L'article explore les divergences horaires des Évangiles concernant la crucifixion de Jésus. Les Évangiles synoptiques et Jean donnent des heures différentes, suscitant des débats sur la cohérence des récits. L'article propose une analyse des systèmes horaires de l'époque pour réconcilier ces récits.
89 min
CrucifixionÉvangilesJésusHoraires
144 versets
7 livres
Les quatre Évangiles rapportent la crucifixion de Jésus avec une précision remarquable pour l'époque. Pourtant, une apparente contradiction concernant l'heure exacte des événements a suscité de nombreux débats depuis l'Antiquité. Les Évangiles synoptiques (Matthieu, Marc et Luc) indiquent que Jésus fut crucifié à la troisième heure, tandis que Jean mentionne la sixième heure lors du procès devant Pilate (Jean 19.14).
Cette divergence mérite-t-elle d'ébranler la fiabilité des témoignages évangéliques ? Ou existe-t-il une explication cohérente qui réconcilie ces données ?
Pour répondre à cette question, il convient d'examiner les systèmes de mesure du temps en vigueur au premier siècle, le contexte culturel et liturgique juif, ainsi que les intentions rédactionnelles de chaque auteur. Notre analyse démontrera que ces récits, loin de se contredire, se complètent harmonieusement.
Marc fournit l'indication la plus explicite concernant le début de la crucifixion :
Marc 15.25 (Louis Segond S21) :
C'était neuf heures du matin quand ils le crucifièrent.
Texte biblique de la Bible version Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
Regardez la traduction Darby !
Dans le système horaire juif, la journée commence au lever du soleil, soit environ 6 heures du matin. La troisième heure correspond donc à 9 heures du matin. Cette indication situe le moment où les soldats clouèrent Jésus sur la croix.
Les trois Évangiles synoptiques rapportent un phénomène extraordinaire survenu pendant la crucifixion :
Matthieu 27.45 (Louis Segond S21) :
De midi jusqu'à trois heures de l'après-midi, il y eut des ténèbres sur tout le pays.
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Regardez la traduction Darby ! (Marc 15.33, Luc 23.44-45)
Selon le système juif :
La sixième heure correspond à midi
La neuvième heure correspond à 15 heures
Ces ténèbres en plein jour constituent un signe cosmique majeur. Luc précise que « le soleil s'obscurcit » (Luc 23.45), indiquant un événement surnaturel et non une simple éclipse, astronomiquement impossible lors de la pleine lune pascale.
La mort de Jésus survint à la neuvième heure, soit vers 15 heures :
« À la neuvième heure, Jésus s'écria d'une voix forte : "Éloï, Éloï, lama sabachthani ?" ce qui signifie : "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?" [...] Et Jésus, ayant poussé un grand cri, expira. » (Marc 15.34-37 ; Matthieu 27.46-50 ; Luc 23.44-46). Regardez la traduction Darby !
Événement
Heure juive
Heure moderne
Crucifixion
3ᵉ heure
~9h00
Début des ténèbres
6ᵉ heure
~12h00
Mort de Jésus
9ᵉ heure
~15h00
Jean introduit une donnée qui semble contredire les synoptiques :
Jean 19.14 (Louis Segond S21) :
C'était le jour de la préparation de la Pâque, il était environ midi. Pilate dit aux Juifs: «Voici votre roi.»
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Regardez la traduction Darby ou NEG !
Si Jean utilisait le système juif, la sixième heure correspondrait à midi. Or, selon les synoptiques, Jésus était déjà sur la croix depuis trois heures à ce moment-là, et les ténèbres commençaient à couvrir le pays. Comment Pilate aurait-il pu prononcer sa sentence alors que la crucifixion était déjà en cours depuis longtemps ?
Plusieurs hypothèses ont été avancées pour résoudre cette difficulté :
Dès le deuxième siècle, certains manuscrits présentent « troisième heure » au lieu de « sixième heure » en Jean 19.14. Cette variante s'explique par la ressemblance entre les lettres grecques gamma (Γ = 3) et digamma/stigma (ϛ = 6). Eusèbe de Césarée mentionne cette possibilité dans ses écrits.
Cependant, la majorité des manuscrits anciens conservent « sixième heure », rendant cette solution insuffisante.
Certains commentateurs proposent que les Évangiles utilisent un système de « veilles » ou quarts de jour, chaque période couvrant trois heures :
1ʳᵉ veille : 6h-9h
2ᵉ veille : 9h-12h
3ᵉ veille : 12h-15h
4ᵉ veille : 15h-18h
Dans ce système, tout événement survenant entre 6h et 9h serait daté de la « troisième heure », et tout événement entre 9h et 12h de la « sixième heure ». Les deux indications (Marc et Jean) pourraient alors désigner des moments proches.
Cette hypothèse explique l'usage du terme « environ » (ὡς/hōs) qui indique une approximation plutôt qu'une précision horlogère.
La solution la plus satisfaisante repose sur le fait que Jean utilise le système horaire romain, différent du système juif.
