La source Deutéronomiste (D) est l'une des quatre sources hypothétiques de la Torah selon l'hypothèse documentaire. Associée au Livre du Deutéronome, elle se distingue par un style homilétique, une théologie de l'alliance et une insistance sur la centralisation du culte à Jérusalem. Datée du VIIe siècle avant J.-C., elle est liée aux réformes religieuses du roi Josias et influence également les livres historiques de Josué à 2 Rois.
Josué 1.1 (Louis Segond S21) :
Après la mort de Moïse, le serviteur de l'Eternel, l'Eternel dit à Josué, fils de Nun et assistant de Moïse:
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La source Deutéronomiste, souvent désignée par la lettre D, constitue l'une des quatre sources hypothétiques identifiées dans le cadre de l'hypothèse documentaire appliquée à la Torah. Cette théorie académique, développée principalement aux XVIIIe et XIXe siècles par des chercheurs comme Julius Wellhausen, postule que le Pentateuque n'est pas une œuvre unitaire mais résulte de la compilation de plusieurs traditions littéraires et théologiques distinctes. Les quatre sources identifiées sont : la source Jahviste (J), qui utilise le nom divin YHWH ; la source Élohiste (E), qui préfère le terme Elohim ; la source Deutéronomiste (D) ; et la source Sacerdotale (P), liée aux milieux sacerdotaux. La source Deutéronomiste tire son nom de son lien étroit avec le Livre du Deutéronome, cinquième livre de la Torah, qui présente essentiellement les discours de Moïse adressés au peuple d'Israël avant son entrée en Canaan. Ce livre se distingue des quatre autres livres du Pentateuque par son ton particulièrement homilétique, c'est-à-dire prédicateur et exhortatif, invitant constamment le peuple à la fidélité envers l'alliance conclue avec Dieu. Sur le plan stylistique et thématique, la source D se caractérise par plusieurs éléments distinctifs. Son style est élaboré, rhétorique et répétitif, avec des formules récurrentes qui insistent sur l'amour de Dieu pour Israël, l'obligation d'obéir aux commandements divins et les conséquences de la fidélité ou de l'infidélité à l'alliance. La théologie deutéronomiste est fondée sur un principe de rétribution : la bénédiction pour l'obéissance et la malédiction pour la désobéissance.
Deutéronome 1.1 (Louis Segond S21) :
Voici les paroles que Moïse adressa à tout Israël de l'autre côté du Jourdain, dans le désert, dans la plaine qui se trouve vis-à-vis de Suph, entre Paran, Tophel, Laban, Hatséroth et Di-Zahab.
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II
Cette perspective théologique est connue sous le nom de théologie de l'alliance ou théologie du covenant. Un autre trait majeur de la source Deutéronomiste est son insistance sur la centralisation du culte en un lieu unique, identifié comme le Temple de Jérusalem. Cette centralisation s'oppose aux sanctuaires locaux, les hauts lieux, qui étaient considérés comme des sources de syncrétisme et d'idolâtrie. Cette préoccupation reflète directement le contexte historique dans lequel la source D est généralement située. En ce qui concerne la datation, la majorité des chercheurs situent la rédaction principale de la source Deutéronomiste au VIIe siècle avant notre ère, plus précisément sous le règne du roi Josias de Juda (640-609 avant J.-C.). Ce roi est célèbre pour avoir entrepris une vaste réforme religieuse après la découverte d'un livre de la Loi dans le Temple de Jérusalem, événement rapporté en 2 Rois 22-23. Beaucoup d'exégètes identifient ce livre trouvé au Temple comme une version primitive du Deutéronome ou d'un noyau deutéronomiste. La réforme de Josias visait précisément à éliminer les cultes étrangers, à supprimer les hauts lieux et à centraliser toute la vie religieuse autour du Temple de Jérusalem.
1 Samuel 1.1 (Louis Segond S21) :
Il y avait un homme de Ramathaïm-Tsophim, de la région montagneuse d'Ephraïm, du nom d'Elkana. Il était le fils de Jeroham, fils d'Elihu, petit-fils de Thohu et arrière-petit-fils de Tsuph, et était éphraïmite.
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III
La source Deutéronomiste ne se limite pas au seul livre du Deutéronome. Les chercheurs, notamment Martin Noth qui développa la théorie de l'Histoire Deutéronomiste dans les années 1940, ont identifié une influence deutéronomiste significative dans un ensemble de livres historiques couvrant la période allant de Josué à la fin des Rois. Ces livres — Josué, Juges, 1 et 2 Samuel, 1 et 2 Rois — formeraient ainsi ce que l'on appelle l'Histoire Deutéronomiste, une grande fresque narrative qui retrace l'histoire d'Israël depuis la conquête de Canaan jusqu'à l'exil babylonien, à travers le prisme théologique deutéronomiste de la fidélité et de l'infidélité à l'alliance. La rédaction de la source D est généralement attribuée à des cercles de prêtres, de scribes et de prophètes proches du Temple de Jérusalem, qui partageaient une sensibilité théologique commune et cherchaient à orienter la vie religieuse et sociale d'Israël selon les principes de l'alliance sinaïtique. Il convient toutefois de souligner que l'hypothèse documentaire, et avec elle l'existence de la source Deutéronomiste, reste une théorie académique. D'autres modèles d'explication de la formation de la Torah ont été proposés, notamment des théories fragmentaires ou des théories de supplémentation, et le débat reste ouvert au sein de la recherche biblique contemporaine. Néanmoins, la notion de source Deutéronomiste demeure un outil analytique précieux pour comprendre la richesse théologique et la complexité littéraire des textes vétérotestamentaires.
