L'article discute de la guérison par Jésus d'un homme possédé à Capharnaüm, relatée dans Marc et Luc. L'esprit impur reconnaît Jésus comme le Saint de Dieu, et, sur ordre du Christ, sort de l'homme. Les témoins s'étonnent de l'autorité de Jésus, et sa renommée se répand. Ces récits soulignent l'autorité divine et le pouvoir de guérison de Jésus.
Luc 4.33-37 (Louis Segond S21) :
Dans la synagogue se trouvait un homme qui avait un esprit démoniaque impur. Il s'écria d'une voix forte:«Ah! Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth? Es-tu venu pour nous perdre? Je sais qui tu es: le Saint de Dieu.»Jésus le menaça en disant: «Tais-toi et sors de cet homme.» Le démon jeta l'homme au milieu de l'assemblée et sortit de lui sans lui faire aucun mal.Tous furent saisis de frayeur, et ils se disaient les uns aux autres: «Quelle est cette parole? Il commande avec autorité et puissance aux esprits impurs, et ils sortent!»Et sa réputation gagna toute la région.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
Guérison de l’homme possédé dans la synagogue de Capernaüm
I
Cet article explore les récits dans Marc 1.23-28 et Luc 4.33-37, où Jésus guérit un homme possédé par un esprit impur dans la synagogue de Capharnaüm. Les récits partagent une structure semblable: lors du Sabbath, le Messie Christ rencontre un homme possédé qui reconnaît Jésus comme le Saint de Dieu. L'esprit impur exprime sa peur face à Jésus. En commandant avec autorité, Jésus ordonne à l'esprit impur de se taire et de sortir, ce qui se produit dans une démonstration de puissance divine.
Marc 1.23-28 (Louis Segond S21) :
Il y avait dans leur synagogue un homme qui avait un esprit impur. Il s'écria:«[Ah!] Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth? Es-tu venu pour nous perdre? Je sais qui tu es: le Saint de Dieu.»Jésus le menaça en disant: «Tais-toi et sors de cet homme.»L'esprit impur sortit de cet homme en le secouant violemment et en poussant un grand cri.Tous furent si effrayés qu'ils se demandaient les uns aux autres: «Qu'est-ce que ceci? Quel est ce nouvel enseignement? Il commande avec autorité même aux esprits impurs, et ils lui obéissent!»Et sa réputation gagna aussitôt toute la région de la Galilée.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
II
Les témoins présents dans la synagogue sont surpris par l'autorité et le pouvoir de Jésus pour expulser les esprits impurs. Sa réputation s'étend rapidement à travers la Galilée. Ces passages soulignent l'autorité divine de Jésus et son pouvoir de guérison, tels que reconnus par l'auditoire de l'époque. Les évangiles de Marc et Luc, bien que similaires, offrent des différences mineures dans la narration et le style, ajoutant une richesse à l'analyse théologique générale de ces textes.
Luc 4.33-37 (Louis Segond S21) :
Dans la synagogue se trouvait un homme qui avait un esprit démoniaque impur. Il s'écria d'une voix forte:«Ah! Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth? Es-tu venu pour nous perdre? Je sais qui tu es: le Saint de Dieu.»Jésus le menaça en disant: «Tais-toi et sors de cet homme.» Le démon jeta l'homme au milieu de l'assemblée et sortit de lui sans lui faire aucun mal.Tous furent saisis de frayeur, et ils se disaient les uns aux autres: «Quelle est cette parole? Il commande avec autorité et puissance aux esprits impurs, et ils sortent!»Et sa réputation gagna toute la région.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
III
En synthèse, ces récits mettent l'accent sur l'immense pouvoir de Jésus, qui non seulement enseigne avec autorité, mais commande également sur les forces surnaturelles. Sa capacité à expulser les esprits impurs confirme son statut de thaumaturge et d'enseignant exceptionnel, apportant une perspective essentielle sur le ministère de Jésus et sa mission sur terre.
L'article aborde le miracle de la pièce de monnaie dans la bouche d'un poisson, montrant la sagesse de Jésus face aux exigences religieuses. À Capharnaüm, pour éviter d'offenser les collecteurs de taxes du temple, Jésus demande à Pierre de pêcher une pièce pour payer la taxe. Ce récit souligne la double nature de Jésus comme Fils de Dieu et enseigne l'équilibre entre la liberté spirituelle et le respect des traditions.
Matthieu 17.24-27 (Louis Segond S21) :
Lorsqu'ils arrivèrent à Capernaüm, ceux qui percevaient l'impôt annuel s'approchèrent de Pierre et lui dirent: «Votre maître ne paie-t-il pas l'impôt annuel?»«Si», dit-il. Quand il fut entré dans la maison, Jésus prit les devants et dit: «Qu'en penses-tu, Simon? Les rois de la terre, de qui perçoivent-ils des taxes ou des impôts? De leurs fils ou des étrangers?»Il lui dit: «Des étrangers.» Jésus lui répondit: «Les fils en sont donc exemptés.Cependant, pour ne pas les choquer, va au lac, jette l'hameçon et tire le premier poisson qui viendra; ouvre-lui la bouche et tu trouveras de l'argent. Prends-le et donne-le-leur pour moi et pour toi.»
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
L'article explore l'histoire biblique de la pièce de monnaie trouvée dans la bouche d'un poisson, relatée dans Matthieu 17:24-27. Cette histoire se déroule lorsque Jésus et ses disciples arrivent à Capharnaüm, où les collecteurs de la taxe du temple s'enquièrent auprès de Pierre pour savoir si Jésus paie cette taxe. Jésus utilise cette situation pour enseigner un aspect spirituel à Pierre en comparant la pratique de l'exonération fiscale des fils des rois aux fils de Dieu qui sont exempts des obligations religieuses ordinaires. Cependant, pour éviter de scandaliser les collecteurs et pour faire preuve de sensibilité aux attentes religieuses des autres, Jésus choisit de payer la taxe.
Matthieu 17.24-27 (Louis Segond S21) :
Lorsqu'ils arrivèrent à Capernaüm, ceux qui percevaient l'impôt annuel s'approchèrent de Pierre et lui dirent: «Votre maître ne paie-t-il pas l'impôt annuel?»«Si», dit-il. Quand il fut entré dans la maison, Jésus prit les devants et dit: «Qu'en penses-tu, Simon? Les rois de la terre, de qui perçoivent-ils des taxes ou des impôts? De leurs fils ou des étrangers?»Il lui dit: «Des étrangers.» Jésus lui répondit: «Les fils en sont donc exemptés.Cependant, pour ne pas les choquer, va au lac, jette l'hameçon et tire le premier poisson qui viendra; ouvre-lui la bouche et tu trouveras de l'argent. Prends-le et donne-le-leur pour moi et pour toi.»
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
II
Il instruit Pierre de pêcher un poisson, dans lequel il trouvera un statère pour payer la taxe pour eux deux. Cette action miraculeuse démontre la souveraineté et la providence divine de Jésus, soulignant ainsi son identité en tant que Fils de Dieu. Jésus montre à la fois l'humilité et la conformité en choisissant de se plier à leurs attentes pour ne pas causer de scandale. Les thèmes principaux de l'analyse incluent la compréhension de Jésus en tant que Fils de Dieu, la provision divine et l'équilibre entre la liberté spirituelle et le respect des traditions culturelles.
III
Ce récit met en évidence l'interaction délicate entre les lois religieuses, les traditions culturelles et l'autorité divine de Jésus, tout en servant de leçon pour ses disciples sur l'importance de ne pas offenser. Il illustre comment Jésus manie sa mission divine avec sagesse et pragmatisme, tout en enseignant à ses disciples une leçon précieuse sur leur relation avec les structures religieuses de leur temps.
Les noces de Cana (Jean 2.1-11) constituent le premier signe accompli par Jésus, qui transforme l'eau en vin lors d'un mariage à Cana en Galilée, en novembre 29. Seul Jean rapporte cet épisode. L'article explore les hypothèses sur la présence de la famille de Jésus, identifie peut-être Nathanaël comme le marié, et souligne que ce miracle renforce la foi des disciples en manifestant la gloire du Messie.
Jean 2.1 (Louis Segond S21) :
Or, le troisième jour, il y eut des noces à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
La péricope 36 de la synopse évangélique est consacrée aux noces de Cana, un épisode fondamental rapporté exclusivement par l'évangéliste Jean (Jean 2.1-11). Cet article s'inscrit dans la série des péricopes synoptiques et se situe chronologiquement dans la période précédant l'arrestation de Jean le Baptiste, une séquence que seul Jean documente avec précision. Du point de vue chronologique et géographique, les événements se déroulent du dimanche 25 novembre au samedi 1er décembre de l'an 29, dans le village de Cana en Galilée, situé à environ 14 kilomètres de Nazareth. L'article précise que le Messie Jésus, accompagné de sa famille et de ses nouveaux disciples, aurait d'abord regagné Nazareth après la rencontre avec Nathanaël, y aurait passé le sabbat, puis serait parti le dimanche vers Cana pour rejoindre la célébration nuptiale. L'article propose une lecture contextuelle et analytique de ce récit. Il s'ouvre sur des considérations logistiques importantes : la présence de Jésus, de sa famille (y compris, selon toute vraisemblance, ses sœurs, bien que non mentionnées explicitement dans le texte johannique) et de ses disciples à ce mariage est étudiée avec soin. L'auteur note que l'ajout des disciples au groupe des invités a pu contribuer à la pénurie de vin qui se produira au cours de la fête, bien qu'il nuance cette hypothèse en signalant que la plupart des disciples étaient des amis de Nathanaël et donc probablement déjà invités. Une hypothèse exégétique centrale de l'article mérite d'être soulignée : l'identification de Nathanaël comme étant le marié, qui viendrait chercher sa fiancée, désignée comme une demi-sœur du Messie Jésus.
Matthieu 25.1 (Louis Segond S21) :
»Alors le royaume des cieux ressemblera à dix jeunes filles qui ont pris leurs lampes pour aller à la rencontre du marié.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
II
Cette lecture expliquerait la présence de Marie et de ses enfants à Cana, qui n'y résidaient pas. Si la famille de Jésus avait été de simples invités, leur présence aurait été difficile à justifier. En revanche, si la mariée était une proche parente de Jésus, voire sa demi-sœur, l'invitation et la participation active de Marie à l'organisation de la fête deviennent parfaitement intelligibles. Cette interprétation donne également une cohérence narrative à l'intervention de Marie auprès de son fils lorsque le vin vient à manquer. L'article analyse ensuite la signification théologique du miracle. Selon Jean 2.11, la transformation de l'eau en vin constitue le premier signe accompli par Jésus, par lequel il manifesta sa gloire. L'auteur souligne que ce miracle n'a pas créé la foi chez les disciples, mais l'a renforcée et consolidée : « il serait donc plus juste de dire que ce premier miracle a renforcé la foi de ses disciples ». Cette nuance est théologiquement importante, car elle situe le miracle non pas comme un acte de conversion, mais comme une confirmation de la confession de foi déjà exprimée lors des rencontres précédentes avec Jésus.
