Synopse
Péricope 365
PER365 - La pierre est roulée, le tremblement de terre

Consultation

Vous pouvez consulter l’annexe ANN027 : Le dernier repas de Pâque

Vous pouvez consulter l’annexe ANN028 : La journée juive au temps de Jésus

Vous pouvez consulter l’annexe ANN026 : L’heure de la crucifixion

Vous pouvez consulter l’annexe ANN031 : Les Souverains Sacrificateurs

Textes bibliques

Matthieu 28.1 (Louis Segond S21)

Après le sabbat, à l'aube du dimanche, Marie de Magdala et l'autre Marie allèrent voir le tombeau.

Marc 16.1-3 (Louis Segond S21)

Lorsque le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie la mère de Jacques et Salomé achetèrent des aromates afin d'aller embaumer Jésus.

Le dimanche, elles se rendirent au tombeau de grand matin, au lever du soleil.

Elles se disaient entre elles: «Qui nous roulera la pierre qui ferme l'entrée du tombeau?»

Luc 24.1 (Louis Segond S21)

Le dimanche, elles se rendirent au tombeau de grand matin [avec quelques autres] en apportant les aromates qu'elles avaient préparés.

Jean 20.1 (Louis Segond S21)

Le dimanche, Marie de Magdala se rendit au tombeau de bon matin, alors qu'il faisait encore sombre, et elle vit que la pierre avait été enlevée [de l'entrée] du tombeau.

Détails techniques

Lieu : Le tombeau près de Jérusalem

Date : le dimanche 3 avril, très tôt le matin

Mode opératoire : Nous continuons avec Matthieu

Note sur le mode opératoire : Marc, Luc et Jean notent aussi ce fait

Le dimanche matin à l’aube, les femmes constatent que la pierre du tombeau a été roulée et que le corps de Jésus a disparu.

Commentaires

Détails chronologiques, selon nos conclusions :

_28 Aux yeux de tous, cette affaire est maintenant réglée définitivement et le bilan est plutôt positif pour ces dirigeants, il n’y a eu aucun mouvement de foule.

_29 Un dernier petit point reste à traiter, le Messie Jésus avait parlé de résurrection alors, il est plus prudent de placer des gardes devant le tombeau. C’est la demande formulée à Pilate le jour même du Sabbat, rien n’arrête ces fervents religieux. Matthieu 27.62-66 .

_30 La résurrection a lieu le dimanche matin à l’aube. Nous avons bien les 3 jours et 3 nuits selon le comptage inclusif juif. Matthieu 28.2-4 ; Marc 16.2-4 ; Luc 24.1-3 . Nous prenons en compte la nuit en plein midi.

Vous pouvez consulter l’intégralité de cette chronologie dans l’étude ANN026 : L’heure de la crucifixion.

 

Commentaire :

1- La fidélité des femmes

Les femmes qui avaient accompagné Jésus durant son ministère figurent parmi les disciples les plus fidèles au moment de sa Passion. Alors que la plupart des apôtres se sont dispersés sous l’effet de la peur après l’arrestation de leur Maître ( Matthieu 26.56 ), plusieurs femmes demeurent présentes jusqu’à la crucifixion et assistent également à sa mise au tombeau ( Matthieu 27.55-56 ; Marc 15.40-41 ; Luc 23.49 ). Leur présence contraste avec la défaillance momentanée des disciples et souligne la place importante qu’elles occupent parmi les proches de Jésus.

 

2- Une démarche inspirée par l’attachement à Jésus

Dès les premières heures du jour suivant le sabbat, ces femmes se rendent au tombeau afin d’apporter des aromates destinés à compléter les soins funéraires rendus au corps de Jésus ( Marc 16.1-2 ; Luc 24.1 ; Jean 20.1 ). Leur démarche semble dépasser le simple accomplissement d’une coutume funéraire. Elle paraît traduire l’attachement profond qu’elles éprouvaient pour celui qui avait profondément marqué leur existence ( Luc 8.1-3 ).

Marie de Magdala offre un exemple particulièrement significatif. Jésus l’avait délivrée de plusieurs démons, et elle figure ensuite parmi les disciples qui l’accompagnent fidèlement jusqu’à la croix et au tombeau ( Luc 8.2 ; Jean 19.25 ). Rien n’indique cependant qu’elle se distingue alors des autres femmes par une compréhension plus profonde des événements.

 

3- Une résurrection encore incomprise

Malgré les nombreuses annonces de sa Passion et de sa résurrection, prononcées au cours de son ministère ( Matthieu 16.21 ; Matthieu 17.22-23 ; Matthieu 20.18-19 ), Jésus n’avait pas été compris pleinement par ses disciples. Luc précise même que le sens de ces paroles leur demeurait caché avant leur accomplissement ( Luc 18.31-34 ).

Les femmes ne se rendent donc pas au tombeau dans l’attente d’un miracle ou d’une résurrection imminente. Leur préoccupation est beaucoup plus concrète : « Qui nous roulera la pierre de devant l’entrée du tombeau ? » ( Marc 16.3 ). Cette question montre qu’elles s’attendent à trouver le corps de Jésus à l’intérieur du sépulcre.

