec insistance de ne pas les envoyer hors du pays.Il y avait là, vers la montagne, un grand troupeau de porcs en train de chercher à manger.Tous les démons le supplièrent: «Envoie-nous dans ces porcs afin que nous entrions en eux.»Il le leur permit [aussitôt]. Les esprits impurs sortirent de l'homme, entrèrent dans les porcs, et le troupeau se précipita du haut de la falaise dans le lac; il y avait environ 2000 porcs, et ils se noyèrent dans le lac.Les gardiens du troupeau s'enfuirent et allèrent le raconter dans la ville et dans les campagnes. Les gens allèrent voir ce qui était arrivé.Ils vinrent vers Jésus et virent le démoniaque, celui qui avait eu la légion de démons, assis, habillé et dans son bon sens; et ils furent saisis de frayeur.Ceux qui avaient été témoins de la scène leur racontèrent ce qui était arrivé au démoniaque et aux porcs.Alors ils se mirent à supplier Jésus de quitter leur territoire.Comme il montait dans la barque, celui qui avait été démoniaque le suppliait, demandant à l'accompagner.Jésus ne le lui permit pas mais lui dit: «Va dans ta maison, vers les tiens, et raconte-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi, comment il a eu pitié de toi.»Il s'en alla et se mit à proclamer dans la Décapole tout ce que Jésus avait fait pour lui. Et tous étaient dans l'étonnement.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
II
La réponse — 'Légion, car nous sommes nombreux' — illustre l'ampleur de la possession et la multitude des esprits mauvais présents. Les démons négocient alors leur transfert dans un troupeau de porcs qui paissait à proximité. Jésus accède à leur demande, et les porcs, au nombre d'environ 2000 selon Marc, se précipitent dans le lac et périssent. Chaque évangéliste met en évidence des aspects différents de l'événement. Matthieu mentionne deux démoniaques, tandis que Marc et Luc se concentrent sur un seul homme, dont ils décrivent avec précision l'état désespéré : il vit nu parmi les tombes, est incapable d'être maîtrisé même par des chaînes, et erre sans cesse dans les sépulcres et les montagnes. Marc insiste particulièrement sur le dialogue entre Jésus et les démons, sur le nombre de porcs et sur la guérison spectaculaire de l'homme. Luc, quant à lui, note que l'homme ne portait pas de vêtements et insiste sur la réaction de la foule après la guérison. Après l'événement, les gardiens des porcs s'enfuient pour rapporter ce qui s'est passé dans la ville et dans les campagnes environnantes. Les habitants, saisis de crainte face à ce prodige, viennent trouver Jésus et le supplient de quitter leur région, préférant la sécurité de leur environnement familier à la présence de cet être extraordinaire dont ils ne comprennent pas la puissance.
Matthieu 8.28-34 (Louis Segond S21) :
Lorsqu'il fut arrivé sur l'autre rive, dans le pays des Gadaréniens, deux démoniaques qui sortaient des tombeaux vinrent à sa rencontre. Ils étaient si dangereux que personne n'osait passer par là.Et voilà qu'ils se mirent à crier: «Que nous veux-tu, [Jésus,] Fils de Dieu? Es-tu venu ici pour nous tourmenter avant le moment fixé?»Il y avait loin d'eux un grand troupeau de porcs en train de chercher à manger.Les démons suppliaient Jésus: «Si tu nous chasses, permets-nous d'aller dans ce troupeau de porcs.»«Allez-y!» leur dit-il. Ils sortirent des deux hommes et entrèrent dans les porcs. Alors tout le troupeau se précipita du haut de la falaise dans le lac, et ils moururent dans l'eau.Les gardiens du troupeau s'enfuirent et allèrent dans la ville rapporter tout ce qui s'était passé et ce qui était arrivé aux démoniaques.Alors tous les habitants de la ville sortirent à la rencontre de Jésus et, dès qu'ils le virent, ils le supplièrent de quitter leur territoire.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
III
L'homme guéri, lui, veut suivre Jésus. Mais le Messie lui donne une mission particulière : retourner dans sa maison, auprès des siens, et témoigner de ce que le Seigneur a accompli pour lui. Cette injonction missionnaire est notable : là où Jésus ordonne souvent le silence après ses miracles en territoire juif, il envoie ici cet homme témoigner ouvertement dans une région majoritairement païenne. Sur le plan théologique, cet épisode révèle plusieurs vérités fondamentales. Il manifeste d'abord la souveraineté absolue du Messie Jésus sur le monde démoniaque : les esprits impurs, aussi nombreux et puissants soient-ils, sont contraints de s'incliner devant lui et de négocier leur propre sort. Il illustre également la dimension universelle du ministère de Jésus, qui s'étend au-delà des frontières d'Israël vers des territoires non juifs. Enfin, il montre la tension entre la peur naturelle des hommes face au divin et l'appel à la foi et à la reconnaissance. Cet article s'inscrit dans la série synoptique de l'étude des péricopes évangéliques et invite le lecteur à consulter des annexes complémentaires, notamment sur les paraboles (ANN078) et sur la manière dont le Messie Jésus se faisait entendre (ANN050), pour enrichir la compréhension du contexte de cet épisode.
