Synopse
Péricope 272
PER272 - La parabole des mines

Consultation

Vous pouvez consulter l’annexe ANN078 : Les paraboles

Vous pouvez consulter l’étude PAR000 : Les paraboles

Vous pouvez consulter l’étude PAR040 : Les dix mines

Vous pouvez consulter l’étude PAR018 : Les talents

Vous pouvez consulter l’étude PAR011 : Les ouvriers louĂ©s Ă  diffĂ©rentes heure

Textes bibliques

Format attendu : Livre Chapitre.Verset ou Livre Chapitre.Verset1-Verset2 (ex. « Ge 4.1-10 »).
Marc (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Luc 19.11-27 (Louis Segond S21)

Comme la foule écoutait cela, Jésus ajouta une parabole. En effet, il était prÚs de Jérusalem et l'on croyait que le royaume de Dieu allait apparaßtre immédiatement.

Il dit donc: «Un homme de haute naissance partait dans un pays lointain pour se faire désigner roi et revenir ensuite.

Il appela dix de ses serviteurs, leur remit 10 piùces d'or et leur dit: ‘Faites-les fructifier jusqu'à ce que je revienne.’

Cependant, ses concitoyens le dĂ©testaient et ils envoyĂšrent une dĂ©lĂ©gation aprĂšs lui pour dire: ‘Nous ne voulons pas que cet homme rĂšgne sur nous.’

Lorsqu'il fut de retour aprÚs avoir été désigné roi, il fit venir les serviteurs auxquels il avait donné l'argent afin de savoir quels bénéfices chacun avait faits.

Le premier se prĂ©senta et dit: ‘Seigneur, ta piĂšce d'or en a rapportĂ© 10.’

Il lui dit: ‘C'est bien, bon serviteur. Parce que tu as Ă©tĂ© fidĂšle dans une petite chose, reçois le gouvernement de 10 villes.’

Le deuxiùme vint et dit: ‘Seigneur, ta piùce d'or en a produit 5.’

Il lui dit: ‘Toi aussi, sois Ă©tabli responsable de 5 villes.’

Un autre vint et dit: ‘Seigneur, voici ta piĂšce d'or que j'ai gardĂ©e dans un linge.

En effet, j'avais peur de toi parce que tu es un homme sĂ©vĂšre; tu prends ce que tu n'as pas dĂ©posĂ© et tu moissonnes ce que tu n'as pas semĂ©.’

Il lui dit: ‘Je vais te juger sur tes propres paroles, mauvais serviteur; tu savais que je suis un homme sĂ©vĂšre, que je prends ce que je n'ai pas dĂ©posĂ© et que je moissonne ce que je n'ai pas semĂ©.

Pourquoi donc n'as-tu pas mis mon argent dans une banque, afin qu'Ă  mon retour je le retire avec un intĂ©rĂȘt?’

Puis il dit Ă  ceux qui Ă©taient lĂ : ‘Enlevez-lui la piĂšce d'or et donnez-la Ă  celui qui en a 10.’

Ils lui dirent: ‘Seigneur, il a dĂ©jĂ  10 piĂšces d'or.’

‘Je vous le dis, rĂ©pondit-il, on donnera Ă  toute personne qui a, mais Ă  celui qui n'a pas on enlĂšvera mĂȘme ce qu'il a.

Quant Ă  mes ennemis qui n'ont pas voulu que je rĂšgne sur eux, amenez-les ici et mettez-les Ă  mort devant moi.’»

Jean (Louis Segond S21) non cité dans le livre

Détails techniques

Lieu : Dans la ville de Jéricho

Date : Mois de février ou début mars 33

Mode opératoire : Nous poursuivons avec Luc

Note sur le mode opératoire : Luc est le seul à rapporter cette parabole

A son arrivée à Jéricho, le Messie Jésus adresse à la foule une parabole susceptible de susciter de nombreuses interrogations.

Chronologie des Ă©vĂ©nements entre Hanoucca et Pessa’h

La pĂ©riode qui sĂ©pare Hanoucca de Pessa’h, soit environ quatre mois, fait l’objet d’interprĂ©tations variĂ©es de la part des commentateurs des Evangiles. Nous avons jugĂ© pertinent de prĂ©senter notre propre vision chronologique de cette pĂ©riode. Cette approche s’appuie rigoureusement sur les informations fournies par Luc et Jean, en veillant Ă  respecter le texte sans jamais le contraindre. Ainsi, notre hypothĂšse apparaĂźt comme naturelle et cohĂ©rente au regard des donnĂ©es Ă©vangĂ©liques.

