Synopse
Péricope 332
PER332 - La révolte du disciple Pierre et la guérison de Malchus

Consultation

Vous pouvez consulter l’annexe ANN027 : Le dernier repas de Pâque

Vous pouvez consulter l’annexe ANN028 : La journée juive au temps de Jésus

Vous pouvez consulter l’annexe ANN026 : L’heure de la crucifixion

Textes bibliques

Matthieu 26.51-54 (Louis Segond S21)

Un de ceux qui étaient avec Jésus mit la main sur son épée et la tira; il frappa le serviteur du grand-prêtre et lui emporta l'oreille.

Alors Jésus lui dit: «Remets ton épée à sa place, car tous ceux qui prendront l'épée mourront par l'épée.

Penses-tu que je ne puisse pas faire appel à mon Père, qui me donnerait à l'instant plus de douze légions d'anges?

Comment donc s'accompliraient les Ecritures, d'après lesquelles cela doit se passer ainsi?»

Marc 14.47-49 (Louis Segond S21)

Un de ceux qui étaient là tira l'épée, frappa le serviteur du grand-prêtre et lui emporta l'oreille.

Jésus prit la parole et leur dit: «Vous êtes venus vous emparer de moi avec des épées et des bâtons, comme pour un brigand.

J'étais tous les jours parmi vous, enseignant dans le temple, et vous ne m'avez pas arrêté. Mais c'est afin que les Ecritures soient accomplies.»

Luc 22.49-51 (Louis Segond S21)

Voyant ce qui allait arriver, ceux qui étaient avec Jésus dirent: «Seigneur, devons-nous frapper avec l'épée?»

Et l'un d'eux frappa le serviteur du grand-prêtre et lui emporta l'oreille droite.

Mais Jésus prit la parole et dit: «Laissez faire, arrêtez!» Puis il toucha l'oreille de cet homme et le guérit.

Jean 18.10-11 (Louis Segond S21)

Alors Simon Pierre, qui avait une épée, la tira, frappa le serviteur du grand-prêtre et lui coupa l'oreille droite. Ce serviteur s'appelait Malchus.

Jésus dit à Pierre: «Remets ton épée dans son fourreau. Ne boirai-je pas la coupe que le Père m'a donnée à boire?»

Détails techniques

Lieu : Le jardin de Gethsémané au pied du Mont de Oliviers en face de la ville de Jérusalem

Date : le vendredi 1er avril, le matin très tôt

Mode opératoire : Nous suivons maintenant Marc

Note sur le mode opératoire : Matthieu, Luc et Jean notent aussi cet événement

Lors de l’arrestation du Messie Jésus, Pierre ne peut s’empêcher de réagir.

Commentaires

Détails chronologiques, selon nos conclusions :

_8 Ils vont s’arrêter en bas du mont des Oliviers, au jardin de Gethsémané. Matthieu 26.36 ; Marc 14.32 .

_9 Ils passent une heure dans la prière, de 2 h à 3 h. Matthieu 26.40 .

_10 La troupe menée par Judas Iscariote arrive. Nous sommes toujours la nuit de jeudi, avant l’aube du vendredi, vers 3 h. Marc 14.43-52 ; Matthieu 26.47-56 ; Luc 22.47-53 ; Jean 18.2-12 .

_11 L’arrestation a lieu à ce moment-là, vers 3 h 30. Nous sommes à environ 1 km du Temple. Matthieu 26.47 ; Marc 14.43 ; Luc 22.47 ; Jean 18.3 .

Vous pouvez consulter l’intégralité de cette chronologie dans l’étude ANN026 : L’heure de la crucifixion.

 

Commentaire :

Dans le tumulte de l’arrestation, Simon Pierre ne peut s’empêcher de réagir. Son geste est impulsif, presque instinctif : il tire son épée et frappe le serviteur du grand prêtre, lui tranchant l’oreille droite ( Jean 18.10 ). Le serviteur, nommé Malchus selon Jean, échappe de peu à la mort. Pierre ne plaisante pas : son coup visait probablement la tête, et seul un mouvement de recul a sauvé la vie de cet homme. Les Synoptiques mentionnent l’incident sans nommer Pierre, sans doute pour éviter de lui attirer des ennuis à une époque où les autorités religieuses persécutaient les disciples. Jean, écrivant plus tard, peut citer son nom sans risque, Pierre étant déjà mort au moment de sa rédaction.

Le Messie Jésus intervient immédiatement. Selon Matthieu, il aide Pierre à comprendre la situation en lui rappelant que la violence n’est pas la voie du Royaume :

Matthieu 26.52 (Louis Segond S21) :
Alors Jésus lui dit: «Remets ton épée à sa place, car tous ceux qui prendront l'épée mourront par l'épée.

Il lui montre aussi que personne ne lui ôte la vie, mais que c’est lui qui la donne volontairement, conformément à la mission reçue du Père ( Jean 10.17-18 ). Il aurait pu appeler douze légions d’anges pour le défendre ( Matthieu 26.53 ), mais il refuse toute résistance, car les Ecritures doivent s’accomplir ( Matthieu 26.54 ).

Le Messie Jésus rappelle ainsi que son arrestation n’est pas un échec, mais l’étape nécessaire du plan rédempteur, expression suprême de l’amour divin pour le monde ( Jean 3.16-17 ).

Luc ajoute un détail bouleversant : Le Messie Jésus guérit immédiatement l’oreille de Malchus, devant tous ceux qui peuvent voir la scène ( Luc 22.51 ). Ce geste, discret mais puissant, empêche la situation de dégénérer en bain de sang. Le Messie Jésus refuse que son arrestation devienne le déclencheur d’une émeute ou d’un affrontement armé. Il protège ses disciples, mais aussi ses ennemis.

Dans le tumulte, il est possible que l’incident soit passé presque inaperçu pour la majorité des soldats, mais il est difficile d’imaginer que Malchus ait jamais oublié ce moment où celui qu’il venait arrêter l’a guéri.

Le Messie Jésus souligne également l’incohérence de ceux qui viennent l’arrêter : il enseignait chaque jour au Temple, et pourtant ils viennent de nuit, armés comme pour un brigand ( Marc 14.48-49 ). Leur attitude révèle la peur d’un soulèvement populaire et la volonté d’éviter tout témoin. Mais malgré leur force et leur stratégie, c’est le Messie Jésus qui demeure maître de la situation. Il s’avance librement, calme Pierre, guérit Malchus, et rappelle que tout se déroule selon le dessein divin.

Ainsi, les quatre récits montrent un contraste saisissant : la violence impulsive de Pierre, la peur des autorités, la confusion des soldats, et au centre, la souveraine tranquillité du Messie. Jésus ne se contente pas d’éviter l’escalade ; il manifeste une autorité qui n’a rien de militaire, mais tout de spirituel. Il se livre volontairement, protège les siens, fait du bien à celui qui le blesse, et avance vers la croix avec une détermination qui révèle la profondeur de son amour et la grandeur de sa mission.

Cet épisode souligne l’acceptation volontaire par le Messie Jésus de sa mission rédemptrice. Sa prière à Gethsémané anticipe le sacrifice de la croix, où il portera le péché du monde ( Esaïe 53.5-6 , 1 Pierre 2.24 ). La soumission du Messie Jésus illustre aussi l’exemple parfait pour les croyants confrontés à l’épreuve : veiller, prier, et accepter la volonté de Dieu même dans la souffrance ( 1 Pierre 4.1-2 ).

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