Devant le Sanhédrin à Jérusalem vers 34-35 ap. J.-C., Étienne prononce le plus long discours des Actes. En retraçant l'histoire d'Israël depuis Abraham, il montre que les envoyés de Dieu ont toujours été rejetés, culminant dans le rejet du Messie. Loin de se défendre, Étienne devient l'accusateur de ses juges, s'inscrivant dans la lignée des prophètes et du Christ.
Actes des apôtres 6.15 (Louis Segond S21) :
Tous ceux qui siégeaient au sanhédrin avaient les regards fixés sur Etienne; ils virent que son visage était comme celui d'un ange.
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Le discours d'Étienne devant le Sanhédrin, rapporté en Actes 7.1-53, constitue le plus long discours du livre des Actes. Luc lui accorde une place littéraire exceptionnelle, signe de l'importance théologique qu'il lui attribue dans le développement de son récit. Prononcé à Jérusalem vers l'an 34 ou 35, ce discours intervient alors qu'Étienne comparaît devant le Sanhédrin, accusé de blasphème contre la Loi et le Temple. L'argumentation d'Étienne s'articule autour d'une idée directrice centrale : l'histoire d'Israël est marquée par un rejet systématique des envoyés de Dieu. En retraçant les grandes étapes de cette histoire, depuis Abraham jusqu'à Salomon, Étienne montre que les hommes choisis par Dieu pour accomplir sa volonté ont invariablement été incompris, contestés ou persécutés par ceux à qui ils étaient envoyés. Joseph fut rejeté par ses frères, Moïse fut contesté par son propre peuple, les prophètes furent persécutés. Cette longue succession d'oppositions trouve son aboutissement logique et tragique dans le rejet du Messie lui-même, Jésus de Nazareth. Le discours ne constitue donc pas une simple rétrospective historique, mais une véritable interprétation théologique de l'histoire du salut. La figure de Moïse occupe une place centrale et délibérée dans ce discours.
Actes des apôtres 7.39-41 (Louis Segond S21) :
»Nos ancêtres n'ont pas voulu lui obéir, mais ils l'ont repoussé et, dans leur cœur, ils se sont tournés vers l'Egypteen disant à Aaron: Fais-nous des dieux qui marchent devant nous! En effet, ce Moïse qui nous a fait sortir d'Egypte, nous ignorons ce qu'il est devenu.A ce moment-là, ils ont fait un veau, ils ont offert un sacrifice à l'idole et se sont réjouis de ce que leurs mains avaient fabriqué.
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II
Étienne y consacre la plus grande partie de son développement, mettant particulièrement en lumière les épisodes révélant le rejet du grand législateur par son propre peuple. Il rappelle que celui que Dieu avait choisi pour délivrer Israël fut d'abord méconnu et repoussé par ses frères (Actes 7.25-28), puis que la génération sortie d'Égypte, malgré les prodiges accomplis dans le désert, se détourna de lui pour retomber dans l'idolâtrie lors de l'épisode du veau d'or (Actes 7.39-41). Ce développement répond indirectement aux accusations portées contre Étienne : loin de blasphémer contre Moïse, c'est lui qui en saisit le mieux la place dans l'histoire du salut, tandis que ses accusateurs reproduisent l'infidélité des générations passées. Un des aspects les plus frappants de ce discours réside dans le renversement des rôles qui s'y opère progressivement. Étienne ne cherche pas véritablement à assurer sa défense ni à obtenir son acquittement. À l'image des prophètes de l'Ancien Testament, il apparaît davantage préoccupé par la fidélité au message reçu que par son propre sort. Après avoir retracé l'histoire d'Israël, il interpelle directement les membres du Sanhédrin en des termes d'une grande violence prophétique : « Hommes au cou raide, incirconcis de cœur et d'oreilles ! Vous vous opposez toujours au Saint-Esprit ; ce que vos pères ont été, vous l'êtes aussi » (Actes 7.51). Puis il conclut : « Vous qui avez reçu la Loi d'après des commandements d'anges, et qui ne l'avez point gardée ! » (Actes 7.53).
Luc 1.1-4 (Louis Segond S21) :
Plusieurs ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous,d'après ce que nous ont transmis ceux qui ont été des témoins oculaires dès le commencement et qui sont devenus des serviteurs de la parole.Il m'a donc paru bon à moi aussi, qui me suis soigneusement informé sur toutes ces choses dès l'origine, de te les exposer par écrit d'une manière suivie, excellent Théophile,afin que tu reconnaisses la certitude des enseignements que tu as reçus.
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III
Ainsi, celui qui comparaît comme accusé devient l'accusateur de ses juges, qui se retrouvent à leur tour placés sous le jugement de la Parole de Dieu. Cette inversion rappelle plusieurs scènes évangéliques dans lesquelles Jésus lui-même, tout en étant jugé, dévoile la responsabilité de ses accusateurs. Étienne apparaît ainsi dans la lignée directe des prophètes de l'Ancien Testament et du Christ, partageant leur sort autant que leur mission. Son discours illustre de manière saisissante la continuité entre l'histoire d'Israël et l'Église naissante, et met en lumière la nature profonde du conflit entre l'Évangile et les autorités religieuses de Jérusalem. Sur le plan de la méthode historique, Luc précise que ces événements ont eu lieu à Jérusalem et que les informations rapportées proviennent de sa source unique. Fidèle à la méthode annoncée au début de son Évangile (Luc 1.1-4), il a vraisemblablement retenu les éléments les plus significatifs du discours plutôt que d'en reproduire l'intégralité. Le fait que le visage d'Étienne apparaissait « comme le visage d'un ange » aux membres du conseil (Actes 6.15) pourrait expliquer en partie pourquoi l'accusé fut autorisé à développer aussi longuement son argumentation.
L'article ANN054 clarifie les termes désignant le peuple d'Israël : Juif, Israélite, Israélien, Hébreu et Sémite. Chaque terme possède une signification distincte selon le contexte historique, religieux ou civique. L'article distingue notamment 'Juif' (peuple ou religion selon la majuscule) et 'Israélite' (descendants des douze tribus). Il affirme reconnaître Israël comme le peuple de Dieu et propose des définitions précises pour mieux comprendre les Écritures et le contexte contemporain.
Esther 2.5-6 (Louis Segond S21) :
Il y avait à Suse, la capitale, un Juif du nom de Mardochée. C'était un fils de Jaïr, un descendant de Shimeï et de Kis, un Benjaminitequi avait quitté Jérusalem en compagnie du groupe d'exilés partis avec Jéconia, le roi de Juda, sur ordre de Nebucadnetsar, le roi de Babylone.
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Cet article de la série des Annexes (ANN054) propose une étude terminologique et théologique approfondie des différents termes utilisés pour désigner le peuple d'Israël : Juif, Israélite, Israélien, Hébreu et Sémite. L'objectif est de clarifier ces notions souvent confondues ou mal comprises, en apportant des définitions précises tout en tenant compte des sensibilités historiques et culturelles liées à ces appellations. Le terme 'Juif' est le premier examiné. L'article distingue l'usage avec majuscule (désignant le peuple juif en tant que groupe ethnique et national) de l'usage avec minuscule (renvoyant à la dimension religieuse). Cette distinction suit la règle du dictionnaire Larousse, mais l'article souligne que son application est rendue délicate par l'antisémitisme latent qui traverse l'histoire. Le terme dérive du nom de Judah, quatrième fils de Jacob. La première personne désignée comme 'Juive' dans la Bible est Mardochée (Esther 2.5-6). Le mot 'Juif' apparaît 280 fois dans le Nouveau Testament et 93 fois dans l'Ancien Testament. L'article affirme clairement reconnaître Israël comme un peuple, et même comme le peuple de Dieu, justifiant ainsi l'emploi systématique de la majuscule dans leurs écrits.
Esther 2.5-6 (Louis Segond S21) :
Il y avait à Suse, la capitale, un Juif du nom de Mardochée. C'était un fils de Jaïr, un descendant de Shimeï et de Kis, un Benjaminitequi avait quitté Jérusalem en compagnie du groupe d'exilés partis avec Jéconia, le roi de Juda, sur ordre de Nebucadnetsar, le roi de Babylone.