Jean 2.1-11 (Louis Segond S21) :
Or, le troisième jour, il y eut des noces à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là.Jésus fut aussi invité aux noces avec ses disciples.Comme le vin venait à manquer, la mère de Jésus lui dit: «Ils n'ont plus de vin.»Jésus lui répondit: «Que me veux-tu, femme? Mon heure n'est pas encore venue.»Sa mère dit aux serviteurs: «Faites tout ce qu'il vous dira.»Or il y avait là six jarres de pierre, destinées aux purifications des Juifs et contenant chacune une centaine de litres.Jésus leur dit: «Remplissez d'eau ces jarres.» Et ils les remplirent jusqu'au bord.«Puisez maintenant, leur dit-il, et apportez-en à l'organisateur du repas.» Et ils lui en apportèrent.L'organisateur du repas goûta l'eau changée en vin. Ne sachant pas d'où venait ce vin, tandis que les serviteurs qui avaient puisé l'eau le savaient bien, il appela le mariéet lui dit: «Tout homme sert d'abord le bon vin, puis le moins bon après qu'on s'est enivré; mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu'à présent!»Tel fut, à Cana en Galilée, le premier des signes miraculeux que fit Jésus. Il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
III
L'article met également en lumière le rôle narratif de l'évangéliste Jean. Contrairement aux synoptiques (Matthieu, Marc, Luc) qui ne rapportent pas cet épisode, Jean apporte des précisions chronologiques et biographiques essentielles pour comprendre les motivations et les décisions des futurs apôtres. La mention des « lendemains » successifs notés par Jean permet de reconstituer une chronologie fine de ces premières semaines du ministère public de Jésus. Enfin, l'article rappelle le contexte culturel du mariage juif au premier siècle : une célébration communautaire pouvant durer environ sept jours, ce qui explique l'importance des provisions de vin et l'embarras causé par leur épuisement. Des annexes complémentaires sont proposées pour approfondir des thèmes connexes : la localisation d'Énon et de Béthanie au-delà du Jourdain, les « lendemains » johanniques, la tentation du Messie, et le mariage au temps de Jésus. La péricope s'inscrit dans une progression narrative qui fait suite à la rencontre avec Nathanaël (PER035) et précède un passage à Capharnaüm (PER037).
La péricope PER038 analyse la première fête de Pâque dans l'Évangile de Jean (Jean 2.13), datée précisément au 7 avril 30. L'article formule trois observations : la valeur chronologique de cette fête pour dater le ministère de Jésus sur 3,5 ans, la distinction johannique de 'Pâque des Juifs', et la soumission de Jésus aux rites du judaïsme. Seul Jean documente cette période précédant l'arrestation de Jean le Baptiste.
Nombres 9.1-14 (Louis Segond S21) :
L'Eternel parla à Moïse dans le désert du Sinaï, le premier mois de la deuxième année après leur sortie d'Egypte.Il dit: «Que les Israélites célèbrent la Pâque au moment fixé.Vous la célébrerez au moment fixé, le quatorzième jour de ce mois, au coucher du soleil. Vous la célébrerez conformément à toutes les prescriptions et les règles qui s'y rapportent.»Moïse ordonna aux Israélites de célébrer la Pâque,et ils célébrèrent la Pâque le quatorzième jour du premier mois, au coucher du soleil, dans le désert du Sinaï. Les Israélites se conformèrent à tous les ordres que l'Eternel avait donnés à Moïse.Il y eut des hommes qui étaient impurs à cause d'un mort et ne pouvaient donc pas célébrer la Pâque ce jour-là. Ils se présentèrent le jour même devant Moïse et Aaronet dirent à Moïse: «Nous sommes impurs à cause d'un mort. Pourquoi serions-nous privés de présenter au moment fixé l'offrande de l'Eternel parmi les Israélites?»Moïse leur dit: «Attendez que je sache ce que l'Eternel vous ordonne.»L'Eternel dit à Moïse:«Transmets ces instructions aux Israélites: Si l'un de vous ou de vos descendants est impur à cause d'un mort ou bien est en train d'effectuer un long voyage, il célébrera néanmoins la Pâque en l'honneur de l'Eternel.C'est le quatorzième jour du deuxième mois qu'ils la célébreront, au coucher du soleil; ils la mangeront avec des pains sans levain et des herbes amères.Ils n'en laisseront rien jusqu'au matin et ils ne briseront aucun de ses os. Ils la célébreront suivant toutes les prescriptions de la Pâque.»Si quelqu'un qui est pur et n'est pas en voyage s'abstient de célébrer la Pâque, il sera exclu de son peuple. Cet homme-là supportera les conséquences de son péché parce qu'il n'a pas présenté l'offrande de l'Eternel au moment fixé.Si un étranger en séjour chez vous célèbre la Pâque de l'Eternel, il se conformera aux prescriptions et aux règles de la Pâque. Vous aurez la même prescription pour l'étranger et pour l'Israélite.»
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
La péricope PER038 traite de la première fête de Pâque mentionnée dans l'Évangile de Jean, un moment charnière dans le ministère du Messie Jésus. Cet article s'inscrit dans le cadre d'une synopse évangélique détaillée, cherchant à reconstituer chronologiquement la vie et le ministère de Jésus à partir des quatre Évangiles, avec une attention particulière portée ici à l'Évangile de Jean, seule source disponible pour cette période précédant l'arrestation de Jean le Baptiste. D'un point de vue historique et chronologique, cette première Pâque est datée avec précision au 14 Nissan 3790 du calendrier hébraïque, soit le vendredi 7 avril de l'an 30 de notre ère. La fête, qui débute à 18 heures le jeudi 6 avril, dure sept jours au total, incluant la fête des Pains sans Levain que les Juifs intégraient à la célébration pascale. Cette datation précise est rendue possible grâce au calendrier perpétuel juif, un outil essentiel dans l'approche chronologique adoptée par l'auteur de cet article. L'article formule trois observations fondamentales à partir de cette référence temporelle. La première, et la plus importante, concerne la valeur chronologique de cette mention de la Pâque. Jean recadre à trois reprises explicitement les événements autour des fêtes de Pâque (Jean 2.13 ; Jean 6.4 ; Jean 11.55), auxquelles s'ajoute une quatrième fête implicite mentionnée en Jean 5.1. Ces quatre fêtes de Pâque permettent d'établir une chronologie précise du ministère de Jésus s'étendant sur environ 3,5 années, confirmant ainsi les prophéties de Daniel.
Jean 11.55 (Louis Segond S21) :
La Pâque des Juifs était proche et beaucoup de gens montèrent de la campagne à Jérusalem avant la Pâque pour se purifier.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
II
Les dates retenues sont les suivantes : la première Pâque le vendredi 7 avril 30, la deuxième le lundi 24 mars 31, la troisième le lundi 12 avril 32, et la quatrième le vendredi 1er avril 33. La deuxième observation porte sur la formulation distinctive employée par Jean, qui qualifie cette fête de 'Pâque des Juifs'. Cette précision apparaît également pour la deuxième et la troisième fêtes, mais pas pour la dernière. L'auteur interprète cette absence comme significative : la dernière Pâque marque un tournant théologique majeur, car avec la crucifixion du Messie Jésus, elle cesse d'être une fête exclusivement juive pour devenir la Pâque de toute l'humanité, conformément à ce qu'affirme Paul en 1 Corinthiens 5.7, où Christ est désigné comme notre Pâque sacrifiée. La troisième observation est d'ordre théologique et concerne le rapport du Messie Jésus à la Loi. En participant à ce pèlerinage à Jérusalem, Jésus se soumet à une pratique du judaïsme. L'auteur précise cependant que l'obligation du pèlerinage à Jérusalem ne découle pas directement de la Loi de Moïse telle qu'elle est exprimée en Nombres 9.1-14, puisque Jérusalem n'existait pas encore comme lieu de culte au moment de la rédaction de ce texte. Il s'agit donc d'un rite ultérieur du judaïsme, auquel Jésus et ses disciples se conforment néanmoins fidèlement. L'article précise également le contexte géographique et temporel de cet épisode.
Jean 2.13 (Louis Segond S21) :
La Pâque juive était proche et Jésus monta à Jérusalem.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
III
Jésus et ses disciples effectuent un voyage depuis Énon, près de Salim, situé au nord de la Judée, jusqu'à Jérusalem. L'auteur émet l'hypothèse que Jésus a passé les quatre mois séparant les noces de Cana de cette première Pâque à collaborer avec Jean le Baptiste dans la région d'Énon. Cette période reste en grande partie inconnue des sources évangéliques, seul Jean apportant des éléments sur ce moment du ministère précédant l'arrestation du Baptiste. Le séjour à Jérusalem se prolonge au-delà de la seule célébration pascale, car Jean relate des événements qui nécessitent plusieurs jours. Des annexes complémentaires (ANN063 et ANN064) sont proposées en consultation pour approfondir les questions géographiques relatives à Énon et à Béthanie au-delà du Jourdain, ainsi que pour analyser les 'lendemains' notés par Jean, témoins de la précision chronologique caractéristique de cet évangéliste. Cet article s'adresse à un public intermédiaire à avancé, familier des questions de chronologie biblique, de synoptique évangélique et d'histoire du judaïsme du premier siècle. Il constitue une pièce importante dans la reconstruction du ministère public de Jésus, articulant exégèse, histoire et théologie dans une démarche rigoureuse et documentée.
Sur les rives de la mer de Galilée, vers mars 31, Jésus confirme l'appel de quatre pêcheurs : Simon-Pierre, André, Jacques et Jean. Contrairement à un premier appel à Béthanie, il les invite désormais à tout abandonner pour se consacrer exclusivement à l'évangélisation. Leur réponse immédiate et totale traduit une confiance construite au fil des mois passés à ses côtés. Matthieu (4.18-22) et Marc (1.16-20) rapportent cet épisode fondateur du ministère galiléen.
Marc 1.16-20 (Louis Segond S21) :
Comme il marchait le long du lac de Galilée, il vit Simon et André, frère de Simon, qui jetaient un filet dans le lac; c'étaient en effet des pêcheurs.Jésus leur dit: «Suivez-moi, et je ferai de vous des pêcheurs d'hommes.»Aussitôt, ils laissèrent leurs filets et le suivirent.Il alla un peu plus loin et vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient eux aussi dans une barque et réparaient les filets.Aussitôt, il les appela; ils laissèrent leur père Zébédée dans la barque avec les ouvriers et le suivirent.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
La péricope 54 de la synopse évangélique traite de la confirmation de l'appel des disciples par le Messie Jésus, un épisode fondamental dans la constitution du groupe apostolique qui allait accompagner Jésus tout au long de son ministère en Galilée. Cet événement se situe sur les rives de la mer de Galilée, également connue sous le nom de lac de Tibériade, et est daté approximativement de mars 31, peu avant la fête de Pâque du lundi 24 mars 31. Les textes bibliques qui rapportent cet épisode sont principalement ceux de Matthieu (4.18-22) et de Marc (1.16-20). Luc et Jean n'apportent pas de parallèle direct pour cette péricope particulière. Le récit décrit comment Jésus, marchant le long du rivage, rencontre des pêcheurs en pleine activité professionnelle et les invite à le suivre pour se consacrer désormais à une mission d'évangélisation. Un élément de complexité textuelle mérite d'être souligné : l'auteur note une apparente contradiction entre le récit de Matthieu et de Marc d'un côté, et celui de Jean de l'autre. En effet, Jean avait précédemment relaté un premier appel de ces disciples à Béthanie en Judée (péricope 32). Cette tension narrative est expliquée dans une annexe complémentaire (ANN021 : Les appels des disciples) qui distingue deux étapes distinctes dans le processus de l'appel : une première invitation à rejoindre Jésus comme maître, survenue à Béthanie, et une seconde invitation, bien plus exigeante, à abandonner toute activité professionnelle pour se consacrer exclusivement à l'œuvre d'évangélisation.
Matthieu 4.18-22 (Louis Segond S21) :
Comme il marchait le long du lac de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient un filet dans le lac; c'étaient en effet des pêcheurs.Il leur dit: «Suivez-moi et je ferai de vous des pêcheurs d'hommes.»Aussitôt, ils laissèrent les filets et le suivirent.Il alla plus loin et vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans une barque avec leur père Zébédée et qui réparaient leurs filets. Il les appela,et aussitôt ils laissèrent la barque et leur père et le suivirent.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
II
Ainsi, selon l'interprétation proposée, les disciples avaient dans un premier temps choisi de suivre Jésus comme leur nouveau maître tout en maintenant leur activité de pêcheurs. Pendant plusieurs mois, ils avaient donc vécu une forme de discipulat partiel, conciliant leur métier avec leur attachement à Jésus. C'est précisément dans ce contexte que le Messie les retrouve sur leurs bateaux, en train de pêcher, au moment de cet appel confirmé sur les rives du lac. La nouvelle invitation lancée par Jésus représente un approfondissement radical de l'engagement initial. Il ne s'agit plus simplement de le reconnaître comme maître et de bénéficier de son enseignement, mais de tout quitter pour le suivre dans une mission itinérante d'annonce du Royaume. Cette décision impliquait un renoncement total aux activités professionnelles, aux filets, aux bateaux, aux liens familiaux immédiats, et à toute source de revenus stable. Quatre hommes sont expressément mentionnés lors de cet appel confirmé : Simon-Pierre et son frère André, ainsi que Jacques et Jean, les fils de Zébédée. Ces quatre pêcheurs constituent le premier noyau du groupe des disciples, ceux qui partageront le plus intimement la vie et le ministère de Jésus.
