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Le choix de Matthias

Analyse d'Actes 1.15-26, relatant l'élection de Matthias pour remplacer Judas l'Iscariote. Pierre, porte-parole naturel des disciples, fonde la nécessité de ce remplacement sur les Psaumes. Les critères apostoliques sont précisés : avoir suivi Jésus depuis son baptême et être témoin de sa résurrection. Matthias est finalement désigné par tirage au sort après prière, rétablissant le collège des Douze, symbole des douze tribus d'Israël.

32 Min. Matthias Judas Iskariot collège des Douze Petrus Apostelgeschichte 47 Verse 12 Bücher

Weiterführende Lektüre

Bibeltexte

Apostelgeschichte
Apostelgeschichte 1.15-26 ( 1912)

Und in den Tagen trat auf Petrus unter die Jünger und sprach (es war aber eine Schar zuhauf bei hundertundzwanzig Namen):

Ihr Männer und Brüder, es mußte die Schrift erfüllet werden, welche zuvor gesagt hat der Heilige Geist durch den Mund Davids von Judas, der ein Führer war derer, die Jesus fingen;

denn er war zu uns gezählt und hatte dies Amt mit uns überkommen.

Dieser hat erworben den Acker um den ungerechten Lohn und ist abgestürzt und mitten entzweigeborsten, und all sein Eingeweide ausgeschüttet.

Und es ist kund geworden allen, die zu Jerusalem wohnen, also daß dieser Acker genannt wird auf ihrer Sprache: Hakeldama (das ist: ein Blutacker).

Denn es steht geschrieben im Psalmbuch: “Seine Behausung müsse wüst werden, und sei niemand, der darin wohne”, und: “Sein Bistum empfange ein anderer.”

So muß nun einer unter diesen Männern, die bei uns gewesen sind die ganze Zeit über, welche der HERR Jesus unter uns ist aus und ein gegangen,

von der Taufe des Johannes an bis auf den Tag, da er von uns genommen ist, ein Zeuge seiner Auferstehung mit uns werden.

Und sie stellten zwei, Joseph, genannt Barsabas, mit dem Zunahmen Just, und Matthias,

beteten und sprachen: HERR, aller Herzen Kündiger, zeige an, welchen du erwählt hast unter diesen zweien,

daß einer empfange diesen Dienst und Apostelamt, davon Judas abgewichen ist, daß er hinginge an seinen Ort.

Und sie warfen das Los über sie, und das Los fiel auf Matthias; und er ward zugeordnet zu den elf Aposteln.

Technische Einzelheiten

Jahr 33 n. Chr.

Ort: Die Stadt Jerusalem

Date : Mois de mai 33

Mode opératoire : Nous suivons Luc dans son second ouvrage

Note sur le mode opératoire : Ces informations se trouvent uniquement chez Luc

Karte von Jerusalem und Umgebung

La première mesure importante adoptée par les apôtres consiste à rétablir le collège des Douze en désignant un remplaçant à Judas l'Iscariote.

1- La place particulière de Pierre

Le premier élément qui ressort de ce passage est la position particulière occupée par Pierre au sein du groupe des disciples. Sans chercher à s'imposer au-dessus de ses frères, il apparaît naturellement comme leur porte-parole. Sa prise de parole est acceptée sans contestation et personne ne semble remettre en cause son autorité. Son reniement appartient désormais au passé et la restauration opérée par le Messie Jésus lui a permis de reprendre sa place au milieu des apôtres (Johannes 21.15-19).

Durant tout le ministère terrestre de Jésus, Pierre avait déjà joué ce rôle de représentant du groupe (Matthäus 16.16 ; Johannes 6.68-69). Dans les quatre listes apostoliques, son nom apparaît toujours en première position (Matthäus 10.2-4 ; Markus 3.16-19 ; Lukas 6.14-16 ; Apostelgeschichte 1.13), tandis que Jean est généralement mentionné immédiatement après lui. L'autorité particulière que Jésus lui avait confiée semble ainsi reconnue naturellement au sein de l'assemblée (Matthäus 16.18-19 ; Lukas 22.31-32).

2- Les cent vingt disciples réunis à Jérusalem

Luc précise qu'environ cent vingt personnes sont réunies à Jérusalem (Apostelgeschichte 1.15). Ce chiffre ne signifie pas nécessairement que le nombre total des disciples se limitait à ce groupe. D'autres croyants pouvaient être absents ou dispersés. Ni Joseph d'Arimathée (Matthäus 27.57), ni Nicodème (Johannes 19.39) ne sont mentionnés.

Dans le climat d'hostilité qui règne après la crucifixion, il est possible que certaines mesures de prudence aient conduit les disciples à faire preuve d'une certaine discrétion concernant les lieux de réunion et l'identité de plusieurs croyants (Johannes 20.19).

3- La nécessité de remplacer Judas

La proposition de Pierre de remplacer Judas l'Iscariote ne repose pas sur une décision arbitraire ou autoritaire. Elle s'appuie avant tout sur les Écritures. En rapprochant les événements des paroles des Psaumes (Psalmen 69.26 ; Psalmen 109.8), Pierre estime qu'il est nécessaire qu'un autre prenne la charge laissée vacante par le traître (Apostelgeschichte 1.20).

Cette interprétation semble faire consensus parmi les disciples. Il apparaît comme une évidence que le collège apostolique doit retrouver sa plénitude et compter de nouveau douze membres, conformément au choix initial du Seigneur (Matthäus 10.1-4). Ce nombre possède une forte portée symbolique puisqu'il rappelle les douze tribus d'Israël et la promesse de Jésus selon laquelle les Douze siégeront sur douze trônes pour juger les douze tribus d'Israël (Matthäus 19.28 ; Lukas 22.29-30).