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II
Le terme 'Israélite' est ensuite analysé. Il désigne les descendants des douze fils de Jacob, dont le nom 'Israël' signifie 'celui qui lutte avec Dieu', en référence à la transformation de Jacob 'le trompeur'. Ce terme apparaît 671 fois dans l'Ancien Testament et 24 fois dans le Nouveau Testament. L'article établit une distinction historique importante : après le règne de Salomon, la nation s'est divisée en deux royaumes — le royaume d'Israël au nord (donnant le terme 'Israélite') et le royaume de Juda au sud (donnant le terme 'Juif'). Cette interprétation est présentée comme généralement acceptée par les historiens, même si elle reste sujette à débat. Le terme 'Israélien' renvoie quant à lui à la nationalité moderne, désignant les citoyens de l'État d'Israël fondé en 1948, quelle que soit leur appartenance religieuse ou ethnique. C'est donc une désignation civique et contemporaine, distincte des précédentes qui ont une dimension davantage religieuse et historique. Le terme 'Hébreu' est l'un des plus anciens pour désigner ce peuple. Il est souvent associé à Abraham, considéré comme le premier Hébreu.
III
Son étymologie est débattue : certains le relient à Eber, ancêtre d'Abraham mentionné dans la généalogie biblique, d'autres à une racine signifiant 'celui qui traverse' ou 'celui qui vient de l'autre côté'. Dans le Nouveau Testament, le terme 'Hébreux' peut aussi désigner les Juifs de langue hébraïque ou araméenne, par opposition aux Juifs hellénistes. Enfin, le terme 'Sémite' est d'ordre linguistique et ethnologique. Il désigne les peuples parlant des langues sémitiques (hébreu, arabe, araméen, etc.) et descend de Sem, fils de Noé. Les Juifs sont donc des Sémites, mais les Sémites ne sont pas tous Juifs. L'article met en garde contre l'usage abusif du terme 'antisémitisme', souvent réduit à tort à l'antijudaïsme alors qu'il devrait théoriquement englober tous les peuples sémitiques. L'article se présente comme une annexe de référence, destinée à accompagner d'autres chapitres traitant du contexte historique, géopolitique, du pays d'Israël aujourd'hui et de la fin des conflits. Il s'inscrit dans une démarche pédagogique visant à doter le lecteur des outils conceptuels nécessaires pour mieux comprendre les textes bibliques et l'actualité du peuple juif. Le ton est didactique, respectueux et théologiquement engagé, affirmant une position claire en faveur de la reconnaissance d'Israël comme peuple de Dieu.
L'article traite de la rédaction des cinq premiers livres de la Bible. Il met en lumière la transmission orale, l'écriture et l'intégration de diverses sources littéraires. L'importance de la préservation textuelle à travers les siècles est également abordée, tout comme les motivations historiques des rédacteurs.
Psaumes 78.4 (Louis Segond S21) :
nous ne le cacherons pas à leurs enfants;nous redirons à la génération future les louanges de l'Eternel,sa puissance et les merveilles qu'il a accomplies.
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L'article BIB001 - Les textes fondateurs de la Bible explore la formation et la rédaction des premiers textes bibliques, en particulier le Pentateuque, qui comprend les cinq premiers livres de la Bible hébraïque. Le texte commence par examiner l'importance de la transmission orale dans le maintien de l'histoire biblique, en soulignant le rôle crucial joué par les récits racontés de génération en génération. Ensuite, l'article se penche sur la mise par écrit de ces récits, ce qui a commencé à une époque où les Israélites ont senti le besoin de préserver et consigner leurs traditions.
Deutéronome 4.9 (Louis Segond S21) :
»Seulement, fais bien attention à toi! Veille attentivement sur toi-même tous les jours de ta vie, afin de ne pas oublier ce que tes yeux ont vu et de ne pas le laisser sortir de ton cœur. Enseigne-le à tes enfants et à tes petits-enfants.
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II
Le processus d'écriture s'est probablement amorcé à l'époque de Moïse et s'est poursuivi jusqu'à l'exil babylonien. Plusieurs sources littéraires distinctes ont contribué à la composition du Pentateuque, notamment la source Jahviste, Elohiste, Deutéronomiste et Sacerdotale. Leurs caractéristiques théologiques et stylistiques variées ont été intégrées par des rédacteurs ultérieurs pour former un texte cohérent.
Psaumes 78.4 (Louis Segond S21) :
nous ne le cacherons pas à leurs enfants;nous redirons à la génération future les louanges de l'Eternel,sa puissance et les merveilles qu'il a accomplies.
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III
L'article aborde également la transmission de ces textes au moyen de manuscrits anciens, tels que les Manuscrits de la mer Morte, qui témoignent de la fidélité remarquablement préservée des textes lors des pratiques scribales de l'époque. La fin de l'article explore les motivations des rédacteurs qui ont contribué à la compilation de ces textes centraux, notamment la nécessité de garantir l'alliance et la loi à travers les écritures, tout en évoquant le contexte historique et culturel dans lequel ces motifs ont pris forme.
L'article examine le décalage apparent entre treize et quatorze générations annoncées dans Matthieu 1.17, résolu par l'inclusion de Marie dans la généalogie. Cela reflète une intention théologique où le Messie n'est pas engendré par un homme mais conçu du Saint-Esprit, restaurant ainsi la cohérence des Écritures.
Genèse 2.2-3 (Louis Segond S21) :
Le septième jour, Dieu mit un terme à son travail de création. *Il se reposa de toute son activité le septième jour.Dieu bénit le septième jour et en fit un jour saint, parce que ce jour-là il se reposa de toute son activité, de tout ce qu'il avait créé.
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L'article explore la question du nombre exact de générations mentionnées par Matthieu dans l'Évangile, en particulier celles entre l'exil babylonien et le Christ. Matthieu 1.17 déclare quatorze générations, mais un décompte rigoureux en révèle seulement treize, suscitant une apparente contradiction. L'article clarifie cette confusion en soulignant que les généalogies bibliques sont souvent sélectives, omettant certains noms pour symboliser certains concepts ou figures-clés.
Matthieu 1.12-16 (Louis Segond S21) :
Après la déportation à Babylone, Jéconias eut pour fils Shealthiel; Shealthiel eut Zorobabel;Zorobabel eut pour fils Abiud; Abiud eut Eliakim; Eliakim eut Azor;Azor eut pour fils Sadok; Sadok eut Achim; Achim eut Eliud;Eliud eut pour fils Eléazar; Eléazar eut Matthan; Matthan eut Jacob;Jacob eut pour fils Joseph, l'époux de Marie, de laquelle est né Jésus, qu'on appelle le Christ.
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II
La généalogie structurée en trois séries de quatorze générations met en évidence une intention symbolique de Matthieu, avec le chiffre quatorze représentant plénitude et accomplissement. La clé réside dans la figure de Marie, qui, contrairement à la tradition d'engendrement, est présentée comme la mère de Jésus dans Matthieu 1.16. Son inclusion permet de restaurer le compte des quatorze générations, soulignant une orientation théologique où le Messie est conçu du Saint-Esprit, non engendré par Joseph.
Jean 3.16-17 (Louis Segond S21) :
En effet, Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle.Dieu, en effet, n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui.
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III
Par conséquent, ce qui apparaît comme une lacune devient une démonstration de la cohérence et harmonie biblique, mettant en lumière le rôle unique de Marie dans ce récit généalogique.
Le Code d'Hammourabi autorisait une femme stérile à proposer sa servante à son mari pour assurer une descendance, l'enfant étant reconnu comme légitime. Cette pratique, répandue dans l'ancien Proche-Orient, n'était pas prescrite dans la Loi de Moïse. Elle éclaire le geste de Sarah proposant Agar à Abraham, un acte culturellement acceptable mais contraire à la promesse divine spécifique faite à Abraham concernant sa descendance.
Cet article explore une pratique sociale et juridique ancienne qui a influencé les récits bibliques, notamment celui d'Abraham, Sarah et Agar. Le point central est l'existence du Code d'Hammourabi, un corpus législatif babylonien parmi les plus anciens du monde, qui réglementait de nombreux aspects de la vie sociale, familiale et économique dans l'ancien Proche-Orient. L'article met en lumière une règle particulière de ce code concernant la gestion de la stérilité féminine dans le mariage. Selon cette disposition du Code d'Hammourabi, lorsqu'une femme mariée se trouvait dans l'incapacité de porter des enfants, elle avait la possibilité de proposer à son mari de s'unir avec sa servante ou son esclave. L'enfant né de cette union n'était pas considéré comme le fils de la servante, mais comme l'enfant légitime de l'épouse infertile. La servante jouait ainsi un rôle de mère porteuse au sens antique du terme, sans que cela lui confère de droits parentaux particuliers sur l'enfant. Cette pratique visait à assurer la continuité de la lignée familiale et à garantir une descendance au couple, ce qui était d'une importance capitale dans les sociétés patriarcales de l'époque. L'article souligne que cette coutume n'était pas exclusive aux Hébreux, mais qu'elle était largement répandue parmi les nations voisines de l'ancien Proche-Orient.