Marc 1.16-20 (Louis Segond S21) :
Comme il marchait le long du lac de Galilée, il vit Simon et André, frère de Simon, qui jetaient un filet dans le lac; c'étaient en effet des pêcheurs.Jésus leur dit: «Suivez-moi, et je ferai de vous des pêcheurs d'hommes.»Aussitôt, ils laissèrent leurs filets et le suivirent.Il alla un peu plus loin et vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient eux aussi dans une barque et réparaient les filets.Aussitôt, il les appela; ils laissèrent leur père Zébédée dans la barque avec les ouvriers et le suivirent.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
III
Le texte insiste sur le fait qu'ils laissèrent immédiatement et totalement tout pour le suivre, soulignant ainsi la radicalité de leur réponse. L'auteur interprète cette obéissance immédiate et totale comme le fruit d'une confiance profonde, construite au fil des mois passés au contact de Jésus depuis le premier appel à Béthanie. Sans cette période préparatoire de familiarisation avec leur maître, une telle décision aurait été difficile à comprendre. C'est donc une confiance mûrie par l'expérience qui rend possible cet abandon total. Des annexes complémentaires sont proposées pour enrichir la compréhension de ce passage : ANN061 sur la formation du groupe des disciples, ANN060 sur la ville de Sépphoris, et ANN071 sur la ville de Capharnaüm, qui constituent le cadre géographique et culturel du début du ministère galiléen de Jésus. Cet épisode s'inscrit dans la série des péricopes consacrées au début du ministère en Galilée et fait suite à l'épisode de l'officier du roi à Cana (péricope 53), tandis que la péricope suivante (55) relatera la première pêche miraculeuse, autre moment clé de la relation entre Jésus et ses disciples pêcheurs.
Jésus choisit douze disciples parmi ses suivants et leur attribue le titre d'apôtres, terme grec signifiant 'envoyé en mission'. Ce choix, effectué après une nuit de prière, correspond au nombre des tribus d'Israël. Les Douze reçoivent autorité pour guérir et proclamer le salut, constituant le fondement de l'Église future. L'article explore l'étymologie du terme, la prière de Jésus, la question de son omniscience et le cas de Judas Iscariote.
Matthieu 9.38 (Louis Segond S21) :
Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers dans sa moisson.»
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
La péricope 80 (PER080) traite du choix des douze apôtres par Jésus, le Messie, événement majeur dans le développement de son ministère public en Galilée. Cet épisode se situe chronologiquement après le pèlerinage de Pâque à Jérusalem, aux alentours du 5 avril 31, dans la période comprise entre la deuxième et la troisième fête de Pâque. L'événement se déroule sur une montagne proche de Capharnaüm, en Galilée, avec un plateau en contrebas, selon la chronologie adoptée par Marc qui place cette nomination juste après les nombreuses guérisons opérées en Galilée. L'article s'appuie sur une approche synoptique, confrontant trois récits évangéliques parallèles : Matthieu 9.38 et 10.1-4, Marc 3.13-19, et Luc 6.12-16. L'évangile de Jean ne rapporte pas directement cet épisode. La méthodologie adoptée suit principalement la chronologie de Marc pour ordonner les événements. Un point central de cet article est l'étymologie et la signification du terme 'apôtre'. Issu du grec ancien ἀπόστολος (apóstolos), il désigne un 'envoyé chargé d'une mission'. Dans la Septante, version grecque de l'Ancien Testament, ce terme traduit l'hébreu shaliah, signifiant 'envoyé plénipotentiaire'.
Matthieu 9.38 (Louis Segond S21) :
Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers dans sa moisson.»
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
II
Le mot grec est composé de ἀπό (indiquant l'envoi, la mission) et de στέλλω (signifiant disposer, envoyer). Ces douze hommes deviennent ainsi des ambassadeurs du Royaume de Dieu, investis d'une autorité déléguée par Jésus lui-même, notamment le pouvoir de guérir les malades et de proclamer le message du salut. Le nombre douze n'est pas anodin : il correspond au nombre des tribus d'Israël, soulignant la dimension symbolique et eschatologique de cette institution. Ces apôtres sont choisis parmi un cercle plus large de disciples, et l'article renvoie à des annexes spécifiques (ANN021 et ANN022) pour expliquer les distinctions entre le premier appel des disciples en Judée, leur appel sur les rives de la mer de Galilée, et cette nomination officielle au titre d'apôtres. L'article insiste particulièrement sur la prière nocturne de Jésus avant ce choix, rapportée par Luc. Malgré sa nature divine, Jésus agissait toujours en harmonie avec le Père, illustrant ainsi l'unité de la Trinité (Père, Fils et Saint-Esprit). Cette prière soulève plusieurs interrogations théologiques : Jésus priait-il pour discerner la prochaine étape de son œuvre ? Pour connaître l'identité des hommes à choisir ? Pour implorer le soutien divin sur leur ministère futur ?
Luc 6.12-16 (Louis Segond S21) :
A cette époque-là, Jésus se retira sur la montagne pour prier; il passa toute la nuit à prier Dieu.Quand le jour fut levé, il appela ses disciples et il en choisit parmi eux douze auxquels il donna le nom d'apôtres:Simon, qu'il appela aussi Pierre; André, son frère; Jacques; Jean; Philippe; Barthélémy;Matthieu; Thomas; Jacques, fils d'Alphée; Simon, appelé le zélote;Jude, fils de Jacques; et Judas l'Iscariot, celui qui devint un traître.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
III
L'auteur propose que Jésus priait pour obtenir la confirmation divine de la liste des apôtres et pour qu'ils reçoivent les capacités nécessaires à leur mission après sa mort. La question de l'omniscience de Jésus est également soulevée, notamment en lien avec le cas de Judas Iscariote : Jésus savait-il que Judas le trahirait ? Était-il conscient de ses malversations financières ? L'article renvoie à l'annexe ANN032 consacrée à Judas Iscariote pour approfondir ces questions, sans entrer dans les détails ici. L'aspect organisationnel et structurel de cette nomination est également mis en valeur : la constitution du groupe des Douze représente une structuration de l'œuvre missionnaire, permettant de répondre aux nombreux besoins de la foule et de préparer la continuité du mouvement après la crucifixion. Ces apôtres recevront une formation spécifique auprès du Maître et constitueront un groupe reconnu et respecté par l'Église primitive, comme en témoigne le livre des Actes (Actes 5.13). Après la résurrection et la Pentecôte, ils seront considérés comme les piliers de l'Église, et leurs témoignages rédigés seront naturellement acceptés en raison de leur notoriété et de leur autorité apostolique. En résumé, cet article propose une étude rigoureuse et méthodique du choix des Douze, articulant exégèse synoptique, analyse lexicale, réflexion théologique sur la nature de Jésus et considérations ecclésiologiques, tout en renvoyant le lecteur à des ressources complémentaires pour approfondir les questions connexes.
Cinquième volet du Sermon sur la montagne, cet article analyse la relation de Jésus avec la loi mosaïque à partir de Matthieu 5.17-20. Jésus affirme ne pas être venu abolir la loi mais l'accomplir pleinement, selon le dessein originel de Dieu. Il distingue la loi authentique de Moïse des traditions religieuses ajoutées par les scribes et pharisiens, et avertit que leur justice institutionnalisée ne conduit pas au royaume des cieux.
Luc 24.44 (Louis Segond S21) :
Puis il leur dit: «C'est ce que je vous disais lorsque j'étais encore avec vous: il fallait que s'accomplisse tout ce qui est écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, dans les prophètes et dans les psaumes.»
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
Le sermon sur la montagne (5), la relation du Messie Jésus avec la loi
I
Cet article constitue la cinquième partie d'une série consacrée au Sermon sur la montagne, et traite spécifiquement de la relation du Messie Jésus avec la loi mosaïque. Il s'inscrit dans la catégorie chronologique correspondant à la période entre la deuxième et la troisième fête de Pâque du ministère de Jésus, avec une localisation précise : un plateau en contrebas d'une montagne à proximité de Capharnaüm en Galilée, après le pèlerinage de Pâque à Jérusalem le 5 avril 31. Le texte principal s'appuie sur Matthieu 5.17-20, complété par une référence à Luc 24.44. L'auteur souligne que Matthieu fournit un maximum d'informations sur ce discours, tandis que Luc, s'adressant à un public plus large incluant des non-Juifs, n'aborde pas ce sujet de la loi mosaïque de manière développée, préférant y faire allusion ailleurs. Le cœur théologique de cet article porte sur la position de Jésus concernant la loi de Moïse et les écrits des prophètes. Dans un contexte où la société juive du premier siècle était entièrement structurée autour de cette loi divine, la question de savoir si Jésus allait abolir ou réformer ce système était centrale. Certains contemporains, notamment au vu de ses critiques répétées envers les pharisiens, pouvaient imaginer que Jésus venait instaurer un ordre entièrement nouveau. Or, Jésus affirme avec clarté qu'il n'est pas venu abolir la loi ou les prophètes, mais les accomplir.
Luc 24.44 (Louis Segond S21) :
Puis il leur dit: «C'est ce que je vous disais lorsque j'étais encore avec vous: il fallait que s'accomplisse tout ce qui est écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, dans les prophètes et dans les psaumes.»
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
II
L'auteur insiste sur la logique théologique de cette affirmation : puisque la loi a été donnée à Moïse par Dieu lui-même, comment le Fils de Dieu pourrait-il en contester la validité ? Jésus vient donc réaliser un accomplissement authentique et complet de la loi, tel que Dieu le Père l'avait originellement prévu. Il précise également que cette loi subsistera jusqu'à la fin du monde et exhorte ses auditeurs à l'observer scrupuleusement. Une distinction fondamentale est opérée dans l'enseignement de Jésus : il s'agit bien de la loi originelle de Moïse, et non de l'ensemble des préceptes et traditions accumulés au fil des siècles par les diverses autorités religieuses. Cette nuance est capitale pour comprendre la critique que Jésus adresse aux spécialistes de la loi et aux pharisiens. L'article met en lumière la déclaration conclusive de Jésus, particulièrement frappante : si la justice des croyants ne dépasse pas celle des scribes et des pharisiens, ils n'entreront pas dans le royaume des cieux. Cette affirmation constitue une véritable révolution religieuse : le système tel qu'il est pratiqué par les autorités religieuses de l'époque ne représente plus fidèlement la loi de Dieu, mais en est une déformation qui conduit le peuple juif à sa perte. En d'autres termes, Jésus avertit que l'accomplissement du système tel que promu par les religieux ne mène pas au salut mais à la condamnation.
Matthieu 5.17-20 (Louis Segond S21) :
»Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir.En effet, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre n'auront pas disparu, pas une seule lettre ni un seul trait de lettre ne disparaîtra de la loi avant que tout ne soit arrivé.Celui donc qui violera l'un de ces plus petits commandements et qui enseignera aux hommes à faire de même sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux; mais celui qui les mettra en pratique et les enseignera aux autres, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux.En effet, je vous le dis, si votre justice ne dépasse pas celle des spécialistes de la loi et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
III
L'auteur souligne ainsi le caractère paradoxal et subversif du message de Jésus : loin de rejeter la loi, il en appelle à un retour à sa source divine authentique, tout en dénonçant les dérives et les ajouts humains qui en ont dénaturé l'esprit. Jésus ne vient pas détruire, mais purifier et accomplir. Cet article s'insère dans un parcours synoptique rigoureux, le sermon sur la montagne étant divisé en 23 sections analysées successivement. Il fait suite à la péricope PER088 portant sur 'la lumière du monde' et précède la péricope PER090 consacrée au meurtre. Des annexes complémentaires sont proposées au lecteur, notamment sur les Béatitudes (ANN097), les appels des disciples (ANN021) et le choix des disciples (ANN022), ainsi qu'un renvoi au chapitre traitant des Évangiles. L'ensemble forme un outil d'étude biblique structuré et progressif, destiné à approfondir la compréhension du ministère de Jésus en Galilée et de son rapport à la tradition juive.
