
Introduction
Voici la trentième-deuxième question ou contradiction présentée sur le site www.islamland.com, référencée sous le numéro 63.
Qui est une rançon et pour qui ? 1) : Le Fils de l’Homme est venu… pour donner sa vie en rançon pour beaucoup ( Marc 10.45 ). Christ Jésus qui s’est donné lui-même en rançon pour tous… ( 1 Timothée 2.5-6 ) ; 2) : Le méchant est une rançon pour le juste, et l’infidèle pour le juste ( Proverbes 21.18 ).
Notre réponse :
Regardons les textes en question.
Les Écritures emploient le terme « rançon » dans des contextes différents, mais complémentaires. Dans le Nouveau Testament, le Messie Jésus affirme être venu « pour donner sa vie en rançon pour beaucoup » ( Marc 10.45 ). Paul développe cette même idée en déclarant que « Christ Jésus […] s’est donné lui-même en rançon pour tous » ( 1 Timothée 2.5-6 ). La rançon désigne ici l’offrande volontaire de la vie du Fils de l’Homme en faveur de l’humanité, selon le modèle du serviteur souffrant décrit en Esaïe 53.10-12 .
Dans le livre des Proverbes, le terme « rançon » apparaît dans un sens différent : « Le méchant est une rançon pour le juste, et l’infidèle pour les hommes droits » ( Proverbes 21.18 ). Ce passage appartient à la littérature sapientiale et utilise un langage figuré caractéristique de la sagesse hébraïque. Il exprime un principe général observé dans la providence divine : les conséquences qui frappent les impies préservent souvent les justes, la destruction des premiers devenant, d’une certaine manière, la garantie de la sécurité des seconds. Un exemple similaire apparaît dans l’histoire d’Esther, où Haman subit le sort qu’il destinait à Mardochée ( Esther 7.9-10 ).
Il serait erroné d’opposer ces deux usages du terme. Dans le Nouveau Testament, la rançon est un acte rédempteur accompli par le Christ au bénéfice de l’humanité entière, visant à libérer du péché et de la mort ( Romains 5.18-19 ). Dans les Proverbes, il ne s’agit pas d’une rançon salvatrice, mais d’un constat moral : le mal que les méchants préparent retombe souvent sur eux-mêmes, tandis que les justes en sont délivrés. Le vocabulaire est donc identique, mais le registre est différent : théologique et sotériologique dans le Nouveau Testament, sapientiel et proverbial dans l’Ancien Testament.
Ces deux perspectives se rejoignent toutefois en ce qu’elles soulignent la justice de Dieu. D’une part, le Messie Jésus, innocent, se substitue volontairement au coupable pour offrir la vie. D’autre part, les méchants, dans l’ordre providentiel, portent eux-mêmes le poids des conséquences qu’ils voulaient infliger aux justes. Cette tension apparente n’est donc qu’une diversité d’usages linguistiques au sein d’un ensemble cohérent.
Il n’existe ainsi aucune contradiction biblique :
– Le Nouveau Testament décrit la rançon unique et universelle du Christ, victorieux du péché et de la mort.
– Les Proverbes décrivent un principe de sagesse : le sort des méchants protège les justes.
La Bible emploie un même terme pour exprimer des réalités distinctes, mais qui toutes reflètent la souveraineté et la justice de Dieu.