La parabole de l'ami importun (Luc 11.5-13), propre à l'évangile de Luc, fait suite à l'enseignement du Notre Père. Jésus y enseigne la persévérance dans la prière : si un ami finit par céder à l'insistance, combien plus Dieu donnera-t-il généreusement à ceux qui le prient avec foi, offrant même le Saint-Esprit à ceux qui le demandent.
Luc 11.5-13 (Louis Segond S21) :
Il leur dit encore: «Supposons que l'un de vous ait un ami et qu'il aille le trouver au milieu de la nuit pour lui dire: ‘Mon ami, prête-moi trois pains,car un de mes amis est arrivé de voyage chez moi et je n'ai rien à lui offrir.’Supposons que, de l'intérieur de sa maison, cet ami lui réponde: ‘Ne m'ennuie pas, la porte est déjà fermée, mes enfants et moi sommes au lit, je ne peux pas me lever pour te donner des pains.’Je vous le dis, même s'il ne se lève pas pour les lui donner parce que c'est son ami, il se lèvera à cause de son insistance et lui donnera tout ce dont il a besoin.Et moi, je vous dis: Demandez et l'on vous donnera; cherchez et vous trouverez; frappez et l'on vous ouvrira.En effet, tous ceux qui demandent reçoivent, celui qui cherche trouve et l'on ouvrira à celui qui frappe.Quel père parmi vous donnera une pierre à son fils, s'il lui demande du pain? Ou bien s'il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent au lieu d'un poisson?Ou bien s'il demande un œuf, lui donnera-t-il un scorpion?Si donc, mauvais comme vous l'êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, le Père céleste donnera d'autant plus volontiers le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent.»
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
La péricope PER225 traite de la parabole de l'ami importun, telle qu'elle est rapportée exclusivement dans l'Évangile selon Luc (Luc 11.5-13). Cette péricope s'inscrit dans le cadre du ministère de Jésus durant la période allant de la troisième Pâque au début de la dernière semaine, et plus précisément lors d'un enseignement dispensé à ses disciples aux alentours du mont des Oliviers, en face de Jérusalem, vers la fin novembre ou le début décembre de l'an 32. La parabole de l'ami importun ne surgit pas de manière isolée dans le texte de Luc : elle s'inscrit dans une continuité narrative et thématique directe avec l'enseignement précédent sur le Notre Père (Luc 11.1-4). Jésus vient d'enseigner à ses disciples une prière modèle, centrée sur la relation intime avec Dieu, le pardon, la dépendance quotidienne et la protection contre le mal. La parabole qui suit constitue alors une illustration vivante et concrète de la manière dont il convient de prier : avec persévérance, insistance et confiance absolue. Le lien logique entre le Notre Père et cette parabole est fondamental. Après avoir fourni le cadre et les mots de la prière, le Messie Jésus répond à une question implicite mais essentielle que tout disciple est amené à se poser : Dieu entend-il réellement nos prières ? La parabole met en scène un homme qui se rend chez un ami au milieu de la nuit pour lui demander du pain destiné à un voyageur arrivé à l'improviste.
Luc 11.9-13 (Louis Segond S21) :
Et moi, je vous dis: Demandez et l'on vous donnera; cherchez et vous trouverez; frappez et l'on vous ouvrira.En effet, tous ceux qui demandent reçoivent, celui qui cherche trouve et l'on ouvrira à celui qui frappe.Quel père parmi vous donnera une pierre à son fils, s'il lui demande du pain? Ou bien s'il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent au lieu d'un poisson?Ou bien s'il demande un œuf, lui donnera-t-il un scorpion?Si donc, mauvais comme vous l'êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, le Père céleste donnera d'autant plus volontiers le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent.»