II
Elle reflétait une norme culturelle et juridique commune à plusieurs civilisations mésopotamiennes. Ce que l'article met particulièrement en valeur, c'est que cette pratique n'était nullement prescrite ou stipulée dans la Loi de Moïse. Autrement dit, il ne s'agissait pas d'un commandement divin, mais d'un usage humain et culturel que les Hébreux avaient adopté au contact des peuples environnants. L'exemple le plus illustratif cité dans l'article est celui de Jacob, mentionné en Genèse 29.31, qui eut des enfants avec les servantes de ses épouses Léa et Rachel. Ce récit biblique s'inscrit dans ce contexte culturel précis, où la servante servait de substitut maternel pour pallier la stérilité de l'épouse principale. Mais l'application la plus théologiquement significative de cette pratique concerne Abraham et Sarah. Lorsque Sarah, l'épouse d'Abraham, constata qu'elle ne pouvait pas enfanter, elle proposa à son mari de s'unir à Agar, sa servante égyptienne. Cette proposition était parfaitement conforme aux usages juridiques et sociaux de l'époque, tels que codifiés dans le Code d'Hammourabi.
III
Cependant, l'article insiste sur un point théologique fondamental : cette décision humaine ne correspondait pas à ce que Dieu avait dit et promis à Abraham. En effet, Dieu avait fait une promesse spécifique à Abraham concernant sa descendance, une promesse qui devait se réaliser selon les voies divines et non selon les solutions humaines. Ce passage met ainsi en évidence une tension récurrente dans le récit biblique : la tentation pour les croyants de résoudre leurs problèmes par des moyens humains et culturellement acceptables, au lieu d'attendre la réalisation des promesses divines. La décision de Sarah et d'Abraham d'avoir recours à Agar, bien que culturellement normale, représentait une anticipation humaine sur le plan divin, avec des conséquences qui traverseront l'histoire biblique et humaine jusqu'à aujourd'hui. Sur le plan historique, cet article apporte un éclairage précieux sur le contexte culturel et juridique dans lequel évoluaient les patriarches hébreux. Il montre que les récits de la Genèse ne se déroulent pas dans un vacuum culturel, mais qu'ils s'inscrivent dans un monde réel, avec ses codes, ses lois et ses pratiques sociales. La connaissance du Code d'Hammourabi permet donc de mieux comprendre les motivations et les choix des personnages bibliques, tout en discernant ce qui relève de la culture humaine de l'époque et ce qui constitue la volonté et la parole de Dieu. En résumé, cet article de type note historique offre une fenêtre sur le monde antique pour mieux éclairer les récits bibliques, invitant le lecteur à distinguer entre les pratiques culturelles humaines et les instructions divines, et à comprendre les conséquences spirituelles du choix de suivre l'une plutôt que l'autre.
Le pays de Canaan, correspondant à l'actuel Israël, Palestine, Liban et parties de Jordanie et Syrie, est décrit comme 'le plus beau de tous les pays' dans la Bible. Peuplé par les Cananéens, Amorites, Hittites et Philistins, il constitue la terre promise au peuple hébreu. Deux étapes séparées de 470 ans marquent sa conquête : l'arrivée d'Abraham, puis la conquête de Josué après la captivité en Égypte et l'errance au désert.
Ezéchiel 20.6 (Louis Segond S21) :
Ce jour-là, je me suis engagé envers eux à les faire passer d'Egypte dans un pays que j'avais cherché pour eux, un pays où coulent le lait et le miel, le plus beau de tous les pays.
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L'article 'Le pays de Canaan' offre une présentation géographique, historique et théologique de cette région centrale dans la Bible hébraïque et chrétienne. Le pays de Canaan, tel qu'il est mentionné dans les Écritures, correspond approximativement aux territoires actuels d'Israël, de la Palestine, du Liban, ainsi qu'à certaines parties de la Jordanie et de la Syrie. Cette région est présentée comme une terre d'une importance capitale pour le peuple hébreu, qualifiée à quatre reprises dans la Bible de 'plus beau de tous les pays', une expression que l'on retrouve notamment en Ézéchiel 20.6, où Dieu rappelle son engagement envers Israël de les conduire vers cette terre promise, décrite comme un pays 'où coulent le lait et le miel'. Cette formulation symbolique illustre à la fois la fertilité matérielle du territoire et la bénédiction divine associée à sa possession. Dans l'Antiquité, Canaan était peuplé par plusieurs ethnies distinctes, parmi lesquelles les Cananéens, les Amorites, les Hittites et les Philistins. Ces peuples occupaient le territoire avant l'arrivée et la conquête progressive par les Hébreux. La coexistence, les conflits et les interactions entre ces peuples constituent un arrière-plan essentiel pour comprendre de nombreux récits bibliques, notamment ceux du livre des Juges, de Josué et des livres historiques de l'Ancien Testament.
Ezéchiel 20.6 (Louis Segond S21) :
Ce jour-là, je me suis engagé envers eux à les faire passer d'Egypte dans un pays que j'avais cherché pour eux, un pays où coulent le lait et le miel, le plus beau de tous les pays.
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II
L'article structure l'histoire de la prise de possession de Canaan en deux grandes étapes séparées d'environ 470 ans. La première étape commence avec l'arrivée d'Abraham en Canaan. C'est à lui que Dieu promet cette terre pour ses descendants, établissant ainsi le fondement théologique de la notion de 'terre promise'. Cette promesse divine faite à Abraham constitue l'un des piliers de l'alliance entre Dieu et le peuple hébreu, une alliance qui traverse l'ensemble de l'Ancien Testament et structure la compréhension que le peuple d'Israël a de son identité et de sa vocation. La seconde étape correspond à la conquête menée par Josué, qui intervient après deux événements majeurs : la captivité en Égypte et les quarante années d'errance dans le désert sous la conduite de Moïse. Cette longue période intermédiaire, marquée par l'esclavage égyptien puis par la pérégrination au désert, est présentée dans la Bible comme un temps d'épreuve, de formation et de fidélité à l'alliance divine. La conquête de Josué représente alors l'accomplissement de la promesse faite à Abraham, plusieurs siècles auparavant, et l'entrée concrète du peuple hébreu dans l'héritage promis par Dieu.
III
Cet article s'inscrit dans une série de notes historiques destinées à contextualiser les récits bibliques dans leur cadre géographique et culturel. Il permet aux lecteurs, même débutants, de mieux comprendre le contexte dans lequel se déroulent les grands récits de l'Ancien Testament, notamment ceux de la Genèse, de l'Exode et du livre de Josué. La connaissance du pays de Canaan, de ses frontières approximatives, de ses habitants originels et de son importance spirituelle pour le peuple d'Israël est indispensable pour une lecture éclairée de la Bible. En somme, cet article constitue une introduction claire et accessible à la géographie biblique de Canaan, en reliant les données historiques et ethniques aux grandes lignes théologiques de l'alliance et de la promesse divine. Il pose les bases d'une compréhension approfondie de la relation entre le peuple d'Israël et sa terre, une relation qui demeure un thème central de toute la révélation biblique.
Le Pentateuque, composé des cinq premiers livres bibliques, est essentiel pour les traditions juives et chrétiennes. Il raconte la création, la libération des Hébreux avec Moïse, et contient lois et récits fondateurs.
Le Pentateuque est un ensemble des cinq premiers livres de la Bible, essentiels dans les traditions juives et chrétiennes. Il inclut la Genèse, qui raconte la création du monde, l'histoire d'Adam et Ève, le déluge et les récits des patriarches. L'Exode détaille la libération des Hébreux de l'esclavage en Égypte sous la conduite de Moïse, apportant aussi les Dix Commandements.
II
Le Lévitique est composé de lois et rituels pour Israël, tandis que le livre des Nombres narre le périple des Israélites dans le désert et divers recensements. Enfin, le Deutéronome contient les discours de Moïse récapitulant les lois avant l'entrée en Terre promise. Cette section biblique est fondamentale, fournissant un socle légal, moral et narratif.
III
Chaque livre joue un rôle unique mais complémentaire, façonnant la structure sociale, religieuse et politique des communautés juives et chrétiennes à travers leurs histoires et leurs législations.
L'article examine les passages bibliques souvent attribués à la source Elohiste, laquelle utilise le nom divin Elohim et présente Dieu apparaissant dans des rêves. Il aborde des récits comme ceux d'Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob, et Moïse, détaillant leurs éléments distinctifs.
