Jésus est envoyé par Pilate devant Hérode Antipas, tétrarque de Galilée présent à Jérusalem. Fasciné par le spectaculaire, Hérode espère un miracle mais se heurte au silence total de Jésus. Vexé, il le raille, lui met un manteau éclatant et le renvoie à Pilate. Ironiquement, cet épisode réconcilie Pilate et Hérode. Seul Luc rapporte cette comparution (Lc 23.6-12), survenue vers 7h30 le vendredi matin de la Passion.
Marc 15.1-5 (Louis Segond S21) :
Dès le matin, les chefs des prêtres tinrent conseil avec les anciens, les spécialistes de la loi et tout le sanhédrin. Après avoir attaché Jésus, ils l'emmenèrent et le livrèrent à Pilate.Pilate l'interrogea: «Es-tu le roi des Juifs?» Jésus lui répondit: «Tu le dis.»Les chefs des prêtres portaient contre lui beaucoup d'accusations.Pilate l'interrogea de nouveau: «Ne réponds-tu rien? Vois tous les témoignages qu'ils portent contre toi.»Mais Jésus ne répondit plus rien, ce qui étonna Pilate.
Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
La péricope PER343 traite de la comparution de Jésus devant Hérode Antipas, épisode unique rapporté exclusivement par l'évangéliste Luc (Luc 23.6-12). Cet article s'inscrit dans la synopse des récits de la Passion et constitue un maillon essentiel de la chronologie de la dernière journée de Jésus avant la crucifixion. Selon la reconstruction chronologique proposée, la scène se déroule le vendredi matin, aux alentours de 7h30, à Jérusalem, dans le palais d'Hérode Antipas. Ce contexte suit immédiatement la première comparution devant Ponce Pilate, qui avait débuté vers 6h45, elle-même précédée de la sentence du Sanhédrin prononcée après le lever du soleil vers 6h38. Lorsque Pilate apprend que Jésus est Galiléen, il saisit l'occasion politique de se décharger d'une affaire embarrassante en le renvoyant à Hérode Antipas, tétrarque de Galilée, présent à Jérusalem pour la fête de Pâque. Antipas séjourne alors dans les appartements royaux construits par son père Hérode le Grand. Homme ambitieux et avide de reconnaissance, il profite des grandes fêtes religieuses pour affirmer son poids politique dans la capitale judéenne. Hérode Antipas n'est pas un inconnu dans les récits évangéliques. C'est lui qui avait ordonné la décapitation de Jean le Baptiste (Marc 6.17-28).
Jean 18.28-38 (Louis Segond S21) :
De chez Caïphe, ils conduisirent Jésus au prétoire; c'était le matin. Ils n'entrèrent pas eux-mêmes dans le prétoire afin de ne pas se souiller et de pouvoir manger le repas de la Pâque.Pilate sortit donc à leur rencontre et dit: «De quoi accusez-vous cet homme?»Ils lui répondirent: «Si ce n'était pas un malfaiteur, nous ne te l'aurions pas livré.»Sur quoi Pilate leur dit: «Prenez-le vous-mêmes et jugez-le d'après votre loi.» Les Juifs lui dirent: «Nous n'avons pas le droit de mettre quelqu'un à mort.»C'était afin que s'accomplisse la parole que Jésus avait dite pour indiquer de quelle mort il allait mourir.Pilate rentra dans le prétoire, appela Jésus et lui dit: «Es-tu le roi des Juifs?»Jésus [lui] répondit: «Est-ce de toi-même que tu dis cela ou d'autres te l'ont-ils dit de moi?»Pilate répondit: «Suis-je un Juif, moi? Ta nation et les chefs des prêtres t'ont livré à moi. Qu'as-tu fait?»Jésus répondit: «Mon royaume n'est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour moi afin que je ne sois pas livré aux Juifs; mais en réalité, mon royaume n'est pas d'ici-bas.»Pilate lui dit: «Tu es donc roi?» Jésus répondit: «Tu le dis, je suis roi. Si je suis né et si je suis venu dans le monde, c'est pour rendre témoignage à la vérité. Toute personne qui est de la vérité écoute ma voix.»Pilate lui répliqua: «Qu'est-ce que la vérité?»
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II
Depuis lors, il avait entendu parler de Jésus et certains rumeurs lui avaient même suggéré que Jean le Baptiste aurait pu ressusciter en Jésus (Luc 9.7-9). Sa curiosité pour Jésus est donc réelle, mais elle est de nature superficielle et spectaculaire : Hérode espère assister à un miracle, une démonstration de puissance, un prodige qui viendrait satisfaire sa fascination pour l'extraordinaire. Mais Hérode se trompe fondamentalement sur la nature et la mission de Jésus. Le Messie n'est pas venu pour divertir les puissants ni pour exhiber sa puissance divine à la demande des souverains. Il est venu accomplir le plan de salut du Père (Jean 3.16-17). Face aux nombreuses questions d'Hérode, Jésus adopte un silence total et absolu (Luc 23.9). Ce silence n'est pas une impuissance : c'est un jugement. Jésus refuse de se prêter au jeu d'un homme immoral, superficiel et meurtrier. Il n'a rien à lui dire.