Système
Début du jour
6ᵉ heure =
Juif
Lever du soleil (~6h)
Midi
Romain
Minuit
6h du matin
Le système romain comptait les heures à partir de minuit, comme nous le faisons aujourd'hui. La sixième heure romaine correspond donc à 6 heures du matin.
En Jean 20.19, l'auteur écrit : « Le soir de ce jour, qui était le premier de la semaine... » Pour un Juif strict, le « premier jour de la semaine » aurait déjà commencé la veille au coucher du soleil (samedi soir). En désignant le dimanche soir comme appartenant encore au premier jour, Jean adopte la convention romaine.
Jean écrit depuis Éphèse, en Asie Mineure, pour un public majoritairement helléno-romain. L'utilisation du système horaire local facilite la compréhension de ses lecteurs.
Si Jean indique 6 heures du matin pour la comparution finale devant Pilate, cela s'harmonise parfaitement avec les synoptiques :
~6h00 : Sentence de Pilate (Jean)
~9h00 : Mise en croix (Marc)
L'intervalle de trois heures permet le déroulement des événements intermédiaires : flagellation, moqueries des soldats, chemin vers le Golgotha, et préparatifs de la crucifixion.
La structure grammaticale du verset mérite attention. Plusieurs traductions, dont celle de Darby, placent l'indication temporelle entre parenthèses :
« (Or c'était la Préparation de la Pâque, c'était environ la sixième heure ;) et il dit aux Juifs : "Voici votre roi !" » (Jean 19.14, Darby)
Cette parenthèse suggère que Jean insère une note contextuelle plutôt qu'une indication chronologique strictement liée à la phrase suivante. Il précise le moment où Pilate commença à siéger ce jour-là, non l'heure exacte de chaque parole.
La tradition juive établit trois temps de prière quotidiens :
Shacharit (prière du matin) : vers la 3ᵉ heure (9h)
Min'ha (prière de l'après-midi) : vers la 9ᵉ heure (15h)
Ma'ariv (prière du soir) : après le coucher du soleil
Ces heures structuraient la vie religieuse à Jérusalem. Le shofar retentissait depuis le Temple pour appeler les fidèles à la prière.
Heure de prière
Événement correspondant
3ᵉ heure (9h) - Shacharit
Mise en croix
6ᵉ heure (12h)
Début des ténèbres
9ᵉ heure (15h) - Min'ha
Mort de Jésus
Cette correspondance n'est probablement pas fortuite. Matthieu, témoin oculaire et Juif pieux, a naturellement associé les événements aux repères temporels qui rythmaient sa journée. Le son du shofar appelant à la prière de Min'ha a pu coïncider avec le dernier cri de Jésus.
Le livre des Actes confirme l'importance de ces heures :
Actes des apôtres 3.1 (Louis Segond S21) :
Il était trois heures de l'après-midi, l'heure de la prière. Pierre et Jean montaient ensemble au temple.
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Actes des apôtres 10.9 (Louis Segond S21) :
Le lendemain, alors que ces hommes étaient en route et qu'ils approchaient de la ville, Pierre monta sur le toit vers midi pour prier.
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Actes des apôtres 10.30 (Louis Segond S21) :
Corneille répondit: «Il y a trois jours, [je jeûnais] jusqu'à cette heure-ci [et] je priais dans ma maison à trois heures de l'après-midi; un homme aux vêtements resplendissants s'est alors présenté devant moi et a dit:
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L'expression « Préparation de la Pâque » (Jean 19.14) a parfois été interprétée comme désignant le jeudi, veille du repas pascal. Cette lecture placerait la crucifixion un jour plus tôt que dans les synoptiques.
Cependant, cette interprétation méconnaît l'usage linguistique du premier siècle. Au temps de Jésus, le terme « Pâque » englobait souvent l'ensemble de la semaine festive, incluant les sept jours des Pains sans levain qui suivaient immédiatement le repas pascal (Luc 22.1 ; Exode 12.15-20).
Le mot grec paraskeuē (παρασκευή), traduit par « préparation », désigne techniquement le vendredi, jour précédant le . Marc le confirme explicitement :
Marc 15.42 (Louis Segond S21) :
Le soir venu, comme c'était le jour de la préparation, c'est-à-dire la veille du ,
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Jean lui-même utilise cette terminologie :
Jean 19.31 (Louis Segond S21) :
C'était la préparation de la Pâque et ce allait être un jour solennel. Craignant que les corps ne restent en croix pendant le , les Juifs demandèrent à Pilate qu'on brise les jambes aux crucifiés et qu'on enlève les corps.
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)
La « Préparation de la Pâque » désigne donc le vendredi de la semaine pascale, non le jeudi précédant le repas.
Il serait anachronique d'exiger des auteurs antiques la précision horlogère de notre époque. Les instruments de mesure — cadrans solaires, clepsydres — étaient rares et imprécis. La plupart des gens se repéraient grâce à la position du soleil, aux repas, aux heures de prière, ou aux veilles nocturnes.