Genèse 20.1-18 (Louis Segond S21) :
Abraham partit de là pour la région du Néguev. Il s'installa entre Kadès et Shur et fit un séjour à Guérar.Abraham disait à propos de sa femme Sara: «C'est ma sœur.» Abimélec, roi de Guérar, fit enlever Sara.Alors Dieu apparut à Abimélec dans un rêve pendant la nuit et lui dit: «Tu vas mourir à cause de la femme que tu as enlevée, car elle est mariée.»Abimélec, qui ne s'était pas encore approché d'elle, répondit: «Seigneur, détruirais-tu même une nation juste?Ne m'a-t-il pas dit qu'elle était sa sœur et elle-même n'a-t-elle pas dit qu'il était son frère? C'est avec un cœur intègre et des mains innocentes que j'ai agi.»Dieu lui dit dans son rêve: «Je sais moi aussi que tu as agi avec un cœur intègre, si bien que je t'ai moi-même empêché de pécher contre moi. Voilà pourquoi je n'ai pas permis que tu la touches.Maintenant, rends la femme de cet homme, car c'est un prophète. Il priera pour toi et tu vivras. Mais, si tu ne la rends pas, sache que tu mourras, toi et tout ce qui t'appartient.»Abimélec se leva de bon matin, appela tous ses serviteurs et leur raconta toute l'affaire. Ces gens furent alors saisis d'une grande frayeur.Abimélec appela aussi Abraham et lui dit: «Qu'est-ce que tu nous as fait? Quel péché ai-je commis contre toi pour que tu fasses venir sur moi et sur mon royaume un si grand péché? Tu as commis envers moi des actes qui ne doivent pas se commettre.»Abimélec dit encore à Abraham: «Quelle intention avais-tu pour agir ainsi?»Abraham répondit: «Je me disais qu'il n'y avait sans doute aucune crainte de Dieu dans ce pays et que l'on me tuerait à cause de ma femme.De plus, il est vrai qu'elle est ma sœur, puisqu'elle est la fille de mon père; seulement, elle n'est pas la fille de ma mère et elle est devenue ma femme.Lorsque Dieu m'a fait errer loin de ma famille, j'ai dit à Sara: ‘Voici l'acte de bonté dont tu pourras faire preuve envers moi: partout où nous irons, présente-moi comme ton frère.’»Abimélec prit des brebis et des bœufs, des serviteurs et des servantes, et il les donna à Abraham. De plus, il lui rendit sa femme Saraen disant: «Mon pays est devant toi. Installe-toi où il te plaira.»Quant à Sara, il lui dit: «Je donne à ton frère 1000 pièces d'argent. Ce sera pour toi comme un voile sur les yeux pour tous ceux qui sont avec toi. Ainsi, ton innocence sera prouvée devant tous.»Abraham pria Dieu, et Dieu guérit Abimélec, sa femme et ses servantes, de sorte qu'elles purent avoir des enfants.En effet, l'Eternel avait frappé de stérilité tout le foyer d'Abimélec à cause de Sara, la femme d'Abraham.
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L'article explore les exemples de passages bibliques attribués à la source Elohiste (E). La source Elohiste utilise principalement le nom divin Elohim et adopte un style formel, souvent caractérisé par des récits où Dieu se manifeste à travers des rêves et des anges. Les récits incluent l'histoire d'Abraham et d'Abimélek dans Genèse 20.1-18, où Dieu apparaît à Abimélek dans un rêve pour lui interdire de prendre Sara.
Genèse 22.1-19 (Louis Segond S21) :
Après cela, Dieu mit Abraham à l'épreuve. Il lui dit: «Abraham!» Celui-ci répondit: «Me voici!»Dieu dit: «Prends ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac. Va-t'en au pays de Morija et là offre-le en holocauste sur l'une des montagnes que je t'indiquerai.»Abraham se leva de bon matin, sella son âne et prit avec lui deux serviteurs et son fils Isaac. Il fendit du bois pour l'holocauste et partit pour aller à l'endroit que Dieu lui avait indiqué.Le troisième jour, Abraham leva les yeux et vit l'endroit de loin.Il dit à ses serviteurs: «Restez ici avec l'âne. Le jeune homme et moi, nous irons jusque là-bas pour adorer, puis nous reviendrons vers vous.»Abraham prit le bois pour l'holocauste, le chargea sur son fils Isaac et porta lui-même le feu et le couteau. Ils marchèrent tous les deux ensemble.Alors Isaac s'adressa à son père Abraham en disant: «Mon père!» Il répondit: «Me voici, mon fils!» Isaac reprit: «Voici le feu et le bois, mais où se trouve l'agneau pour l'holocauste?»Abraham répondit: «Mon fils, Dieu pourvoira lui-même à l'agneau pour l'holocauste.» Et ils continuèrent à marcher tous les deux ensemble.Lorsqu'ils furent arrivés à l'endroit que Dieu lui avait indiqué, Abraham y construisit un autel et rangea le bois. Il attacha son fils Isaac et le mit sur l'autel par-dessus le bois.Puis Abraham tendit la main et prit le couteau pour égorger son fils.Alors l'ange de l'Eternel l'appela depuis le ciel et dit: «Abraham! Abraham!» Il répondit: «Me voici!»L'ange dit: «Ne porte pas la main sur l'enfant et ne lui fais rien, car je sais maintenant que tu crains Dieu et que tu ne m'as pas refusé ton fils unique.»Abraham leva les yeux et vit [derrière lui] un bélier retenu par les cornes dans un buisson. Il alla prendre le bélier et l'offrit en holocauste à la place de son fils.Abraham donna à cet endroit le nom de Yahvé-Jiré. C'est pourquoi l'on dit aujourd'hui: «A la montagne de l'Eternel il sera pourvu.»L'ange de l'Eternel appela une deuxième fois Abraham depuis le ciel.Il dit: «*Je le jure par moi-même – déclaration de l'Eternel –, parce que tu as fait cela et que tu n'as pas refusé ton fils unique,je te bénirai et je multiplierai ta descendance: elle sera *aussi nombreuse que les étoiles du ciel, pareille au sable qui est au bord de la mer. De plus, ta descendance possédera les villes de ses ennemis.*Toutes les nations de la terre seront bénies en ta descendance, parce que tu m'as obéi.»Abraham retourna vers ses serviteurs. Ils se levèrent et repartirent ensemble à Beer-Shéba. En effet, Abraham habitait à Beer-Shéba.
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II
D'autres exemples sont l'expulsion d'Agar et d'Ismaël, où un ange de Dieu console Agar après avoir entendu les cris de l'enfant (Genèse 21.8-21), et le sacrifice d'Isaac, où Dieu met Abraham à l'épreuve (Genèse 22.1-19). Jacob également fait un rêve à Béthel où Dieu lui promet la terre et de nombreux descendants (Genèse 28.10-22). En Genèse 31.1-55, Dieu apparaît à Laban dans un rêve pour protéger Jacob, et en Exode 1.1-2.25, l'oppression des Israélites en Égypte ainsi que l'appel de Moïse par Dieu pour libérer son peuple sont décrits.