Luc 23.6-12 (Louis Segond S21) :
A ces mots, Pilate demanda si cet homme était galiléen.Lorsqu'il apprit qu'il relevait bien de l'autorité d'Hérode, il le lui envoya, car lui aussi se trouvait à Jérusalem ces jours-là.Lorsque Hérode vit Jésus, il en eut une grande joie, car depuis longtemps il désirait le voir à cause de tout ce qu'il avait entendu dire de lui, et il espérait le voir faire un signe miraculeux.Il lui posa beaucoup de questions, mais Jésus ne lui répondit rien.Les chefs des prêtres et les spécialistes de la loi étaient présents et accusaient violemment Jésus.Alors Hérode, avec ses gardes, le traita avec mépris et se moqua de lui. Puis, après lui avoir mis un habit magnifique, il le renvoya à Pilate.Ce jour-là, Pilate et Hérode devinrent amis, d'ennemis qu'ils étaient auparavant.
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III
Dévancé dans ses attentes, humilié par ce silence qui le prive de tout spectacle, Hérode réagit par la moquerie et le mépris. Avec ses soldats, il tourne Jésus en dérision, le revêt d'un manteau éclatant — probable parodie du manteau royal — et le renvoie à Pilate sans avoir prononcé de sentence formelle (Luc 23.11). Il n'ose pas aller plus loin, conscient que Jésus lui a été envoyé par le gouverneur romain. L'article souligne un événement paradoxal et ironique qui ressort de cet épisode : Pilate et Hérode, jusque-là en froid en raison de tensions politiques entre la Judée et la Galilée, deviennent amis ce même jour (Luc 23.12). C'est le renvoi de Jésus d'un tribunal à l'autre qui scelle cette réconciliation. Jésus, silencieux, humilié et rejeté, devient malgré lui l'instrument d'un rapprochement entre deux hommes qui le condamnent ensemble par leur lâcheté et leur indifférence. Luc construit dans ce récit un contraste théologique fort : d'un côté Hérode, roi de façade, fasciné par le spectaculaire mais incapable de reconnaître le vrai Roi qui se tient devant lui ; de l'autre, Jésus, silencieux et souverain dans son silence, dont la majesté dépasse infiniment les catégories politiques et humaines de la royauté. Le titre même de l'article — avec le mot 'roi' entre guillemets — pointe cette ironie fondamentale : Antipas se prend pour un roi, mais c'est Jésus le véritable Roi, même au cœur de son humiliation. Cet article est enrichi de plusieurs annexes permettant d'approfondir le contexte : l'annexe ANN026 sur l'heure de la crucifixion, l'annexe ANN027 sur le dernier repas de Pâque, l'annexe ANN028 sur la journée juive au temps de Jésus, et l'annexe ANN031 sur les Souverains Sacrificateurs.
La péricope PER344 analyse le retour de Jésus devant Ponce Pilate après sa comparution devant Hérode Antipas, épisode rapporté uniquement par Luc. Pilate, ne trouvant aucune faute punissable de mort selon le droit romain, tente de résister à la pression des chefs religieux juifs. L'article propose une reconstitution chronologique précise de la matinée du vendredi de la Passion et soulève la question linguistique des échanges entre Jésus et Pilate, vraisemblablement tenus en grec.
Jean 18.31 (Louis Segond S21) :
Sur quoi Pilate leur dit: «Prenez-le vous-mêmes et jugez-le d'après votre loi.» Les Juifs lui dirent: «Nous n'avons pas le droit de mettre quelqu'un à mort.»
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La péricope PER344 intitulée 'Le retour devant Ponce Pilate' s'inscrit dans la série synoptique consacrée à la Passion et à la Résurrection de Jésus, plus précisément dans le cadre de la dernière journée menant à la crucifixion. Cet épisode, rapporté uniquement par l'évangéliste Luc (Luc 23.6-12 pour la comparution devant Hérode Antipas, puis Luc 23.13-25 pour le retour chez Pilate), constitue un moment charnière dans le procès de Jésus. Les autres évangiles synoptiques et Jean couvrent également le retour devant Pilate, mais l'épisode chez Hérode Antipas demeure une exclusivité lucanienne, ce qui en fait un témoignage unique et précieux pour la compréhension de la chronologie de la Passion. Selon la reconstitution chronologique proposée dans l'étude, la première comparution devant Ponce Pilate se déroule vers 6h45, la comparution devant Hérode Antipas vers 7h30, et le retour chez Ponce Pilate intervient aux alentours de 8h du matin, le vendredi 1er avril. L'ensemble des événements se déroule à Jérusalem, au palais de Pilate, dans les premières heures de la matinée, une chronologie dense qui illustre la rapidité avec laquelle les autorités religieuses cherchaient à faire aboutir leur plan. L'article analyse en détail la dynamique des interactions entre les différents acteurs de ce procès. Hérode Antipas, tétrarque de Galilée et de la Pérée, n'ayant rien obtenu de Jésus lors de leur entretien, le renvoie à Ponce Pilate.
