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Introduction
D’après notre interprétation de la prophétie de Daniel 9.24-27 , la crucifixion du Messie Jésus aurait eu lieu le 1er avril 33, date correspondant à l’achèvement de la « 70ᵉ semaine » annoncée par le prophète, soit une période prophétique de sept ans.
Ces conclusions sont présentées en détail dans le chapitre 5 : Le prophète Daniel ainsi que dans l’annexe ANN067 : L’explication des 70 semaines de Daniel. Plusieurs autres annexes viennent également éclairer cette analyse, et leurs liens sont fournis directement dans le corps du texte.
Selon cette perspective, la 70ᵉ semaine débuterait le 1er Nissan 3786, correspondant au jeudi 7 mars 26 dans le calendrier grégorien, et s’achèverait le 16 Nissan 3793, soit le 3 avril 33. Il est remarquable que cette date coïncide avec celle avancée par certains spécialistes pour la résurrection de Jésus.
Daniel et l’apôtre Jean, décrivent cette dernière semaine en deux périodes distinctes de trois ans et demi chacune. La première est marquée par l’intervention d’un prophète, tandis que la seconde est caractérisée par l’action du Messie.
Dans notre étude, nous identifions deux occurrences de cette « 70ᵉ semaine » :
– la première réalisée par Jean le Baptiste et Jésus,
– la seconde impliquant deux prophètes et l’Antichrist.
L’analyse de la prophétie suggère que la première séquence se reproduira à la fin des temps.
Le ministère de Jésus le Messie aurait commencé au milieu de cette dernière semaine d’années, lors de son baptême, survenu au cours du mois de Tishri 3790, soit en octobre 29 selon le calendrier grégorien.
À partir de ces repères chronologiques, notre objectif est de déterminer avec la plus grande précision possible la date de naissance du Messie Jésus à Bethléem, en nous appuyant sur les données historiques et narratives fournies par les Évangiles.
Pour une compréhension approfondie de notre méthodologie et de nos sources, nous invitons le lecteur à consulter les annexes mentionnées au début de cette étude.
I. Comment allons-nous procéder ?
Selon notre interprétation des 70 semaines, soit 490 années, annoncées par le prophète Daniel, et en prenant pour point de départ le décret du roi Artaxerxès rapporté dans Esdras 7.1-28 , nous aboutissons à la date du 3 avril 33. Cette date correspond à l’une des deux possibilités fournies par les Évangiles pour la résurrection du Messie Jésus, et elle s’accorde avec l’analyse de la prophétie de Daniel 9.24-27 .
En remontant 3,5 années à partir de cette date, durée correspondant à la première moitié de la dernière semaine prophétique, nous situons le baptême du Messie au mois d’octobre 29, ce qui correspond au mois de Tishri 3790 dans le calendrier hébraïque. Cette chronologie concorde avec la structure temporelle décrite par Daniel et est confirmée par la durée prophétique mentionnée par l’apôtre Jean dans Apocalypse 11.3 , qui évoque une période de 1 260 jours, équivalente à trois ans et demi.
Le témoignage de Luc 3.23 indique que Jésus « avait environ trente ans » lorsqu’il commença son ministère. En reculant de trente années à partir de l’an 29, nous obtenons une date de naissance située en octobre de l’année -2 av. J.-C., ce qui s’accorde avec les repères fournis par les Évangiles et avec le contexte historique de l’époque d’Hérode le Grand ( Matthieu 2.1 ).
Par ailleurs, Luc 1.3 précise que l’évangéliste a entrepris des recherches minutieuses afin d’établir un récit ordonné des événements. Bien qu’il ne fasse pas partie des apôtres ni des témoins directs du ministère terrestre du Messie Jésus, Luc était un compagnon de voyage de Paul, auteur de treize épîtres du Nouveau Testament ( Colossiens 4.14 , 2 Timothée 4.11 ). Sa position privilégiée au sein des premières communautés chrétiennes lui donnait accès aux témoins oculaires et aux responsables de l’Église naissante, ce qui renforce la fiabilité historique de son témoignage.