PER167 décrit le retrait de Jésus et ses disciples vers Bethsaïda pour se reposer après une intense mission d'évangélisation en Galilée, juste avant la Pâque d'avril 32. L'analyse synoptique de Matthieu 14,13-14, Marc 6,31-32, Luc 9,10-11 et Jean 6,1-4 montre convergences et nuances : désir d'isolement, suivi par la foule, guérisons et enseignement. Cet épisode précède directement la multiplication des pains.
Matthieu 14.13-14 (Louis Segond S21) :
A cette nouvelle, Jésus partit de là dans une barque pour se retirer à l'écart dans un endroit désert; l'ayant appris, la foule sortit des villes et le suivit à pied.Quand Jésus sortit de la barque, il vit une grande foule et fut rempli de compassion pour elle, et il guérit les malades.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
La péricope PER167 intitulée 'Le Messie Jésus s'isole avec ses disciples' constitue le dernier épisode de la période 'De la 2ème à la 3ème fête de Pâques' dans la synopse évangélique. Cet événement se déroule à Bethsaïda en Galilée, aux alentours d'avril 32, peu avant la fête de Pâques fixée au lundi 12 avril de cette année. Il précède immédiatement l'épisode bien connu de la multiplication des pains. Le contexte est celui d'un retour des apôtres après leur campagne d'évangélisation en Galilée. L'activité missionnaire a été si intense que Jésus et ses disciples n'ont même plus le temps de se nourrir. Les foules se montrent particulièrement pressantes et ne leur laissent aucun répit. Jésus recommande alors à ses apôtres de se retirer pour se reposer. La chronologie établie ici, principalement fondée sur l'Évangile de Marc jugé le plus réaliste, indique que les disciples reviennent environ une semaine avant la Pâque. Compte tenu des cinq jours de marche nécessaires pour relier Capharnaüm à Jérusalem, il apparaît peu probable que le groupe ait pu effectuer le pèlerinage pascal prévu, perturbé par la pression constante de la foule.
Luc 9.10-11 (Louis Segond S21) :
A leur retour, les apôtres racontèrent à Jésus tout ce qu'ils avaient fait. Il les prit avec lui et se retira à l'écart, du côté d'une ville appelée Bethsaïda.Mais les gens l'apprirent et le suivirent. Jésus les accueillit; il leur parlait du royaume de Dieu et il guérissait ceux qui en avaient besoin.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
II
L'analyse synoptique compare les quatre récits évangéliques traitant de cet isolement. Matthieu (14,13-14) présente cet épisode dans le contexte du deuil lié à la mort de Jean-Baptiste : Jésus se retire en barque vers un lieu désert pour être seul, mais la foule le suit à pied depuis les villes. Ému de compassion, il guérit leurs malades. Marc (6,31-32) met davantage l'accent sur le besoin de repos des disciples : après leur retour de mission, Jésus les invite explicitement à venir se reposer à l'écart, et ils partent tous ensemble en barque. Luc (9,10-11) situe le retrait près de la ville de Bethsaïda, sans mentionner la barque. La foule suit Jésus, qui l'accueille, lui enseigne le Royaume de Dieu et guérit les malades. Jean (6,1-4), quant à lui, décrit Jésus traversant la mer de Galilée suivi d'une grande foule attirée par ses miracles. Il monte sur une montagne avec ses disciples et s'y assoit. L'évangéliste précise que la Pâque est proche, ancrant ainsi l'événement dans le calendrier juif.
