PER344

Le retour devant Ponce Pilate

La péricope PER344 analyse le retour de Jésus devant Ponce Pilate après sa comparution devant Hérode Antipas, épisode rapporté uniquement par Luc. Pilate, ne trouvant aucune faute punissable de mort selon le droit romain, tente de résister à la pression des chefs religieux juifs. L'article propose une reconstitution chronologique précise de la matinée du vendredi de la Passion et soulève la question linguistique des échanges entre Jésus et Pilate, vraisemblablement tenus en grec.

12 min Ponce Pilate Hérode Antipas procès de Jésus Passion Luc 23 19 versets 4 livres

Consultation

Textes bibliques

Matthieu
Matthieu (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Marc
Marc (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Luc
Luc 23.6-12 (Louis Segond S21)

A ces mots, Pilate demanda si cet homme était galiléen.

Lorsqu'il apprit qu'il relevait bien de l'autorité d'Hérode, il le lui envoya, car lui aussi se trouvait à Jérusalem ces jours-là.

Lorsque Hérode vit Jésus, il en eut une grande joie, car depuis longtemps il désirait le voir à cause de tout ce qu'il avait entendu dire de lui, et il espérait le voir faire un signe miraculeux.

Il lui posa beaucoup de questions, mais Jésus ne lui répondit rien.

Les chefs des prêtres et les spécialistes de la loi étaient présents et accusaient violemment Jésus.

Alors Hérode, avec ses gardes, le traita avec mépris et se moqua de lui. Puis, après lui avoir mis un habit magnifique, il le renvoya à Pilate.

Ce jour-là, Pilate et Hérode devinrent amis, d'ennemis qu'ils étaient auparavant.

Jean
Jean (Louis Segond S21) non cité dans le livre

Détails techniques

Lieu : La ville de Jérusalem, le palais de Pilate

Date : le vendredi 1er avril, le matin tôt

Mode opératoire : Nous suivons maintenant Luc

Note sur le mode opératoire : Luc, est le seul évangéliste à noter cette comparution devant Antipas

Année 33

Hérode Antipas, n’ayant rien obtenu de Jésus le Messie, le renvoya à Ponce Pilate.

Détails chronologiques, selon nos conclusions :

Détails chronologiques, selon nos conclusions :

_18 La première comparution devant Ponce Pilate commence vers 6 h 45. Marc 15.1-5 ; Matthieu 27.2-14 ; Luc 23.1-5 ; Jean 18.28-38 .

_19 Nous situons la comparution devant Hérode Antipas vers 7 h 30. Luc 23.6-12 .

_20 Le retour chez Ponce Pilate arrive vers 8 h. Marc 15.6-19 ; Matthieu 27.15-30 ; Luc 23.13-25 ; Jean 18.39-40 ; Jean 19.1-16 .

Vous pouvez consulter l’intégralité de cette chronologie dans l’étude ANN026 : L’heure de la crucifixion.

 

Commentaire :

Après la comparution de Jésus devant Hérode Antipas, tétrarque de Galilée et de la Pérée, celui qui était présenté comme roi est renvoyé à Ponce Pilate, préfet de Judée ( Luc 23.7-11 ). L’entretien se déroule dans un certain calme, et Pilate cherche à comprendre les accusations portées contre lui par les chefs religieux qui réclament sa mise à mort ( Matthieu 27.11-14 ; Luc 23.13-14 ).

Constatant l’absence de faute digne de mort selon le droit , il perçoit l’hostilité et l’insistance des , ce qui semble l’irriter ( Luc 23.15 ). L’Histoire présente Pilate comme un homme dur, pourtant dans cette situation, son attitude paraît plus mesurée que celle des chefs religieux déterminés à obtenir une condamnation à tout prix (note : voir aussi Jean 19.12 , où Pilate cherche encore à relâcher Jésus).

Refusant d’entrer pleinement dans leur logique, il s’appuie sur le droit et affirme qu’aucune faute ne justifie une telle sentence, position également partagée par Hérode Antipas ( Luc 23.15 ). Les accusations reprennent sans parvenir à le convaincre, et Pilate envisage alors un compromis en proposant de faire châtier Jésus avant de le relâcher, espérant apaiser la foule et clore l’affaire ( Luc 23.16 ).

Il donne ainsi l’impression de vouloir soustraire Jésus à la condamnation, même si l’on peut aussi voir dans son attitude une volonté de contrarier des dirigeants juifs qu’il méprise ou juge trop pressants (note : comparer avec Jean 18.31 , où il renvoie d’abord les accusateurs à leur propre loi).

Nous remarquons qu’à aucun moment il n’est fait mention d’interprètes, ce qui laisse penser que Jésus comprenait et s’exprimait en grec. Ponce Pilate, quant à lui, ne se serait vraisemblablement pas abaissé à utiliser l’araméen tel qu’il était parlé en Galilée.