Ainsi, en combinant les données prophétiques de Daniel, les indications chronologiques des Évangiles et les repères historiques connus, nous proposons une estimation cohérente et argumentée de la date de naissance du Messie Jésus, en octobre -2 av. J.C.
II. Les 70 semaines de Daniel
Ces informations se trouvent dans le livre de Daniel 9.24-27 . Des détails supplémentaires sont disponibles dans notre chapitre intitulé « Le prophète Daniel » ainsi que dans l’annexe ANN006 : « La date exacte du décret ».
Daniel indique qu’après un décret royal autorisant la reconstruction de Jérusalem, une période de 490 années (soit 70 semaines de 7 années) s’écoulera jusqu’au rejet du Messie.
Notre recherche, fondée sur les versets mentionnés, nous a conduit à sélectionner le décret du roi Artaxerxés, traditionnellement daté du 3 avril 458 avant J.-C., comme référence initiale.
En ajoutant 490 ans à cette date et en prenant en compte l’absence de l’année 0 dans le calendrier grégorien, nous arrivons à l’année 33 après J.C., qui est fréquemment référencée comme la période durant laquelle le Messie aurait été rejeté.

Parmi les dates envisagées dans la période qui nous intéresse, seules deux correspondent aux critères énoncés dans les Évangiles : une fête de Pâque doit précéder un sabbat. Ces critères nous mènent aux dates du 7 avril 30 et du 1er avril 33. Nous constatons qu’en ajoutant ces 490 années à la date du décret d’Artaxerxés nous arrivons, et c’est extraordinaire, à la date du 3 avril 33 date de la résurrection.
C’est incroyable Daniel au 6ème siècle avant J.C. a donc selon nos analyses identifié la date précise de la résurrection du Messie Jésus
Le décret du roi Artaxerxés ne mentionne pas explicitement la reconstruction de Jérusalem, bien que certains considèrent cette intention comme implicite dans le texte. Esdras a commencé les travaux de reconstruction et a reçu des réactions de la part de ses opposants ainsi que du roi, mais la légitimité de ces travaux n’a pas été directement contestée, ce qui pourrait indiquer une autorisation implicite.
Pour connaître nos analyses et conclusions sur ce sujet, vous pouvez consulter l’explication des 70 semaines de Daniel dans l’annexe ANN067 : les théories d’Anderson et de Denney.
III. Les deux périodes de 3,5 années
Daniel mentionne une période de 7 années, caractérisée par un événement central au milieu de cette période ( Daniel 9.27 ). L’apôtre Jean, dans l’ Apocalypse 11.1-3 , fournit des détails supplémentaires sur cette période. Selon lui, la première partie est consacrée aux prophètes, tandis que la seconde est liée à l’Antichrist.
D’après notre analyse, il existe deux périodes dites de la « 70ème semaine » : la première période est associée à Jean le Baptiste et au Messie Jésus, tandis que la seconde période concerne deux prophètes, suivie de l’Antichrist. Ces périodes sont décrites comme similaires. Pour des informations détaillées, veuillez-vous référer à notre chapitre 5 : Le prophète Daniel, ainsi qu’à l’annexe ANN067 : Les théories d’Anderson et de Denney.
En utilisant ces données, le début du ministère de Jésus, le Messie, peut être approximativement daté autour de Tishri 29 (avril 33 – période de 3,5 années). Le mois de Tishri comprend trois fêtes importantes :
- Roch Hachana (Nouvel An juif) en 3790 : 1er Tishri 3790, correspondant au 25 septembre 29.
- Yom Kippour (le Grand Pardon) en 3790 : 10 Tishri 3790, correspondant au 4 octobre 29.
- Souccot (Fête des Tabernacles) en 3790 : 15 Tishri 3790, correspondant au 9 octobre 29.