Matthieu 14.13-14 (Louis Segond S21) :
A cette nouvelle, Jésus partit de là dans une barque pour se retirer à l'écart dans un endroit désert; l'ayant appris, la foule sortit des villes et le suivit à pied.Quand Jésus sortit de la barque, il vit une grande foule et fut rempli de compassion pour elle, et il guérit les malades.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
III
L'analyse comparée de ces quatre passages permet de dégager des points de convergence et de divergence. Les trois premiers synoptiques partagent la même dynamique : retrait de Jésus, suivi par la foule, et réponse compassionnelle de Jésus. Matthieu et Luc insistent sur les guérisons accomplies malgré le désir d'isolement, tandis que Marc met en avant la dimension du repos nécessaire pour les disciples après leur mission. Jean, pour sa part, adopte une perspective différente en soulignant la proximité de la Pâque et en décrivant Jésus s'installant sur une montagne, élément qui prépare la suite de son récit sur la multiplication des pains et le discours sur le Pain de vie. La méthode adoptée dans cette péricope est synoptique : elle confronte les quatre évangiles pour reconstituer la chronologie la plus vraisemblable des événements. La priorité est accordée à Marc pour l'ordre des faits, tout en enrichissant la lecture grâce aux compléments fournis par Matthieu, Luc et Jean. Des annexes sont recommandées pour approfondir la compréhension : l'une sur les paraboles (ANN078), l'autre sur la manière dont Jésus se faisait entendre (ANN050), ainsi qu'un paragraphe dédié aux Évangiles. Cette péricope illustre une tension récurrente dans le ministère de Jésus entre le besoin de retrait et de prière d'un côté, et l'appel de la foule en attente d'enseignement et de guérison de l'autre. Elle met également en lumière la sollicitude de Jésus envers ses disciples, auxquels il ménage des moments de repos, tout en restant disponible pour les multitudes qui viennent à lui.
La multiplication des pains pour 5000 hommes est un miracle attesté par les quatre évangélistes, situé près de Bethsaïda en avril 32. Avec seulement cinq pains et deux poissons, Jésus nourrit une foule immense, illustrant sa puissance divine, sa compassion de berger et préfigurant l'Eucharistie. Les douze paniers restants symbolisent l'abondance du Royaume de Dieu.
Jean 6.5-13 (Louis Segond S21) :
Jésus leva les yeux et vit une grande foule venir vers lui. Il dit à Philippe: «Où achèterons-nous des pains pour que ces gens aient à manger?»Il disait cela pour le mettre à l'épreuve, car lui-même savait ce qu'il allait faire.Philippe lui répondit: «Les pains qu'on aurait pour 200 pièces d'argent ne suffiraient pas pour que chacun en reçoive un peu.»Un de ses disciples, André, le frère de Simon Pierre, lui dit:«Il y a ici un jeune garçon qui a cinq pains d'orge et deux poissons, mais qu'est-ce que cela pour tant de monde?»Jésus dit: «Faites asseoir ces gens.» Il y avait beaucoup d'herbe à cet endroit. Ils s'assirent donc, au nombre d'environ 5000 hommes.Jésus prit les pains, remercia Dieu et les distribua [aux disciples, qui les donnèrent] à ceux qui étaient là; il leur distribua de même des poissons, autant qu'ils en voulurent.Lorsqu'ils furent rassasiés, il dit à ses disciples: «Ramassez les morceaux qui restent, afin que rien ne se perde.»Ils les ramassèrent donc et ils remplirent douze paniers avec les morceaux qui restaient des cinq pains d'orge après que tous eurent mangé.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
La multiplication des pains pour les 5000 personnes
I
La péricope 169 traite de l'un des miracles les plus célèbres du ministère de Jésus : la multiplication des pains pour environ 5000 hommes, sans compter les femmes et les enfants. Cet événement est remarquable car il est relaté par les quatre évangélistes — Matthieu, Marc, Luc et Jean — ce qui en fait l'un des rares miracles attestés par l'ensemble de la tradition synoptique et johannique. La cohérence des quatre récits est soulignée, sans contradiction majeure entre eux. Le contexte général de cet événement se situe entre la troisième Pâque et le début de la dernière semaine du ministère de Jésus. Plus précisément, il se déroule aux alentours du mois d'avril de l'an 32, peu avant la Pâque du lundi 12 avril 32, dans un lieu désert proche de Bethsaïda, sur les rives de la mer de Galilée, également appelée mer de Tibériade. Chaque évangéliste apporte un éclairage légèrement différent sur le contexte immédiat. Chez Matthieu, Jésus vient de recevoir la nouvelle de la mort de Jean-Baptiste et se retire dans un lieu désert, mais la foule le suit. Il guérit les malades avant que le miracle de la multiplication ne s'accomplisse. Chez Marc, les disciples rentrent de leur mission et Jésus les invite au repos, mais la foule les précède dans le lieu désert.