Le terme « environ » (ὡς ou ὡσεί en grec) apparaît fréquemment dans les indications temporelles évangéliques, signalant une estimation plutôt qu'une mesure exacte (Jean 19.14, Luc 23.44).
Malgré cette approximation, les données temporelles des Évangiles présentent une cohérence remarquable. Elles permettent de reconstituer le déroulement des événements sur une période d'environ douze heures, de l'arrestation nocturne à la mise au tombeau avant le .
Heure estimée
Événement
Références
~3h00-4h00
Arrestation au jardin de Gethsémané
Matthieu 26.47-56 ; Marc 14.43-52 ; Jean 18.2-12
~4h00-4h30
Comparution devant Anne
Format attendu : Livre Chapitre.Verset ou Livre Chapitre.Verset1-Verset2 (ex. « Ge 4.1-10 »).
~4h30-6h00
Procès devant Caïphe et le
Matthieu 26.57-68 ; Marc 14.53-65
~6h00-6h15
Chant du coq, reniement de Pierre
Matthieu 26.74-75 ; Marc 14.72 ; Luc 22.60-62
~6h00-6h30
Condamnation officielle au lever du jour
Matthieu 27.1 ; Marc 15.1 ; Luc 22.66-71
~6h00
Comparution devant Pilate (6ᵉ heure romaine)
Jean 19.14
~7h00-7h30
Envoi chez Hérode Antipas
Luc 23.6-12
~7h30-8h30
Retour chez Pilate, flagellation
Matthieu 27.15-30 ; Jean 19.1-16
~8h30-9h00
Chemin vers le Golgotha
Matthieu 27.32 ; Marc 15.21 ; Luc 23.26
Heure estimée
Événement
Références
~9h00
Mise en croix (3ᵉ heure juive)
Marc 15.25
9h00-12h00
Jésus sur la croix, paroles, moqueries
Matthieu 27.35-44 ; Luc 23.33-43 ; Jean 19.18-27
~12h00
Début des ténèbres (6ᵉ heure juive)
Matthieu 27.45 ; Marc 15.33
12h00-15h00
Ténèbres sur le pays
Luc 23.44-45
~15h00
Mort de Jésus (9ᵉ heure juive)
Matthieu 27.46-50 ; Marc 15.34-37
~15h00-17h00
Démarches de Joseph d'Arimathée
Matthieu 27.57-58 ; Marc 15.42-45
~17h00-18h00
Mise au tombeau avant le
Matthieu 27.59-60 ; Jean 19.38-42
Les auteurs des Évangiles étaient soit témoins directs (Matthieu, Jean), soit proches collaborateurs de témoins (Marc avec Pierre, Luc enquêteur minutieux). Ils écrivaient à une époque où d'autres témoins pouvaient contester leurs affirmations. Une contradiction flagrante sur un événement aussi public aurait été immédiatement relevée.
Luc 1.1-3 (Louis Segond S21) :
Plusieurs ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous,d'après ce que nous ont transmis ceux qui ont été des témoins oculaires dès le commencement et qui sont devenus des serviteurs de la parole.Il m'a donc paru bon à moi aussi, qui me suis soigneusement informé sur toutes ces choses dès l'origine, de te les exposer par écrit d'une manière suivie, excellent Théophile,
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Chaque évangéliste écrit pour un public spécifique avec des préoccupations distinctes :
Matthieu s'adresse aux Juifs et utilise naturellement le système juif
Marc, influencé par Pierre, conserve les repères juifs
Luc, médecin grec, maintient le système juif par fidélité à ses sources
Jean, écrivant tardivement depuis l'Asie Mineure pour un public helléno-romain, adopte leurs conventions
Cette diversité enrichit le témoignage plutôt qu'elle ne le compromet.
Si les auteurs avaient inventé ou copié mécaniquement, ils auraient probablement uniformisé les détails. La présence de ces variations indique des témoignages indépendants rapportant authentiquement leurs observations.
Nous vous proposons un déroulement des faits qui découle des conclusions de nos différentes études, développées dans la synopse et dans diverses annexes.
_1 L’abattage des agneaux débute le jeudi et continue le vendredi. – annexe ANN027 : Le dernier repas de Pâque.
_2 La recherche et la préparation du lieu pour la Pâque se déroulent le jeudi après-midi. Marc 14.12-16 ; Matthieu 26.17-19 ; Luc 22.7-13.
_3 La maison est, selon nous, celle de Marie la mère de Jean surnommé Marc. Actes des apôtres 12.12.
_4 Le repas de Pâque commence le jeudi soir, après 18 h. C’est déjà le vendredi pour les Juifs. Marc 14.17 ; Matthieu 26.20 ; Luc 22.14-18. Ce n’est donc pas le Seder officiel qui se déroulera le soir du vendredi Jean 18.28.
_5 Le repas se termine le vendredi matin avant l’aube entre minuit et 2 h 30.
_6 Judas l’Iscariote est parti avant la fin de ce repas. Jean 13.30.