Roch Hachana, ayant un caractère laïque, peut être exclu dans cette analyse car il n’implique pas de pèlerinage à Jérusalem. En revanche, Souccot, étant l’une des trois fêtes majeures du judaïsme, semble être un candidat plus plausible pour des événements significatifs, tels que la naissance ou le baptême du Messie.
Selon les écrits de Luc, qui mentionnent que Jésus avait environ 30 ans lors de son baptême, il est possible de situer cet événement autour de Yom Kippour en l’an 29, et sa naissance durant la fête de Souccot. Cette interprétation correspond à l’idée que Souccot symbolise la présence de Dieu sur terre.
IV. Le calcul à partir des informations de Luc
Le ministère du Messie Jésus débute avec son baptême.
Nous allons dans un premier temps émettre deux hypothèses : Les 30 ans notés par Luc 3.23 sont juste, à quelques jours près, et nous sommes lors d’une fête juive importante qui explique le manque de place, dans la région de Jérusalem, pour se loger. Nous pensons à la fête des Tabernacles (Souccot).
Nous avons déjà précisé que cette dernière, Souccot (Tabernacles) est particulière, car avec Pessah (pâque) et Chavouot (Pentecôte) elle fait partie des trois fêtes majeures du judaïsme entrainant un pèlerinage à Jérusalem.
Le manque de place pour se loger dans la région de Jérusalem ne s’explique que par la présence de nombreux pèlerins. En effet le recensement de Quirinus, dirigé par le roi Hérode ne peut pas occasionner un tel mouvement de population.
À cette époque les gens, dans une très grande majorité, naissaient, vivaient se mariaient, travaillaient et mouraient dans leur village ou à proximité.
D’autre part, les quelques mouvements de populations, constatés au 1er siècle, motivés par la pauvreté, s’orientaient plutôt vers la Galilée qui constituait une terre plus abondante que la Judée.
La mer de Galilée très poissonneuse offrait toute la nourriture nécessaire à la population locale. La venue de ces nouveaux travailleurs a entrainé une surexploitation si bien qu’au temps de Jésus les apôtres ont pêché toute la nuit sans rien attraper !
Le Messie Jésus avait environ 30 ans, selon Luc 3.23 , au début de son ministère en octobre 29. Celui-ci a duré 3,5 années, ce qui est confirmé par les informations de l’apôtre Jean. Le calcul est élémentaire, à partir de la date de sa mort, le 1er avril 33, en retranchant ces 30 années et les 3,5 années de ministère, nous arrivons à l’année -2 av. J.-C.
33 – 30 = an 3
3 – 3,5 = an -1,5 av. J.C.
-1,5 – 1 = an -2,5 av. J.C. (année 0 n’existe pas dans notre calendrier)
Si le Messie Jésus est né en octobre de l’an 2 av. J.-C., nous devons d’abord considérer l’absence d’année zéro pour calculer son âge en l’an 33.
Passons en revue les calculs :
De l’an 2 av. J.-C. à l’an 1 av. J.-C. : 1 an
De l’an 1 av. J.-C. à l’an 1 ap. J.-C. : 1 an (puisqu’il n’y a pas d’année zéro)
De l’an 1 ap. J.-C. à l’an 33 ap. J.-C. : 32 ans
En additionnant ces périodes, nous obtenons 1 + 1 + 32 = 34 ans.
Le messie Jésus vit sa 34ème année, il aurait eu 34 ans en octobre 33, mais en avril 33, donc 6 mois auparavant, il n’est âgé que de 33,5 ans.
Pour ce qui est de l’information de Luc : « environ 30 ans », nous la comprenons dans sa trentième année et donc il n’avait pas 31 ans ou plus, dans ces conditions Luc aurait écrit : environ 31 ans ou 32 ans.
Luc ne recherche pas le symbole, mais l’exactitude historique, afin que son récit soit crédible et accepté, c’est d’ailleurs ce qu’il affirme Luc 1.3 .
Selon notre calcul nous arrivons à la fête des Tabernacle en l’an -2. Cette fête qui dure 7 jours commence le 15 Tichri. Les Juifs célèbrent l’assistance de Dieu qui est présent au milieu de son peuple.
