Actes des Apôtre
Actes des Apôtres 006
ADA006- L’accomplissement de la promesse

Consultation

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Textes bibliques

Actes des apôtres 1.15-26 (Louis Segond S21)

A cette époque-là, Pierre se leva au milieu des disciples; le nombre des personnes réunies était d'environ 120. Il dit:

«Mes frères, il fallait que s'accomplisse l'Ecriture, ce que le Saint-Esprit avait annoncé d'avance par la bouche de David au sujet de Judas, devenu le guide de ceux qui ont arrêté Jésus.

Il était l'un des nôtres et il avait part au même ministère.

Cet homme a acheté un champ avec le salaire du crime; il y est tombé en avant, s'est éventré et toutes ses entrailles sont sorties.

Tous les habitants de Jérusalem l'ont appris, c'est pourquoi ce champ a été appelé dans leur langue ‘Hakeldama’, c'est-à-dire ‘le champ du sang’.

Or il est écrit dans le livre des Psaumes: Que sa maison devienne déserte et que personne ne l'habite!et: Qu'un autre prenne sa charge!

»Il faut donc choisir un homme parmi ceux qui nous ont accompagnés tout le temps où le Seigneur Jésus a vécu avec nous,

depuis le baptême de Jean jusqu'au jour où il a été enlevé du milieu de nous. Il nous sera associé comme témoin de sa résurrection.»

Ils en présentèrent deux: Joseph appelé Barsabbas, surnommé Justus, et Matthias.

Puis ils firent cette prière: «Seigneur, toi qui connais le cœur de tous, désigne lequel de ces deux hommes tu as choisi

pour prendre part à ce ministère et à cette charge d'apôtre que Judas a abandonnés pour aller à la place qui est la sienne.»

Ils tirèrent au sort et le sort tomba sur Matthias, qui fut associé aux onze apôtres.

Détails techniques

Lieu : Ville de Jérusalem

Date : Dimanche 22 mai

Mode opératoire : Nous suivons Luc dans son second ouvrage

Note sur le mode opératoire : Ces informations se trouvent uniquement chez Luc

Luc décrit ensuite le baptême du Saint-Esprit : les cent vingt personnes présentes reçoivent toutes cette bénédiction promise par Dieu.

Commentaires

Nous sommes maintenant au jour de la Pentecôte, appelée Chavouot par les Juifs. Cette fête, instituée par la Loi de Moïse, était célébrée cinquante jours après la fête des prémices ( Lévitique 23.15-16 ). Si l’on retient la date du dimanche 3 avril 33 pour la résurrection du Messie Jésus, le cinquantième jour conduit au dimanche 22 mai 33. C’est en cette occasion que s’accomplit la promesse annoncée par Jésus quelques jours avant son ascension : « vous serez baptisés du Saint-Esprit dans peu de jours » ( Actes des apôtres 1.5 ).

Lorsque Luc précise que les disciples « étaient tous ensemble dans le même lieu » ( Actes des apôtres 2.1 ), il semble faire référence aux cent vingt croyants mentionnés précédemment ( Actes des apôtres 1.15 ). Cette précision laisse entendre qu’ils ne vivaient pas continuellement réunis, mais qu’ils avaient pris l’habitude de se retrouver régulièrement pour la prière et la communion fraternelle. Les indications fournies ultérieurement par Luc montrent d’ailleurs qu’ils persévéraient ensemble dans la communion et qu’ils partageaient leurs biens selon les besoins de chacun ( Actes des apôtres 2.42-47 ; Actes des apôtres 4.32-35 ). L’unité spirituelle de ce groupe apparaît également dans la persévérance dans la prière qui caractérisait les jours précédant la Pentecôte ( Actes des apôtres 1.14 ).