Sixième partie du Sermon sur la montagne (Mt 5.21-26), cette péricope examine l'enseignement de Jésus sur le meurtre, l'offrande et le pardon. Jésus approfondit le cinquième commandement en montrant que la colère et le mépris envers son frère sont spirituellement aussi graves que le meurtre lui-même. Il oppose la lettre de la loi pharisaïque à l'esprit originel de Dieu et affirme que seul le pardon sincère, et non l'offrande, rétablit une relation normale. L'avertissement est eschatologique : sans réconciliation, c'est la géhenne.
Exode 20.13 (Louis Segond S21) :
»Tu ne commettras pas de meurtre.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
Le sermon sur la montagne (6), le meurtre, l’offrande et le pardon
I
Cette péricope (PER090) constitue la sixième partie d'une série consacrée au Sermon sur la montagne, l'un des discours les plus importants du ministère de Jésus. L'article s'appuie essentiellement sur l'Évangile de Matthieu (5.21-26), situé géographiquement sur un plateau en contrebas d'une montagne à proximité de Capharnaüm en Galilée, peu après le pèlerinage de Pâque à Jérusalem, daté du 5 avril 31 de notre ère. Le contenu central de cette section du Sermon sur la montagne porte sur trois thèmes étroitement liés : le meurtre, l'offrande et le pardon. Jésus y reprend le cinquième commandement donné par Dieu à Moïse (Exode 20.13) pour en approfondir radicalement la portée spirituelle et morale. La méthode pédagogique de Jésus est caractéristique de sa démarche : il oppose systématiquement l'enseignement traditionnel des religieux juifs à sa propre révélation de la loi en tant que Fils de Dieu. La formule répétée 'On vous a enseigné ceci, mais moi je vous dis cela' marque une rupture profonde avec les interprétations pharisaïques et scribales de la Torah. Jésus ne remet pas en cause la condamnation du meurtre, mais il élargit considérablement la notion de culpabilité en montrant que l'origine du crime — la colère injustifiée, le mépris, l'insulte — est elle-même passible de jugement divin.
Exode 20.13 (Louis Segond S21) :
»Tu ne commettras pas de meurtre.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
II
Traiter son frère d'imbécile ou de fou, demeurer dans un état de mépris envers autrui, constitue une faute grave aux yeux de Dieu, équivalente dans sa dimension spirituelle à l'acte meurtrier lui-même. Cette mise sur un même plan du meurtre et du conflit fratricide représente une véritable révolution éthique et théologique. L'article souligne que les religieux juifs avaient progressivement éloigné leur interprétation de la loi de la pensée originelle de Dieu, en y ajoutant de nombreux préceptes humains. Jésus dévoile ici la volonté du Père et révèle un écart considérable — qualifié d'abîme — entre la lettre de la loi telle qu'elle était enseignée et l'esprit de la loi tel que Dieu l'avait conçu. Il ne s'agit pas d'une simple nuance, mais d'une différence fondamentale dans la compréhension de ce que Dieu attend de l'être humain. La dimension du pardon occupe une place centrale dans cet enseignement. Jésus montre clairement que l'offrande cultuelle ne rachète pas une situation de rupture fraternelle et que seul le pardon sincère permet le rétablissement d'une relation normale.
Matthieu 5.21-26 (Louis Segond S21) :
»Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens: ‘Tu ne commettras pas de meurtre; celui qui commet un meurtre mérite de passer en jugement.’Mais moi je vous dis: Tout homme qui se met [sans raison] en colère contre son frère mérite de passer en jugement; celui qui traite son frère d'imbécile mérite d'être puni par le tribunal, et celui qui le traite de fou mérite d'être puni par le feu de l'enfer.Si donc tu présentes ton offrande vers l'autel et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi,laisse ton offrande devant l'autel et va d'abord te réconcilier avec ton frère, puis viens présenter ton offrande.Mets-toi rapidement d'accord avec ton adversaire, pendant que tu es en chemin avec lui, de peur qu'il ne te livre au juge, que le juge ne te livre à l'officier de justice et que tu ne sois mis en prison.Je te le dis en vérité, tu n'en sortiras pas avant d'avoir remboursé jusqu'au dernier centime.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
III
Celui qui se présente devant Dieu avec une offrande tout en étant en conflit avec son frère doit d'abord se réconcilier avant de présenter son don. Cela illustre la primauté des relations humaines réconciliées sur les pratiques religieuses formelles. L'article précise également la dimension eschatologique de cet avertissement : celui qui ne rétablit pas une situation de paix avec son frère mérite la condamnation, voire la géhenne — terme grec translittérant l'hébreu 'vallée de Hinnom' (Ge-Hinnom), lieu associé dans la tradition juive à la damnation. Ce renvoi à Matthieu 5.20 rappelle que seule une justice surpassant celle des scribes et des pharisiens permet d'entrer dans le royaume des cieux. Luc, dans son Évangile, n'aborde pas ces thèmes dans ce contexte précis, car il s'adresse à un public de culture grecque non familiarisé avec la loi mosaïque. Il traite néanmoins de l'offrande (Luc 18.9-14) et du pardon (Luc 17.3-4) en d'autres passages, avec un développement adapté à son lectorat. En résumé, cette péricope présente une relecture christologique et eschatologique du commandement 'tu ne tueras pas', en élargissant la culpabilité morale à toutes les formes de mépris et de rupture fraternelle, tout en affirmant la nécessité absolue du pardon et de la réconciliation comme conditions d'une vie conforme à la volonté de Dieu.
La péricope 91 explore la septième partie du Sermon sur la montagne, focalisée sur l'adultère et le divorce (Mt 5.27-32 ; Lc 16.18). Jésus dépasse la Loi mosaïque en condamnant non seulement l'acte, mais aussi la pensée complaisante. Il aborde le divorce face aux écoles de Hillel et Shammaï, posant des exigences radicales. Les métaphores de l'œil et de la main soulignent la nécessité d'une transformation intérieure du cœur pour éviter le péché.
Exode 20.14 (Louis Segond S21) :
»Tu ne commettras pas d'adultère.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
Le sermon sur la montagne (7), l’adultère et le divorce
I
Cette péricope 91 (PER091) constitue la septième section de l'étude du Sermon sur la montagne, centrée sur deux thèmes majeurs abordés par le Messie Jésus : l'adultère et le divorce. Le texte s'appuie principalement sur Matthieu 5.27-32, complété par Luc 16.18, et se situe géographiquement sur un plateau en contrebas d'une montagne proche de Capharnaüm en Galilée, après le pèlerinage de Pâque à Jérusalem du 5 avril 31. Le commentaire s'ouvre sur une distinction fondamentale entre le judaïsme pratiqué au temps du Messie et l'enseignement radicalement plus profond qu'il propose. Là où la Loi mosaïque condamnait l'acte extérieur, Jésus élève le regard vers l'intérieur de l'être humain : la pensée elle-même, lorsqu'elle devient un état dans lequel on se complaît, est moralement équivalente à l'acte. Cette révolution éthique place ainsi sur le même niveau les intentions et les actions, interpellant chaque croyant dans l'intimité de sa conscience. Concernant l'adultère, le texte rappelle que Matthieu reprend le sixième commandement (Exode 20.14), mais que Jésus en donne une lecture nouvelle et plus exigeante : regarder une femme pour la désirer, c'est déjà commettre l'adultère dans son cœur. Cette dimension intérieure du péché est soulignée par plusieurs références scripturaires attestant que Dieu seul connaît les pensées de l'homme (Psaumes 94.11 ; 1 Rois 8.39 ; Romains 8.27). La rencontre avec la Samaritaine (Jean 4.23) vient confirmer que ce ne sont pas uniquement les actes visibles qui importent, mais les motivations profondes du cœur.
Marc 10.1-12 (Louis Segond S21) :
Jésus partit de là et se rendit dans le territoire de la Judée, de l'autre côté du Jourdain. La foule se rassembla de nouveau près de lui et, conformément à son habitude, il se mit encore à l'enseigner.Les pharisiens l'abordèrent et, pour lui tendre un piège, ils lui demandèrent s'il est permis à un homme de divorcer de sa femme.Il leur répondit: «Que vous a prescrit Moïse?»«Moïse, dirent-ils, nous a permis d'écrire une lettre de divorce et de renvoyer notre femme.»Jésus leur dit: «C'est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a donné cette règle.Mais au commencement de la création, Dieu a fait l'homme et la femme;c'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère [et s'attachera à sa femme],et les deux ne feront qu'un. Ainsi, ils ne sont plus deux mais ne font qu'un.Que l'homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni.»Lorsqu'ils furent dans la maison, les disciples l'interrogèrent encore là-dessus.Il leur dit: «Celui qui renvoie sa femme et qui en épouse une autre commet un adultère envers elle,et si une femme divorce de son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère.»
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
II
Sur la question du divorce, le texte rappelle le contexte historique de l'époque : deux grandes écoles rabbiniques s'affrontaient. L'école de Hillel autorisait le divorce pour n'importe quel motif, tandis que l'école de Shammaï le restreignait aux cas d'infidélité grave. Jésus, en posant ses conditions sur le divorce, se situe dans ce débat mais le dépasse en renvoyant à l'intention originelle de Dieu pour le mariage. Ses affirmations ont d'ailleurs fortement contrarié certains pharisiens, qui tenteront de le prendre en défaut lors de l'épisode de la femme adultère (Jean 8.1-11). Les versets de Matthieu 5.29-30, apparemment extrêmes, sont expliqués comme des métaphores fortes et non des instructions littérales à la mutilation. Jésus cherche à illustrer la nécessité de prendre des mesures radicales pour éviter le péché : si quelque chose nous conduit à la faute, même si cela nous est précieux, il faut s'en séparer. Le commentaire précise toutefois que l'œil et la main ne sont pas la source du péché, mais le cœur de l'homme. Se rendre aveugle ou manchot ne supprimerait pas le désir, car c'est la transformation intérieure qui est visée.
Jean 8.1-11 (Louis Segond S21) :
Jésus se rendit au mont des Oliviers.Mais dès le matin il revint dans le temple et tout le peuple s'approcha de lui. Il s'assit et se mit à les enseigner.Alors les spécialistes de la loi et les pharisiens amenèrent une femme surprise en train de commettre un adultère. Ils la placèrent au milieu de la fouleet dirent à Jésus: «Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère.Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes. Et toi, que dis-tu?»Ils disaient cela pour lui tendre un piège, afin de pouvoir l'accuser.Comme ils continuaient à l'interroger, il se redressa et leur dit: «Que celui d'entre vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle.»Puis il se baissa de nouveau et se remit à écrire sur le sol.Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience ils se retirèrent un à un, à commencer par les plus âgés et jusqu'aux derniers; Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu.Alors il se redressa et, ne voyant plus qu'elle, il lui dit: «Femme, où sont ceux qui t'accusaient? Personne ne t'a donc condamnée?»Elle répondit: «Personne, Seigneur.» Jésus lui dit: «Moi non plus, je ne te condamne pas; vas-y et désormais ne pèche plus.»]
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
III
Marc 9.43-48 reprend ce même thème, y ajoutant le pied, et Marc 10.1-12 aborde à nouveau le divorce lors du ministère en Judée, confirmant que Jésus a répété ces enseignements en plusieurs occasions. L'article insiste sur la cohérence de l'enseignement du Messie Jésus : il place chaque être humain devant des choix radicaux qui auront des conséquences éternelles. La vision du Royaume de Dieu et de l'enfer est présente en filigrane, invitant le lecteur à saisir l'enjeu ultime de ses décisions morales. Ceux qui refusent de changer de cœur deviennent des juges des autres, manquant ainsi la transformation intérieure que Jésus appelle de ses vœux. Cette péricope s'inscrit dans la série des 23 sections consacrées au Sermon sur la montagne, et invite à consulter des annexes complémentaires comme ANN097 sur les Béatitudes, ANN021 sur les appels des disciples et ANN022 sur le choix des disciples. Elle offre une lecture exigeante et spirituellement engageante de la morale chrétienne, accessible à un public intermédiaire désireux de comprendre la profondeur éthique de l'enseignement de Jésus.
