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PER343
Présentation au « roi » Antipas
Jésus est envoyé par Pilate devant Hérode Antipas, tétrarque de Galilée présent à Jérusalem. Fasciné par le spectaculaire, Hérode espère un miracle mais se heurte au silence total de Jésus. Vexé, il le raille, lui met un manteau éclatant et le renvoie à Pilate. Ironiquement, cet épisode réconcilie Pilate et Hérode. Seul Luc rapporte cette comparution (Lc 23.6-12), survenue vers 7h30 le vendredi matin de la Passion.
Marc 15.1 (Louis Segond S21) :Dès le matin, les chefs des prêtres tinrent conseil avec les anciens, les spécialistes de la loi et tout le sanhédrin. Après avoir attaché Jésus, ils l'emmenèrent et le livrèrent à Pilate.Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.Niveau : Moyen Public : Intermediaire
PER343Présentation au « roi » Antipas
I La péricope PER343 traite de la comparution de Jésus devant Hérode Antipas, épisode unique rapporté exclusivement par l'évangéliste Luc (Luc 23.6-12). Cet article s'inscrit dans la synopse des récits de la Passion et constitue un maillon essentiel de la chronologie de la dernière journée de Jésus avant la crucifixion. Selon la reconstruction chronologique proposée, la scène se déroule le vendredi matin, aux alentours de 7h30, à Jérusalem, dans le palais d'Hérode Antipas. Ce contexte suit immédiatement la première comparution devant Ponce Pilate, qui avait débuté vers 6h45, elle-même précédée de la sentence du Sanhédrin prononcée après le lever du soleil vers 6h38. Lorsque Pilate apprend que Jésus est Galiléen, il saisit l'occasion politique de se décharger d'une affaire embarrassante en le renvoyant à Hérode Antipas, tétrarque de Galilée, présent à Jérusalem pour la fête de Pâque. Antipas séjourne alors dans les appartements royaux construits par son père Hérode le Grand. Homme ambitieux et avide de reconnaissance, il profite des grandes fêtes religieuses pour affirmer son poids politique dans la capitale judéenne. Hérode Antipas n'est pas un inconnu dans les récits évangéliques. C'est lui qui avait ordonné la décapitation de Jean le Baptiste (Marc 6.17-28).
Jean 18.28-38 (Louis Segond S21) :De chez Caïphe, ils conduisirent Jésus au prétoire; c'était le matin. Ils n'entrèrent pas eux-mêmes dans le prétoire afin de ne pas se souiller et de pouvoir manger le repas de la Pâque.Pilate sortit donc à leur rencontre et dit: «De quoi accusez-vous cet homme?»Ils lui répondirent: «Si ce n'était pas un malfaiteur, nous ne te l'aurions pas livré.»Sur quoi Pilate leur dit: «Prenez-le vous-mêmes et jugez-le d'après votre loi.» Les Juifs lui dirent: «Nous n'avons pas le droit de mettre quelqu'un à mort.»C'était afin que s'accomplisse la parole que Jésus avait dite pour indiquer de quelle mort il allait mourir.Pilate rentra dans le prétoire, appela Jésus et lui dit: «Es-tu le roi des Juifs?»Jésus [lui] répondit: «Est-ce de toi-même que tu dis cela ou d'autres te l'ont-ils dit de moi?»Pilate répondit: «Suis-je un Juif, moi? Ta nation et les chefs des prêtres t'ont livré à moi. Qu'as-tu fait?»Jésus répondit: «Mon royaume n'est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour moi afin que je ne sois pas livré aux Juifs; mais en réalité, mon royaume n'est pas d'ici-bas.»Pilate lui dit: «Tu es donc roi?» Jésus répondit: «Tu le dis, je suis roi. Si je suis né et si je suis venu dans le monde, c'est pour rendre témoignage à la vérité. Toute personne qui est de la vérité écoute ma voix.»Pilate lui répliqua: «Qu'est-ce que la vérité?»Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.II Depuis lors, il avait entendu parler de Jésus et certains rumeurs lui avaient même suggéré que Jean le Baptiste aurait pu ressusciter en Jésus (Luc 9.7-9). Sa curiosité pour Jésus est donc réelle, mais elle est de nature superficielle et spectaculaire : Hérode espère assister à un miracle, une démonstration de puissance, un prodige qui viendrait satisfaire sa fascination pour l'extraordinaire. Mais Hérode se trompe fondamentalement sur la nature et la mission de Jésus. Le Messie n'est pas venu pour divertir les puissants ni pour exhiber sa puissance divine à la demande des souverains. Il est venu accomplir le plan de salut du Père (Jean 3.16-17). Face aux nombreuses questions d'Hérode, Jésus adopte un silence total et absolu (Luc 23.9). Ce silence n'est pas une impuissance : c'est un jugement. Jésus refuse de se prêter au jeu d'un homme immoral, superficiel et meurtrier. Il n'a rien à lui dire.
Luc 23.12 (Louis Segond S21) :Ce jour-là, Pilate et Hérode devinrent amis, d'ennemis qu'ils étaient auparavant.Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.III Dévancé dans ses attentes, humilié par ce silence qui le prive de tout spectacle, Hérode réagit par la moquerie et le mépris. Avec ses soldats, il tourne Jésus en dérision, le revêt d'un manteau éclatant — probable parodie du manteau royal — et le renvoie à Pilate sans avoir prononcé de sentence formelle (Luc 23.11). Il n'ose pas aller plus loin, conscient que Jésus lui a été envoyé par le gouverneur romain. L'article souligne un événement paradoxal et ironique qui ressort de cet épisode : Pilate et Hérode, jusque-là en froid en raison de tensions politiques entre la Judée et la Galilée, deviennent amis ce même jour (Luc 23.12). C'est le renvoi de Jésus d'un tribunal à l'autre qui scelle cette réconciliation. Jésus, silencieux, humilié et rejeté, devient malgré lui l'instrument d'un rapprochement entre deux hommes qui le condamnent ensemble par leur lâcheté et leur indifférence. Luc construit dans ce récit un contraste théologique fort : d'un côté Hérode, roi de façade, fasciné par le spectaculaire mais incapable de reconnaître le vrai Roi qui se tient devant lui ; de l'autre, Jésus, silencieux et souverain dans son silence, dont la majesté dépasse infiniment les catégories politiques et humaines de la royauté. Le titre même de l'article — avec le mot 'roi' entre guillemets — pointe cette ironie fondamentale : Antipas se prend pour un roi, mais c'est Jésus le véritable Roi, même au cœur de son humiliation. Cet article est enrichi de plusieurs annexes permettant d'approfondir le contexte : l'annexe ANN026 sur l'heure de la crucifixion, l'annexe ANN027 sur le dernier repas de Pâque, l'annexe ANN028 sur la journée juive au temps de Jésus, et l'annexe ANN031 sur les Souverains Sacrificateurs.