Actes des Apôtre
Actes des Apôtres 004
ADA004- Le retour et l’attente des disciples

Consultation

Vous pouvez consulter l’annexe ANN027 : Le dernier repas de Pâque

Vous pouvez consulter l’annexe ANN028 : La journée juive au temps de Jésus

Vous pouvez consulter l’annexe ANN026 : L’heure de la crucifixion

Vous pouvez consulter l’annexe ANN031 : Les Souverains Sacrificateurs

Textes bibliques

Actes des apôtres 1.12-14 (Louis Segond S21)

Alors ils retournèrent à Jérusalem, de la colline appelée mont des Oliviers qui est près de Jérusalem, à la distance d'un kilomètre environ.

Quand ils furent arrivés, ils montèrent à l'étage dans la pièce où ils se tenaient d'ordinaire; il y avait là Pierre, Jean, Jacques, André, Philippe, Thomas, Barthélémy, Matthieu, Jacques, fils d'Alphée, Simon le zélote et Jude, fils de Jacques.

Tous persévéraient d'un commun accord dans la prière avec les femmes, avec Marie la mère de Jésus et avec les frères de Jésus.

Détails techniques

Lieu : Le chemin de Jérusalem

Date : Le 13 mai 33, début du sabbat

Mode opératoire : Nous suivons Luc dans son second ouvrage

Note sur le mode opératoire : Ces informations se trouvent uniquement chez Luc

Après l’ascension, les disciples restèrent vraisemblablement quelque temps sur le mont des Oliviers. Profondément marqués par cet événement extraordinaire, ils durent s’interroger et attendre encore quelques instants, se demandant si une nouvelle manifestation divine allait avoir lieu.

Commentaires

Une fois remis de l’émotion provoquée par l’ascension, les disciples durent reprendre le chemin de Jérusalem et revenir progressivement aux réalités de leur existence quotidienne. Toutefois, une question demeure : combien de temps restèrent-ils sur le mont des Oliviers après avoir vu leur Maître disparaître à leurs yeux ? Rien dans le récit ne permet de répondre avec certitude.

L’ascension s’étant déroulée le jeudi 12 mai 33, il paraît peu probable qu’ils soient repartis immédiatement après l’apparition des deux hommes vêtus de blanc qui leur annoncèrent le retour futur du Christ ( Actes des apôtres 1.10-11 ). Encore profondément marqués par les événements extraordinaires auxquels ils venaient d’assister, ils ont probablement échangé entre eux et médité sur les dernières paroles du Seigneur ( Actes des apôtres 1.4-8 ).

Luc précise qu’ils regagnèrent Jérusalem depuis le mont des Oliviers, situé « à la distance d’un chemin de sabbat » ( Actes des apôtres 1.12 ). Cette expression désignait traditionnellement la distance qu’un Juif pieux pouvait parcourir le jour du sabbat sans transgresser les prescriptions rabbiniques, soit environ deux mille coudées, correspondant à un peu moins d’un kilomètre ( Exode 16.29 ). Certains exégètes ont estimé que Luc rappelait simplement une indication géographique connue de ses lecteurs, tandis que nous suggérons qu’il pouvait sous-entendre que le sabbat avait déjà commencé et que les disciples respectaient les usages juifs. Cette dernière interprétation demeure toutefois hypothétique, le texte ne fournissant aucune indication chronologique précise.

Si cette hypothèse est exacte, les disciples ne seraient retournés à Jérusalem qu’au plus tôt le vendredi soir.

Les onze apôtres retournèrent ensuite dans la maison où ils avaient coutume de se réunir ( Actes des apôtres 1.13 ). Luc ne précise volontairement ni le propriétaire ni l’emplacement exact de cette demeure. Dans le contexte de tension qui régnait après la crucifixion, cette discrétion pouvait contribuer à protéger les personnes concernées. Plusieurs commentateurs ont proposé qu’il puisse s’agir de la maison de Marie, mère de Jean surnommé Marc, qui apparaît plus tard comme un lieu de rassemblement habituel des croyants ( Actes des apôtres 12.12 ). D’autres ont avancé l’hypothèse de la maison de Joseph d’Arimathée, sans qu’aucun texte ne permette de confirmer cette proposition.