_7 Le Messie Jésus et les disciples partent pour le jardin des Oliviers entre minuit et 2 h 30, avant l’aube du vendredi. Le jeune homme Marc les suit. Marc 14.26 ; Marc 14.32-42 ; Matthieu 26.30 ; Matthieu 26.36-46 ; Luc 22.39-46 ; Jean 18.1.
_8 Ils vont s’arrêter en bas du , au jardin de Gethsémané. Matthieu 26.36 ; Marc 14.32.
_9 Ils passent une heure dans la prière, de 2 h à 3 h. Matthieu 26.40.
_10 La troupe menée par Judas Iscariote arrive. Nous sommes toujours la nuit de jeudi, avant l’aube du vendredi, vers 3 h. Marc 14.43-52 ; Matthieu 26.47-56 ; Luc 22.47-53 ; Jean 18.2-12.
_11 L’arrestation a lieu à ce moment-là, vers 3 h 30. Nous sommes à environ 1 km du Temple. Matthieu 26.47 ; Marc 14.43 ; Luc 22.47 ; Jean 18.3.
_12 La comparution devant le Souverain Sacrificateur Anne, qui possède cette distinction à titre honorifique car il n’est plus en fonction, se déroule rapidement avant l’aube du vendredi, vers 4 h. Sa résidence est proche du Temple. Jean 18.12-14.
_13 Plusieurs disciples, et en particulier Simon Pierre et Jean suivent le cortège de loin. Ils vont dans la cour de la maison du Souverain Sacrificateur Caïphe. Matthieu 26.58 ; Marc 14.54.
_14 Le Messie Jésus est entraîné chez le Souverain Sacrificateur en exercice, Caïphe, qui habite aussi à proximité du Temple, vers 4 h 30. Luc note que Pierre et Jean sont restés plus d’une heure dans la cour. Marc 14.53-72 ; Matthieu 26.57-75 ; Luc 22.54-62 ; Jean 18.15-27.
_15 Le Messie Jésus est interrogé pendant deux heures, de 4 h 30 à 6 h 30. Matthieu 26.59-68 ; Marc 14.55-65 ; Luc 22.67-71 ; Jean 18.19-24.
_16 Le coq chante vers 6 h 15, un peu avant le lever du soleil. Matthieu 26.74 ; Marc 14.72 ; Luc 22.61-62 ; Jean 18.27.
_17 La comparution devant le devrait se dérouler après le lever du soleil à 6 h 38. Mais ce ne fut pas le cas, car au moment où le coq chante le Maître est, selon notre interprétation du texte de Luc, emmené chez Pilate juste après la sentence du qui a donc attendu le lever du jour pour la prononcer. Luc 22.66-71 ; Marc 15.1 ; Matthieu 27.1-2.
_18 La première comparution devant Ponce Pilate commence vers 6 h 45. Marc 15.1-5 ; Matthieu 27.2-14 ; Luc 23.1-5 ; Jean 18.28-38.
_19 Nous situons la comparution devant Hérode Antipas vers 7 h 30. Luc 23.6-12.
_20 Le retour chez Ponce Pilate arrive vers 8 h. Marc 15.6-19 ; Matthieu 27.15-30 ; Luc 23.13-25 ; Jean 18.39-40 ; Jean 19.1-16.
_21 La foule, rassemblée devant le palais de Ponce Pilate, exige la crucifixion. Matthieu 27.22 ; Marc 14.11-15 ; Luc 23.23 ; Jean 19.15.
_22 Le départ pour le mont Golgotha commence avant 9 h. Matthieu 27.32 ; Marc 15.21-22 ; Luc 23.26-33 ; Jean 19.17.
_23 La mise sur la croix a donc lieu vers 9 h selon le texte de Marc. L’imprécision de la mesure permet d’intercaler le temps de déplacement pour aller jusqu’au mont Golgotha. Marc 15.20-41 ; Matthieu 27.31-56 ; Luc 23.26-49 ; Jean 18.17-30.
_24 Tous ces membres du peuvent maintenant participer à la fête familiale de Pâque, l’esprit reposé après ce qu’ils considèrent comme une magnifique victoire. Mais les événements ne vont pas se dérouler comme ils l’imaginaient !
_25 D’environ midi à 15 h, il y a des ténèbres sur la région de Jérusalem. Matthieu 27.45 ; Marc 15.33 ; Luc 23.44.
_26 La mort sur la croix a lieu le vendredi 1er avril 33 vers 15 h, selon les Évangiles. Elle intervient avant la fin de cette nuit extraordinaire. Les trois jours et trois nuits commencent avec cette nuit comme le veut le calendrier juif.
_27 La mise au tombeau est envisagée vers 17 h, il fait jour. Nous sommes encore le vendredi qui se termine vers 18 h pour les Juifs. Le débute normalement un peu plus tôt vers 17 h 50. Tout est achevé au moment où commence le . Matthieu 27.57-61 ; Marc 15.42-47 ; Luc 23.50-56 ; Jean 19.31-42.
_28 Aux yeux de tous, cette affaire est maintenant réglée définitivement et le bilan est plutôt positif pour ces dirigeants, il n’y a eu aucun mouvement de foule.
