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Le papyrus Nash
Le papyrus Nash est un ensemble de quatre fragments de papyrus hébreux datant d'environ 150 à 100 avant J.-C., acquis en Égypte en 1898 et conservés à Cambridge. Il contient les Dix Commandements, combinant Exode 20 et Deutéronome 5, ainsi que le début du Shema Israël. Avant les manuscrits de Qumrân, il était le plus ancien manuscrit biblique hébreu connu, et reste un témoignage précieux de la transmission des Écritures.
Deutéronome 6.4-5 (Louis Segond S21) :»*Ecoute, Israël! L'Eternel, notre Dieu, est le seul Eternel.»*Tu aimeras l'Eternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force.Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.Niveau : Moyen Public : Intermediaire
INF060Le papyrus Nash
I Le papyrus Nash est l'un des documents manuscrits hébreux les plus anciens jamais découverts, constituant ainsi un témoignage exceptionnel de la transmission des textes bibliques à travers les siècles. Il s'agit d'un ensemble de quatre fragments de papyrus acquis en Égypte en 1898 par W. L. Nash, secrétaire de la Society of Biblical Archaeology, institution britannique dédiée à l'étude des antiquités bibliques. Ce document est aujourd'hui conservé et exposé à la Bibliothèque de l'Université de Cambridge, où il demeure accessible aux chercheurs et spécialistes du monde entier. Sur le plan chronologique, les fragments sont datés d'environ 150 à 100 avant Jésus-Christ, ce qui en fait un témoin précieux de la période du Second Temple. Il est intéressant de noter que lors de leur première description par l'érudit Stanley A. Cook en 1903, ces fragments avaient été initialement attribués au IIe siècle après J.-C., une datation bien plus tardive qui fut ultérieurement corrigée grâce aux progrès des méthodes paléographiques et des études comparatives des manuscrits anciens.
Deutéronome 5.6-21 (Louis Segond S21) :»‘*Je suis l'Eternel, ton Dieu, qui t'ai fait sortir d'Egypte, de la maison d'esclavage.»Tu n'auras pas d'autres dieux devant moi.»Tu ne te feras pas de sculpture sacrée ni aucune représentation de ce qui est en haut dans le ciel, en bas sur la terre et dans l'eau plus bas que la terre.»Tu ne te prosterneras pas devant ces choses et tu ne les serviras pas, car moi, l'Eternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux. Je punis la faute des pères sur les enfants jusqu'à la troisième et à la quatrième génération de ceux qui me détestent,et j'agis avec bonté jusqu'à 1000 générations envers ceux qui m'aiment et qui respectent mes commandements.»Tu n'utiliseras pas le nom de l'Eternel, ton Dieu, à la légère, car l'Eternel ne laissera pas impuni celui qui utilisera son nom à la légère.»Respecte le jour du repos en en faisant un jour saint comme l'Eternel, ton Dieu, te l'a ordonné.Pendant 6 jours, tu travailleras et tu feras tout ce que tu dois faire.Mais le septième jour est le jour du repos de l'Eternel, ton Dieu. Tu ne feras aucun travail, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton esclave, ni ta servante, ni ton bœuf, ni ton âne, ni aucune de tes bêtes, ni l'étranger qui habite chez toi, afin que ton esclave et ta servante se reposent comme toi.Tu te souviendras que tu as été esclave en Egypte et que l'Eternel, ton Dieu, t'en a fait sortir avec puissance et force. Voilà pourquoi l'Eternel, ton Dieu, t'a ordonné de respecter le jour du repos.»*Honore ton père et ta mère comme l'Eternel, ton Dieu, te l'a ordonné, afin de vivre longtemps et d'être heureux dans le pays que l'Eternel, ton Dieu, te donne.»Tu ne commettras pas de meurtre.»Tu ne commettras pas d'adultère.»Tu ne commettras pas de vol.»Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain.»Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain; tu ne désireras pas la maison de ton prochain, ni son champ, ni son esclave, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni quoi que ce soit qui lui appartienne.’Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.II Du point de vue de sa composition, le papyrus Nash se présente sous la forme d'un document long de vingt-quatre lignes, rédigé en hébreu, avec quelques lettres manquantes sur chacun des bords, probablement du fait de l'usure naturelle du matériau au fil du temps. Le contenu textuel est d'une importance capitale : il comprend les Dix Commandements, également appelés le Décalogue, suivis du début de la célèbre prière Shema Israël, l'une des prières fondamentales du judaïsme, tirée du livre du Deutéronome et proclamant l'unicité de Dieu. Ce qui rend le papyrus Nash particulièrement fascinant sur le plan textuel, c'est qu'il ne reproduit pas fidèlement un seul passage scripturaire, mais combine des éléments provenant de deux sources distinctes de la Torah. En effet, le texte des Dix Commandements qu'il contient mêle des extraits de l'Exode 20.2-17 avec des parties du Deutéronome 5.6-21, les deux grandes versions du Décalogue présentes dans la Bible hébraïque. Cette combinaison suggère que le papyrus Nash n'était pas un simple manuscrit de copie scripturaire, mais peut-être un document liturgique ou catéchétique destiné à la prière ou à l'enseignement religieux. Un autre aspect remarquable du document réside dans ses variantes textuelles. Certaines des substitutions ou modifications présentes dans le papyrus Nash se retrouvent également dans la Septante, c'est-à-dire la traduction grecque de la Bible hébraïque réalisée à Alexandrie. Ces parallèles sont précieux pour les spécialistes de la critique textuelle, car ils permettent de mieux comprendre la diversité des formes textuelles qui circulaient avant la standardisation du texte massorétique.