Le Tanakh est le canon des Écritures sacrées du judaïsme, correspondant à l'Ancien Testament chrétien. Son nom est un acronyme formé des trois sections : Torah (Pentateuque), Nevi'im (Prophètes) et Ketouvim (Écrits). Rédigé principalement en hébreu avec quelques passages en araméen, il constitue le fondement théologique, moral et liturgique du judaïsme et les racines communes des traditions juive et chrétienne.
Psaumes 1.1 (Louis Segond S21) :
Heureux l'homme qui ne suit pas le conseil des méchants,qui ne s'arrête pas sur la voie des pécheurset ne s'assied pas en compagnie des moqueurs,
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Le Tanakh est la collection sacrée des textes fondateurs du judaïsme. Son nom est un acronyme hébreu formé à partir des initiales de ses trois grandes sections : Torah, Nevi'im et Ketouvim. Il correspond, dans sa quasi-totalité, à ce que les chrétiens désignent sous le nom d'Ancien Testament, bien que l'ordre et le regroupement des livres diffèrent selon les traditions. La première section, la Torah, signifie littéralement 'Loi' ou 'Enseignement'. Elle regroupe les cinq premiers livres de la Bible hébraïque, également connus sous le nom de Pentateuque : la Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome. Ces livres constituent le cœur de la révélation divine dans le judaïsme. Ils relatent les origines du monde et de l'humanité, les récits des patriarches Abraham, Isaac et Jacob, la descente en Égypte, la sortie miraculeuse sous la conduite de Moïse, et la transmission de la Loi divine au Sinaï. La Torah est considérée comme la partie la plus sacrée du Tanakh et occupe une place centrale dans le culte juif, notamment lors des lectures synagogales. La deuxième section, les Nevi'im, signifie 'Prophètes'.
Nombres 1.1 (Louis Segond S21) :
L'Eternel parla à Moïse dans le désert du Sinaï, dans la tente de la rencontre, le premier jour du deuxième mois, la deuxième année après leur sortie d'Egypte. Il dit:
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II
Elle se divise en deux sous-ensembles distincts. Les Prophètes antérieurs comprennent les livres de Josué, des Juges, de Samuel et des Rois. Ces ouvrages racontent l'histoire du peuple d'Israël depuis l'entrée en Canaan jusqu'à l'exil babylonien, mettant en lumière les conséquences de la fidélité ou de l'infidélité au pacte avec Dieu. Les Prophètes postérieurs regroupent les grands prophètes comme Ésaïe, Jérémie et Ézéchiel, ainsi que les douze prophètes dits 'mineurs' : Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie et Malachie. Ces textes prophétiques sont des appels à la conversion, des annonces de jugement et des promesses de restauration adressées au peuple d'Israël et aux nations. La troisième section, les Ketouvim, signifie 'Écrits'. C'est la partie la plus diverse du Tanakh, tant par ses genres littéraires que par ses perspectives théologiques. On y trouve des livres poétiques comme les Psaumes, livre de prière et de louange par excellence, les Proverbes, recueil de sagesse pratique, et Job, méditation profonde sur la souffrance et la justice divine. Les Ketouvim incluent également des textes dits 'des cinq rouleaux' ou Méguilot : le Cantique des Cantiques, Ruth, les Lamentations, l'Ecclésiaste et Esther.
Juges 1.1 (Louis Segond S21) :
Après la mort de Josué, les Israélites consultèrent l'Eternel en disant: «Qui de nous montera le premier contre les Cananéens pour les attaquer?»
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III
S'y ajoutent des livres à caractère historique et apocalyptique comme Daniel, Esdras, Néhémie et les Chroniques. Cette section reflète la richesse de la réflexion spirituelle, morale et poétique du peuple d'Israël à travers les âges. Du point de vue linguistique, la grande majorité des textes du Tanakh est rédigée en hébreu biblique. Quelques passages, notamment dans les livres de Daniel et d'Esdras, sont écrits en araméen, langue qui était devenue courante au Proche-Orient à partir de l'époque de l'exil babylonien. Le Tanakh joue un rôle fondamental dans la foi juive. Il constitue le canon officiel des Écritures sacrées du judaïsme, servant de référence théologique, juridique, liturgique et morale pour toutes les communautés juives à travers le monde. Il est lu, étudié, commenté et interprété sans cesse, notamment à travers les traditions rabbiniques du Talmud et des Midrashim. Pour les chrétiens, le Tanakh constitue également une partie essentielle de leur canon biblique, qu'ils lisent à la lumière du Nouveau Testament comme une préfiguration et une promesse accomplie en Jésus-Christ. La connaissance du Tanakh est donc indispensable pour comprendre les racines communes du judaïsme et du christianisme.
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