Jean 18.39-40 (Louis Segond S21) :
Mais, comme c'est une coutume parmi vous que je vous relâche quelqu'un lors de la Pâque, voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs?»Alors de nouveau ils crièrent [tous]: «Non, pas lui, mais Barabbas!» Or, Barabbas était un brigand.
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II
Ce renvoi constitue à la fois un acte politique et une forme de désengagement de la part d'Hérode, qui ne trouve aucune base légale pour condamner Jésus selon le droit romain. Ponce Pilate, quant à lui, est présenté dans une posture ambiguë mais relativement mesurée. Contrairement à l'image que l'Histoire retient de lui, celle d'un homme dur et intransigeant, il adopte ici une attitude plus prudente. Conscient de l'absence de faute digne de mort selon le droit romain, il perçoit l'hostilité et l'acharnement des chefs religieux juifs qui réclament la condamnation de Jésus avec une insistance que Pilate lui-même semble trouver excessive. Il cherche à comprendre les accusations, s'appuie sur le droit romain, et constate que même Hérode Antipas n'a trouvé en Jésus aucune faute justifiant la peine de mort. Face à la pression croissante des autorités juives, Pilate envisage un compromis : faire châtier Jésus avant de le relâcher, espérant ainsi apaiser la foule tout en évitant une condamnation à mort qu'il juge non fondée. Cette proposition révèle la complexité de sa position : il tente de naviguer entre les exigences légales romaines et la pression politique exercée par les chefs religieux.
Matthieu 27.2-14 (Louis Segond S21) :
Après l'avoir attaché, ils l'emmenèrent et le livrèrent à [Ponce] Pilate, le gouverneur.Alors Judas, celui qui l'avait trahi, voyant qu'il était condamné, fut pris de remords et rapporta les 30 pièces d'argent aux chefs des prêtres et aux anciensen disant: «J'ai péché en faisant arrêter un innocent.» Ils répondirent: «En quoi cela nous concerne-t-il? C'est toi que cela regarde.»Judas jeta les pièces d'argent dans le temple, se retira et alla se pendre.Les chefs des prêtres les ramassèrent en disant: «Il n'est pas permis de les mettre dans le trésor sacré puisque c'est le prix du sang.»Après en avoir délibéré, ils achetèrent avec cet argent le champ du potier, pour y ensevelir les étrangers.C'est pourquoi ce champ a été appelé «champ du sang» jusqu'à aujourd'hui.Alors s'accomplit ce que le prophète Jérémie avait annoncé: Ils ont pris les 30 pièces d'argent, la valeur à laquelle il a été estimé par les Israélites,et ils les ont données pour le champ du potier, comme le Seigneur me l'avait ordonné.Jésus comparut devant le gouverneur. Celui-ci l'interrogea: «Es-tu le roi des Juifs?» Jésus lui répondit: «Tu le dis.»Mais il ne répondit rien aux accusations des chefs des prêtres et des anciens.Alors Pilate lui dit: «N'entends-tu pas tous ces témoignages qu'ils portent contre toi?»Mais Jésus ne répondit sur aucun point, ce qui étonna beaucoup le gouverneur.
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III
L'article souligne également un passage de Jean (Jean 19.12) qui montre Pilate cherchant encore à relâcher Jésus bien après ce moment, ce qui renforce l'idée d'une résistance, même partielle, de sa part. Un élément linguistique notable est également soulevé dans le commentaire : l'absence de toute mention d'interprètes lors des échanges entre Jésus et Pilate suggère que Jésus comprenait et parlait le grec. Ponce Pilate, en tant que représentant de l'autorité romaine, n'aurait vraisemblablement pas utilisé l'araméen galiléen, ce qui implique que les échanges se seraient déroulés en grec, langue commune de l'administration romaine en Orient. Cet article appartient à une synopse évangélique méthodique qui compare les récits des quatre évangiles et établit des détails techniques précis : lieu (Jérusalem, palais de Pilate), date et heure, mode opératoire narratif (suivi de Luc comme fil conducteur principal). Des annexes complémentaires sont proposées pour approfondir des thématiques connexes : le dernier repas de Pâque (ANN027), la journée juive au temps de Jésus (ANN028), l'heure de la crucifixion (ANN026), et les Souverains Sacrificateurs (ANN031). En somme, PER344 offre une lecture rigoureuse et contextualisée d'un épisode central de la Passion, mettant en lumière les enjeux politiques, juridiques et théologiques du procès de Jésus, ainsi que la singularité du témoignage lucanien dans la narration évangélique.
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