Luc rapporte ensuite l’effusion du Saint-Esprit, laquelle concerne l’ensemble des cent vingt disciples, hommes et femmes sans distinction. Cette universalité constitue déjà l’accomplissement de la prophétie de Joël annonçant que Dieu répandrait son Esprit « sur toute chair » ( Joël 3.1-2 ), prophétie que Pierre citera quelques instants plus tard ( Actes des apôtres 2.16-18 ). La manifestation divine est accompagnée de phénomènes extraordinaires : un bruit comparable à celui d’un vent impétueux remplit toute la maison, puis apparaissent des langues que Luc compare à des langues de feu qui se partagent et se posent sur chacun des disciples ( Actes des apôtres 2.2-3 ). Le vocabulaire employé souligne le caractère analogique de la description : Luc ne parle pas d’un vent réel ni d’un feu matériel, mais d’un phénomène surnaturel dont il tente de rendre compte avec un langage humain. Dans les Écritures, le vent et le feu sont fréquemment associés aux manifestations de la présence divine ( Exode 19.18 ; 1 Rois 19.11-12 ; Ezéchiel 37.9-10 ).

Le résultat de cette effusion est clairement exposé : tous les disciples furent remplis du Saint-Esprit et se mirent à parler en diverses langues selon ce que l’Esprit leur donnait de s’exprimer ( Actes des apôtres 2.4 ). Rien dans le récit ne laisse penser qu’il s’agisse d’un langage incompréhensible. Au contraire, les disciples proclament « les merveilles de Dieu » et les auditeurs comprennent ce message dans leur propre langue maternelle ( Actes des apôtres 2.11 ). Ce phénomène constitue un signe destiné à authentifier l’œuvre divine et à annoncer l’universalité future de l’Évangile, conformément à la mission confiée par Jésus à ses disciples ( Actes des apôtres 1.8 ; Matthieu 28.19-20 ).

Le bruit provoqué par ces événements attira rapidement une foule importante. Parmi les témoins se trouvaient des Juifs pieux et des prosélytes venus de nombreuses régions du monde méditerranéen pour célébrer la fête de Chavouot ( Actes des apôtres 2.5 ). Luc dresse une liste impressionnante des peuples représentés : Parthes, Mèdes, Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Cappadoce, du Pont, de l’Asie, de la Phrygie, de la Pamphylie, de l’Égypte, de la Libye, de Rome, de la Crète et de l’Arabie ( Actes des apôtres 2.8-11 ). Cette diversité géographique illustre déjà la portée universelle du message chrétien. Le miracle provoque d’autant plus l’étonnement que les disciples sont tous Galiléens ( Actes des apôtres 2.7 ), région dont les habitants ne jouissaient pas d’une grande réputation culturelle ou intellectuelle ( Jean 1.46 ; Jean 7.52 ).

Face à l’afflux de la foule, il paraît vraisemblable que les disciples se soient ensuite déplacés vers les abords ou l’esplanade du Temple, seul endroit susceptible d’accueillir plusieurs milliers de personnes. Quelques heures plus tard, environ trois mille personnes recevront le baptême à la suite du discours de Pierre ( Actes des apôtres 2.41 ), ce qui suppose effectivement un cadre beaucoup plus vaste qu’une simple maison.

Cependant, tous ne réagissent pas favorablement à ces événements. Luc rapporte qu’une partie des témoins, loin de chercher une explication spirituelle, se moque des disciples et les accuse d’être sous l’influence du vin ( Actes des apôtres 2.13 ). Cette opposition ne semble pas marginale puisque Pierre juge nécessaire de commencer son discours en réfutant cette accusation absurde : « Ces gens ne sont pas ivres, comme vous le supposez, car il est neuf heures du matin » ( Actes des apôtres 2.15 ). Dès la naissance de l’Église, la foi suscite ainsi des réactions contrastées : certains sont frappés d’étonnement et cherchent à comprendre ( Actes des apôtres 2.12 ), tandis que d’autres choisissent la dérision. Cette division devant l’action de Dieu se retrouvera tout au long du livre des Actes ( Actes des apôtres 17.32 ; Actes des apôtres 28.24 ).

 

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