Genèse 31.1-55 (Louis Segond S21) :
Jacob entendit les propos des fils de Laban. Ils disaient: «Jacob a pris tout ce qui appartenait à notre père et c'est grâce aux biens de notre père qu'il s'est constitué toute cette richesse.»Jacob remarqua aussi le visage de Laban: il n'avait plus la même attitude qu'avant vis-à-vis de lui.C'est alors que l'Eternel dit à Jacob: «Retourne dans le pays de tes pères et dans ton lieu de naissance, et je serai avec toi.»Jacob fit appeler Rachel et Léa aux champs, vers son troupeau.Il leur dit: «Je vois au visage de votre père qu'il n'a plus la même attitude qu'avant envers moi. Cependant, le Dieu de mon père a été avec moi.Vous savez vous-mêmes que j'ai servi votre père de toute ma force.Quant à votre père, il m'a trompé et a changé dix fois mon salaire, mais Dieu ne lui a pas permis de me faire du mal.Quand il disait: ‘Les tachetés seront ton salaire’, toutes les brebis faisaient des petits tachetés, et quand il disait: ‘Les rayés seront ton salaire’, toutes les brebis faisaient des petits rayés.Dieu a pris à votre père son troupeau et me l'a donné.A l'époque où les brebis entraient en chaleur, j'ai levé les yeux et j'ai vu en rêve que les boucs qui s'accouplaient avec les brebis étaient rayés, tachetés et marquetés.L'ange de Dieu m'a dit en rêve: ‘Jacob!’ J'ai répondu: ‘Me voici!’Il a dit: ‘Lève les yeux et regarde: tous les boucs qui s'accouplent avec les brebis sont rayés, tachetés et marquetés, car j'ai vu tout ce que te fait Laban.Je suis le Dieu de Béthel où tu as consacré par onction un monument, où tu m'as fait un vœu. Maintenant, lève-toi, quitte ce pays et retourne au pays de ta naissance.’»Rachel et Léa lui répondirent: «Avons-nous encore une part et un héritage chez notre père?Ne sommes-nous pas considérées par lui comme des étrangères, puisqu'il nous a vendues et a même mangé notre argent?Toute la richesse que Dieu a enlevée à notre père nous appartient, à nous et à nos enfants. Fais maintenant tout ce que Dieu t'a dit.»Jacob se leva donc et fit monter ses enfants et ses femmes sur les chameaux.Il emmena tout son troupeau et tous les biens qu'il possédait, le troupeau qui lui appartenait, dont il était devenu propriétaire à Paddan-Aram, et il se rendit vers son père Isaac au pays de Canaan.Laban était parti tondre ses brebis, et Rachel vola les théraphim de son père.De son côté, Jacob trompa Laban l'Araméen en ne l'avertissant pas de son départet s'enfuit avec tout ce qui lui appartenait. Il se leva, traversa l'Euphrate et se dirigea vers la région montagneuse de Galaad.Trois jours plus tard, on annonça à Laban que Jacob s'était enfui.Il prit ses frères avec lui, le poursuivit durant sept jours de marche et le rattrapa dans la région montagneuse de Galaad.Cependant, au cours de la nuit Dieu apparut en rêve à Laban l'Araméen et lui dit: «Garde-toi de parler à Jacob, que ce soit en bien ou en mal!»Laban rattrapa donc Jacob alors que celui-ci avait planté sa tente sur la montagne. Laban planta aussi la sienne, avec ses frères, dans la région montagneuse de Galaad.Alors Laban dit à Jacob: «Qu'as-tu fait? Pourquoi m'as-tu trompé et emmènes-tu mes filles comme des prisonnières de guerre?Pourquoi as-tu pris la fuite en cachette et m'as-tu trompé, au lieu de m'avertir? Je t'aurais laissé partir au milieu de la joie et des chants, au son du tambourin et de la harpe.Tu ne m'as pas permis d'embrasser mes petits-enfants et mes filles! Tu t'es comporté de façon stupide.Ma main est assez forte pour vous faire du mal, mais le Dieu de votre père m'a dit hier: ‘Garde-toi de parler à Jacob, que ce soit en bien ou en mal!’Et maintenant que tu es parti parce que tu languissais après le foyer de ton père, pourquoi as-tu volé mes dieux?»Jacob répondit à Laban: «C'est que j'avais peur. Je me suis dit que tu m'enlèverais peut-être tes filles.Quant à celui auprès duquel tu trouverais tes dieux, qu'il cesse de vivre! Devant les membres de notre parenté, reconnais ce qui t'appartient chez moi et prends-le.» Jacob ne savait pas que Rachel les avait volés.Laban entra dans la tente de Jacob, dans celle de Léa, dans celle des deux servantes, et il ne trouva rien. Il sortit de la tente de Léa et entra dans celle de Rachel.Rachel avait pris les théraphim, les avait mis sous le bât du chameau et s'était assise dessus. Laban fouilla toute la tente et ne trouva rien.Elle dit à son père: «Mon seigneur, ne te fâche pas si je ne peux pas me lever devant toi, car je suis indisposée.» Il chercha les théraphim et ne les trouva pas.Jacob se fâcha et chercha querelle à Laban. Il reprit la parole et lui dit: «Quel est mon crime, quel est mon péché, pour que tu me poursuives avec tant d'ardeur?Quand tu as fouillé toutes mes affaires, qu'as-tu trouvé des affaires de ta maison? Dépose-le ici devant nos parentés respectives, et qu'elles soient juges entre nous deux.Voilà 20 ans que j'ai passés chez toi. Tes brebis et tes chèvres n'ont pas avorté et je n'ai pas mangé les béliers de ton troupeau.Je ne t'ai pas rapporté de bête trouvée déchiquetée, j'en ai payé le dédommagement. Tu me redemandais ce qu'on me volait de jour et ce qu'on me volait de nuit.La chaleur me dévorait pendant le jour et le froid pendant la nuit, et le sommeil fuyait mes yeux.Voilà 20 ans que j'ai passés chez toi. Je t'ai servi 14 ans pour tes deux filles, 6 ans pour ton troupeau, et tu as changé dix fois mon salaire.Si le Dieu de mon père, le Dieu d'Abraham, celui que craint Isaac, n'avait pas été en ma faveur, tu m'aurais maintenant renvoyé les mains vides. Dieu a vu ma peine et le travail de mes mains, et hier il a prononcé son jugement.»Laban répondit à Jacob: «Ces filles sont les miennes, ces enfants sont les miens, ce troupeau est le mien et tout ce que tu vois m'appartient. Que puis-je faire aujourd'hui pour mes filles ou pour leurs enfants, ceux qu'elles ont mis au monde?Viens maintenant! Concluons une alliance, toi et moi, et que quelque chose serve de témoignage entre nous!»Jacob prit une pierre et la dressa en guise de monument.Jacob dit aux membres de sa parenté: «Ramassez des pierres.» Ils prirent des pierres et firent un tas. Ils mangèrent là sur le tas.Laban l'appela Jegar-Sahadutha, et Jacob l'appela Galed.Laban dit: «Que ce tas serve aujourd'hui de témoignage entre toi et moi!» C'est pourquoi on lui a donné le nom de Galed.On l'appelle aussi Mitspa, parce que Laban dit: «Que l'Eternel veille sur toi et sur moi, quand nous nous serons perdus de vue, tous les deux.Si tu maltraites mes filles et si tu prends encore d'autres femmes, ce n'est pas un homme qui sera avec nous, fais-y bien attention! C'est Dieu qui sera témoin entre toi et moi.»Laban dit à Jacob: «Vois ce tas de pierres et ce monument que j'ai placés entre toi et moi:ils seront témoins que je ne dépasserai pas ce tas dans ta direction et que, de ton côté, tu ne dépasseras pas ce tas et ce monument dans ma direction avec de mauvaises intentions.Que le Dieu d'Abraham et le Dieu de Nachor – c'est-à-dire le Dieu de leur ancêtre – soient juges entre nous!» Jacob prêta serment au nom de celui que craignait son père Isaac.Jacob offrit un sacrifice sur la montagne et invita les membres de sa parenté à manger. Ils mangèrent donc et passèrent la nuit sur la montagne.
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III
Dans Exode 3.1-15, Dieu s'exprime à travers le buisson ardent, montrant la mixture des sources Elohiste et Jahviste. Ces passages sont identifiés par leurs caractéristiques linguistiques et théologiques, contribuant à la compréhension de la complexité des sources bibliques.
Cet article explore la source sacerdotale de la Bible, centrée sur les rituels, les lois et les généalogies. Elle est illustrée par des passages tels que la Création, la généalogie d'Adam à Noé et le Lévitique. Chaque exemple souligne son style structuré et détaillé.
L'article sur la source sacerdotale décrit ses caractéristiques distinctives et ses contributions à la Bible. La source sacerdotale ou « P » se concentre sur le rituel religieux, les lois, les généalogies, ainsi qu'un style formel et structuré. Au début, elle utilise le nom divin Elohim, puis Yahvé après Exode 6.
II
Plusieurs passages bibliques lui sont attribués, dont Genèse 1.1-2a qui relate la Création avec une structure répétitive, et Genèse 5 qui détaille la généalogie de l'humanité jusqu'à Noé. Genèse 17 parle de l'alliance de la circoncision entre Dieu et Abraham, soulignant le style formel et les éléments rituels de la source sacerdotale. Exode 25-31 contient des instructions pour le Tabernacle, démontrant son attention méticuleuse aux détails rituels.
III
Le Lévitique dans son intégralité décrit des lois sacerdotales, et les chapitres 1-10 de Nombres concernent l'organisation tribale et rituelle. Enfin, Nombres 16-17 se concentre sur l'autorité sacerdotale, affirmant le sacerdoce d'Aaron face à la rébellion.