Jésus enseigne dans le Sermon sur la montagne sur le parjure (Mt 5.33-37). Contre la pratique contemporaine des serments conditionnels, il exige une parole simple et intègre : que le 'oui' soit 'oui' et le 'non' soit 'non'. Matthieu est le seul évangéliste à rapporter cet enseignement, Luc s'adressant à des non-juifs moins concernés par cette pratique. Jacques 5.12 reprend ce précepte dans la tradition apostolique.
Jacques 5.12 (Louis Segond S21) :
Avant tout, mes frères et sœurs, ne jurez pas, que ce soit par le ciel, par la terre ou par une autre forme de serment. Mais que votre oui soit oui, et que votre non soit non, afin que vous ne tombiez pas sous le jugement.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
La péricope 092 constitue la huitième section consacrée au Sermon sur la montagne dans le cadre d'une synopse évangélique divisée en 23 sections. Elle porte spécifiquement sur le thème du parjure, c'est-à-dire la violation des serments et le non-accomplissement des promesses faites sous serment. Ce passage s'inscrit dans un contexte historique et géographique précis : Jésus enseigne sur un plateau en contrebas d'une montagne située à proximité de Capharnaüm, en Galilée. L'enseignement est daté après le pèlerinage de Pâque à Jérusalem, soit le 5 avril de l'an 31. Ce contexte est important pour comprendre la portée de l'enseignement : Jésus s'adresse à ses disciples et à la foule dans un cadre juif palestinien où les pratiques de serments étaient extrêmement répandues et codifiées. Le texte biblique de référence est Matthieu 5.33-37, et il est à noter que Matthieu est le seul évangéliste à rapporter cet enseignement. Marc, Luc et Jean ne mentionnent pas ce passage dans leurs récits respectifs.
Matthieu 5.33-37 (Louis Segond S21) :
»Vous avez encore appris qu'il a été dit aux anciens: Tu ne violeras pas ton serment, mais tu accompliras ce que tu as promis au Seigneur.Mais moi je vous dis de ne pas jurer du tout, ni par le ciel, parce que c'est le trône de Dieu,ni par la terre, parce que c'est son marchepied, ni par Jérusalem, parce que c'est la ville du grand roi.Ne jure pas non plus par ta tête, car tu ne peux pas rendre blanc ou noir un seul cheveu.Que votre parole soit ‘oui’ pour oui, ‘non’ pour non; ce qu'on y ajoute vient du mal.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
II
Cela s'explique notamment par le fait que Luc s'adressait principalement à des lecteurs non-juifs, ignorant la Loi mosaïque, pour qui cette problématique des serments rituels n'avait pas la même résonance culturelle et religieuse. Dans son enseignement, le Messie Jésus prend position contre une pratique religieuse et sociale bien établie de son époque. À ce moment, il était courant de prononcer des serments en invoquant diverses réalités — le ciel, la terre, Jérusalem, ou même sa propre tête — comme garants de la véracité d'une promesse. Cependant, une distinction subtile mais moralement pernicieuse existait dans la pratique rabbinique : si Dieu n'était pas directement impliqué dans la formulation du serment, l'individu pouvait potentiellement se rétracter sans être considéré comme véritablement parjure aux yeux de la société religieuse. Jésus dénonce radicalement cette casuistique et cette forme d'hypocrisie spirituelle. Son enseignement va à l'encontre de toutes les formules de serments, qu'elles invoquent le ciel (le trône de Dieu), la terre (son marchepied), Jérusalem (la ville du grand Roi) ou la tête de l'individu lui-même. La raison profonde de ce refus est théologique : toutes ces réalités appartiennent à Dieu et renvoient à lui, de sorte qu'aucun serment ne peut véritablement écarter Dieu comme témoin et garant.
Jacques 5.12 (Louis Segond S21) :
Avant tout, mes frères et sœurs, ne jurez pas, que ce soit par le ciel, par la terre ou par une autre forme de serment. Mais que votre oui soit oui, et que votre non soit non, afin que vous ne tombiez pas sous le jugement.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
III
La conclusion de l'enseignement de Jésus est d'une grande simplicité et d'une exigence éthique élevée : la parole de l'homme doit suffire par elle-même. Un 'oui' doit rester un 'oui', un 'non' doit rester un 'non'. Toute parole qui dépasse cette simplicité, tout recours à des formules de serment pour renforcer une affirmation, vient selon Jésus du Mauvais — c'est-à-dire qu'il révèle une insuffisance de l'intégrité personnelle et une défaillance de la vérité dans la communication humaine. Cet enseignement trouve un écho direct dans l'épître de Jacques 5.12, où l'apôtre reprend presque mot pour mot l'injonction de Jésus, confirmant ainsi que ce précepte était bien intégré dans la tradition apostolique et dans l'éthique de la communauté chrétienne primitive. La portée pratique de cet enseignement est soulignée dans le commentaire : il ne s'agit pas d'une réflexion théorique abstraite, mais d'une exigence concrète destinée à transformer le comportement quotidien des croyants. L'authenticité de la parole, la cohérence entre ce que l'on dit et ce que l'on fait, l'intégrité personnelle dans toutes les dimensions de la vie sociale et religieuse — tels sont les enjeux réels de cette section du Sermon sur la montagne. Dans la structure narrative de la synopse, cette péricope s'inscrit entre PER091 qui traite de l'adultère et du divorce, et PER093 consacrée à la vengeance, constituant ainsi une progression logique dans l'enseignement moral de Jésus sur les relations humaines et les obligations éthiques découlant d'une appartenance au Royaume de Dieu.
PER093 examine l'enseignement de Jésus sur la vengeance dans le Sermon sur la montagne (Mt 5.38-42). Jésus réinterprète la loi du Talion (Ex 21.24 ; Lv 24.20 ; Dt 19.21) en appelant ses disciples à la non-violence, au pardon et à l'amour des ennemis. Cet enseignement, propre à Matthieu, ne prône pas la passivité totale mais une réponse pacifique qui transcende la logique de vengeance, en accord avec Rm 12.17 et 1 P 3.9.
Lévitique 24.20 (Louis Segond S21) :
fracture pour fracture, *œil pour œil, dent pour dent; on lui infligera la même blessure que celle qu'il a infligée à son prochain.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
Cet article, référencé PER093, constitue la neuvième partie d'une série consacrée au Sermon sur la montagne. Il traite spécifiquement du thème de la vengeance, tel qu'enseigné par le Messie Jésus dans l'Évangile de Matthieu 5.38-42. Le contexte géographique et historique est précisément situé : l'enseignement a lieu sur un plateau en contrebas d'une montagne à proximité de Capharnaüm, en Galilée, après le pèlerinage de Pâque à Jérusalem, daté du 5 avril 31 après Jésus-Christ. Cet épisode est exclusivement rapporté par Matthieu, Marc, Luc et Jean n'en faisant pas mention dans leurs récits respectifs. L'article commence par rappeler que le Sermon sur la montagne est divisé en 23 sections dans le cadre de cette étude synoptique. Le thème abordé ici, la vengeance, s'inscrit dans la dynamique caractéristique de l'enseignement de Jésus telle que rapportée par Matthieu, avec la formule antithétique bien connue : 'Il est écrit, mais moi je vous dis.' Cette formule souligne l'autorité propre du Messie, qui ne se contente pas de commenter la loi mais la réinterprète avec une autorité divine. L'analyse centrale porte sur la loi du Talion, principe de justice rétributive présent dans l'Ancien Testament et attesté dans trois textes majeurs : Exode 21.24, Lévitique 24.20 et Deutéronome 19.21. Ce principe, fondé sur la proportionnalité de la punition par rapport au crime, constituait un cadre juridique et moral reconnu dans le judaïsme de l'époque.
Matthieu 5.38-42 (Louis Segond S21) :
»Vous avez appris qu'il a été dit: Œil pour œil et dent pour dent.Mais moi je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l'autre.Si quelqu'un veut te faire un procès et prendre ta chemise, laisse-lui encore ton manteau.Si quelqu'un te force à faire un kilomètre, fais-en deux avec lui.Donne à celui qui t'adresse une demande et ne te détourne pas de celui qui veut te faire un emprunt.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
II
Les enseignants religieux juifs contemporains de Jésus s'appuyaient sur ces textes pour légitimer une justice rétributive. Face à cette conception, Jésus oppose une vision radicalement différente, fondée sur la non-violence, le pardon et l'amour inconditionnel, y compris envers les ennemis. Cette rupture avec la loi du Talion est interprétée à la lumière du passage de Matthieu 19.8, dans lequel Jésus explique que certaines dispositions de la loi mosaïque ont été accordées en raison de la dureté du cœur humain, mais qu'elles ne reflètent pas pleinement la volonté originelle de Dieu. Ainsi, les concessions de la loi mosaïque sont présentées comme des accommodements pédagogiques, non comme l'idéal divin. L'article prend soin de nuancer l'enseignement de Jésus en évitant une interprétation absolutiste de la non-résistance. Il précise que Jésus n'appelle pas ses disciples à une passivité totale face à l'injustice. La non-résistance au mal ne signifie pas l'acceptation inconditionnelle de toute violence ou agression. Les disciples sont plutôt invités à transcender la logique de la vengeance en cherchant des réponses pacifiques, sagaces et justes.
Deutéronome 19.21 (Louis Segond S21) :
Ton regard sera sans pitié: *œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
III
La défense légitime de soi-même ou d'autrui est présentée comme potentiellement compatible avec les enseignements de Jésus, à condition que l'intention soit de protéger la vie et non de se venger. Cette approche est mise en perspective par deux références néotestamentaires complémentaires : Romains 12.17, où Paul exhorte à ne rendre à personne le mal pour le mal, et 1 Pierre 3.9, qui appelle à répondre à l'insulte par la bénédiction. Ces textes confirment que l'enseignement de Jésus sur la non-vengeance a profondément influencé la théologie apostolique et l'éthique chrétienne primitive. En conclusion, l'article met en évidence la tension fondamentale entre la vision humaine naturelle, qui tend vers la réciprocité du mal, et la vision divine, qui appelle à une éthique de l'amour, de la miséricorde et de la paix. Le commentaire annonce que Jésus va progressivement élever ses exigences vers ce que l'auteur qualifie de 'contre nature', préparant ainsi le lecteur aux développements suivants du Sermon sur la montagne. Les disciples du Messie sont donc appelés à être des artisans de paix, capables de résoudre les conflits sans recourir à la violence, dans un esprit d'amour et de discernement.
La dixième section du Sermon sur la montagne porte sur l'amour des ennemis (Mt 5.43-48 ; Lc 6.27-36). Jésus dépasse l'interprétation pharisienne en invitant ses disciples à aimer même les païens, à l'image de Dieu qui aime tous les hommes. La 'règle d'or' (Mt 7.12) complète cet enseignement. L'objectif ultime est la perfection divine : 'Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait.'
Matthieu 7.12 (Louis Segond S21) :
»Tout ce que vous voudriez que les hommes fassent pour vous, vous aussi, faites-le de même pour eux, car c'est ce qu'enseignent la loi et les prophètes.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
Cette péricope (PER094) constitue la dixième section d'une série consacrée au Sermon sur la montagne, l'un des discours les plus fondamentaux de Jésus selon les Évangiles synoptiques. Elle traite d'un thème central et exigeant de l'enseignement du Messie : l'amour des ennemis. L'étude s'appuie principalement sur les textes de Matthieu 5.43-48 et Matthieu 7.12, ainsi que sur le parallèle de Luc 6.27-36, Marc et Jean ne rapportant pas ce passage. Le cadre géographique et temporel est précisé : l'événement se déroule sur un plateau en contrebas d'une montagne à proximité de Capharnaüm en Galilée, après le pèlerinage de Pâque à Jérusalem, situé au 5 avril 31. Le sermon sur la montagne est ici divisé en vingt-trois sections, dont celle-ci représente un moment charnière dans la progression thématique. Jésus utilise sa formule caractéristique, rapportée par Matthieu : 'Il est écrit, mais moi je vous dis.' Cette structure rhétorique souligne le contraste voulu entre l'enseignement traditionnel des scribes et des pharisiens d'une part, et la nouvelle norme proposée par le Messie d'autre part. En Matthieu 5.43, Jésus cite la prescription de détester son ennemi, mais le commentaire précise que cette formulation ne se trouve pas dans la loi de Moïse elle-même, notamment en Lévitique 19.18, qui ne mentionne que l'amour du prochain. Il s'agirait donc d'une interprétation rabbinique et pharisienne ajoutée à la Torah, que Jésus corrige et dépasse.