_29 Un dernier petit point reste à traiter, le Messie Jésus avait parlé de résurrection alors, il est plus prudent de placer des gardes devant le tombeau. C’est la demande formulée à Pilate le jour même du , rien n’arrête ces fervents religieux. Matthieu 27.62-66.
_30 La résurrection a lieu le dimanche matin à l’aube. Nous avons bien les 3 jours et 3 nuits selon le comptage inclusif juif. Matthieu 28.2-4 ; Marc 16.2-4 ; Luc 24.1-3. Nous prenons en compte la nuit en plein midi.
_31 Maintenant, il y a les différentes apparitions du Messie Jésus, vivant, à partir du dimanche 3 avril 33 de bon matin. Jean 20.11-18 ; Matthieu 28.8-10 ; Marc 16.8 ; Jean 20.24-34 ; Marc 16.13-14 ; Luc 24.13-35 ; Marc 16.14 ; Luc 24.36-49 ; Jean 20.26-31 ; Jean 21.1-14.
Cette liste constitue un bref résumé de la synopse où nous approfondissons ces événements pour en faciliter la compréhension. Tous les détails étayant notre hypothèse sont exposés soit directement dans la synopse, soit dans diverses annexes.
L'apparente contradiction entre Jean et les synoptiques concernant l'heure de la crucifixion trouve une résolution satisfaisante dans la distinction des systèmes horaires utilisés. Jean, écrivant pour un public romain, emploie leur convention (sixième heure = 6h du matin), tandis que les synoptiques utilisent le système juif (troisième heure = 9h du matin).
Cette explication permet d'établir une chronologie cohérente :
~6h00 : Sentence finale de Pilate (Jean, système romain)
~9h00 : Crucifixion effective (synoptiques, système juif)
~12h00-15h00 : Ténèbres surnaturelles
~15h00 : Mort de Jésus
Loin d'invalider la fiabilité des Évangiles, cette diversité de perspectives témoigne de l'authenticité de récits provenant de témoins différents, chacun rapportant les événements selon ses propres repères culturels et temporels.
Les ténèbres survenues en plein midi, rapportées unanimement par les trois synoptiques, constituent un signe cosmique soulignant la portée universelle de cet événement. La mort du Messie à de l'après-midi (Min'ha), au moment même où les agneaux pascals achevaient d'être sacrifiés au Temple, révèle la profonde cohérence théologique de ces récits historiques.
La condamnation de Jésus ne fut pas le fait du peuple juif dans son ensemble, mais de dirigeants religieux attachés à leurs traditions et privilèges. Beaucoup parmi eux reconnaîtront plus tard en ce « dangereux révolutionnaire » le Messie annoncé par leurs prophètes (Actes des apôtres 6.7).
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Référence biblique
INF328
Note d’information
INF328 – L’heure de la prière
L’heure de la prière
Il existait vraisemblablement au Temple de Jérusalem un système de signaux sonores permettant de rythmer les principales activités religieuses de la journée. Plusieurs indices bibliques, historiques et rabbiniques vont dans ce sens.
La Loi prescrivait déjà l'usage des trompettes d'argent afin de convoquer l'assemblée et de marquer certains événements cultuels (Nombres 10.1-10). Les prêtres les utilisaient lors des sacrifices et des grandes fêtes (2 Chroniques 29.26-28).
L'historien juif Flavius Josèphe rapporte qu'un prêtre se tenait au sommet du Temple afin d'annoncer, au moyen de sonneries de trompette, le début et la fin du sabbat. Les fouilles archéologiques ont d'ailleurs mis au jour une pierre portant l'inscription « lieu de la sonnerie de trompette », qui semble correspondre à l'endroit où se tenait ce prêtre.
La littérature rabbinique, notamment la Mishnah (Soukka 5.5), mentionne également plusieurs séries de sonneries accompagnant l'ouverture des portes du Temple, les libations et certains moments du culte quotidien. Un Juif pieux fréquentant régulièrement le Temple pouvait ainsi connaître les principaux moments de la journée grâce à ces signaux.
Les heures de prière étaient étroitement associées aux sacrifices quotidiens : le sacrifice du matin se déroulait vers la troisième heure, soit approximativement neuf heures (Actes des apôtres 2.15), tandis que le sacrifice du soir avait lieu vers la neuvième heure, c'est-à-dire vers quinze heures (Actes des apôtres 3.1). Les fidèles se rassemblaient naturellement autour de ces moments importants du culte (Luc 1.10).
Il est donc très vraisemblable que Pierre et Jean, en montant au Temple « à l'heure de la prière » (Actes des apôtres 3.1), aient été guidés non seulement par leur connaissance du rythme liturgique, mais également par les signaux sonores émis au Temple. Lorsque Luc précise qu'ils se rendaient au Temple « à la neuvième heure », il ne s'agit probablement pas d'une simple estimation, mais d'une heure bien connue de tous et régulièrement marquée par le déroulement du culte et par les sonneries des trompettes sacerdotales.