 

4- La pierre et la présence des gardes

Cette interrogation laisse penser qu’elles ignoraient vraisemblablement les dispositions prises à la demande des principaux sacrificateurs et des pharisiens. Selon Matthieu, une garde avait été placée devant le tombeau et la pierre avait été scellée ( Matthieu 27.62-66 ).

L’identité exacte de ces gardes fait l’objet de discussions parmi les commentateurs. Qu’il s’agisse de soldats romains ou de gardes attachés au Temple, leur présence constituait un obstacle considérable. Cette démarche des femmes témoigne donc davantage de leur fidélité et de leur détermination que d’une réflexion pratique approfondie.

 

5- Le poids du deuil et des événements récents

Les circonstances dans lesquelles elles se trouvent permettent également de comprendre leur comportement. En l’espace de quelques heures seulement, elles ont assisté à l’arrestation de Jésus, à ses comparutions devant les autorités juives et romaines, à sa condamnation, à sa crucifixion et enfin à sa mort (

Format attendu : Livre Chapitre.Verset ou Livre Chapitre.Verset1-Verset2 (ex. « Ge 4.1-10 »).
).

Le deuil, la tristesse et la désorientation qui accompagnent une telle épreuve rendent difficile toute analyse sereine des événements. Leur désir d’accomplir un dernier geste d’affection envers celui qu’elles considéraient comme leur Maître paraît ainsi parfaitement compréhensible.

 

6- Marie de Magdala dans le récit de Jean

L’évangéliste Jean concentre principalement son récit sur Marie de Magdala ( Jean 20.1 ). Cette focalisation ne signifie nullement qu’elle était seule au tombeau. D’ailleurs, lorsqu’elle rapporte sa découverte aux disciples, elle déclare : « Ils ont enlevé du sépulcre le Seigneur, et nous ne savons où ils l’ont mis » ( Jean 20.2 ). L’emploi du pluriel laisse supposer la présence d’autres femmes avec elle.

Jean accorde néanmoins une place particulière à Marie de Magdala en raison du rôle qu’elle jouera dans la suite du récit. C’est à elle que le Christ ressuscité se manifestera personnellement avant toute autre apparition individuelle rapportée dans les Évangiles ( Jean 20.11-18 ).

 

7- Les femmes mentionnées par les évangélistes

Les différents évangélistes fournissent des renseignements complémentaires. Matthieu mentionne Marie de Magdala et « l’autre Marie » ( Matthieu 28.1 ). Marc ajoute Salomé ( Marc 16.1 ), que plusieurs commentateurs identifient traditionnellement à la mère de Jacques et de Jean ( Matthieu 27.56 ), sans que cette identification puisse être considérée comme absolument certaine.

Luc cite également Jeanne et Marie, mère de Jacques, tout en précisant qu’elles étaient accompagnées d’autres femmes encore ( Luc 24.10 ). Ces différences ne constituent pas des contradictions, mais reflètent les choix rédactionnels propres à chaque évangéliste.

 

8- La complémentarité des récits évangéliques

Cette diversité des témoignages constitue même un indice intéressant de leur authenticité. Une uniformité absolue aurait pu faire penser à une harmonisation artificielle. Au contraire, les quatre Évangiles présentent des récits complémentaires qui, mis en parallèle, permettent d’obtenir une vision plus complète des événements.

Conformément à la méthode annoncée par Luc dans son prologue ( Luc 1.1-4 ), les évangélistes ne cherchent pas à rapporter chaque détail de manière exhaustive, mais à transmettre fidèlement les faits qu’ils ont reçus des témoins.

 

9- Les premières témoins de la résurrection

Dans le contexte du judaïsme du Ier siècle, le témoignage des femmes ne possédait généralement pas la même valeur juridique que celui des hommes. Il est donc remarquable que les Évangiles présentent précisément des femmes comme premières témoins du tombeau vide et des premières annonces angéliques ( Matthieu 28.5-7 ; Marc 16.5-7 ; Luc 24.4-8 ).

Loin d’affaiblir la crédibilité du récit, ce détail est souvent considéré comme un indice en faveur de son authenticité historique. Si les auteurs avaient cherché à élaborer un récit plus conforme aux attentes de leur époque, ils auraient probablement placé des témoins masculins au premier plan.

Ainsi, les femmes arrivent au tombeau avec leurs aromates, préoccupées par la pierre qui en ferme l’accès, sans savoir qu’elles sont sur le point de devenir les premières témoins de l’événement central de la foi chrétienne : la résurrection du Messie Jésus ( Matthieu 28.5-6 ; Marc 16.6 ; Luc 24.5-6 ; Jean 20.1-18 ). Leur fidélité dans les heures les plus sombres sera honorée par Dieu, qui fera d’elles les premières messagères de la victoire du Christ sur la mort ( Matthieu 28.7-10 ).

 

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