Matthieu 5.43-48 (Louis Segond S21) :
»Vous avez appris qu'il a été dit: ‘Tu aimeras ton prochain et tu détesteras ton ennemi.’Mais moi je vous dis: Aimez vos ennemis, [bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous détestent] et priez pour ceux [qui vous maltraitent et] qui vous persécutent,afin d'être les fils de votre Père céleste. En effet, il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes.Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous? Les collecteurs d'impôts n'agissent-ils pas de même?Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d'extraordinaire? Les membres des autres peuples n'agissent-ils pas de même?Soyez donc parfaits comme votre Père céleste est parfait.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
II
L'enseignement de Jésus s'adresse en premier lieu aux Juifs, en les invitant à étendre leur amour jusqu'aux païens, bien que la loi de Moïse ne le prescrive pas explicitement. La justification théologique avancée est que Dieu lui-même aime ces nations. Matthieu 5.45 développe cette idée en précisant que le disciple qui applique ces préceptes sera reconnu concrètement comme enfant de Dieu. C'est donc par l'imitation de Dieu que se manifeste l'appartenance au Père céleste. Le commentaire souligne la rupture radicale entre le comportement du véritable disciple et celui des religieux de l'époque. L'auteur reconnaît la difficulté, voire l'apparente impossibilité humaine, d'atteindre un tel idéal. Seule l'aide divine permettrait au croyant de s'élever à ce niveau d'exigence éthique et spirituelle. Le passage de Matthieu 7.12 est également cité et mis en relation avec Luc 6.31.
Matthieu 7.1-12 (Louis Segond S21) :
»Ne jugez pas afin de ne pas être jugés,car on vous jugera de la même manière que vous aurez jugé et on utilisera pour vous la mesure dont vous vous serez servis.Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l'œil de ton frère et ne remarques-tu pas la poutre qui est dans ton œil?Ou comment peux-tu dire à ton frère: ‘Laisse-moi enlever la paille de ton œil’, alors que toi, tu as une poutre dans le tien?Hypocrite, enlève d'abord la poutre de ton œil, et alors tu verras clair pour retirer la paille de l'œil de ton frère.»Ne donnez pas les choses saintes aux chiens et ne jetez pas vos perles devant les porcs, de peur qu'ils ne les piétinent et qu'ils ne se retournent pour vous déchirer.»Demandez et l'on vous donnera, cherchez et vous trouverez, frappez et l'on vous ouvrira.En effet, toute personne qui demande reçoit, celui qui cherche trouve et l'on ouvre à celui qui frappe.Qui parmi vous donnera une pierre à son fils, s'il lui demande du pain?Ou s'il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent?Si donc, mauvais comme vous l'êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, votre Père céleste donnera d'autant plus volontiers de bonnes choses à ceux qui les lui demandent.»Tout ce que vous voudriez que les hommes fassent pour vous, vous aussi, faites-le de même pour eux, car c'est ce qu'enseignent la loi et les prophètes.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
III
On y trouve la formulation connue sous le nom de 'règle d'or' : 'Tout ce que vous voudriez que les hommes fassent pour vous, vous aussi, faites-le de même pour eux, car c'est ce qu'enseignent la loi et les prophètes.' Jésus présente ici un idéal positif d'action envers autrui, tout en dénonçant la tendance naturelle de l'homme à agir de manière opposée à ces préceptes. Une comparaison entre Matthieu et Luc est effectuée : si Matthieu introduit ce thème, c'est Luc qui l'approfondit davantage. Cependant, la démonstration reste similaire dans les deux évangiles. Matthieu 7.1-12 reprend et développe le thème du comportement du disciple après avoir traité des sujets du meurtre, de la convoitise, de la haine, de la tromperie et de la vengeance. La conclusion de cette section du sermon se trouve dans l'injonction : 'Soyez donc parfaits comme votre Père céleste est parfait.' Luc reprend la même pensée avec une légère variation. Cette formule synthétise l'ensemble de l'enseignement : Dieu ne diminue pas ses exigences morales pour s'adapter aux capacités humaines, mais les révèle dans leur plénitude comme un objectif vers lequel tendre. L'article invite ainsi le lecteur à méditer sur la nature de la sainteté divine et sur la vocation du disciple à en refléter les attributs dans ses relations avec tous, y compris ses ennemis. Des ressources complémentaires sont proposées, notamment l'annexe ANN097 sur les Béatitudes, l'annexe ANN021 sur les appels des disciples et l'annexe ANN022 sur le choix des disciples, ainsi qu'un renvoi au chapitre général sur les Évangiles.
PER108 conclut le Sermon sur la montagne selon Matthieu 7.28-29. La foule et les disciples sont frappés par l'autorité unique de Jésus, si différente de celle des pharisiens. À travers 23 points, Jésus a défini le portrait du vrai disciple, un idéal impossible à atteindre sans transformation profonde. La foule entrevoit en lui le Messie et aspire à cette vie nouvelle qu'il propose.
Jean 7.46 (Louis Segond S21) :
Les gardes répondirent: «Jamais personne n'a parlé comme cet homme.»
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
La péricope PER108 traite des résultats et de l'impact du Sermon sur la montagne, tel que rapporté principalement par l'évangéliste Matthieu dans les versets 7.28-29. Cette section constitue la conclusion formelle du long discours que Jésus a prononcé sur le plateau en contrebas d'une montagne à proximité de Capharnaüm, en Galilée, après le pèlerinage de Pâque à Jérusalem le 5 avril 31. Matthieu est le seul évangéliste à conclure explicitement ce discours en rapportant la réaction de la foule. Les disciples et l'ensemble des auditeurs présents sont profondément frappés par l'enseignement de Jésus. Ce qui les marque particulièrement, c'est la différence fondamentale entre la manière dont le Maître s'exprime et celle des pharisiens qu'ils entendaient chaque sabbat dans les synagogues. Les pharisiens enseignaient en s'appuyant sur des traditions et des autorités extérieures, tandis que Jésus parle avec une autorité qui lui est propre, intrinsèque et immédiate. Cette observation est corroborée par plusieurs passages évangéliques. L'apôtre Jean illustre bien cette réalité en rapportant que les pharisiens eux-mêmes, abasourdis, reconnaissent : 'Jamais homme n'a parlé comme cet homme' (Jean 7.46). Les évangélistes Marc et Luc font également état de cette autorité singulière avec laquelle Jésus enseignait (Marc 1.22, Luc 4.32), une autorité que Pierre confesse également dans Jean 6.68. Ces témoignages convergents montrent que l'impact de Jésus sur ses auditeurs dépasse largement le cadre d'un enseignement rabbinique ordinaire.
Luc 6.17 (Louis Segond S21) :
Il descendit avec eux et s'arrêta sur un plateau où se trouvaient une foule de ses disciples et une multitude de personnes de toute la Judée, de Jérusalem et du littoral de Tyr et de Sidon.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
II
Le Sermon sur la montagne, principalement rapporté par Matthieu, a eu un impact profond sur la foule et les nombreux disciples présents. Le chemin du véritable disciple est désormais clairement tracé, laissant à chacun la liberté de s'y engager ou non. Ce choix personnel conditionne l'accès au Royaume de Dieu, thème central du message de Jésus tout au long de ce discours. Il est notable que la conclusion de Matthieu pourrait sembler surprenante à première vue. En effet, le Messie Jésus a énoncé des normes élevées, souvent en opposition directe avec les enseignements des pharisiens qui dominaient la vie religieuse du peuple. Pourtant, la réaction de la foule n'est pas le rejet ou l'incompréhension. Contrairement à certains auditeurs qui, à une autre occasion, avaient dit : 'Ces paroles sont dures ; qui peut les entendre ?' (Jean 6.60), ceux qui entendent le Sermon sur la montagne sont touchés et aspirent à cette nouvelle vie. La foule perçoit en Jésus bien plus qu'un simple prophète. Elle entrevoit en lui le Messie, le fondateur d'une société nouvelle, d'un ordre différent dirigé par ce Maître qu'elle reconnaît comme exceptionnel. Cette reconnaissance messianique, bien que non encore pleinement formulée par tous, transparaît dans l'émerveillement collectif face à son autorité.
Marc 1.22 (Louis Segond S21) :
On était frappé par son enseignement, car il enseignait avec autorité, et non pas comme les spécialistes de la loi.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
III
À travers les 23 points développés dans le Sermon sur la montagne, Jésus a défini le portrait type du disciple, un profil qui diverge fondamentalement de la nature humaine naturelle. Le commentaire souligne avec pertinence qu'il est pratiquement impossible de réaliser ce profil sans une transformation profonde de l'être intérieur. C'est précisément pourquoi ce discours s'adresse en priorité aux disciples, comme le précise Luc 6.17, avant de s'étendre à une audience plus large. Du point de vue synoptique, il est important de noter que si Matthieu situe cet enseignement dans le contexte du Sermon sur la montagne, Luc place une partie de cet enseignement à un moment ultérieur dans son récit. Cette différence de contextuarisation entre les deux évangélistes reflète leurs intentions théologiques et littéraires propres, sans remettre en cause la réalité historique des événements relatés. Cette péricope constitue ainsi une charnière dans la narration synoptique de la vie de Jésus. Elle clôt un bloc d'enseignement majeur tout en ouvrant la voie à la suite du ministère galiléen. Elle invite le lecteur à prendre position face à cet enseignement exigeant mais transformateur, posant la question centrale du discipulat : suis-je prêt à m'engager sur ce chemin que le Maître a clairement tracé ?
À Capharnaüm, Jésus accepte l'invitation d'un pharisien nommé Simon. Pendant le repas, une femme pécheresse oint ses pieds de larmes et de parfum. Face au mépris de Simon, Jésus énonce une parabole sur le pardon et déclare la femme sauvée par sa foi. Cet épisode, rapporté uniquement par Luc (7,36-50), illustre l'opposition entre l'orgueil religieux des pharisiens et l'humilité repentante qui ouvre au salut.
Luc 7.36-50 (Louis Segond S21) :
Un pharisien invita Jésus à manger avec lui. Jésus entra dans la maison du pharisien et se mit à table.Une femme pécheresse qui se trouvait dans la ville apprit qu'il était à table dans la maison du pharisien. Elle apporta un vase plein de parfumet se tint derrière, aux pieds de Jésus. Elle pleurait, et bientôt elle lui mouilla les pieds de ses larmes, puis les essuya avec ses cheveux, les embrassa et versa le parfum sur eux.Quand le pharisien qui avait invité Jésus vit cela, il se dit en lui-même: «Si cet homme était prophète, il saurait qui est celle qui le touche et de quel genre de femme il s'agit, il saurait que c'est une pécheresse.»Jésus prit la parole et lui dit: «Simon, j'ai quelque chose à te dire.» «Maître, parle», répondit-il.«Un créancier avait deux débiteurs: l'un d'eux lui devait 500 pièces d'argent, et l'autre 50.Comme ils n'avaient pas de quoi le rembourser, il leur remit à tous deux leur dette. Lequel des deux l'aimera le plus?»Simon répondit: «Celui, je pense, auquel il a remis la plus grosse somme.» Jésus lui dit: «Tu as bien jugé.»Puis il se tourna vers la femme et dit à Simon: «Tu vois cette femme? Je suis entré dans ta maison et tu ne m'as pas donné d'eau pour me laver les pieds; mais elle, elle les a mouillés de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux.Tu ne m'as pas donné de baiser; mais elle, depuis que je suis entré, elle n'a pas cessé de m'embrasser les pieds.Tu n'as pas versé d'huile sur ma tête; mais elle, elle a versé du parfum sur mes pieds.C'est pourquoi je te le dis, ses nombreux péchés ont été pardonnés, puisqu'elle a beaucoup aimé. Mais celui à qui l'on pardonne peu aime peu.»Et il dit à la femme: «Tes péchés sont pardonnés.»Les invités se mirent à dire en eux-mêmes: «Qui est cet homme qui pardonne même les péchés?»Mais Jésus dit à la femme: «Ta foi t'a sauvée. Pars dans la paix!»