La source Élohiste (E) est l'une des quatre sources hypothétiques de la Torah selon l'hypothèse documentaire. Elle se distingue par l'usage du terme Elohim pour désigner Dieu, une théologie transcendante, et le recours aux rêves et visions comme modes de révélation divine. Datée du IXe-VIIIe siècle avant notre ère, elle serait issue du royaume du Nord d'Israël. Sa validité reste débattue parmi les chercheurs contemporains.
La source Élohiste, communément désignée par la lettre E dans les études critiques de la Bible, est l'une des hypothétiques sources textuelles identifiées dans le cadre de l'hypothèse documentaire appliquée à la Torah. Cette théorie académique, développée principalement au XIXe siècle par des érudits allemands comme Julius Wellhausen, postule que le Pentateuque — les cinq premiers livres de la Bible hébraïque — n'est pas l'œuvre d'un seul auteur, mais le résultat d'une compilation de plusieurs sources distinctes rédigées à des époques et dans des contextes différents. L'hypothèse documentaire identifie quatre sources principales : la source Jahviste (J), qui utilise le nom divin YHWH ; la source Élohiste (E), qui préfère le terme Elohim ; la source Deutéronomiste (D), associée au livre du Deutéronome et aux réformes religieuses du roi Josias ; et la source Sacerdotale (P, de l'allemand Priesterschrift), liée au milieu sacerdotal et à ses préoccupations rituelles et législatives. La source Élohiste tire précisément son nom de l'usage systématique du terme hébreu Elohim pour désigner Dieu, là où d'autres sources emploient le tétragramme YHWH. Ce choix terminologique n'est pas anodin : il reflète une conception théologique particulière de la divinité, davantage tournée vers la transcendance divine. Contrairement à la source Jahviste, qui décrit Dieu de manière plus anthropomorphique — c'est-à-dire en lui attribuant des traits et des comportements humains —, la source Élohiste présente une vision de Dieu plus distante, agissant souvent par l'intermédiaire de médiateurs, de rêves ou de visions prophétiques. Sur le plan stylistique et théologique, la source Élohiste accorde une place centrale à la prophétie comme mode de communication entre Dieu et les hommes.
II
Les révélations divines ne se font pas toujours de manière directe et visible, mais passent fréquemment par le songe ou la vision nocturne. Cette caractéristique distingue nettement la source E de la source J, où les rencontres entre Dieu et les patriarches sont souvent plus directes et concrètes. Parmi les passages bibliques généralement attribués à la source Élohiste figurent des récits emblématiques du livre de la Genèse. L'épisode d'Abraham et Abimélec en Genèse 20, où Dieu intervient dans un rêve pour protéger Sara, est souvent cité comme un exemple typique de la théologie élohiste. De même, le célèbre songe de Jacob à Béthel en Genèse 28.10-22, où Jacob voit une échelle reliant la terre au ciel avec des anges qui y montent et descendent, est attribué à cette source. Plusieurs séquences du cycle de Joseph contiendraient également des éléments élohistes, notamment celles qui mettent en avant l'interprétation des rêves comme vecteur de la volonté divine. Quant à la datation de la source Élohiste, les chercheurs la situent généralement entre le IXe et le VIIIe siècle avant notre ère, et l'associent au royaume du Nord d'Israël, par opposition à la source Jahviste qui serait plutôt d'origine judéenne, c'est-à-dire issue du royaume du Sud.
III
Cette localisation géographique et politique expliquerait certaines particularités de la source E, notamment son intérêt pour des figures comme Jacob, Joseph et des sanctuaires du Nord tels que Béthel ou Sichem. Il convient cependant de souligner que l'hypothèse documentaire, et la source Élohiste en particulier, fait l'objet de vifs débats dans le monde académique contemporain. Si elle a longtemps constitué le paradigme dominant de la critique biblique, de nombreux chercheurs remettent aujourd'hui en question sa validité ou proposent des modèles alternatifs pour rendre compte de la complexité compositionnelle de la Torah. Certains estiment que la source Élohiste est la plus difficile à isoler et à délimiter des quatre sources postulées, et quelques auteurs vont jusqu'à nier son existence en tant que source indépendante, la considérant plutôt comme une variante ou un complément rédactionnel de la source Jahviste. En définitive, la source Élohiste représente un outil analytique précieux dans le cadre de la critique historico-littéraire de la Bible. Elle invite à réfléchir à la manière dont différentes communautés de foi, à des époques et dans des contextes variés, ont mis en mots leur relation à Dieu et transmis leur héritage spirituel. Qu'on adhère ou non à l'hypothèse documentaire, l'étude de la source Élohiste enrichit la compréhension de la diversité théologique interne des textes de l'Ancien Testament.
Le Tanakh est le canon des Écritures sacrées du judaïsme, correspondant à l'Ancien Testament chrétien. Son nom est un acronyme formé des trois sections : Torah (Pentateuque), Nevi'im (Prophètes) et Ketouvim (Écrits). Rédigé principalement en hébreu avec quelques passages en araméen, il constitue le fondement théologique, moral et liturgique du judaïsme et les racines communes des traditions juive et chrétienne.
Psaumes 1.1 (Louis Segond S21) :
Heureux l'homme qui ne suit pas le conseil des méchants,qui ne s'arrête pas sur la voie des pécheurset ne s'assied pas en compagnie des moqueurs,
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Le Tanakh est la collection sacrée des textes fondateurs du judaïsme. Son nom est un acronyme hébreu formé à partir des initiales de ses trois grandes sections : Torah, Nevi'im et Ketouvim. Il correspond, dans sa quasi-totalité, à ce que les chrétiens désignent sous le nom d'Ancien Testament, bien que l'ordre et le regroupement des livres diffèrent selon les traditions. La première section, la Torah, signifie littéralement 'Loi' ou 'Enseignement'. Elle regroupe les cinq premiers livres de la Bible hébraïque, également connus sous le nom de Pentateuque : la Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome. Ces livres constituent le cœur de la révélation divine dans le judaïsme. Ils relatent les origines du monde et de l'humanité, les récits des patriarches Abraham, Isaac et Jacob, la descente en Égypte, la sortie miraculeuse sous la conduite de Moïse, et la transmission de la Loi divine au Sinaï. La Torah est considérée comme la partie la plus sacrée du Tanakh et occupe une place centrale dans le culte juif, notamment lors des lectures synagogales. La deuxième section, les Nevi'im, signifie 'Prophètes'.
1 Rois 1.1 (Louis Segond S21) :
Le roi David était vieux, il était d'un âge avancé. On le couvrait d'habits, mais il ne parvenait pas à se réchauffer.
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II
Elle se divise en deux sous-ensembles distincts. Les Prophètes antérieurs comprennent les livres de Josué, des Juges, de Samuel et des Rois. Ces ouvrages racontent l'histoire du peuple d'Israël depuis l'entrée en Canaan jusqu'à l'exil babylonien, mettant en lumière les conséquences de la fidélité ou de l'infidélité au pacte avec Dieu. Les Prophètes postérieurs regroupent les grands prophètes comme Ésaïe, Jérémie et Ézéchiel, ainsi que les douze prophètes dits 'mineurs' : Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie et Malachie. Ces textes prophétiques sont des appels à la conversion, des annonces de jugement et des promesses de restauration adressées au peuple d'Israël et aux nations. La troisième section, les Ketouvim, signifie 'Écrits'. C'est la partie la plus diverse du Tanakh, tant par ses genres littéraires que par ses perspectives théologiques. On y trouve des livres poétiques comme les Psaumes, livre de prière et de louange par excellence, les Proverbes, recueil de sagesse pratique, et Job, méditation profonde sur la souffrance et la justice divine. Les Ketouvim incluent également des textes dits 'des cinq rouleaux' ou Méguilot : le Cantique des Cantiques, Ruth, les Lamentations, l'Ecclésiaste et Esther.
Juges 1.1 (Louis Segond S21) :
Après la mort de Josué, les Israélites consultèrent l'Eternel en disant: «Qui de nous montera le premier contre les Cananéens pour les attaquer?»