La maison de Marie paraît néanmoins constituer une hypothèse plausible. Jean Marc était proche de Pierre, dont il recueillera plus tard les souvenirs qui serviront de base à la rédaction du deuxième Évangile ( 1 Pierre 5.13 ). En revanche, la position de Joseph d’Arimathée et celle de Nicodème lors de l’ensevelissement de Jésus ( Jean 19.38-42 ) pouvaient attirer une surveillance particulière de la part des autorités religieuses, rendant leur demeure moins propice à des réunions clandestines.

Luc énumère ensuite les noms des onze apôtres et souligne qu’ils persévéraient d’un commun accord dans la prière ( Actes des apôtres 1.13-14 ). Cette unanimité spirituelle constitue déjà l’un des traits caractéristiques de l’Église naissante ( Actes des apôtres 2.42-47 ; Actes des apôtres 4.32 ). Les femmes qui avaient suivi Jésus depuis la Galilée participaient également à ces réunions ( Luc 8.1-3 ; Actes des apôtres 1.14 ). Il est vraisemblable que les apôtres, et particulièrement Pierre, aient raconté en détail les événements de l’ascension et rappelé l’ordre formel donné par le Seigneur d’attendre l’accomplissement de la promesse du Père, c’est-à-dire la venue du Saint-Esprit ( Actes des apôtres 1.4-5 ).

Parmi les personnes présentes se trouvait également Marie, la mère de Jésus ( Actes des apôtres 1.14 ). Il s’agit de la dernière mention de Marie dans le Nouveau Testament. Un autre détail mérite l’attention : les frères de Jésus faisaient eux aussi partie du groupe. Pourtant, durant le ministère terrestre de Jésus, ils ne croyaient pas en lui ( Jean 7.5 ). Leur présence témoigne donc d’un changement profond qui s’est probablement produit après la crucifixion et surtout après la résurrection. Jacques, l’un des frères du Seigneur, bénéficiera même d’une apparition particulière du Christ ressuscité ( 1 Corinthiens 15.7 ) avant de devenir l’une des principales figures de l’Église de Jérusalem ( Galates 1.19 ; Actes des apôtres 15.13 ).

L’absence de mention explicite des sœurs de Jésus ( Matthieu 13.55-56 ) ne signifie pas nécessairement qu’elles étaient absentes. Dans la culture de l’époque, les femmes étaient souvent englobées dans des désignations plus générales. Les récits évangéliques montrent d’ailleurs que leur présence est fréquemment évoquée de manière plus discrète, bien qu’elles aient joué un rôle important dans les événements entourant la mort et la résurrection du Christ ( Luc 23.49 ; Luc 24.10 ).

Les textes ne nous permettent pas de déterminer avec certitude si l’ensemble des disciples vivaient en permanence sous le même toit. Toutefois, une vie communautaire temporaire apparaît vraisemblable. Un grand nombre de croyants étaient originaires de Galilée et se trouvaient encore à Jérusalem dans l’attente de la promesse annoncée par Jésus ( Actes des apôtres 1.4 ). Par ailleurs, les célébrations de la Pâque étant terminées, la plupart des pèlerins avaient quitté la ville. Le groupe des disciples devenait ainsi plus visible et devait sans doute faire preuve de prudence. Dans ce contexte, ces hommes et ces femmes demeuraient unis dans la prière, dans l’attente confiante de l’intervention de Dieu et de la venue du Saint-Esprit qui allait bientôt marquer la naissance visible de l’Église ( Actes des apôtres 2.1-4 ).

 

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