La péricope PER344 analyse le retour de Jésus devant Ponce Pilate après sa comparution devant Hérode Antipas, épisode rapporté uniquement par Luc. Pilate, ne trouvant aucune faute punissable de mort selon le droit romain, tente de résister à la pression des chefs religieux juifs. L'article propose une reconstitution chronologique précise de la matinée du vendredi de la Passion et soulève la question linguistique des échanges entre Jésus et Pilate, vraisemblablement tenus en grec.
Matthieu 27.2-14 (Louis Segond S21) :
Après l'avoir attaché, ils l'emmenèrent et le livrèrent à [Ponce] Pilate, le gouverneur.Alors Judas, celui qui l'avait trahi, voyant qu'il était condamné, fut pris de remords et rapporta les 30 pièces d'argent aux chefs des prêtres et aux anciensen disant: «J'ai péché en faisant arrêter un innocent.» Ils répondirent: «En quoi cela nous concerne-t-il? C'est toi que cela regarde.»Judas jeta les pièces d'argent dans le temple, se retira et alla se pendre.Les chefs des prêtres les ramassèrent en disant: «Il n'est pas permis de les mettre dans le trésor sacré puisque c'est le prix du sang.»Après en avoir délibéré, ils achetèrent avec cet argent le champ du potier, pour y ensevelir les étrangers.C'est pourquoi ce champ a été appelé «champ du sang» jusqu'à aujourd'hui.Alors s'accomplit ce que le prophète Jérémie avait annoncé: Ils ont pris les 30 pièces d'argent, la valeur à laquelle il a été estimé par les Israélites,et ils les ont données pour le champ du potier, comme le Seigneur me l'avait ordonné.Jésus comparut devant le gouverneur. Celui-ci l'interrogea: «Es-tu le roi des Juifs?» Jésus lui répondit: «Tu le dis.»Mais il ne répondit rien aux accusations des chefs des prêtres et des anciens.Alors Pilate lui dit: «N'entends-tu pas tous ces témoignages qu'ils portent contre toi?»Mais Jésus ne répondit sur aucun point, ce qui étonna beaucoup le gouverneur.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
La péricope PER344 intitulée 'Le retour devant Ponce Pilate' s'inscrit dans la série synoptique consacrée à la Passion et à la Résurrection de Jésus, plus précisément dans le cadre de la dernière journée menant à la crucifixion. Cet épisode, rapporté uniquement par l'évangéliste Luc (Luc 23.6-12 pour la comparution devant Hérode Antipas, puis Luc 23.13-25 pour le retour chez Pilate), constitue un moment charnière dans le procès de Jésus. Les autres évangiles synoptiques et Jean couvrent également le retour devant Pilate, mais l'épisode chez Hérode Antipas demeure une exclusivité lucanienne, ce qui en fait un témoignage unique et précieux pour la compréhension de la chronologie de la Passion. Selon la reconstitution chronologique proposée dans l'étude, la première comparution devant Ponce Pilate se déroule vers 6h45, la comparution devant Hérode Antipas vers 7h30, et le retour chez Ponce Pilate intervient aux alentours de 8h du matin, le vendredi 1er avril. L'ensemble des événements se déroule à Jérusalem, au palais de Pilate, dans les premières heures de la matinée, une chronologie dense qui illustre la rapidité avec laquelle les autorités religieuses cherchaient à faire aboutir leur plan. L'article analyse en détail la dynamique des interactions entre les différents acteurs de ce procès. Hérode Antipas, tétrarque de Galilée et de la Pérée, n'ayant rien obtenu de Jésus lors de leur entretien, le renvoie à Ponce Pilate.
Matthieu 27.11-14 (Louis Segond S21) :
Jésus comparut devant le gouverneur. Celui-ci l'interrogea: «Es-tu le roi des Juifs?» Jésus lui répondit: «Tu le dis.»Mais il ne répondit rien aux accusations des chefs des prêtres et des anciens.Alors Pilate lui dit: «N'entends-tu pas tous ces témoignages qu'ils portent contre toi?»Mais Jésus ne répondit sur aucun point, ce qui étonna beaucoup le gouverneur.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
II
Ce renvoi constitue à la fois un acte politique et une forme de désengagement de la part d'Hérode, qui ne trouve aucune base légale pour condamner Jésus selon le droit romain. Ponce Pilate, quant à lui, est présenté dans une posture ambiguë mais relativement mesurée. Contrairement à l'image que l'Histoire retient de lui, celle d'un homme dur et intransigeant, il adopte ici une attitude plus prudente. Conscient de l'absence de faute digne de mort selon le droit romain, il perçoit l'hostilité et l'acharnement des chefs religieux juifs qui réclament la condamnation de Jésus avec une insistance que Pilate lui-même semble trouver excessive. Il cherche à comprendre les accusations, s'appuie sur le droit romain, et constate que même Hérode Antipas n'a trouvé en Jésus aucune faute justifiant la peine de mort. Face à la pression croissante des autorités juives, Pilate envisage un compromis : faire châtier Jésus avant de le relâcher, espérant ainsi apaiser la foule tout en évitant une condamnation à mort qu'il juge non fondée. Cette proposition révèle la complexité de sa position : il tente de naviguer entre les exigences légales romaines et la pression politique exercée par les chefs religieux.
Marc 15.1-5 (Louis Segond S21) :
Dès le matin, les chefs des prêtres tinrent conseil avec les anciens, les spécialistes de la loi et tout le sanhédrin. Après avoir attaché Jésus, ils l'emmenèrent et le livrèrent à Pilate.Pilate l'interrogea: «Es-tu le roi des Juifs?» Jésus lui répondit: «Tu le dis.»Les chefs des prêtres portaient contre lui beaucoup d'accusations.Pilate l'interrogea de nouveau: «Ne réponds-tu rien? Vois tous les témoignages qu'ils portent contre toi.»Mais Jésus ne répondit plus rien, ce qui étonna Pilate.
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III
L'article souligne également un passage de Jean (Jean 19.12) qui montre Pilate cherchant encore à relâcher Jésus bien après ce moment, ce qui renforce l'idée d'une résistance, même partielle, de sa part. Un élément linguistique notable est également soulevé dans le commentaire : l'absence de toute mention d'interprètes lors des échanges entre Jésus et Pilate suggère que Jésus comprenait et parlait le grec. Ponce Pilate, en tant que représentant de l'autorité romaine, n'aurait vraisemblablement pas utilisé l'araméen galiléen, ce qui implique que les échanges se seraient déroulés en grec, langue commune de l'administration romaine en Orient. Cet article appartient à une synopse évangélique méthodique qui compare les récits des quatre évangiles et établit des détails techniques précis : lieu (Jérusalem, palais de Pilate), date et heure, mode opératoire narratif (suivi de Luc comme fil conducteur principal). Des annexes complémentaires sont proposées pour approfondir des thématiques connexes : le dernier repas de Pâque (ANN027), la journée juive au temps de Jésus (ANN028), l'heure de la crucifixion (ANN026), et les Souverains Sacrificateurs (ANN031). En somme, PER344 offre une lecture rigoureuse et contextualisée d'un épisode central de la Passion, mettant en lumière les enjeux politiques, juridiques et théologiques du procès de Jésus, ainsi que la singularité du témoignage lucanien dans la narration évangélique.
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