Synopse
Péricope 331
PER331 - L'arrestation

Consultation

Vous pouvez consulter l’annexe ANN027 : Le dernier repas de Pâque

Vous pouvez consulter l’annexe ANN028 : La journée juive au temps de Jésus

Vous pouvez consulter l’annexe ANN026 : L’heure de la crucifixion

Textes bibliques

Matthieu 26.48-50 (Louis Segond S21)

Celui qui le trahissait leur avait donné ce signe: «L'homme auquel je donnerai un baiser, c'est lui. Arrêtez-le!»

Aussitôt, il s'approcha de Jésus en disant: «Salut, maître!», et il l'embrassa.

Jésus lui dit: «Mon ami, ce que tu es venu faire, fais-le.» Alors ces gens s'avancèrent, mirent la main sur Jésus et l'arrêtèrent.

Marc 14.43-46 (Louis Segond S21)

Il parlait encore quand soudain arriva Judas, l'un des douze, avec une foule armée d'épées et de bâtons envoyée par les chefs des prêtres, par les spécialistes de la loi et par les anciens.

Celui qui le trahissait leur avait donné ce signe: «L'homme auquel je donnerai un baiser, c'est lui. Arrêtez-le et emmenez-le sous bonne garde!»

Dès qu'il fut arrivé, il s'approcha de Jésus en disant: «Maître!» et il l'embrassa.

Alors ces gens mirent la main sur Jésus et l'arrêtèrent.

Luc (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Jean 18.4-9 (Louis Segond S21)

Jésus, qui savait tout ce qui devait lui arriver, s'avança alors et leur dit: «Qui cherchez-vous?»

Ils lui répondirent: «Jésus de Nazareth.» Jésus leur dit: «C'est moi.» Judas, celui qui le trahissait, était avec eux.

Lorsque Jésus leur dit: «C'est moi», ils reculèrent et tombèrent par terre.

Il leur demanda de nouveau: «Qui cherchez-vous?» Ils dirent: «Jésus de Nazareth.»

Jésus répondit: «Je vous ai dit que c'est moi. Si donc c'est moi que vous cherchez, laissez partir ceux-ci.»

Il dit cela afin que s'accomplisse la parole qu'il avait prononcée: «Je n'ai perdu aucun de ceux que tu m'as donnés.»

Détails techniques

Lieu : Le jardin de Gethsémané au pied du Mont de Oliviers en face de la ville de Jérusalem

Date : le vendredi 1er avril, le matin très tôt

Mode opératoire : Nous suivons maintenant Marc

Note sur le mode opératoire : Matthieu, Luc et Jean notent aussi cet événement

Le Messie Jésus s’apprête à être arrêté, mais tout montre qu’il demeure pleinement maître du déroulement des événements.

Commentaires

Détails chronologiques, selon nos conclusions :

_8 Ils vont s’arrêter en bas du mont des Oliviers, au jardin de Gethsémané. Matthieu 26.36 ; Marc 14.32 .

_9 Ils passent une heure dans la prière, de 2 h à 3 h. Matthieu 26.40 .

_10 La troupe menée par Judas Iscariote arrive. Nous sommes toujours la nuit de jeudi, avant l’aube du vendredi, vers 3 h. Marc 14.43-52 ; Matthieu 26.47-56 ; Luc 22.47-53 ; Jean 18.2-12 .

_11 L’arrestation a lieu à ce moment-là, vers 3 h 30. Nous sommes à environ 1 km du Temple. Matthieu 26.47 ; Marc 14.43 ; Luc 22.47 ; Jean 18.3 .

Vous pouvez consulter l’intégralité de cette chronologie dans l’étude ANN026 : L’heure de la crucifixion.

 

Commentaire :

Dans les récits de Matthieu et de Marc, Judas a convenu d’un signe pour désigner le Messie Jésus à ceux qui viennent l’arrêter : un baiser, geste normalement associé à l’honneur et à l’amitié, mais qui devient ici l’instrument même de la trahison ( Proverbes 27.6 ).

Ce signe, pourtant clair, ne semble pas suffisant dans le tumulte de l’arrestation nocturne. Jean, qui ne mentionne pas le baiser, montre que Jésus doit lui-même intervenir pour dissiper toute ambiguïté. Il s’avance et déclare : « C’est moi », expression lourde de sens théologique ( Jean 18.5-6 ), rappelant sa souveraineté et son identité profonde, déjà affirmée dans son ministère ( Jean 8.58 ).

Par cette parole, le Messie Jésus montre qu’il ne subit pas l’arrestation mais qu’il s’y livre volontairement, conformément à la mission reçue du Père ( Jean 10.17-18 ).

En se présentant ainsi, le Messie Jésus protège ses disciples. Jean souligne qu’il demande explicitement qu’on les laisse partir ( Jean 18.8 ), accomplissant sa propre prière où il affirmait n’en avoir perdu aucun ( Jean 17.12 ). Jésus sait que la tension est extrême et que ses compagnons, encore fragiles, ne doivent pas être entraînés dans cette affaire. Il prend donc l’initiative pour éviter toute escalade.

Le contexte politique et social rend la scène encore plus chargée. Les autorités craignent une sédition, car le Messie Jésus exerce une influence réelle sur la population, comme l’ont montré les foules lors de son entrée à Jérusalem ( Matthieu 21.8-11 ). Les chefs religieux ont d’ailleurs décidé de l’arrêter de nuit pour éviter un soulèvement ( Marc 14.1-2 ).

Jean mentionne même la présence d’une cohorte ( Jean 18.3 ), terme pouvant désigner un détachement important, signe que l’opération est jugée sensible et potentiellement dangereuse. Ceux qui viennent arrêter le Messie Jésus ont été soigneusement choisis, car la situation pouvait basculer à tout moment. Il fallait agir vite, sans attirer l’attention, et surtout éviter que la foule ne se rassemble.

Lorsque Jésus prononce « C’est moi », les soldats reculent et tombent à terre ( Jean 18.6 ). Ce détail unique révèle la puissance morale et spirituelle du Messie. Malgré l’apparente faiblesse de sa position, il demeure maître de la situation. La force militaire se trouve renversée par la seule autorité de sa parole. Ce moment souligne que le Messie Jésus ne perd pas le contrôle : il se livre, mais personne ne le prend de force. Tout se déroule selon le plan divin, afin que s’accomplissent les Écritures ( Jean 18.9 ).

C’est alors que Pierre intervient. Les Synoptiques parlent d’un disciple, mais Jean l’identifie clairement ( Jean 18.10 ). Son geste impulsif, motivé par un attachement sincère mais mal orienté, montre qu’il n’a pas encore compris la nature du Royaume. Il croit devoir défendre Jésus par la force, alors que celui-ci vient précisément d’enseigner que la violence n’est pas la voie de ses disciples ( Matthieu 26.52 ).

Le Messie Jésus réprimande Pierre et lui rappelle que la coupe que le Père lui a donnée, il doit la boire ( Jean 18.11 ). La mission rédemptrice ne peut être détournée, car elle est l’expression suprême de l’amour divin pour le monde ( Jean 3.16-17 ).

Ainsi, en harmonisant les trois récits, on voit que Judas désigne le Messie Jésus par un signe d’amitié perverti, que le tumulte rend ce signe insuffisant, que le Messie Jésus se présente volontairement, qu’il protège ses disciples, que les soldats craignent une émeute, que Pierre réagit par la force, et que le Messie Jésus maintient le cap de sa mission.

Cette scène n’est pas seulement une arrestation : c’est la révélation d’un Messie souverain, qui se livre librement pour accomplir le salut annoncé depuis longtemps.

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