Deutéronome 6.4-5 (Louis Segond S21) :»*Ecoute, Israël! L'Eternel, notre Dieu, est le seul Eternel.»*Tu aimeras l'Eternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force.Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.III Quant à l'origine géographique du papyrus, elle demeure incertaine, bien que les spécialistes s'accordent à penser qu'il provient vraisemblablement de la région du Fayoum, en Égypte. Cette hypothèse est renforcée par une curiosité textuelle notable : l'omission de l'expression « maison de servitude » pour désigner l'Égypte dans le texte des Dix Commandements. Cette absence pourrait en effet indiquer que le rédacteur du papyrus, vivant en territoire égyptien, a délibérément ou inconsciemment évité cette formule négative à l'égard du pays dans lequel il résidait. Au-delà de son intérêt paléographique, le papyrus Nash revêt une importance théologique et historique considérable. Avant la découverte des manuscrits de la mer Morte à Qumrân à partir de 1947, il était considéré comme le plus ancien manuscrit hébreu biblique connu. Il constitue ainsi un maillon essentiel dans la chaîne de transmission des Écritures, illustrant la fidélité avec laquelle les communautés juives ont préservé leurs textes sacrés à travers les siècles et les migrations. Son étude continue d'alimenter les recherches en histoire du texte biblique, en paléographie hébraïque et en histoire du judaïsme du Second Temple.
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Le papyrus P52
Le Papyrus P52 est le plus ancien fragment connu du Nouveau Testament, contenant des versets de Jean 18. Découvert en Égypte au début du XXe siècle par des érudits d'Oxford, il fut acquis en 1920 pour la John Rylands Library de Manchester. Identifié en 1935 par Colin Henderson Roberts, ce fragment de 9x6 cm est daté paléographiquement de la première moitié du IIe siècle. Sa découverte confirme la diffusion rapide et la fidèle transmission des évangiles.
Jean 18.31-33 (Louis Segond S21) :Sur quoi Pilate leur dit: «Prenez-le vous-mêmes et jugez-le d'après votre loi.» Les Juifs lui dirent: «Nous n'avons pas le droit de mettre quelqu'un à mort.»C'était afin que s'accomplisse la parole que Jésus avait dite pour indiquer de quelle mort il allait mourir.Pilate rentra dans le prétoire, appela Jésus et lui dit: «Es-tu le roi des Juifs?»Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.Niveau : Moyen Public : Intermediaire
INF061Le papyrus P52
I Le Papyrus P52, également connu sous le nom de Rylands Library Papyrus P52, est considéré comme le plus ancien fragment connu du Nouveau Testament. Son histoire est à la fois fascinante et riche en enseignements sur la transmission des textes bibliques à travers les siècles. La découverte de ce précieux fragment remonte au début du XXe siècle, dans le contexte des grandes fouilles archéologiques menées en Égypte. Bernard Pyne Grenfell et Arthur Surridge Hunt, deux érudits réputés de l'Université d'Oxford, exploraient des amas de déchets et de gravats antiques dans la région du Fayoum, en Égypte. Ces fouilles, bien que portant sur des matériaux a priori anodins, allaient se révéler d'une importance capitale pour l'histoire biblique. Parmi les centaines de fragments de papyrus exhumés lors de ces travaux, se trouvait celui qui deviendrait le Papyrus P52. En 1920, Grenfell acquiert un petit fragment de papyrus mesurant environ 9 centimètres sur 6 centimètres. Ce fragment modeste en apparence fut acheté avec d'autres documents pour le compte de la John Rylands Library à Manchester, sans que son importance ne soit immédiatement perçue. Pendant plusieurs années, il resta parmi d'autres papyrus non classifiés, attendant d'être étudié de manière approfondie. C'est en 1935 que l'histoire prend un tournant décisif.