Ces repères liturgiques et horaires expliquent également pourquoi les évangélistes ont été en mesure de préciser les différentes heures auxquelles se sont déroulés les principaux événements de la journée de la crucifixion, le 1er avril 33.
INF082
Note d’information
INF082-La Bible Segond 21 (S21)
La Bible Segond 21 (S21)
La Segond 21. Voici quelques informations clés sur cette version :
Contexte et Objectifs
Date de Publication : 2007 Modernisation : La Segond 21 vise à moderniser le langage de la traduction de Louis Segond tout en maintenant une grande fidélité aux textes originaux hébreux et grecs. Clarté et Accessibilité : L'accent est mis sur la clarté et l'accessibilité du texte pour les lecteurs contemporains.
Principales Caractéristiques
Fidélité aux Textes Originaux : La Segond 21 s'appuie sur les manuscrits anciens les plus fiables pour garantir une traduction précise et fidèle. Révision Linguistique : Le langage a été révisé pour mieux refléter les usages modernes de la langue française tout en conservant la richesse et la profondeur du texte biblique. Notes et Références : La version inclut souvent des notes explicatives et des références pour aider à la compréhension et à l'étude des Écritures.
Importance
Usage Étendu : La Segond 21 est largement utilisée dans les milieux protestants francophones, notamment pour les études bibliques et la lecture personnelle. Accessibilité : Grâce à sa langue modernisée, elle est accessible à un public plus large, y compris les nouvelles générations de lecteurs.
La Segond 21 a été réalisée par une équipe pluridisciplinaire de traducteurs, linguistes et théologiens, et a nécessité environ 12 ans de travaux pour être finalisée.
Ces révisions montrent l'évolution de la traduction de Louis Segond pour s'adapter aux changements linguistiques et aux besoins des lecteurs au fil du temps.
INF305
Note d’information
INF305 – Le Mont des Oliviers
Le Mont des Oliviers
Le mont des Oliviers constitue l'un des lieux les plus importants de la géographie biblique. Situé à l'est de Jérusalem, il est séparé de la ville par la vallée du Cédron (2 Samuel 15.30 ; Jean 18.1). Son nom provient des nombreux oliviers qui couvraient autrefois ses pentes.
Situation géographique
Le mont des Oliviers forme une longue crête orientée du nord au sud, culminant à environ 820 mètres d'altitude, soit légèrement plus haut que Jérusalem. Depuis son sommet, on bénéficie d'une vue remarquable sur la ville et sur l'emplacement du Temple.
Sa proximité avec Jérusalem explique pourquoi Jésus et ses disciples s'y rendaient fréquemment (Luc 21.37). Selon Luc, le lieu de l'ascension se trouvait à une distance d'environ un « chemin de sabbat » de Jérusalem, soit approximativement un kilomètre (Actes des apôtres 1.12).
Un lieu associé à de nombreux événements bibliques
Sous l'Ancien Testament
David franchit le torrent du Cédron et gravit le mont des Oliviers en pleurant lorsqu'il fuit devant son fils Absalom (2 Samuel 15.30).
Le prophète Ézéchiel décrit la gloire de Dieu quittant Jérusalem et s'arrêtant sur la montagne située à l'est de la ville, généralement identifiée au mont des Oliviers (Ezéchiel 11.23).
Le prophète Zacharie annonce qu'au jour du Seigneur, les pieds de l'Éternel se poseront sur le mont des Oliviers (Zacharie 14.4).
Dans la vie du Messie Jésus
Le mont des Oliviers occupe une place particulière dans les Évangiles :
Jésus y séjourne fréquemment (Luc 22.39) ;
il contemple Jérusalem et pleure sur la ville (Luc 19.41-44) ;
il y prononce le discours eschatologique sur la fin des temps (Matthieu 24.3 ; Marc 13.3) ;
il passe ses nuits sur cette montagne pendant les derniers jours précédant sa mort (Luc 21.37) ;
au pied du mont se trouve le jardin de Gethsémané où il prie avant son arrestation (Matthieu 26.36 ; Luc 22.39-46) ;
c'est également depuis les environs de Béthanie, sur le versant oriental du mont, qu'il bénit ses disciples et s'élève au ciel (Luc 24.50-51 ; Actes des apôtres 1.9-12).
Le mont des Oliviers et l'ascension
Les Actes indiquent que les disciples revinrent à Jérusalem « de la montagne appelée des Oliviers » après l'ascension (Actes des apôtres 1.12). Luc précise dans son Évangile que Jésus les conduisit jusque vers Béthanie avant de les quitter (Luc 24.50).
Ces deux indications sont parfaitement compatibles puisque Béthanie se situe sur le versant oriental du mont des Oliviers, à environ trois kilomètres de Jérusalem (Jean 11.18).
Une dimension prophétique
Pour plusieurs interprètes, le choix du mont des Oliviers comme lieu de l'ascension n'est probablement pas fortuit. Le prophète Zacharie annonçait déjà qu'au jour de l'Éternel, celui-ci se tiendrait sur cette montagne (Zacharie 14.4). Ainsi, le lieu depuis lequel Jésus quitte ses disciples pourrait également être celui associé à son retour glorieux, conformément à la parole des anges :
« Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, viendra de la même manière que vous l'avez vu allant au ciel » (Actes des apôtres 1.11).