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
La péricope 117 relate un épisode fondamental du ministère de Jésus le Messie, unique dans les évangiles synoptiques puisque seul Luc en fait mention (Luc 7,36-50). Cet événement se déroule à Capharnaüm en Galilée, au mois de juillet de l'an 31, entre la deuxième et la troisième fête de Pâque. Il ne faut pas confondre cet épisode avec celui où Marie de Béthanie oint les pieds de Jésus (PER275), une distinction que l'annexe ANN088 développe en détail. Le récit met en scène un repas chez Simon, un pharisien, auquel Jésus a été convié. D'emblée, le contexte est porteur de tensions : Jésus sait que cette invitation ne sera pas un moment de repos ou de convivialité simple. En acceptant de partager la table d'un pharisien, il entre dans un espace où règnent les jugements, la hiérarchie sociale et la rigidité religieuse. Le cœur du récit repose sur une opposition saisissante entre deux personnages aux antipodes de la société juive de l'époque. D'un côté, Simon, homme cultivé, instruit, religieux, notable et probablement aisé, représentant du parti pharisien et donc enseignant de la loi de Moïse. De l'autre, une femme anonyme, connue pour sa vie dissolue et sa réputation de prostituée, sans instruction, sans religion, sans ressources.
Luc 7.39 (Louis Segond S21) :
Quand le pharisien qui avait invité Jésus vit cela, il se dit en lui-même: «Si cet homme était prophète, il saurait qui est celle qui le touche et de quel genre de femme il s'agit, il saurait que c'est une pécheresse.»
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
II
Cette opposition est voulue par Luc pour illustrer une vérité spirituelle profonde sur la grâce, le pardon et la repentance. Lors du repas, qui se tient dans une cour intérieure selon la tradition juive de l'époque — un espace semi-public où des observateurs extérieurs pouvaient assister sans être invités à manger —, cette femme fait son entrée. Elle s'approche discrètement de Jésus et lave ses pieds de ses larmes, les essuie de ses cheveux et les oint de parfum. Ce geste, profondément humble et chargé d'émotion, représente un acte de repentance et d'adoration sincère. Si ce comportement intrigue Simon, c'est parce qu'il y voit immédiatement la confirmation de ses doutes sur Jésus : un vrai prophète, selon lui, aurait reconnu qui était cette femme et l'aurait repoussée. Mais Luc souligne ici trois attitudes révélatrices de l'état d'esprit pharisien que Simon incarne : le mépris envers la femme (Luc 7,39), le mépris envers Jésus lui-même (Luc 7,39), et un manque flagrant de respect envers son propre invité (Luc 7,44-46), n'ayant pas offert à Jésus les gestes d'accueil élémentaires que la femme, elle, a amplement compensés. Face à cette situation, Jésus prend la parole publiquement et énonce une parabole sur deux débiteurs — l'un devant cinq cents deniers, l'autre cinquante — tous deux remis de leur dette par leur créancier. Il interroge Simon : lequel des deux aimera davantage le créancier ? Simon répond correctement que c'est celui à qui l'on a remis le plus.
Luc 7.44-46 (Louis Segond S21) :
Puis il se tourna vers la femme et dit à Simon: «Tu vois cette femme? Je suis entré dans ta maison et tu ne m'as pas donné d'eau pour me laver les pieds; mais elle, elle les a mouillés de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux.Tu ne m'as pas donné de baiser; mais elle, depuis que je suis entré, elle n'a pas cessé de m'embrasser les pieds.Tu n'as pas versé d'huile sur ma tête; mais elle, elle a versé du parfum sur mes pieds.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
III
Jésus applique alors cette parabole à la situation présente : la femme, consciente de la profondeur de ses péchés, a aimé en proportion de la grandeur du pardon qu'elle espérait recevoir, tandis que Simon, se croyant juste, n'a manifesté que peu d'amour. La conclusion est théologiquement puissante : Jésus annonce à la femme que ses péchés lui sont pardonnés, et que sa foi l'a sauvée. Elle repart avec le pardon de ses nombreux péchés et le salut de son âme. Simon, qui possédait tout aux yeux du monde, repart sans rien avoir reçu de spirituel. Cette inversion des valeurs est au cœur du message évangélique : ce sont les humbles, les repentants et ceux qui reconnaissent leur besoin de grâce qui accèdent au salut, non ceux qui se croient justes par leurs œuvres ou leur statut religieux. L'article souligne également que l'attitude de Simon n'est pas un cas isolé mais reflète l'état d'esprit général de la majorité des pharisiens de l'époque, qui se considéraient supérieurs au peuple et refusaient de reconnaître Jésus comme le Messie. La notion de repentance avait cessé d'exister parmi eux, engoncés dans leur autosuffisance spirituelle.
La parabole sur la mesure (PER140) enseigne que la façon dont nous jugeons et traitons les autres détermine comment Dieu nous mesurera en retour. Jésus appelle à l'écoute active, à la réciprocité, à la justice et à la générosité. Ce principe, commun à Marc 4.24-25, Matthieu 7.1-2 et Luc 6.38, rejoint la règle d'or et forme le cœur de l'éthique chrétienne.
Luc 6.38 (Louis Segond S21) :
Donnez et on vous donnera: on versera dans le pan de votre vêtement une bonne mesure, tassée, secouée et qui déborde, car on utilisera pour vous la même mesure que celle dont vous vous serez servis.»
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
La péricope PER140 s'inscrit dans la synopse des évangiles et traite de la parabole sur la mesure, enseignement délivré par le Messie Jésus entre la deuxième et la troisième fête de Pâque, soit en novembre ou décembre de l'an 31. L'événement se situe près d'une petite baie le long des rives du lac de Tibériade, à proximité de Capharnaüm en Galilée. L'analyse prend comme fil directeur l'évangile de Marc, dont la chronologie est jugée la plus accessible, tout en intégrant les parallèles de Matthieu et de Luc pour approfondir la compréhension du texte. Les textes bibliques mobilisés sont Matthieu 7.1-2, Marc 4.24-25 et Luc 6.38. Bien que ces passages appartiennent à des contextes légèrement différents dans chacun des évangiles synoptiques, ils partagent un principe fondamental commun : la personne sera jugée par Dieu selon les critères mêmes qu'elle aura appliqués aux autres. Ce principe de réciprocité divine constitue le cœur de la parabole sur la mesure. L'enseignement s'articule autour de trois axes principaux. Premièrement, l'attention et le discernement : le Messie Jésus appelle ses auditeurs à prendre garde à ce qu'ils écoutent et à la manière dont ils répondent à ses enseignements.
Luc 6.31 (Louis Segond S21) :
Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le [vous aussi] de même pour eux.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
II
L'écoute active et le discernement spirituel sont présentés comme des vertus essentielles pour quiconque veut progresser dans la foi. Deuxièmement, la réciprocité et la justice : la métaphore de la « mesure » évoque directement la réciprocité divine. La façon dont un individu mesure — c'est-à-dire dont il traite, juge ou donne aux autres — constitue l'étalon qui sera utilisé en retour pour le mesurer lui-même. Cet enseignement est une invitation concrète à vivre dans la justice, la générosité et la compassion au quotidien. Troisièmement, la responsabilité et l'abondance : ceux qui écoutent avec attention et mettent en pratique les enseignements de Jésus reçoivent une abondance spirituelle croissante. À l'inverse, ceux qui négligent ou refusent de s'engager sur cette voie perdent progressivement les grâces et bénédictions qu'ils avaient reçues. Ce mécanisme souligne la dimension dynamique de la vie spirituelle : elle croît ou décroît selon l'engagement personnel. L'article établit également un lien explicite entre la parabole sur la mesure et la règle d'or formulée en Matthieu 7.12 et Luc 6.31, déjà abordée dans la péricope PER103.
Matthieu 7.12 (Louis Segond S21) :
»Tout ce que vous voudriez que les hommes fassent pour vous, vous aussi, faites-le de même pour eux, car c'est ce qu'enseignent la loi et les prophètes.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
III
Ces deux enseignements se rejoignent pour former une éthique chrétienne cohérente fondée sur l'empathie, la bienveillance et la responsabilité personnelle. Nos attitudes envers les autres ne sont pas sans conséquences : elles déterminent en grande partie la qualité de notre relation avec Dieu et la manière dont nous serons à notre tour traités. Le commentaire souligne que ces principes étaient perçus comme nouveaux et exigeants par les auditeurs de Jésus. Ceux qui les intégraient et les vivaient se distinguaient des autres de manière visible, devenant des témoins lumineux dans le monde, en référence aux péricopes PER088 et PER139 qui traitent du thème de la lumière dans l'enseignement de Jésus. En synthèse, la parabole sur la mesure illustre l'interdépendance entre notre traitement des autres et notre propre destinée spirituelle. Elle rappelle que l'éthique chrétienne n'est pas une simple règle morale extérieure, mais un principe vivant ancré dans la réciprocité divine. Jésus réitère cet enseignement à plusieurs reprises, ce qui témoigne de son importance centrale dans sa prédication. L'article invite le lecteur à approfondir ces réflexions à travers les annexes ANN078 sur les paraboles et ANN050 sur les méthodes pédagogiques du Messie Jésus.
La parabole de l'ivraie et du froment (Matthieu 13.24-30), exclusive à Matthieu, enseigne la coexistence du bien et du mal dans le monde jusqu'au jugement final. Jésus y illustre la patience de Dieu qui diffère le tri entre justes et méchants jusqu'à la moisson eschatologique, confiée aux anges. Cette parabole s'inscrit dans une réflexion biblique profonde sur la prospérité apparente des méchants, partagée par Habacuc, Asaph, Jérémie et Job.
Matthieu 25.1-13 (Louis Segond S21) :
»Alors le royaume des cieux ressemblera à dix jeunes filles qui ont pris leurs lampes pour aller à la rencontre du marié.Cinq d'entre elles étaient folles et cinq étaient sages.Celles qui étaient folles ne prirent pas d'huile avec elles en emportant leurs lampes,tandis que les sages prirent, avec leurs lampes, de l'huile dans des vases.Comme le marié tardait, toutes s'assoupirent et s'endormirent.Au milieu de la nuit, on cria: ‘Voici le marié, allez à sa rencontre!’Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et préparèrent leurs lampes.Les folles dirent aux sages: ‘Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s'éteignent.’Les sages répondirent: ‘Non, il n'y en aurait pas assez pour nous et pour vous. Allez plutôt chez ceux qui en vendent et achetez-en pour vous.’Pendant qu'elles allaient en acheter, le marié arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces et la porte fut fermée.Plus tard, les autres jeunes filles vinrent et dirent: ‘Seigneur, Seigneur, ouvre-nous!’mais il répondit: ‘Je vous le dis en vérité, je ne vous connais pas.’Restez donc vigilants, puisque vous ne savez ni le jour ni l'heure [où le Fils de l'homme viendra].
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
La péricope 141 de la Synopse présente la parabole de l'ivraie et du froment, un enseignement exclusif à l'Évangile de Matthieu (Matthieu 13.24-30), prononcé par Jésus aux abords du lac de Tibériade, près de Capharnaüm en Galilée, vraisemblablement en novembre ou décembre de l'an 31. Il s'agit de la deuxième parabole rapportée par Matthieu dans ce grand discours parabolique, après celle du semeur (PER138). Dans cette parabole, un agriculteur sème de bon grain dans son champ. Pendant la nuit, un ennemi vient y semer de l'ivraie, une mauvaise herbe difficile à distinguer du froment dans ses premières phases de croissance. Lorsque les serviteurs découvrent la situation, ils demandent au maître s'ils doivent arracher l'ivraie. Celui-ci répond par la négative, craignant qu'en arrachant l'ivraie, ils n'endommagent aussi le froment. Il préconise d'attendre la moisson pour effectuer le tri : l'ivraie sera liée en bottes et brûlée, tandis que le froment sera rassemblé dans le grenier. Cette parabole est remarquable car elle est accompagnée de son interprétation explicite par Jésus lui-même, ce qui en facilite la compréhension théologique. Elle s'articule autour de trois grands thèmes fondamentaux. Le premier thème est la coexistence du bien et du mal dans le monde.