Jean 18.31-33 (Louis Segond S21) :Sur quoi Pilate leur dit: «Prenez-le vous-mêmes et jugez-le d'après votre loi.» Les Juifs lui dirent: «Nous n'avons pas le droit de mettre quelqu'un à mort.»C'était afin que s'accomplisse la parole que Jésus avait dite pour indiquer de quelle mort il allait mourir.Pilate rentra dans le prétoire, appela Jésus et lui dit: «Es-tu le roi des Juifs?»Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.II Colin Henderson Roberts, un autre chercheur de l'Université d'Oxford, procédait au tri méthodique de ces anciens papyrus pour la bibliothèque. En examinant le fragment, il reconnut des mots grecs qui lui semblèrent familiers. Cette intuition érudite allait changer notre compréhension de l'histoire du Nouveau Testament. L'année suivante, en 1936, Roberts publia ses conclusions dans un article intitulé 'An Unpublished Fragment of the Fourth Gospel in the John Rylands Library'. Il y identifiait formellement le fragment comme contenant des versets de l'Évangile selon Jean, plus précisément Jean 18.31-33 au recto et Jean 18.37-38 au verso. Ces passages relatent un échange crucial entre Ponce Pilate et Jésus, au moment du procès de ce dernier. L'importance théologique et historique de cette découverte est considérable. Sur le plan de la datation, Roberts utilisa la méthode de la paléographie, qui consiste à analyser les caractéristiques de l'écriture manuscrite pour en estimer l'époque de rédaction. Cette analyse permit d'estimer que le fragment datait de la première moitié du IIe siècle, probablement entre 100 et 150 après Jésus-Christ. Cette datation en fait le plus ancien fragment manuscrit connu du Nouveau Testament, ce qui représente une découverte exceptionnelle pour les historiens, les théologiens et les biblistes.
Jean 18.37-38 (Louis Segond S21) :Pilate lui dit: «Tu es donc roi?» Jésus répondit: «Tu le dis, je suis roi. Si je suis né et si je suis venu dans le monde, c'est pour rendre témoignage à la vérité. Toute personne qui est de la vérité écoute ma voix.»Pilate lui répliqua: «Qu'est-ce que la vérité?»Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.III Cette ancienneté du fragment apporte plusieurs éléments importants à la réflexion biblique et historique. D'abord, elle témoigne de la diffusion très rapide de l'Évangile selon Jean dès les premiers siècles de l'ère chrétienne. En effet, si un exemplaire de cet évangile se trouvait déjà en Égypte au IIe siècle, cela suppose que le texte avait été composé suffisamment tôt pour avoir eu le temps d'être copié et diffusé dans diverses régions du monde méditerranéen. Cela conforte les thèses d'une rédaction johannique au Ier siècle. Ensuite, le Papyrus P52 contribue à établir la fiabilité de la transmission textuelle du Nouveau Testament. Le fait que le texte de ce fragment corresponde au texte de Jean tel que nous le connaissons aujourd'hui démontre la remarquable cohérence et la fidélité de la transmission scripturaire à travers les générations de copistes. Aujourd'hui, le Papyrus P52 est précieusement conservé à la John Rylands Library à Manchester, où il constitue l'un des trésors les plus précieux de la bibliothèque. Il demeure un témoignage tangible et émouvant de la foi des premières communautés chrétiennes et de leur soin à conserver et transmettre les écrits apostoliques. L'histoire de sa redécouverte est également une leçon d'humilité scientifique : ce fragment d'une importance capitale avait été trouvé dans des déchets antiques, acquis parmi de nombreux autres documents sans distinction particulière, et avait attendu des années avant d'être identifié. Elle rappelle que les découvertes les plus significatives peuvent surgir des endroits les plus inattendus, et que la persévérance et la passion pour la recherche historique peuvent mener à des révélations d'une portée considérable pour la foi et pour la science.