Jean 6.5-13 (Louis Segond S21) :
Jésus leva les yeux et vit une grande foule venir vers lui. Il dit à Philippe: «Où achèterons-nous des pains pour que ces gens aient à manger?»Il disait cela pour le mettre à l'épreuve, car lui-même savait ce qu'il allait faire.Philippe lui répondit: «Les pains qu'on aurait pour 200 pièces d'argent ne suffiraient pas pour que chacun en reçoive un peu.»Un de ses disciples, André, le frère de Simon Pierre, lui dit:«Il y a ici un jeune garçon qui a cinq pains d'orge et deux poissons, mais qu'est-ce que cela pour tant de monde?»Jésus dit: «Faites asseoir ces gens.» Il y avait beaucoup d'herbe à cet endroit. Ils s'assirent donc, au nombre d'environ 5000 hommes.Jésus prit les pains, remercia Dieu et les distribua [aux disciples, qui les donnèrent] à ceux qui étaient là; il leur distribua de même des poissons, autant qu'ils en voulurent.Lorsqu'ils furent rassasiés, il dit à ses disciples: «Ramassez les morceaux qui restent, afin que rien ne se perde.»Ils les ramassèrent donc et ils remplirent douze paniers avec les morceaux qui restaient des cinq pains d'orge après que tous eurent mangé.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
II
Marc insiste particulièrement sur la compassion de Jésus pour la foule, qu'il compare à des brebis sans berger, et sur son enseignement. Chez Luc, les disciples reviennent également de mission et rapportent leurs actions à Jésus, qui se retire avec eux près de Bethsaïda. Jésus y accueille la foule, parle du Royaume de Dieu et guérit les malades. Chez Jean, Jésus traverse la mer de Galilée, monte sur une montagne avec ses disciples, et c'est lui-même qui prend l'initiative de tester Philippe en lui demandant comment nourrir la foule. Dans tous les récits, les éléments fondamentaux sont communs : la foule nombreuse, les cinq pains et les deux poissons, la demande de Jésus aux disciples de donner eux-mêmes à manger à la foule, la bénédiction et la fraction des pains, la nourriture suffisante pour tous, et les douze paniers de morceaux ramassés après le repas. Ces douze paniers symbolisent l'abondance surnaturelle produite par le miracle, contrastant fortement avec la pénurie initiale. La dimension humaine de la scène est particulièrement mise en valeur. Les disciples, face à l'immensité de la foule, évaluent qu'il faudrait 200 pièces d'argent pour acheter suffisamment de nourriture, ce qui dépasse largement leurs moyens. André, dans l'évangile de Jean, signale un garçon qui dispose de cinq pains d'orge et de deux poissons, mais constate immédiatement l'insuffisance de ces ressources pour une telle multitude.