AprĂšs la fĂȘte de Hanoucca ou de la DĂ©dicace ( Jean 10.22-23 ), le 15 dĂ©cembre 33, le Messie JĂ©sus quitte JĂ©rusalem pour Ă©chapper Ă  une tentative d’arrestation. Il se retire alors « au‑delĂ  du Jourdain », dans la rĂ©gion oĂč Jean avait baptisĂ©, un lieu isolĂ© mais accessible, oĂč beaucoup viennent encore Ă  lui ( Jean 10.40-42 ). C’est lĂ , dans ce refuge hivernal, qu’un messager arrive depuis BĂ©thanie pour lui annoncer que Lazare, son ami proche, est gravement malade ( Jean 11.1-3 ). Le messager a mis environ une journĂ©e pour parcourir les 35 Ă  40 kilomĂštres qui sĂ©parent les deux villages.

Mais le Messie JĂ©sus, Ă  la surprise de ses disciples, ne part pas immĂ©diatement. Il reste encore deux jours Ă  l’endroit oĂč il se trouvait ( Jean 11.6 ). Pendant ce temps, Lazare meurt, probablement le jour mĂȘme, ou peu de temps aprĂšs le dĂ©part du messager, ce qui explique que le Messie JĂ©sus puisse dire ensuite : « Lazare est mort » avant mĂȘme d’arriver en JudĂ©e ( Jean 11.14 ). Lorsque ces deux jours sont Ă©coulĂ©s, le Messie JĂ©sus annonce Ă  ses disciples qu’ils retournent en JudĂ©e, malgrĂ© les risques ( Jean 11.7-10 ).

Le groupe se met alors en route. Depuis BĂ©thanie‑au‑delà‑du‑Jourdain, la route la plus directe pour rejoindre BĂ©thanie, prĂšs de JĂ©rusalem, passe par JĂ©richo. C’est une descente puis une longue montĂ©e, un itinĂ©raire frĂ©quentĂ© et logique. En approchant de JĂ©richo, le Messie JĂ©sus rencontre un aveugle assis au bord du chemin : BartimĂ©e. MalgrĂ© les reproches de la foule, l’homme crie vers le Messie JĂ©sus, qui s’arrĂȘte, le fait venir et lui rend la vue ( Luc 18.35-43 ). Puis le Messie JĂ©sus traverse JĂ©richo, la ville historique, oĂč il s’arrĂȘte sous un sycomore pour appeler ZachĂ©e, le chef des collecteurs d’impĂŽts, et sĂ©journer dans sa maison ( Luc 19.1-10 ). Ces rencontres s’inscrivent naturellement dans le mĂȘme voyage : celui qui conduit JĂ©sus de l’autre cĂŽtĂ© du Jourdain jusqu’à BĂ©thanie.

AprĂšs cette halte, le Messie JĂ©sus reprend la route. La montĂ©e de JĂ©richo Ă  BĂ©thanie demande une journĂ©e et demie de marche Ă  cause de la foule qui le suit. Lorsqu’il arrive enfin au village, Lazare est dĂ©jĂ  dans le tombeau depuis quatre jours ( Jean 11.17 ).

Le messager est parti de BĂ©thanie alors que Lazare Ă©tait encore en vie, bien que gravement malade, comme le rapporte Jean 11.3 . A ce stade, personne n’a connaissance du dĂ©cĂšs de Lazare : ni le messager, ni ceux qui l’entourent. Pourtant, alors que le messager n’a pas encore transmis la nouvelle au Messie JĂ©sus et que l’état de Lazare reste incertain pour tous, le Messie JĂ©sus reçoit la rĂ©vĂ©lation que son ami Lazare est effectivement dĂ©cĂ©dĂ©. Cette annonce marque un tournant dans le rĂ©cit, tĂ©moignant de la connaissance particuliĂšre dont JĂ©sus dispose quant au sort de son ami, avant mĂȘme d’arriver en JudĂ©e.

A BĂ©thanie, le Messie JĂ©sus rencontre Marthe puis Marie, et les conduit Ă  la foi. Puis il se rend au tombeau, oĂč il appelle Lazare hors de la mort ( Jean 11.38-44 ). Ce signe spectaculaire provoque une rĂ©action immĂ©diate des autoritĂ©s religieuses, qui dĂ©cident de mettre le Messie JĂ©sus Ă  mort ( Jean 11.53 . Pour Ă©chapper Ă  cette menace, le Messie JĂ©sus quitte BĂ©thanie et se retire vers ÉphraĂŻm, une ville situĂ©e au nord de JĂ©rusalem, dans la rĂ©gion montagneuse proche de la Samarie ( Jean 11.53-54 ).

Quelques semaines plus tard, alors que la PĂąque approche, le Messie JĂ©sus quitte EphraĂŻm et revient Ă  BĂ©thanie, six jours avant la fĂȘte ( Jean 12.1 ). Le lendemain, il entre Ă  JĂ©rusalem sous les acclamations de la foule ( Jean 12.12-15 , Luc 19.28-40 ).