Ainsi, le mont des Oliviers apparaît comme un lieu chargé d'histoire et de symbolisme. Il est à la fois le théâtre des souffrances du Messie, de son enseignement sur les temps futurs, de son ascension et, selon plusieurs interprétations prophétiques, du lieu associé à son retour futur.
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INF003-Le Sanhédrin
Le Sanhédrin
Le Sanhédrin était une institution clé dans le judaïsme antique, ayant des fonctions législatives, judiciaires et religieuses. Voici quelques points clés à son sujet :
Le Sanhédrin (ou Sanhédrin juif) désigne, à l’époque du Second Temple (env. IIe s. av. J.C. – 70 ap J.C.), l’instance suprême d’autorité religieuse, juridique et parfois politique du judaïsme en Judée.
Points essentiels
Composition et siège : traditionnellement 71 membres (le Nassi/président, l’Av Beit Din/vice‑président, et des juges/sages). Il siégeait à Jérusalem, près du Temple, probablement dans une salle appelée la « Salle des Pierres taillées ».
Compétences : interprétation de la Loi (Torah), fixation de normes religieuses, arbitrage de litiges importants, supervision du calendrier (sanctification des mois et intercalations), validation d’ordonnances communautaires, et, en théorie, jugement des affaires les plus graves. Sous domination romaine, ses pouvoirs pénaux étaient limités.
Sources historiques : on en trouve des échos dans les Évangiles (procès de Jésus mentionnant un conseil juif) et surtout dans la littérature rabbinique (Mishnah, Talmud), qui décrit son fonctionnement idéal et ses règles de procédure.
Fonctionnement procédural : témoignages examinés par un collège, forte exigence de crédibilité des témoins, quorum nécessaire, votes commençant par les plus jeunes juges pour éviter l’influence des plus anciens, préférence pour l’acquittement en cas de doute ; pour les affaires capitales, des règles plus strictes encore.
Après 70: la destruction du Temple par les Romains met fin au Sanhédrin tel qu’il existait à Jérusalem. Une autorité rabbinique se reconstitue en Galilée (Yavné, puis Ousha, Sepphoris, Tibériade), parfois appelée « Sanhédrin » par analogie, centrée sur l’étude, la halakha et l’organisation communautaire ; elle décline vers le IVe–Ve siècle.
Héritage : le Sanhédrin symbolise l’idéal d’une autorité collégiale savante dans le judaïsme. Des traités talmudiques (notamment Sanhédrin, Makkot) conservent ses règles théoriques, qui ont influencé la pensée juridique juive. À l’époque moderne, le terme a été repris par analogie (par ex. le « Grand Sanhédrin » convoqué par Napoléon en 1807), sans continuité institutionnelle antique.
Repères terminologiques
Nassi : président du Sanhédrin ; des traditions attribuent ce rôle à Hillel l’Ancien et à ses descendants pendant la période tardive.
Av Beit Din : « père du tribunal », second du Nassi.
Beit Din : tribunal rabbinique ; au pluriel, désigne aussi des cours locales de 23 juges (pour affaires graves) ou de 3 (pour affaires civiles).
Limites et débats
Histoire vs. idéal normatif : les descriptions talmudiques mélangent souvenirs historiques et modèles juridiques ; les historiens discutent l’ampleur réelle de ses pouvoirs à chaque période.
Compétence pénale sous Rome : la capacité d’appliquer la peine capitale est particulièrement débattue ; elle fut probablement très restreinte à la fin de la période.
En bref : le Sanhédrin fut la plus haute instance savante et judiciaire du judaïsme du Second Temple, avec un rôle central dans l’interprétation de la loi et la cohésion communautaire ; sa forme antique disparaît après 70, mais son modèle continue d’inspirer l’organisation rabbinique et la pensée juridique juive.
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INF004-Les romains
Les romains
En l’an -63 av. J.-C. le général romain Pompée, envahi le territoire d’Israël et prend Jérusalem. Le judaïsme grâce à Jule César devient en l’an -45 av. J.-C. une religion légale.
Cinq ans plus tard, en -40 av. J.-C. L’empereur Auguste met un terme à la dynastie hasmonéenne et nomme Hérode le Grand, un Iduméen, donc, pas de lignée royale, roi des Juifs.
Quelques années, après la mort d’Hérode le Grand, en l’an 6, Rome change le statut de la Judée ainsi que de la Samarie et de l’Idumée (l’Edom biblique) pour le transformer en provinces romaines placées sous la responsabilité de procurateurs romains.
Les fils du monarque Hérode seront promus par l’autorité romaine, tétrarques, et gouverneront ces différentes provinces sous l’égide de ces procurateurs.
Nous sommes par conséquent, pendant le ministère du Messie Jésus avec un préfet, Ponce Pilate et un tétrarque, Hérode Antipas qui se partagent le pouvoir. Les deux hommes se haïssent jusqu’au jour de la condamnation du Messie Jésus (Luc 23.12).