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II
L'ami, d'abord réticent en raison de l'heure tardive et de sa famille endormie, finit par céder et lui accorder ce qu'il demande, non pas par amitié, mais à cause de son insistance. Le contraste est au cœur du message théologique : si un simple ami, réticent et endormi, finit par répondre à une demande pressante, combien plus Dieu, le Père céleste, sera-t-il prompt à exaucer ceux qui le prient avec foi et persévérance. Les versets qui prolongent la parabole (Luc 11.9-13) renforcent cette leçon avec trois impératifs puissants : demandez, cherchez, frappez. Et la promesse est formelle : celui qui demande reçoit, celui qui cherche trouve, et à celui qui frappe, la porte sera ouverte. La parabole révèle également la nature profonde de Dieu : contrairement à l'ami réticent, Dieu donne volontiers, généreusement, et offre même le don suprême, le Saint-Esprit, à ceux qui le lui demandent. La prière n'est donc pas une simple formule rituelle à réciter, mais une relation vivante et dynamique avec un Père qui écoute, qui se soucie et qui répond. Un aspect remarquable de cette péricope est son caractère exclusivement lucanien. La parabole de l'ami importun est propre à l'Évangile selon Luc et ne se retrouve ni chez Matthieu, ni chez Marc, ni chez Jean.
Luc 18.1-8 (Louis Segond S21) :
Jésus leur dit une parabole pour montrer qu'ils devaient toujours prier, sans se décourager.Il dit: «Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et qui n'avait d'égards pour personne.Il y avait aussi dans cette ville une veuve qui venait lui dire: ‘Rends-moi justice contre ma partie adverse.’Pendant longtemps il refusa. Mais ensuite il se dit: ‘Même si je ne crains pas Dieu et n'ai d'égards pour personne,puisque cette veuve me fatigue, je vais lui rendre justice afin qu'elle ne vienne pas sans cesse me déranger.’»Le Seigneur ajouta: «Ecoutez ce que dit le juge injuste.Et Dieu ne fera-t-il pas justice à ceux qu'il a choisis et qui crient à lui jour et nuit? Les fera-t-il attendre?Je vous le dis, il leur fera rapidement justice. Mais, quand le Fils de l'homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre?»
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III
Cela s'explique par les caractéristiques rédactionnelles et théologiques propres à Luc, qui accorde une place prépondérante à la prière dans son récit. Luc présente régulièrement Jésus comme un homme de prière, et il insiste tout au long de son évangile sur la nécessité de la persévérance dans la supplication. De plus, la figure de l'ami vulnérable qui frappe à la porte dans la nuit résonne avec un autre thème cher à Luc : la place des exclus, des marginaux et des personnes en situation de faiblesse. Luc est l'évangéliste de la miséricorde et de la compassion divine envers ceux qui sont dans le besoin. Pour ceux qui souhaitent approfondir le sujet, des parallèles existent dans d'autres textes évangéliques : la parabole de la veuve et du juge inique (Luc 18.1-8), également propre à Luc, insiste sur la même nécessité de prier sans se décourager. Matthieu 7.7-11 reprend les paroles sur demander, chercher et frapper, sans toutefois inclure la parabole de l'ami. En conclusion, la parabole de l'ami importun constitue un enseignement fondamental sur la nature de la prière chrétienne : persistante, confiante, fondée sur la certitude de la bonté divine. Elle invite chaque disciple à ne jamais se lasser de frapper à la porte de Dieu, sachant que ce Père céleste surpasse infiniment en générosité tout ami humain.
La parabole de la tour (Luc 14.28-30), transmise uniquement par Luc, s'inscrit dans un discours de Jésus sur le coût du discipulat. Par l'image d'un bâtisseur qui calcule ses ressources avant de construire, Jésus invite ses disciples à un engagement réfléchi, lucide et persévérant, mettant en garde contre une foi superficielle ou émotionnelle sans maturité spirituelle.
Luc 14.29 (Louis Segond S21) :
Autrement, si après avoir posé les fondations il ne peut pas la terminer, tous ceux qui le verront se mettront à se moquer de lui
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La péricope PER239 porte sur la parabole de la tour, un enseignement unique transmis exclusivement par l'évangéliste Luc (Luc 14.28-30). Cet article s'inscrit dans le cadre de la Synopse biblique et appartient à la période allant de la troisième Pâque au début de la dernière semaine du ministère de Jésus. L'événement se situe géographiquement sur la route de Béthanie, au-delà du Jourdain, et est daté après le sabbat du samedi 4 décembre 32. Luc présente ici une série d'enseignements qui ne suivent pas nécessairement une chronologie formelle, mais qui obéissent à une logique argumentative précise. Il est généralement admis que Luc a regroupé plusieurs paraboles prononcées en différents lieux et à différentes périodes afin de structurer son récit de manière cohérente et concise. Cette parabole de la tour est la deuxième d'une série de onze paraboles que l'on trouve dans les chapitres 14 à 18 de l'Évangile selon Luc, juste après la parabole de l'invité prétentieux. Le contexte immédiat de ce texte est un discours de Jésus sur le coût du discipulat (Luc 14.25-35). Jésus s'adresse à une foule nombreuse et les invite à réfléchir sérieusement avant de s'engager à le suivre. Son appel n'est pas destiné à susciter un enthousiasme irréfléchi, mais à provoquer une réflexion lucide et un engagement mûrement pesé.