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III
S'y ajoutent des livres à caractère historique et apocalyptique comme Daniel, Esdras, Néhémie et les Chroniques. Cette section reflète la richesse de la réflexion spirituelle, morale et poétique du peuple d'Israël à travers les âges. Du point de vue linguistique, la grande majorité des textes du Tanakh est rédigée en hébreu biblique. Quelques passages, notamment dans les livres de Daniel et d'Esdras, sont écrits en araméen, langue qui était devenue courante au Proche-Orient à partir de l'époque de l'exil babylonien. Le Tanakh joue un rôle fondamental dans la foi juive. Il constitue le canon officiel des Écritures sacrées du judaïsme, servant de référence théologique, juridique, liturgique et morale pour toutes les communautés juives à travers le monde. Il est lu, étudié, commenté et interprété sans cesse, notamment à travers les traditions rabbiniques du Talmud et des Midrashim. Pour les chrétiens, le Tanakh constitue également une partie essentielle de leur canon biblique, qu'ils lisent à la lumière du Nouveau Testament comme une préfiguration et une promesse accomplie en Jésus-Christ. La connaissance du Tanakh est donc indispensable pour comprendre les racines communes du judaïsme et du christianisme.
Lors de la fête de Souccot à Jérusalem, Jésus se proclame 'lumière du monde' (Jean 8.12-58), s'inscrivant dans le symbolisme des grandes illuminations du Temple. Il révèle progressivement son identité divine à travers des débats avec les pharisiens, culminant avec la formule 'Avant qu'Abraham soit, JE SUIS', affirmation explicite de sa préexistence et de sa divinité. Croire en lui, c'est entrer dans la lumière, la vérité et la vie éternelle.
Jean 8.12 (Louis Segond S21) :
Jésus leur parla de nouveau. Il dit: «Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura au contraire la lumière de la vie.»
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La péricope 218 porte sur un enseignement majeur de Jésus le Messie, intitulé 'Le Messie Jésus est la lumière du monde', tiré exclusivement de l'Évangile de Jean (Jean 8.12-58). Cet événement se déroule à Jérusalem, sur l'Esplanade du Temple, lors de la fête de Souccot (fête des Tabernacles), vraisemblablement le mercredi 13 octobre de l'an 32, au cours du dernier jour ou de la veille du dernier jour de la fête. Le contexte liturgique et symbolique est fondamental pour comprendre ce discours. Chaque soir durant la fête de Souccot, la cour des femmes au Temple était illuminée par de grands chandeliers dont les mèches étaient fabriquées à partir de vêtements usagés des sacrificateurs. Cette lumière éclatante était visible dans toute la ville de Jérusalem. Cette illumination rappelait la colonne de feu par laquelle Dieu guidait le peuple d'Israël dans le désert la nuit, telle que décrite en Nombres 9.15-23. Jésus s'inscrit délibérément dans ce symbolisme en se proclamant 'lumière du monde', établissant un parallèle explicite entre les torches du Temple et sa propre personne. Il révèle ainsi que ces célébrations rituelles n'étaient que l'ombre de réalités spirituelles dont il est l'accomplissement en tant que Messie. Le passage se structure en plusieurs moments forts. Dans un premier temps (Jean 8.12), Jésus proclame solennellement être la lumière du monde, promettant la vie éternelle à ceux qui le suivent. Cette déclaration inaugure un long discours de révélation identitaire.
Exode 3.14 (Louis Segond S21) :
Dieu dit à Moïse: «Je suis celui qui suis.» Et il ajouta: «Voici ce que tu diras aux Israélites: ‘Je suis m'a envoyé vers vous.’»
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II
S'ensuit un débat tendu avec les pharisiens (Jean 8.13-20) qui contestent la validité de son témoignage. Jésus leur répond que son témoignage est légitime car il provient du Père céleste, et il affirme que connaître le Messie, c'est connaître Dieu lui-même. Jésus annonce ensuite sa destinée (Jean 8.21-30), évoquant son départ imminent, allusion voilée à sa mort et à sa glorification. Il avertit solennellement que refuser de croire en lui conduit à mourir dans ses péchés. Il utilise pour la première fois dans ce passage la formule divine 'JE SUIS', affirmant implicitement sa divinité. Cette révélation progressive amène beaucoup de ses auditeurs à croire en lui. Le thème de la liberté et de la vérité est développé ensuite (Jean 8.31-36) : Jésus promet que la vérité rend libre et dénonce l'esclavage spirituel du péché. Il affirme que seul le Fils peut apporter une liberté véritable et durable. La question du véritable héritage d'Abraham (Jean 8.37-47) constitue un tournant polémique du discours. Jésus conteste le fait que ses interlocuteurs soient réellement enfants d'Abraham au sens spirituel, leur reprochant leur désir de le tuer. Il déclare qu'ils ne peuvent entendre sa parole parce qu'ils ne sont pas de Dieu.
Jean 8.31-36 (Louis Segond S21) :
Alors il dit aux Juifs qui avaient cru en lui: «Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples,vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres.»Ils lui répondirent: «Nous sommes la descendance d'Abraham et nous n'avons jamais été esclaves de personne. Comment peux-tu dire: ‘Vous deviendrez libres’?»«En vérité, en vérité, je vous le dis, leur répliqua Jésus, toute personne qui commet le péché est esclave du péché.Or, l'esclave ne reste pas pour toujours dans la famille; c'est le fils qui y reste pour toujours.Si donc le Fils vous libère, vous serez réellement libres.
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III
Les accusations et révélations finales (Jean 8.48-58) portent le discours à son point culminant. Les autorités religieuses accusent Jésus d'être possédé par un démon. Jésus affirme en réponse que quiconque garde sa parole ne connaîtra jamais la mort. Le climax absolu du passage est atteint en Jean 8.58, où Jésus prononce la formule divine ultime : 'Avant qu'Abraham soit, JE SUIS.' Cette affirmation est une déclaration explicite de sa préexistence éternelle et de sa divinité, reprenant le nom divin révélé à Moïse (Exode 3.14). Cette déclaration provoque une réaction violente de la part de ses auditeurs qui prennent des pierres pour le lapider. Ce passage est exclusivement johannique : ni Matthieu, ni Marc, ni Luc ne rapportent ces événements. Jean est le seul évangéliste à relater cette fête à Jérusalem et ces discours de révélation identitaire qui s'y sont déroulés. Ce texte est central dans la théologie johannique de la révélation progressive du Messie, mettant en évidence la confrontation croissante entre Jésus et les autorités religieuses sur des questions fondamentales : son identité, son origine divine, et le salut qu'il offre à l'humanité. L'ensemble du passage invite le lecteur à croire en lui pour entrer dans la lumière, la vérité et la vie éternelle.
L'article analyse la parabole de l'homme riche et de Lazare dans l'Évangile de Luc. Distinctive par la mention d'un nom, Lazare, elle explore la question de la justice divine et les répercussions des choix terrestres sur l'au-delà. Luc organise le récit autour d'enseignements théologiques sur le royaume des cieux, incitant à une réflexion approfondie sur le salut et la compassion.
Luc 16.19-31 (Louis Segond S21) :
»Il y avait un homme riche, qui s'habillait de pourpre et de fin lin et qui chaque jour menait joyeuse et brillante vie.Un pauvre du nom de Lazare était couché devant son portail, couvert d'ulcères.Il aurait bien voulu se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche, cependant même les chiens venaient lécher ses ulcères.Le pauvre mourut et fut porté par les anges auprès d'Abraham. Le riche mourut aussi et fut enterré.Dans le séjour des morts, en proie à une grande souffrance il leva les yeux et vit de loin Abraham, avec Lazare à ses côtés.Il s'écria: ‘Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare pour qu'il trempe le bout de son doigt dans l'eau afin de me rafraîchir la langue, car je souffre cruellement dans cette flamme.’Abraham répondit: ‘Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie et que Lazare a connu les maux pendant la sienne; maintenant, il est consolé ici et toi, tu souffres.De plus, il y a un grand abîme entre nous et vous, afin que ceux qui voudraient passer d'ici vers vous, ou de chez vous vers nous, ne puissent pas le faire.’Le riche dit: ‘Je te prie alors, père, d'envoyer Lazare chez mon père, car j'ai cinq frères.C'est pour qu'il les avertisse, afin qu'ils n'aboutissent pas, eux aussi, dans ce lieu de souffrances.’Abraham [lui] répondit: ‘Ils ont Moïse et les prophètes, qu'ils les écoutent.’Le riche dit: ‘Non, père Abraham, mais si quelqu'un vient de chez les morts vers eux, ils changeront d'attitude.’Abraham lui dit alors: ‘S'ils n'écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader, même si quelqu'un ressuscite.’»
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L'article "La parabole de l'homme riche et de Lazare" explore l'une des paraboles les plus énigmatiques racontées par Jésus, rapportée uniquement dans l'Évangile selon Luc (Luc 16.19-31). Cette parabole met en scène un homme riche et un mendiant nommé Lazare, décrivant leur sort respectif après la mort. Le riche, plongé dans les tourments, voit Lazare dans le sein d'Abraham, une image évocatrice du repos éternel en contraste avec ses souffrances.