Notre date se situe donc entre le 15 tichri et le 22 Tichri, entre le 11 octobre -2 et le 18 octobre -2.
Nous sommes tout à fait conscients que bon nombre d’historiens affirment que la mort du roi Hérode le grand a eu lieu en l’an -4. L’affirmation de Matthieu pose un réel problème.
Nous vous invitons à lire l’annexe ANN011 : La date de la mort du roi Hérode le grand, pour mieux comprendre que le décès de ce roi peut être envisagée, en l’an -4 mais aussi en l’an -1.
Nous constatons aussi que Luc, confirme, indirectement, les propos de Matthieu.
Nous pouvons facilement remarquer que la naissance du Messie Jésus en l’an -2 était une évidence pour plusieurs pères de l’Église et d’historiens ou d’écrivains anciens. Nous reviendrons plus en détail sur ces témoignages.
Ainsi ce recalage historique s’il peut se révéler surprenant pour plusieurs de nos jours constituait une certitude pour beaucoup dans les premiers siècles de l’histoire chrétienne.
V. Calcul de la date de naissance du Messie Jésus
Selon les informations des Évangiles, la naissance du Messie Jésus pourrait correspondre au début de la fête des Tabernacles, soit le 15 Tichri 3760. Nos convertisseurs de dates indiquent cette journée comme le samedi 11 septembre de l’an -1, qui équivaut à l’an -2 dans le calendrier grégorien (sans année 0). Pour déterminer cette date, il faut d’abord situer la fête de Pâque après l’équinoxe de printemps, puis ajouter six mois.
Le 14 Nisan de l’année correspondante tombe le mercredi 17 mars de l’an -1. Comme cette date est avant l’équinoxe du 21 mars, un mois supplémentaire (adar 2) est ajouté au calendrier juif cette année-là, plaçant le 14 Nisan au 16 avril -2. Ainsi, six mois plus tard, la fête des Tabernacles commence le 11 octobre -2.
Pour plus d’informations, veuillez consulter l’annexe ANN014 : Le calendrier Juif.
En tenant compte d’un mois de décalage avec le calendrier astronomique, nous supposons que le Messie Jésus est né le 15 Heshvan 3760, ce qui correspondrait au 15 Tishri défini par le Sanhédrin. Nous pensons que la naissance a eu lieu le 12 octobre -2 av. J.-C.
Bien que ce choix soit arbitraire, il est plausible que la fatigue du voyage ait déclenché l’accouchement de Marie quelques jours après leur arrivée, au début de la fête vers le 12 octobre.
VI. La classe d’Abia
Nous pouvons être étonnés de constater, que Luc prend le soin, de nous laisser un détail, en apparence sans importance : « de la classe d’Abia » !
Zacharie, exerçait sa fonction sacerdotale, lorsque l’ange Gabriel lui révèle que sa femme Elisabeth lui donnera un fils. Nous sommes obligés de reconnaitre que Luc a effectué des recherches, très poussées, et facilement vérifiables, par ses lecteurs.
Nous savons donc, que Zacharie appartenait à la classe d’Abia ou Abija, la huitième dans l’organisation mis en place par le roi David 1 Chroniques 24.1-19 .
L’ordre de ces classes est bien déterminé et il n’y avait aucune raison de le changer. Esdras a même pris soin de le reprendre après le retour de la captivité Esdras 6.18 .
Nous voudrions souligner le fait suivant :
Cette règle, de la loi de Moïse, ne vient pas, selon nous, impacter l’ordre des classes des sacrificateurs fixée par David. Il apparait simplement, que les Lévites qui ne sont pas de service, viennent, en renfort au temple, lors de ces 3 fêtes. Le surnombre de prêtres, à ce moment-là, se révèle très utile, à cause de la foule de pèlerins considérable.
Nous avons affirmé que les informations de Daniel 9.24 et de Luc 3.23 , nous ont conduit à fixer une date pour la naissance de Jésus : le 12 octobre -2 av JC.