C’est donc pendant ce voyage que nous plaçons le rĂ©cit de cette parabole des mines proclamĂ©e par le Messie JĂ©sus, prĂ©cisĂ©ment lors de son passage Ă  JĂ©richo.

Commentaires

Le Messie JĂ©sus vient de rencontrer ZachĂ©e Ă  JĂ©richo. La foule est encore sous le choc de cette misĂ©ricorde offerte Ă  un collecteur d’impĂŽts, et beaucoup s’imaginent que l’arrivĂ©e Ă  JĂ©rusalem va dĂ©clencher immĂ©diatement la manifestation visible du rĂšgne de Dieu. C’est prĂ©cisĂ©ment pour corriger cette attente que JĂ©sus raconte la parabole.

Le Messie JĂ©sus dĂ©crit un homme de haute naissance qui part dans un pays lointain pour recevoir la royautĂ©. Cette image Ă©voque Ă  la fois sa propre mission et un contexte historique familier : certains auditeurs pouvaient penser Ă  ArchĂ©laĂŒs, fils d’HĂ©rode, qui Ă©tait allĂ© Ă  Rome pour recevoir l’autoritĂ© royale, malgrĂ© l’opposition de ses concitoyens. Cette allusion donne Ă  la parabole une couleur rĂ©aliste : un roi lĂ©gitime, mais contestĂ©, s’absente pour un temps avant de revenir exercer son autoritĂ©.

Le noble confie Ă  dix serviteurs une somme identique, une mine, et leur demande de faire fructifier cet argent pendant son absence. Le terme utilisĂ© Ă©voque explicitement l’idĂ©e d’investir, de faire commerce, de prendre des initiatives. Contrairement Ă  la parabole des talents, oĂč les montants varient, ici chacun reçoit exactement la mĂȘme somme. Luc insiste donc moins sur les capacitĂ©s diffĂ©rentes que sur la fidĂ©litĂ© dans une mĂȘme responsabilitĂ©.

Pendant que les serviteurs travaillent, les citoyens du pays envoient une dĂ©lĂ©gation pour s’opposer Ă  la royautĂ© du noble. Leur refus est catĂ©gorique : ils ne veulent pas qu’il rĂšgne sur eux. Cette hostilitĂ© structure la parabole : il n’y a pas seulement des serviteurs fidĂšles ou nĂ©gligents, mais aussi des ennemis dĂ©clarĂ©s.

Lorsque le roi revient, il convoque les serviteurs pour connaßtre les résultats.

  • Le premier a multipliĂ© la mine par dix. Le roi le fĂ©licite et lui confie l’autoritĂ© sur dix villes.
  • Le second a multipliĂ© la mine par cinq et reçoit cinq villes. La rĂ©compense dĂ©passe largement le gain financier : la fidĂ©litĂ© dans une petite chose ouvre Ă  une responsabilitĂ© politique considĂ©rable.

Un troisiĂšme serviteur n’a rien fait. Il explique qu’il avait peur, qu’il considĂšre son maĂźtre comme un homme dur, exigeant, qui rĂ©colte ce qu’il n’a pas semĂ©. Le roi le juge sur ses propres paroles : s’il croyait vraiment son maĂźtre si exigeant, il aurait au moins pu dĂ©poser l’argent Ă  la banque pour en tirer des intĂ©rĂȘts. Sa passivitĂ© est donc injustifiable. La mine lui est retirĂ©e et donnĂ©e Ă  celui qui en a dix

Le roi Ă©nonce un principe : « On donnera Ă  celui qui a, mais celui qui n’a rien se verra enlever mĂȘme ce qu’il a. » Il ne s’agit pas d’injustice, mais d’un constat : la fĂ©conditĂ© appelle la fĂ©conditĂ©, tandis que l’inaction conduit Ă  la perte.

La parabole se termine de maniĂšre abrupte : les ennemis du roi, ceux qui ont refusĂ© son rĂšgne, sont exĂ©cutĂ©s devant lui. Cette image forte ne dĂ©crit pas un comportement Ă  imiter, mais souligne la gravitĂ© du refus du rĂšgne de Dieu. Elle met en contraste la patience du temps d’attente et la sĂ©vĂ©ritĂ© du jugement final.

La parabole enseigne que :

  • Le rĂšgne de Dieu ne se manifeste pas immĂ©diatement ; il y a un temps d’attente.
  • Durant cette absence apparente du roi, les disciples doivent ĂȘtre actifs, crĂ©atifs, responsables.
  • La fidĂ©litĂ©, mĂȘme dans de petites choses, prĂ©pare Ă  une mission plus grande.
  • Le refus du rĂšgne de Dieu n’est pas neutre : il engage la personne dans une opposition qui conduit au jugement.

Nous proposons des études détaillées des 42 paraboles annoncée par le Messie Jésus. Vous pouvez donc consulter ces informations :

PAR040 : Les dix mines

PAR018 : Les talents.

 

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