Matthieu 13.24-30 (Louis Segond S21) :
Il leur proposa une autre parabole: «Le royaume des cieux ressemble à un homme qui avait semé une bonne semence dans son champ.Mais, pendant que les gens dormaient, son ennemi vint, sema de la mauvaise herbe parmi le blé et s'en alla.Lorsque le blé eut poussé et donné du fruit, la mauvaise herbe apparut aussi.Les serviteurs du maître de la maison vinrent lui dire: ‘Seigneur, n'as-tu pas semé une bonne semence dans ton champ? Comment se fait-il donc qu'il y ait de la mauvaise herbe?’Il leur répondit: ‘C'est un ennemi qui a fait cela.’ Les serviteurs lui dirent: ‘Veux-tu que nous allions l'arracher?’‘Non, dit-il, de peur qu'en arrachant la mauvaise herbe vous ne déraciniez en même temps le blé.Laissez l'un et l'autre pousser ensemble jusqu'à la moisson et, au moment de la moisson, je dirai aux moissonneurs: Arrachez d'abord la mauvaise herbe et liez-la en gerbes pour la brûler, mais amassez le blé dans mon grenier.’»
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
II
La parabole illustre de manière saisissante la réalité de la création où les justes et les méchants cohabitent jusqu'au temps du jugement. Cette coexistence n'est pas un accident ni un échec divin, mais une réalité acceptée dans le cadre du plan de Dieu pour l'humanité. Le champ représente le monde, le bon grain symbolise les enfants du Royaume, et l'ivraie représente les enfants du Malin. L'ennemi qui sème l'ivraie est le diable lui-même. Le deuxième thème est celui de la patience divine et du jugement différé. Le maître du champ fait preuve d'une patience remarquable en refusant d'agir précipitamment. Cette patience reflète celle de Dieu qui, dans sa sagesse, retarde le jugement final pour permettre à chacun de parcourir son chemin et, potentiellement, de se repentir. Cette notion rejoint celle développée par l'apôtre Pierre dans sa deuxième épître, soulignant que Dieu ne veut pas qu'aucun périsse. Le troisième thème central est celui du jugement final et de la séparation eschatologique. À la fin des temps, une séparation nette sera opérée entre les justes et les méchants.
Matthieu 25.1-13 (Louis Segond S21) :
»Alors le royaume des cieux ressemblera à dix jeunes filles qui ont pris leurs lampes pour aller à la rencontre du marié.Cinq d'entre elles étaient folles et cinq étaient sages.Celles qui étaient folles ne prirent pas d'huile avec elles en emportant leurs lampes,tandis que les sages prirent, avec leurs lampes, de l'huile dans des vases.Comme le marié tardait, toutes s'assoupirent et s'endormirent.Au milieu de la nuit, on cria: ‘Voici le marié, allez à sa rencontre!’Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et préparèrent leurs lampes.Les folles dirent aux sages: ‘Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s'éteignent.’Les sages répondirent: ‘Non, il n'y en aurait pas assez pour nous et pour vous. Allez plutôt chez ceux qui en vendent et achetez-en pour vous.’Pendant qu'elles allaient en acheter, le marié arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces et la porte fut fermée.Plus tard, les autres jeunes filles vinrent et dirent: ‘Seigneur, Seigneur, ouvre-nous!’mais il répondit: ‘Je vous le dis en vérité, je ne vous connais pas.’Restez donc vigilants, puisque vous ne savez ni le jour ni l'heure [où le Fils de l'homme viendra].
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
III
Les moissonneurs, identifiés aux anges, procéderont à ce tri définitif. Les méchants seront jetés dans la fournaise ardente, tandis que les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Mathieu, en rapportant cette parabole, s'inscrit dans une longue tradition de questionnement théologique sur la cohabitation du bien et du mal. Ce questionnement est partagé par de grandes figures bibliques : le prophète Habacuc qui ne comprenait pas cette cohabitation apparente, le psalmiste Asaph dans le Psaume 73 exprimant son trouble devant la prospérité des méchants, le prophète Jérémie qui interpellait Dieu sur ce sujet (Jérémie 12.1-2), et Job qui s'interrogeait sur la puissance et la prospérité des impies (Job 21.7-13). Cette parabole est étroitement liée à d'autres enseignements de Jésus rapportés par Matthieu, notamment la parabole du filet (Matthieu 13.47-50, PER149) qui utilise l'image de la pêche pour illustrer la même séparation eschatologique, et la parabole des dix vierges (Matthieu 25.1-13, PER287) qui insiste sur l'importance de la préparation face au retour du Seigneur. D'un point de vue synoptique, cette péricope est propre à Matthieu : Marc et Luc ne rapportent pas cet enseignement. Cela souligne l'intérêt particulier de Matthieu pour les thèmes du jugement, de la distinction entre vrais et faux disciples, et de la croissance du Royaume de Dieu dans un monde où le mal est encore actif. La parabole invite ainsi les auditeurs, dans leur majorité agriculteurs, à une réflexion profonde sur leur propre condition face à Dieu et sur l'espérance du jugement juste qui viendra en son temps.
La parabole du grain de sénevé (Mt 13.31-32 ; Mc 4.30-32 ; Lc 13.18-19) illustre le Royaume de Dieu à travers une graine minuscule devenant un grand arbre. Prononcée près de Capharnaüm en 31 ap. J.-C., elle enseigne que le Royaume commence humblement mais connaît une croissance extraordinaire, offrant refuge et accueil à tous. Elle invite à la foi, à la patience et à la confiance en Dieu pour la croissance spirituelle.
Matthieu 13.31-35 (Louis Segond S21) :
Il leur proposa une autre parabole: «Le royaume des cieux ressemble à une graine de moutarde qu'un homme a prise et semée dans son champ.C'est la plus petite de toutes les semences, mais quand elle a poussé, elle est plus grande que les légumes et devient un arbre, de sorte que les oiseaux du ciel viennent habiter dans ses branches.»Il leur dit cette autre parabole: «Le royaume des cieux ressemble à du levain qu'une femme a pris et mis dans trois mesures de farine pour faire lever toute la pâte.»Jésus dit toutes ces choses en paraboles à la foule, et il ne lui parlait pas sans paraboleafin que s'accomplisse ce que le prophète avait annoncé: J'ouvrirai ma bouche pour parler en paraboles, je proclamerai des choses cachées depuis la création [du monde].
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
La péricope 143 de la Synopse porte sur la parabole du grain de sénevé, l'une des paraboles les plus courtes mais les plus riches d'enseignement que Jésus ait prononcées. Elle est rapportée par trois évangélistes synoptiques : Matthieu (13.31-32), Marc (4.30-32) et Luc (13.18-19), ce qui lui confère une importance particulière dans la tradition évangélique. Selon les détails techniques fournis, cet enseignement a été donné en novembre ou décembre de l'an 31, depuis une petite baie le long des rives du lac de Tibériade, près de Capharnaüm en Galilée. Il s'agit de la troisième parabole du grand discours parabolique de Matthieu au chapitre 13. Le grain de sénevé, aujourd'hui connu sous le nom de graine de moutarde, était réputé dans la culture agricole juive de l'époque comme étant la plus petite des semences utilisées par les agriculteurs palestiniens. Jésus s'en sert comme image centrale pour illustrer la nature et la dynamique du Royaume de Dieu. Cette parabole s'inscrit dans une progression logique et narrative au sein de l'Évangile selon Matthieu : après la parabole du semeur (Matthieu 13.1-23) qui introduit la thématique de la semence du Royaume, et après la parabole de l'ivraie (Matthieu 13.24-30) qui aborde la coexistence du bien et du mal, la parabole du grain de sénevé développe les implications inattendues de la croissance de cette semence divine. L'interprétation théologique de cette parabole s'articule autour de quatre grandes leçons fondamentales.
Matthieu 13.31-35 (Louis Segond S21) :
Il leur proposa une autre parabole: «Le royaume des cieux ressemble à une graine de moutarde qu'un homme a prise et semée dans son champ.C'est la plus petite de toutes les semences, mais quand elle a poussé, elle est plus grande que les légumes et devient un arbre, de sorte que les oiseaux du ciel viennent habiter dans ses branches.»Il leur dit cette autre parabole: «Le royaume des cieux ressemble à du levain qu'une femme a pris et mis dans trois mesures de farine pour faire lever toute la pâte.»Jésus dit toutes ces choses en paraboles à la foule, et il ne lui parlait pas sans paraboleafin que s'accomplisse ce que le prophète avait annoncé: J'ouvrirai ma bouche pour parler en paraboles, je proclamerai des choses cachées depuis la création [du monde].
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
II
Premièrement, elle met en lumière la réalité des petits débuts : le Royaume de Dieu commence de manière infime, tout comme Jésus et ses disciples formaient un groupe modeste dans un coin éloigné de l'Empire romain. Rien, à première vue, ne laissait présager une influence mondiale. Deuxièmement, la parabole insiste sur la croissance exponentielle : malgré l'humilité de ses origines, le grain devient un grand arbre capable d'abriter les oiseaux du ciel. Ce contraste saisissant entre le point de départ et le résultat final est au cœur du message de Jésus concernant la puissance transformatrice du Royaume. Troisièmement, l'image de l'arbre accueillant les oiseaux dans ses branches introduit la dimension d'accueil et de refuge que le Royaume de Dieu offre à tous ceux qui viennent à lui, sans distinction. Quatrièmement, la parabole encourage la foi, même petite, en soulignant que c'est Dieu lui-même qui assure la croissance, invitant les croyants à agir avec ce qu'ils ont et à faire confiance au processus divin. Les versions de Marc et de Luc apportent des nuances complémentaires précieuses. Marc (4.30-32) renforce le contraste entre la petitesse initiale et la grandeur finale en précisant que la plante devient « la plus grande de toutes les plantes potagères » et que les oiseaux peuvent faire leur nid à son ombre.
Luc 13.18-19 (Louis Segond S21) :
Il dit encore: «A quoi le royaume de Dieu ressemble-t-il et à quoi le comparerai-je?Il ressemble à une graine de moutarde qu'un homme a prise et plantée dans son jardin; elle pousse, devient un [grand] arbre, et les oiseaux du ciel habitent dans ses branches.»
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
III
Cette mention explicite de l'ombre accentue concrètement la dimension protectrice et hospitalière du Royaume. Luc (13.18-19), quant à lui, situe la scène dans un jardin plutôt qu'un champ, et précise que la graine « devint un arbre », renforçant l'idée d'un développement organique, stable et progressif. L'image du jardin introduit une tonalité plus intime et domestique dans la relation entre l'homme et le Royaume. Une note exégétique importante est soulevée dans les commentaires : de nos jours, il est scientifiquement établi qu'il existe des graines plus petites que celle de moutarde. Cela ne constitue pas une erreur de la part de Jésus, mais reflète le cadre de référence agricole des paysans juifs de Galilée au premier siècle, pour lesquels la graine de moutarde était bien la plus petite qu'ils cultivaient et connaissaient. Cette précision contextuelle est essentielle pour une juste lecture du texte. En synthèse, la parabole du grain de sénevé est un enseignement profondément encourageant sur la nature du Royaume de Dieu : il commence humblement, grandit de manière organique sous l'action divine, et devient un espace de croissance, de protection et d'accueil universel. Elle invite chaque croyant à ne pas mépriser les petits commencements, à persévérer dans la foi et à faire confiance à la puissance souveraine de Dieu pour transformer ce qui est infime en quelque chose de grand et de durable.
Tapez au moins 2 lettres pour découvrir des suggestions issues de nos articles.