L’ange Gabriel nous informe qu’au moment où Marie tombe enceinte, Elisabeth est dans son 6ème mois. Il y a donc 6 mois de différence entre les deux naissances.
Nous sommes 6 mois plus tôt que le 12 octobre -2, soit le 12 avril -2.
Lorsque le temple a été détruit par le général Titus, le 9 Av 3830 soit le 4 aout 70, c’était la classe de Jehojarib, la première dans l’ordre de David, qui était de service. L’Histoire, celle du monde a gardé ce souvenir !
La classe d’Abia est la huitième. Nous avons 24 classes qui se succèdent régulièrement. Il est donc possible de remonter le temps afin de regarder à une date précise quelle classe était en service.
Nous passons sur les calculs et nous arrivons au résultat suivant : Zacharie termine son service le 5 juillet -3.
Si Elisabeth tombe enceinte rapidement après le retour de Zacharie, avec une gestation de 40 semaines nous arrivons bien début avril. Cela nous montre que la date du 12 avril -2 av J.C. concorde avec le service de Zacharie.
Nous pouvons dater la naissance de Jean en avril -2 av JC, six mois avant Jésus le 12 octobre -2 av JC. Bien sûr cette démonstration ne constitue pas une preuve absolue mais simplement une confirmation d’autant plus que le service de Zacharie était biannuel.
La naissance de Jésus à la fête des tabernacles le 12 octobre -2, entrainant la naissance de Jean le Baptiste vers le 12 avril, six mois auparavant s’avère tout à fait réaliste.
VII. Les informations de l’histoire séculière
De nombreux chercheurs et historiens contemporains remettent en question la date de naissance de Jésus en l’an -2 av. J.-C. Cette incertitude est notamment due aux écrits de l’historien juif Flavius Josèphe, qui, à la fin du premier siècle, a fourni des informations sur le roi Hérode le Grand, suggérant une possible mort en l’an -4 av. J.-C.
Toutefois, les écrits de Flavius Josèphe n’entrent pas nécessairement en contradiction avec les Évangiles. En effet, selon son récit, la mort d’Hérode le Grand pourrait aussi être datée de l’an -1 av. J.-C. Nous avons exploré cette possibilité dans l’annexe ANN011 : La mort du roi Hérode le Grand. Cette divergence dans les dates proposées pour la mort d’Hérode a une influence directe sur les hypothèses concernant la naissance de Jésus, ce qui explique les différentes interprétations existantes.
Il est crucial de reconnaitre que repousser la naissance de Jésus de deux ou trois années remet en question non seulement l’aspect historique, mais aussi l’exactitude des écrits de Daniel et de Luc. Cependant, il faut admettre que l’interprétation des sources historiques peut être influencée par les convictions personnelles et culturelles.
VIII. Les grands événements de la vie du Messie Jésus et les fêtes juives
En étudiant les Évangiles, nous observons que les événements marquants de la vie du Messie Jésus coïncident souvent avec des fêtes juives. Cette corrélation entre les origines de ces cérémonies et les événements de sa vie est surprenante.
La mort du Maître, que nous avons situé le 1er avril 33, coïncide avec la célébration de la Pâque juive. Cette similitude est symbolique : tout comme l’agneau pascal est sacrifié, la mort de Jésus est interprétée comme un sacrifice.
Sa naissance, que nous situons le 12 octobre -2 av. J.-C., correspond à la fête des Tabernacles. Cette fête célèbre la présence et la bénédiction de Dieu au sein de son peuple, ce qui peut être vu comme symbolique de la venue du Fils de Dieu dans le monde.
Son baptême, daté du 4 octobre 29 selon nous, marque le début de son ministère. Ce moment correspondrait symboliquement à la fête du Yom Kippour, le grand pardon.
Pour plus d’informations, veuillez consulter l’annexe ANN043 : La vie du Messie Jésus et les fêtes Juives.