Marc 6.30-44 (Louis Segond S21) :
Les apôtres se rassemblèrent autour de Jésus et lui racontèrent tout ce qu'ils avaient fait et tout ce qu'ils avaient enseigné.Jésus leur dit: «Venez à l'écart dans un endroit désert et reposez-vous un peu.» En effet, il y avait beaucoup de monde qui allait et venait, et ils n'avaient même pas le temps de manger.Ils partirent donc dans une barque pour aller à l'écart dans un endroit désert.Beaucoup de gens les virent s'en aller et le reconnurent, et de toutes les villes on accourut à pied et on les devança à l'endroit où ils se rendaient.Quand il sortit de la barque, Jésus vit une grande foule et fut rempli de compassion pour eux, parce qu'ils étaient comme des brebis qui n'ont pas de berger, et il se mit à leur enseigner beaucoup de choses.Comme l'heure était déjà bien tardive, ses disciples s'approchèrent de lui et dirent: «Cet endroit est désert, et il est déjà tard.Renvoie-les afin qu'ils aillent dans les campagnes et dans les villages des environs pour s'acheter du pain, car ils n'ont rien à manger.»Jésus leur répondit: «Donnez-leur vous-mêmes à manger!» Mais ils lui dirent: «Faut-il aller acheter des pains pour 200 pièces d'argent et leur donner à manger?»Il leur dit: «Combien de pains avez-vous? Allez voir.» Ils s'en assurèrent et répondirent: «Cinq, et deux poissons.»Alors il leur ordonna de les faire tous asseoir par groupes sur l'herbe verte;ils s'assirent par rangées de 100 et de 50.Il prit les cinq pains et les deux poissons, leva les yeux vers le ciel et prononça la prière de bénédiction. Puis il rompit les pains et les donna aux disciples afin qu'ils les distribuent à la foule. Il partagea aussi les deux poissons entre tous.Tous mangèrent et furent rassasiés,et l'on emporta douze paniers pleins de morceaux de pain et de ce qui restait des poissons.Ceux qui avaient mangé les pains étaient au nombre de 5000 hommes.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
III
Cette confrontation entre les ressources humaines limitées et la puissance divine illustre le cœur théologique du miracle : la toute-puissance de Dieu qui supplée aux manques de l'homme. Le miracle de la multiplication des pains est aussi porteur d'une riche symbolique théologique et messianique. Jésus se révèle comme le vrai berger d'Israël, celui qui nourrit son peuple dans le désert, à l'image de Moïse et de la manne. Les gestes de Jésus — prendre le pain, lever les yeux au ciel, rendre grâces, rompre et distribuer — préfigurent l'institution eucharistique et constituent une anticipation de la Cène. Jean ajoutera dans la suite de son évangile (chapitre 6) le discours sur le Pain de vie, qui donne à cet événement une portée christologique et sacramentelle profonde. La péricope s'inscrit dans un parcours synoptique rigoureux, suivant principalement le fil de l'évangile de Jean tout en croisant les apports de Matthieu, Marc et Luc. Elle invite le lecteur à contempler la puissance et la compassion du Messie Jésus, capable de transformer une situation humainement impossible en signe de l'abondance du Royaume de Dieu, et à reconnaître dans ce miracle une révélation essentielle de l'identité et de la mission de Jésus.
Jean 6.22-59 rapporte le discours de Jésus sur le pain de vie, prononcé dans la synagogue de Capernaüm un sabbat de mai 32. Après la multiplication des pains, Jésus se révèle comme le 'pain de vie', invitant la foule à croire en lui pour obtenir la vie éternelle. Ce passage johannique unique présente une richesse christologique et eucharistique majeure, face aux incompréhensions et murmures de ses auditeurs.
Jean 6.25 (Louis Segond S21) :
Ils le trouvèrent de l'autre côté du lac et lui dirent: «Maître, quand es-tu venu ici?»
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
Enseignement du Messie Jésus à propos du pain de vie
I
La péricope 174 de la Synopse traite de l'enseignement du Messie Jésus à propos du pain de vie, tel que rapporté exclusivement par l'évangéliste Jean (Jean 6.22-59). Cet événement se situe dans la période allant de la 3ème Pâque au début de la dernière semaine du ministère de Jésus, plus précisément un sabbat du mois de mai 32, soit après la Pâque du lundi 12 avril 32. Le lieu est la synagogue de Capernaüm, ville qui constituait la résidence habituelle du Messie Jésus et de ses disciples. Le contexte narratif débute avec la foule qui cherche à retrouver Jésus après le miracle de la multiplication des pains. Jean rapporte que la foule avait observé que les disciples étaient partis seuls en barque, sans que Jésus les accompagne. Elle décide alors de se rendre à Capernaüm, sachant que c'est là que le Messie réside. Lorsqu'elle le retrouve, elle lui pose la question : 'Maître, quand es-tu venu ici ?' À cette question, Jésus ne répond pas directement. Jean n'a pas jugé utile de rapporter ce dialogue dans son entièreté, préférant centrer son récit sur le discours majeur qui s'ensuit. Dans ce discours prononcé le sabbat suivant dans la synagogue de Capernaüm, Jésus établit une corrélation directe entre la multiplication des pains réalisée la veille et la notion de nourriture divine. Son argumentation est complexe et suscite plusieurs interrogations de la part de ses auditeurs.