Quarante ans après la crucifixion du Messie Jésus, l’insurrection des Juifs, commencée en 66, est jugulée, Titus détruit le temple de Jérusalem en l’an 70 et tout se termine avec la chute de Massada le 2 mai 73.
D’autres révoltes suivront jusqu’en 135.
En 130, l’empereur Hadrien change de nouveau le statut du pays d’Israël, en créant une nouvelle colonie romaine, le nom de Jérusalem est remplacé par Aelia Capitolina.
Le Messie Jésus exercera son ministère dans un territoire occupé par les Romains, avec un gouverneur désigné par Rome.
Trois hommes se partagent donc à ce moment de l’histoire, la direction du pays d’Israël :
Ponce Pilate, le préfet romain, il détient tous les pouvoirs en particulier sur la Judée.
Hérode Antipas, règne sur la Galilée et la Pérée.
Le Souverain Sacrificateur, Caïphe, responsable des problèmes religieux.
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INF089-Le sabbat
Le sabbat
Le sabbat est un jour de repos et de sanctification dans la tradition juive, observé du vendredi soir au samedi soir. Voici quelques éléments importants à connaître sur le sabbat :
Origines et Signification
Commandement Biblique : Le sabbat est l'un des Dix Commandements donnés par Dieu à Moïse sur le mont Sinaï. Il est mentionné à plusieurs reprises dans la Torah, notamment dans Exode 20.8-11 et Deutéronome 5.12-15. Création : Le sabbat commémore le jour de repos de Dieu après les six jours de la création, tel que décrit dans Genèse 2.2-3. Libération d'Égypte : En plus de la création, le sabbat est aussi un rappel de la libération des Israélites de l'esclavage en Égypte, symbolisant la liberté et la sanctification.
Observance et Pratiques
Repos : Le sabbat est un jour de repos complet où les travaux créatifs (appelés "melakhot") sont interdits. Cela inclut des activités comme cuisiner, écrire, allumer un feu, et plus encore. Célébration : Le sabbat commence le vendredi soir avec un repas festif, souvent précédé par l'allumage des bougies du sabbat. Des prières spéciales, comme le Kiddouch (sanctification), sont récitées. Services Religieux : Les juifs pratiquants assistent aux services religieux dans les synagogues, où des lectures spéciales de la Torah et des prières sont effectuées.
Temps en Famille et Spiritualité : Le sabbat est aussi un moment de rassemblement familial, d'étude de la Torah, et de réflexion spirituelle.
Importance Spirituelle Lien avec Dieu : Le sabbat est un temps consacré à la spiritualité et au renforcement du lien avec Dieu, un temps de repos physique et spirituel. Communauté : Le sabbat encourage le rassemblement communautaire et familial, renforçant les liens sociaux et religieux.
Signification du Sabbat pour les Juifs
Pour les Juifs, le sabbat est bien plus qu'un simple jour de repos. Il est un rappel hebdomadaire de la création du monde et un symbole du pacte entre Dieu et le peuple d'Israël. Le sabbat est un temps sacré dédié à la prière, à la réflexion spirituelle, et à la communion familiale et communautaire.
L'observation du sabbat implique l'abstention de tout travail, la participation à des services religieux à la synagogue, la préparation de repas spéciaux et la célébration en famille. C'est un moment pour se détacher des préoccupations matérielles et se concentrer sur le spirituel, renforçant ainsi les liens avec Dieu et avec les proches.
Application du Sabbat au Temps de Jésus
Au temps de Jésus, le sabbat avait une grande importance religieuse et sociale. Les lois du sabbat étaient scrupuleusement observées, et les pharisiens, ainsi que les scribes, étaient particulièrement vigilants quant au respect strict de ces lois. Ils avaient élaboré un ensemble détaillé de règles pour déterminer ce qui était considéré comme un "travail" interdit le jour du sabbat.
Jésus, cependant, a souvent défié ces interprétations rigides des lois du sabbat. Par exemple, il a guéri des malades le jour du sabbat, ce qui a provoqué des controverses avec les autorités religieuses de son temps. Jésus a enseigné que le sabbat a été fait pour l'homme, et non l'homme pour le sabbat (Marc 2.27), soulignant ainsi l'importance de la compassion et de l'humanité par rapport aux règles strictes.
L'approche de Jésus vis-à-vis du sabbat mettait en lumière l'idée que les lois religieuses devaient servir le bien-être des gens, plutôt que devenir des fardeaux oppressifs. Cette perspective a contribué à des tensions entre lui et les autorités religieuses, et a joué un rôle dans les conflits qui ont finalement conduit à sa crucifixion.
Le sabbat est une institution centrale du judaïsme, symbolisant le repos, la sanctification, et le lien avec Dieu. Il joue un rôle essentiel dans la vie religieuse et sociale des juifs, offrant une pause hebdomadaire dédiée à la réflexion, à la prière, et à la communion avec les proches.