Ces observations suggèrent que les événements majeurs de la vie de Jésus pourraient être interprétés comme donnant un sens nouveau à ces fêtes traditionnelles. Bien que la signification originelle de ces célébrations reste inchangée, elles semblent acquérir une dimension supplémentaire, comme si elles marquaient l’entrée dans une nouvelle ère.
IX. Le Messie Jésus avait-il 50 ans ?
Nous souhaitons attirer votre attention sur un verset du livre de Jean qui a été interprété par certains pour situer la mort du Messie Jésus autour de sa 50ème année.
Dans Jean 8.57-58 , les Juifs s’adressent à Jésus en disant : « Tu n’as pas encore 50 ans et tu as vu Abraham ! » À cela, Jésus répond : « En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham soit né, je suis. »
L’âge de 50 ans mentionné ici n’est pas choisi au hasard. Dans le contexte du temple, il correspond à l’âge de la retraite, comme le précise Nombres 8.25-26 : « Dès l’âge de 50 ans, il quittera sa fonction et ne servira plus… »
Cependant, cette mention de 50 ans par les Pharisiens dans le dialogue avec Jésus ne doit pas être prise littéralement comme une indication de son âge. Il s’agit plutôt d’une façon de souligner l’impossibilité perçue par les Pharisiens que Jésus ait pu voir Abraham. Ainsi, il est incorrect de se baser sur ce verset pour déduire l’âge réel du Messie Jésus. Cette interprétation est d’ailleurs contredite par Luc, qui indique qu’il était dans sa 34ème année lors de la crucifixion.
X. Les informations complémentaires de Luc
Le récit de
Luc 3.1-2
situe avec précision le début du ministère de Jean le Baptiste :
« La quinzième année du règne de l’empereur Tibère… la parole de Dieu fut adressée à Jean, fils de Zacharie, dans le désert. »
Luc fournit ici un repère historique exceptionnellement détaillé, mentionnant simultanément les autorités romaines et juives en place.
Dans cette étude, nous allons examiner ces informations complémentaires données par Luc, qui semblent — en apparence seulement — contredire certains éléments rapportés par Matthieu. Ces interrogations proviennent du fait que les auteurs des Évangiles n’ont pas jugé utile de fournir des repères historiques exhaustifs. De plus, l’Histoire profane n’a pas toujours conservé les traces des événements qui, pourtant, bouleversaient le monde.
Notre objectif n’est donc pas de fixer définitivement la chronologie des faits, mais de montrer qu’une solution cohérente et plausible existe, sans altérer les données limitées dont nous disposons.
L’absence de trace historique n’est jamais la preuve de l’absence d’un événement.
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Le recensement de Quirinius
Concernant le recensement mentionné par Luc ( Luc 2.1-2 ), nous ne reviendrons pas ici sur les démonstrations présentées dans l’annexe ANN009 : Les recensements de Quirinius.
Luc évoque clairement deux recensements, ce qui rend son témoignage historiquement crédible. Cette précision ouvre la possibilité d’une naissance de Jésus en -2 av. J.-C., cohérente avec les données évangéliques.
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La mort du roi Hérode le Grand
Pour la question du décès d’Hérode le Grand, nous renvoyons à l’annexe ANN011 : La mort du roi Hérode le Grand.
Si l’année -4 av. J.-C. reste plausible, l’année -1 av. J.-C. demeure tout aussi défendable.
Ces deux dates entraînent des implications différentes, mais aucune ne contredit de manière décisive les Évangiles ( Matthieu 2.1-20 ).
L’état actuel de nos connaissances ne permet pas de trancher définitivement.
-
Le règne de Tibère et la datation du ministère de Jean
Luc nous donne un repère historique d’une grande précision : la quinzième année du règne de Tibère.
Tibère fut officiellement proclamé empereur en 14 apr. J.-C.
La quinzième année correspond donc à 28/29 apr. J.-C., selon la manière de compter les années.
