
Introduction
Voici la trentième-cinquième question ou contradiction présentée sur le site www.islamland.com, référencée sous le numéro 67 (Citation adaptée pour des raisons de clarté).
Qui était le dixième disciple de Jésus dans la liste des douze ?
1) : Thaddée ( Matthieu 10.1-4 , Marc 3.13-19 ).
2) : Judas fils de Jacques est le nom correspondant dans l’évangile de Luc ( Luc 6.12-16 ).
Notre réponse :
Regardons les textes en question.
Les listes apostoliques rapportées par les Evangiles présentent une variation de nom concernant le dixième disciple : Matthieu et Marc mentionnent Thaddée ( Matthieu 10.1-4 ; Marc 3.13-19 ), tandis que Luc cite Judas fils de Jacques ( Luc 6.12-16 ). Cette divergence n’indique aucune erreur ; elle s’explique par les usages onomastiques (L’onomastique est la discipline qui étudie les noms propres, leur origine, leur forme, leur usage et leur évolution dans l’histoire) du judaïsme du Ier siècle.
À cette époque, le nombre de prénoms employés était limité. Pour distinguer des individus portant des noms identiques, on recourait fréquemment à un second nom ou à un qualificatif. Plusieurs procédés étaient alors courants :
- l’indication du lieu d’origine, comme pour Marie de Magdala ou Saul de Tarse ;
- la désignation patronymique, telle que Simon fils de Jonas ( Jean 21.15-17 ) ou Jacques fils d’Alphée ;
- l’utilisation d’un surnom ou d’un nom d’alliance, comme pour Simon aussi appelé Pierre ( Matthieu 16.18 ; Marc 3.16 ), ou Matthieu également nommé Lévi ( Marc 2.14 ).
Dans ce contexte, il était fréquent qu’une même personne soit connue sous deux noms employables séparément selon les interlocuteurs, les milieux sociaux ou les circonstances religieuses. Les Evangiles eux-mêmes témoignent de l’usage interchangeable de qualificatifs identitaires : le Messie est ainsi appelé Jésus de Nazareth ou Fils de David selon l’accent théologique recherché.
La comparaison des quatre listes apostoliques confirme ce phénomène. Matthieu et Marc utilisent le nom Thaddée, probablement un surnom d’usage courant dans le cercle des disciples. Luc, quant à lui, privilégie l’identification généalogique en mentionnant Judas fils de Jacques, désignation conforme à son style historiographique plus formel. Les deux appellations renvoient au même apôtre, comme l’atteste la structure constante des douze dans toutes les listes.
Aucune contradiction ne se trouve donc entre les évangiles. Les variations nominales reflètent simplement les pratiques linguistiques de l’époque, où porter deux noms était chose habituelle. Comprendre ce contexte historique permet de constater la parfaite cohérence interne des textes.