Jean 6.25 (Louis Segond S21) :
Ils le trouvèrent de l'autre côté du lac et lui dirent: «Maître, quand es-tu venu ici?»
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
II
Le texte peut être décomposé en plusieurs sections théologiquement riches. La première section (Jean 6.25-34) décrit la rencontre avec la foule. Jésus réprimande ses interlocuteurs pour leur conception messianique essentiellement matérielle, centrée sur les miracles visibles. Il les invite à travailler non pour la nourriture périssable, mais pour 'la nourriture qui demeure éternellement'. La foule, encore ancrée dans ses attentes matérielles, demande quel signe Jésus accomplit, évoquant la manne que leurs ancêtres ont mangée dans le désert, et implorant : 'Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là !' La deuxième section (Jean 6.35-40) constitue le cœur christologique du passage. Jésus se révèle comme le 'pain de vie', affirmant son rôle unique dans le plan du salut divin. Il insiste sur la nécessité de croire en lui pour obtenir la vie éternelle, soulignant ainsi la foi comme réponse fondamentale à l'incarnation de Dieu en Jésus. Cette déclaration est l'une des grandes affirmations du 'Je suis' johanniques. La troisième section (Jean 6.41-50) présente la réaction des Juifs qui murmurent contre Jésus. Ils ne comprennent pas comment il peut prétendre être descendu du ciel alors qu'ils connaissent son père Joseph et sa mère.
Jean 6.41-42 (Louis Segond S21) :
Les Juifs murmuraient à son sujet parce qu'il avait dit: «Je suis le pain descendu du ciel»,et ils disaient: «N'est-ce pas Jésus, le fils de Joseph, celui dont nous connaissons le père et la mère? Comment donc peut-il dire: ‘Je suis descendu du ciel’?»
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
III
Ce passage met en lumière le conflit entre la compréhension humaine limitée et la révélation divine nouvelle apportée par Jésus. Il confronte les croyances orthodoxes de l'époque avec la nouveauté radicale de la personne et du message du Messie. Les implications théologiques de ce passage sont multiples. Sur le plan christologique, Jean 6.25-59 affirme avec force l'identité divine du Messie Jésus et son rôle central dans le salut. Sur le plan sacramentel, ce passage est fréquemment interprété en lien avec l'Eucharistie ou la Sainte Cène, même si le texte ne mentionne pas explicitement ce sacrement. Sur le plan de la foi et de l'incrédulité, le discours du pain de vie illustre la division fondamentale entre ceux qui accueillent Jésus et ceux qui le rejettent, thème récurrent dans l'Évangile de Jean. Les questions posées par les auditeurs jalonnent le discours et permettent d'en suivre la progression dramatique : interrogations sur l'identité et la venue de Jésus, sur les œuvres de Dieu, sur le signe miraculeux attendu, sur la manne des ancêtres, jusqu'aux murmures d'incompréhension face à la revendication d'une origine céleste. Cet enseignement représente un moment charnière du ministère galiléen de Jésus, où se révèle pleinement la profondeur théologique de son identité et la radicalité de l'appel à la foi.
Jésus avertit ses apôtres contre l'influence pernicieuse des pharisiens, symbolisée par le "levain". Matthieu et Marc relatent cet enseignement durant une traversée vers Bethsaïda, où les disciples manquent de pain. Jésus souligne leur manque de foi, les invitant à saisir la portée spirituelle de ses paroles au-delà des préoccupations matérielles.