Cependant, Luc semble tenir compte de la corégence de Tibère, établie par Auguste :
- en 12 apr. J.-C., Tibère reçoit l’Imperium Majus, autorité suprême sur les provinces ;
- en 13 apr. J.-C., il reçoit la puissance tribunitienne à vie.
Dans les provinces, Tibère était donc considéré comme souverain dès l’an 12.
En comptant selon cette méthode, la quinzième année correspond à 26 apr. J.-C., ce qui s’accorde parfaitement avec la chronologie prophétique de Daniel 9.24-27 .
- Conséquences chronologiques :
- Début du ministère de Jean : mars/avril 26
- Baptême de Jésus : octobre 29, soit 3,5 ans plus tard, au milieu de la dernière semaine prophétique
- Mort du Messie : 3 avril 33, à la fin des 70 semaines
- Durée du ministère de Jésus : 3,5 ans, conforme à Apocalypse 11.3 (1 260 jours)
Cette cohérence interne montre que Luc n’a commis aucune erreur : il utilise simplement un mode de calcul différent, mais historiquement attesté.
-
Les autres personnages cités par Luc
Luc mentionne plusieurs responsables politiques et religieux, dont la présence simultanée constitue un repère historique vérifiable :
- Ponce Pilate, gouverneur de Judée de 26 à 36
- Hérode Antipas, tétrarque de Galilée de -4 à 39
- Philippe, tétrarque de l’Iturée et de la Trachonite de -1 (ou -4) à 34
- Lysanias, tétrarque d’Abilène (peu documenté, mais aucune contradiction connue)
- Anne (grand-prêtre de 6 à 15) et Caïphe (grand-prêtre de 18 à 36)
- Anne n’était plus en fonction, mais conservait un titre honorifique reconnu par le peuple ( Jean 18.13 )
Tous ces personnages étaient effectivement en poste en l’an 26, ce qui confirme la fiabilité du témoignage de Luc.
La moindre erreur aurait discrédité son récit auprès de ses contemporains, ce qui n’a jamais été le cas.
Conclusion
L’examen attentif des données de Luc, confrontées aux prophéties de Daniel et aux repères historiques connus, montre que :
- la chronologie lucanienne est précise,
- elle est compatible avec Matthieu,
- elle s’accorde avec la structure prophétique de Daniel 9.24-27 ,
- elle permet de situer la naissance de Jésus en octobre -2 av. J.-C.,
- et elle confirme la cohérence interne des Évangiles.
Conclusion
Les données fournies par Luc dans les Évangiles suggèrent parfaitement la possibilité d’un début de ministère de Jean le baptiste en mars 26, période pendant laquelle tous les personnages cités étaient effectivement en poste.
Il est plausible que Luc ait eu accès à des documents historiques, aujourd’hui disparus, qui lui auraient permis de situer précisément les événements relatés dans les Évangiles. Son texte s’appuie selon nos conclusions sur des informations historiques fiables.
Cependant, la difficulté pour nous réside dans le manque de données actuelles, car ces documents anciens ont disparu ou restent encore à découvrir.
Les récits de Matthieu, Luc et même ceux de Daniel semblent concorder entre eux et avec les connaissances historiques disponibles. Ainsi, la naissance du Messie Jésus en octobre -2 av. J.-C. apparaît comme une hypothèse vraisemblable et en harmonie avec les informations historiques que nous possédons.
En ce qui concerne la mort du roi Hérode le Grand, les écrits de Flavius Josèphe, bien qu’ils laissent place à l’interprétation, pourraient permettre de la situer en -1 av. J.-C., ce qui a une incidence directe sur la date de naissance de l’Enfant Jésus.
Selon notre interprétation, la naissance de Jésus pourrait avoir eu lieu le lendemain du début de la fête des Tabernacles, peu après l’arrivée à Bethléem, soit le 12 octobre -2 av. J.-C. Toutefois, il convient de noter que cette précision au jour près est une conclusion personnelle. La correspondance de cette date avec la fête des Tabernacles pourrait symboliquement coïncider avec la venue du Fils de Dieu dans notre monde.