4- Les critères du choix

Cette exigence exclut naturellement les frères de Jésus, dont la conversion semble être intervenue après la résurrection (Johannes 7.5 ; Apostelgeschichte 1.14). Pierre précise en effet que le futur apôtre doit avoir accompagné Jésus depuis le baptême de Jean jusqu'à l'ascension et être devenu témoin de sa résurrection (Apostelgeschichte 1.21-22). L'ancienneté et la continuité du témoignage constituent donc des critères essentiels.

Nous découvrons également qu'autour des Douze existait un cercle plus large de disciples fidèles. Les apôtres ne rencontrent aucune difficulté à proposer deux candidats : Joseph appelé Barsabbas, surnommé Justus, et Matthias (Apostelgeschichte 1.23). Ces hommes avaient suivi Jésus depuis les débuts de son ministère et avaient été témoins des principaux événements de sa vie. Leur présence révèle qu'un nombre important de disciples, demeurés dans l'ombre, avaient accompagné le Seigneur tout au long de son ministère.

5- La mort de Judas Iscariote

Pierre rappelle ensuite la fin tragique de Judas l'Iscariote (Apostelgeschichte 1.18-19). Les détails rapportés par Luc peuvent sembler entrer en tension avec le récit de Matthieu, qui affirme que Judas alla se pendre (Matthäus 27.5). Toutefois, ces deux récits ne sont pas nécessairement contradictoires. Matthieu rapporte la cause de la mort, tandis que Luc semble décrire les conséquences ultérieures de cette pendaison. Les deux descriptions apparaissent ainsi davantage complémentaires qu'opposées.

6- Une désignation placée sous la souveraineté de Dieu

La procédure de désignation du nouvel apôtre peut surprendre le lecteur moderne. Le recours au pourrait paraître peu spirituel. Pourtant, Luc souligne que cette démarche intervient après une prière solennelle adressée au Seigneur qui connaît les cœurs de tous (Apostelgeschichte 1.24-25). Les disciples ne s'en remettent pas au hasard mais à la souveraineté divine.

Cette pratique s'inscrit dans une tradition ancienne bien attestée dans les Écritures (3. Mose 16.8 ; Josua 18.10 ; 1. Chonik 24.5). Le livre des Proverbes rappelle d'ailleurs que « toute décision vient de l' » (Sprüche 16.33). Il est remarquable que cette méthode n'apparaisse plus après la Pentecôte, les décisions importantes étant désormais prises sous la direction du Saint-Esprit (Apostelgeschichte 13.2-3 ; Apostelgeschichte 15.28).

7- Matthias et le rétablissement des Douze

Le choix se porte finalement sur Matthias, qui est associé aux onze apôtres (Apostelgeschichte 1.26). Cette nomination souligne l'importance que les disciples accordent au collège apostolique dans le développement futur de l'Église. Les Douze constituent les témoins officiels de la vie, de la mort et surtout de la résurrection du Messie Jésus (Apostelgeschichte 1.8 ; Apostelgeschichte 1.22). Ils représentent, en quelque sorte, les garants de l'authenticité du témoignage chrétien.

Plus tard, Paul rappellera que l'Église est édifiée sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la (Epheser 2.20).

8- La préservation du témoignage apostolique

Il est également possible de voir dans cette élection une première mesure destinée à préserver l'intégrité du témoignage apostolique. Les disciples savent que leur mission essentielle consiste à transmettre fidèlement ce qu'ils ont vu et entendu (Apostelgeschichte 4.20 ; 1. Johannes 1.1-3). Le remplacement de Judas manifeste ainsi leur volonté de maintenir intact le collège des témoins avant même la venue du Saint-Esprit.

Cependant, les persécutions qui ne tarderont pas à s'abattre sur l'Église (Apostelgeschichte 4.1-3 ; Apostelgeschichte 5.17-18), la mort d'Étienne (Apostelgeschichte 7.54-60) puis celle de Jacques, fils de Zébédée (Apostelgeschichte 12.1-2), montreront la fragilité de ces témoins oculaires. Cette situation conduira progressivement l'Église à préserver leur témoignage sous une forme écrite.

Luc lui-même rappelle que plusieurs avaient déjà entrepris de mettre par écrit les événements transmis par ceux qui avaient été témoins oculaires dès le commencement (Lukas 1.1-2). Il est donc vraisemblable qu'une rédaction ancienne de l'Évangile selon Matthieu ait participé à cette volonté de sauvegarder la mémoire apostolique face au risque de voir disparaître prématurément ceux qui avaient accompagné le Seigneur.

Ainsi, les Évangiles de Matthieu, de Marc et plus tard de Luc peuvent être considérés comme le prolongement naturel du témoignage apostolique. Les hommes étaient mortels et exposés aux persécutions, mais leur témoignage devait être conservé et transmis aux générations futures (Johannes 20.30-31 ; 2. Petrus 1.15 ; 2. Timotheus 3.16-17). Le rétablissement des Douze et la mise par écrit du témoignage apostolique apparaissent alors comme deux aspects complémentaires d'une même préoccupation : préserver fidèlement la mémoire des événements fondateurs sur lesquels repose l'Église.

Sur le fond, c'est probablement l'un des passages les plus proches d'un commentaire biblique académique parmi ceux que vous avez rédigés. La seule partie qui demanderait davantage de prudence dans la formulation est l'hypothèse d'une rédaction très précoce de Matthieu en araméen : elle est défendable, mais elle relève du domaine des hypothèses et gagnerait à être présentée avec des expressions comme « il est possible », « certains auteurs ont proposé », ou « cette hypothèse pourrait expliquer… ».

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