Marc 8.14-21 (Louis Segond S21) :
Les disciples avaient oublié de prendre des pains; ils n'en avaient qu'un seul avec eux dans la barque.Jésus leur fit cette recommandation: «Attention, méfiez-vous du levain des pharisiens et du levain d'Hérode.»Les disciples raisonnaient entre eux [et disaient]: «C'est parce que nous n'avons pas de pains.»Jésus, le sachant, leur dit: «Pourquoi raisonnez-vous sur le fait que vous n'avez pas de pains? Ne comprenez-vous pas et ne saisissez-vous pas encore?Avez-vous [encore] le cœur endurci? Vous avez des yeux et vous ne voyez pas? Vous avez des oreilles et vous n'entendez pas? Ne vous rappelez-vous pas?Quand j'ai rompu les cinq pains pour les 5000 hommes, combien de paniers pleins de morceaux avez-vous emportés?» «Douze», lui répondirent-ils.«Et quand j'ai rompu les sept [pains] pour les 4000 hommes, combien de corbeilles pleines de morceaux avez-vous emportées?» «Sept», répondirent-ils.Et il leur dit: «[Comment] se fait-il que vous ne compreniez pas [encore]?»
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
Enseignement des disciples sur l’influence des pharisiens
I
Cet article explore l'épisode de l'enseignement des apôtres par Jésus sur l'influence des pharisiens, tel que relaté dans les Évangiles selon Matthieu et Marc. Alors qu'ils traversent la mer de Galilée vers Bethsaïda, les disciples s'inquiètent de ne pas avoir assez de pain. Jésus en profite pour mettre en garde contre le "levain des pharisiens", une métaphore pour désigner leur doctrine corrompue.
Matthieu 16.5-12 (Louis Segond S21) :
En passant sur l'autre rive, les disciples avaient oublié de prendre des pains.Jésus leur dit: «Attention, méfiez-vous du levain des pharisiens et des sadducéens.»Les disciples raisonnaient en eux-mêmes et disaient: «C'est parce que nous n'avons pas pris de pains.»Jésus, le sachant, leur dit: «Hommes de peu de foi, pourquoi raisonnez-vous en vous-mêmes sur le fait que vous n'avez pas pris de pains?Ne comprenez-vous pas encore et ne vous rappelez-vous plus les cinq pains des 5000 hommes et combien de paniers vous avez emportés,ni les sept pains des 4000 hommes et combien de corbeilles vous avez emportées?Comment ne comprenez-vous pas que ce n'est pas de pains que je vous ai parlé? Méfiez-vous du levain des pharisiens et des sadducéens.»Alors ils comprirent que ce n'était pas du levain du pain qu'il leur avait dit de se méfier, mais de l'enseignement des pharisiens et des sadducéens.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
II
Les évangélistes Matthieu (16.5-12) et Marc (8.14-21) offrent des récits parallèles de cette instance, soulignant l'incompréhension des disciples qui interprètent littéralement son avertissement et manquent de discernement spirituel. Matthieu mentionne les pharisiens et les sadducéens, tandis que Marc inclut Hérod Antipas dans ce groupe d'influences néfastes. Jésus déplore leur manque de foi, leur rappelant les miracles passés de la multiplication des pains pour montrer qu'ils devraient se concentrer sur sa mission spirituelle plutôt que sur des préoccupations matérielles.
Marc 8.14-21 (Louis Segond S21) :
Les disciples avaient oublié de prendre des pains; ils n'en avaient qu'un seul avec eux dans la barque.Jésus leur fit cette recommandation: «Attention, méfiez-vous du levain des pharisiens et du levain d'Hérode.»Les disciples raisonnaient entre eux [et disaient]: «C'est parce que nous n'avons pas de pains.»Jésus, le sachant, leur dit: «Pourquoi raisonnez-vous sur le fait que vous n'avez pas de pains? Ne comprenez-vous pas et ne saisissez-vous pas encore?Avez-vous [encore] le cœur endurci? Vous avez des yeux et vous ne voyez pas? Vous avez des oreilles et vous n'entendez pas? Ne vous rappelez-vous pas?Quand j'ai rompu les cinq pains pour les 5000 hommes, combien de paniers pleins de morceaux avez-vous emportés?» «Douze», lui répondirent-ils.«Et quand j'ai rompu les sept [pains] pour les 4000 hommes, combien de corbeilles pleines de morceaux avez-vous emportées?» «Sept», répondirent-ils.Et il leur dit: «[Comment] se fait-il que vous ne compreniez pas [encore]?»
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
III
Cet enseignement met en lumière l'incapacité des disciples à appréhender pleinement la portée spirituelle du message du Christ, soulignant leur besoin de dépasser les inquiétudes matérielles pour saisir les vérités divines.
Tapez au moins 2 lettres pour découvrir des suggestions issues de nos articles.