Luc 16.19-31 (Louis Segond S21) :
»Il y avait un homme riche, qui s'habillait de pourpre et de fin lin et qui chaque jour menait joyeuse et brillante vie.Un pauvre du nom de Lazare était couché devant son portail, couvert d'ulcères.Il aurait bien voulu se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche, cependant même les chiens venaient lécher ses ulcères.Le pauvre mourut et fut porté par les anges auprès d'Abraham. Le riche mourut aussi et fut enterré.Dans le séjour des morts, en proie à une grande souffrance il leva les yeux et vit de loin Abraham, avec Lazare à ses côtés.Il s'écria: ‘Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare pour qu'il trempe le bout de son doigt dans l'eau afin de me rafraîchir la langue, car je souffre cruellement dans cette flamme.’Abraham répondit: ‘Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie et que Lazare a connu les maux pendant la sienne; maintenant, il est consolé ici et toi, tu souffres.De plus, il y a un grand abîme entre nous et vous, afin que ceux qui voudraient passer d'ici vers vous, ou de chez vous vers nous, ne puissent pas le faire.’Le riche dit: ‘Je te prie alors, père, d'envoyer Lazare chez mon père, car j'ai cinq frères.C'est pour qu'il les avertisse, afin qu'ils n'aboutissent pas, eux aussi, dans ce lieu de souffrances.’Abraham [lui] répondit: ‘Ils ont Moïse et les prophètes, qu'ils les écoutent.’Le riche dit: ‘Non, père Abraham, mais si quelqu'un vient de chez les morts vers eux, ils changeront d'attitude.’Abraham lui dit alors: ‘S'ils n'écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader, même si quelqu'un ressuscite.’»
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II
L'analyse met en lumière le cadre théologique de Luc, qui utilise cette parabole pour aborder des thèmes tels que le royaume des cieux et l'au-delà. L'auteur Luc semble structurer son récit non selon un ordre chronologique, mais selon une logique théologique. Cette parabole interpelle aussi par la singularité d'y retrouver un personnage nommé, fait rare dans les récits paraboliques.
III
Elle soulève également d'importantes questions sur la justice divine et le lien entre les choix terrestres et leurs conséquences éternelles. Le riche n'est pas condamné pour sa richesse, mais pour ne pas avoir usé de celle-ci en faveur de la justice et la compassion. L'article incite le lecteur à approfondir la compréhension de cette parabole dans le contexte global de l'œuvre lucanienne et à méditer sur les implications spirituelles et éthiques que ce récit véhicule.
Au Temple de Jérusalem, les sadducéens tentent de piéger Jésus avec une question sur la résurrection impliquant une femme ayant eu sept maris. Jésus répond en révélant leur ignorance des Écritures et de la puissance de Dieu : dans la vie future, on ne se marie plus. Il prouve la résurrection depuis la Torah en citant Exode 3.6 : Dieu est le Dieu des vivants, non des morts. Ses adversaires sont réduits au silence.
Matthieu 22.32 (Louis Segond S21) :
Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob? Dieu n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants.»
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La péricope PER295 s'inscrit dans la séquence des affrontements intellectuels qui caractérisent la dernière semaine de la vie publique de Jésus, plus précisément le mardi 29 mars 33, dans le parvis du Temple de Jérusalem. Après les pharisiens et les hérodiens qui avaient tenté de piéger le Messie sur la question de l'impôt dû à César (PER294), ce sont maintenant les sadducéens qui prennent le relais dans cette véritable compétition organisée par les autorités religieuses d'Israël. Chaque groupe envoie son représentant le plus érudit pour tenter de confondre cet homme venu de Galilée devant le peuple assemblé dans le Temple. Les sadducéens constituent un groupe religieux particulier au sein du judaïsme du premier siècle : ils rejettent catégoriquement la croyance en la résurrection des morts, comme le rappelle le livre des Actes (Actes 23.8). Forts de cette conviction, ils ont soigneusement préparé une question destinée à démontrer l'absurdité de la doctrine de la résurrection. Ils exposent à Jésus un cas hypothétique, probablement construit de toutes pièces : une femme aurait épousé successivement sept frères, conformément à la loi du lévirat prévue dans la Torah, sans avoir eu d'enfant d'aucun d'eux. Leur question finale est formulée comme un piège logique : lors de la résurrection, de laquelle de ces unions cette femme sera-t-elle l'épouse ? L'intention n'est pas spirituelle ni pédagogique, mais purement polémique, comme l'indique clairement Matthieu 22.15. La réponse de Jésus est à la fois directe et profonde. Il commence par identifier la source de l'erreur de ses interlocuteurs : leur ignorance des Écritures et leur méconnaissance de la puissance de Dieu (Matthieu 22.29).
Jean 11.25-26 (Louis Segond S21) :
Jésus lui dit: «C'est moi qui suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, même s'il meurt;et toute personne qui vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela?»
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II
Cette double ignorance les empêche de comprendre la nature réelle de la vie après la mort. Jésus leur explique que dans le monde à venir, la condition humaine sera radicalement transformée : on ne prendra ni femme ni mari, car les ressuscités seront semblables aux anges, vivant entièrement pour Dieu (Luc 20.35-36). La résurrection n'est donc pas une simple prolongation de l'existence terrestre avec ses structures sociales et familiales, mais une transformation glorieuse vers une nouvelle forme d'existence dans la présence de Dieu. Puis, avec une habileté remarquable, Jésus appuie son enseignement sur la Torah elle-même, le seul corpus scripturaire que les sadducéens reconnaissent comme faisant autorité. Il cite les paroles prononcées par Dieu à Moïse devant le buisson ardent : 'Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob' (Exode 3.6). L'argument est saisissant : Dieu ne se présente pas comme celui qui fut le Dieu de ces patriarches, mais comme celui qui est leur Dieu au présent. Or Dieu n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Cela implique nécessairement que Abraham, Isaac et Jacob sont encore vivants devant lui, ce qui constitue une preuve tirée de la Torah elle-même de la réalité de la vie après la mort (Matthieu 22.32). L'effet de cette réponse est immédiat et puissant. Les sadducéens se trouvent réduits au silence.
Matthieu 22.23-33 (Louis Segond S21) :
Le même jour, les sadducéens, qui disent qu'il n'y a pas de résurrection, vinrent trouver Jésus et lui posèrent cette question:«Maître, Moïse a dit: Si quelqu'un meurt sans enfants, son frère épousera la veuve et donnera une descendance à son frère.Or, il y avait parmi nous sept frères. Le premier s'est marié et est mort et, comme il n'avait pas d'enfants, il a laissé sa femme à son frère.Il en est allé de même pour le deuxième, puis le troisième, et ce jusqu'au septième.Après eux tous, la femme est morte [aussi].A la résurrection, duquel des sept sera-t-elle donc la femme? En effet, tous l'ont épousée.»Jésus leur répondit: «Vous êtes dans l'erreur parce que vous ne connaissez ni les Ecritures, ni la puissance de Dieu.En effet, à la résurrection, les hommes et les femmes ne se marieront pas, mais ils seront comme les anges de Dieu dans le ciel.En ce qui concerne la résurrection des morts, n'avez-vous pas lu ce que Dieu vous a dit:Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob? Dieu n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants.»La foule qui écoutait fut frappée par l'enseignement de Jésus.
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III
Certains scribes et maîtres de la Loi, probablement des pharisiens présents dans la foule, reconnaissent publiquement que Jésus a bien parlé (Luc 20.39). La foule, fascinée, admire la sagesse de ce Galiléen qui parvient à tenir tête aux plus grands docteurs d'Israël avec une autorité sans pareille (Marc 1.22). Cette scène illustre une vérité fondamentale : la foi chrétienne repose sur un Dieu vivant, souverain aussi bien sur la vie que sur la mort (Romains 14.8-9). Théologiquement, cet épisode est riche d'enseignements. Il affirme la réalité de la résurrection contre le matérialisme religieux des sadducéens. Il précise la nature de la vie éternelle comme transformation et non comme simple continuation. Il démontre la maîtrise que Jésus a des Écritures et sa capacité à en tirer des arguments inattendus. Enfin, il révèle sa nature messianique : celui qui parle avec une telle autorité sur la mort et la vie éternelle est bien celui qui se présentera lui-même comme la résurrection et la vie (Jean 11.25-26). Cet épisode s'inscrit dans la série des controverses du Temple qui précèdent immédiatement l'arrestation de Jésus.
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