Luc 14.25-35 (Louis Segond S21) :
De grandes foules faisaient route avec Jésus. Il se retourna et leur dit:«Si quelqu'un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et ses sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple.Celui qui ne porte pas sa croix et ne me suit pas ne peut pas être mon disciple.En effet, si l'un de vous veut construire une tour, il s'assied d'abord pour calculer la dépense et voir s'il a de quoi la terminer.Autrement, si après avoir posé les fondations il ne peut pas la terminer, tous ceux qui le verront se mettront à se moquer de luien disant: ‘Cet homme a commencé à construire, et il n'a pas pu finir.’De même, si un roi part en guerre contre un autre roi, il s'assied d'abord pour examiner s'il peut, avec 10'000 hommes, affronter celui qui vient l'attaquer avec 20'000.Si ce n'est pas le cas, alors que l'autre roi est encore loin, il lui envoie une ambassade pour demander la paix.Ainsi donc aucun de vous, à moins de renoncer à tout ce qu'il possède, ne peut être mon disciple.»Le sel est une bonne chose, mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on?Il n'est bon ni pour la terre, ni pour le fumier; on le jette dehors. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.»
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II
L'analyse verset par verset révèle une progression logique et pédagogique. Au verset 28, Jésus introduit l'image du bâtisseur qui souhaite construire une tour. Cette métaphore évoque la nécessité de planifier, de calculer les ressources disponibles avant de se lancer dans un projet ambitieux. Suivre Jésus est comparé à une entreprise de grande envergure qui requiert un engagement total. La notion de dépense représente symboliquement les renoncements personnels, les risques et la fidélité dans l'épreuve que le disciple doit être prêt à assumer. Au verset 29, Jésus souligne le risque de ne pas pouvoir terminer ce que l'on a commencé. Les fondations posées représentent l'élan initial de la foi, mais la suite du chemin exige persévérance et constance. L'abandon du projet entraîne non seulement un échec personnel, mais aussi une conséquence sociale et symbolique : la honte et le ridicule aux yeux des autres. Au verset 30, Jésus formule le jugement que les témoins porteront sur celui qui a commencé à construire sans pouvoir terminer.
Luc 14.28 (Louis Segond S21) :
En effet, si l'un de vous veut construire une tour, il s'assied d'abord pour calculer la dépense et voir s'il a de quoi la terminer.
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III
Cette ironie souligne l'impact d'un engagement non tenu et pose une leçon morale fondamentale : l'authenticité de la foi ne se mesure pas à son lancement enthousiaste, mais à sa constance dans la durée. Sur le plan spirituel, cette parabole véhicule plusieurs enseignements essentiels. D'abord, le Messie Jésus valorise une foi réfléchie et consciente de ce qu'elle implique, plutôt qu'un engouement passager ou émotionnel. Ensuite, le disciple est appelé à examiner ses ressources intérieures et sa volonté réelle de s'engager. Enfin, ce passage met en garde contre les décisions précipitées, superficielles ou prises sans maturité spirituelle. Bien que ce discours puisse paraître exigeant au premier abord, et qu'il puisse même sembler décourageant pour certains, il s'inscrit pleinement dans la volonté du Messie Jésus d'encourager un discipulat authentique, pleinement assumé et fondé sur une compréhension approfondie de ce que signifie marcher à sa suite. L'article renvoie également à des ressources complémentaires telles que l'annexe ANN078 sur les paraboles, l'étude PAR029 sur la tour inachevée, et l'annexe ANN072 sur les miracles du Messie Jésus, permettant ainsi un approfondissement thématique et contextuel de cet enseignement.
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