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PER353
Le partage des vêtements et les moqueries
La péricope PER353 analyse le partage des vêtements de Jésus et les moqueries lors de sa crucifixion au Golgotha. Les quatre évangiles convergent sur cet épisode : les soldats tirent au sort la tunique sans couture, accomplissant le Psaume 22.19. Luc rapporte la prière de pardon de Jésus pour ses bourreaux, Marc son cri d'abandon, et Matthieu les railleries des passants et chefs religieux. Cet article synoptique dégage la richesse théologique de chaque récit évangélique.
Psaumes 22.19 (Louis Segond S21) :*ils se partagent mes vêtements,ils tirent au sort mon habit.1Note22.19 Ils se partagent… habit: cité en Matthieu 27.35; Jean 19.24 comme réalisé par les soldats qui assistaient à la crucifixion de Jésus.Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.Niveau : Moyen Public : Intermediaire
PER353Le partage des vêtements et les moqueries
I La péricope PER353 traite d'un épisode central de la Passion de Jésus : le partage de ses vêtements par les soldats romains et les moqueries qui accompagnent sa crucifixion sur le mont Golgotha. Cet article s'inscrit dans une synopse comparative des quatre évangiles, permettant d'observer les convergences et les nuances propres à chaque évangéliste sur cet événement survenu le vendredi matin, vers 9 heures, selon la chronologie établie à partir du texte de Marc. Les quatre évangiles — Matthieu (27.35-44), Marc (15.24), Luc (23.34) et Jean (19.23-24) — rapportent unanimement le geste des soldats romains qui se partagent les vêtements de Jésus au pied de la croix. Ce comportement, courant dans la pratique militaire romaine où les effets du condamné revenaient aux exécuteurs, prend ici une dimension théologique considérable. Jean apporte un détail précis et significatif : la tunique de Jésus, tissée d'une seule pièce sans couture, n'est pas déchirée mais attribuée par tirage au sort, accomplissant ainsi explicitement la prophétie du Psaume 22.19. Matthieu souligne également cet accomplissement scripturaire, montrant que même dans des gestes apparemment anodins, les Écritures trouvent leur réalisation. L'article aborde également la question de la nudité des crucifiés. Contrairement aux représentations iconographiques traditionnelles qui couvrent Jésus d'un linge, les pratiques romaines indiquent que les condamnés à la crucifixion étaient généralement mis à nu, ce qui constituait une dimension supplémentaire de l'humiliation publique.
Matthieu 27.31-56 (Louis Segond S21) :Après s'être ainsi moqués de lui, ils lui enlevèrent le manteau, lui remirent ses vêtements et l'emmenèrent pour le crucifier.Lorsqu'ils sortirent, ils rencontrèrent un homme de Cyrène appelé Simon et le forcèrent à porter la croix de Jésus.Arrivés à un endroit appelé Golgotha – ce qui signifie «lieu du crâne» –,ils lui donnèrent à boire du vinaigre mêlé de fiel; mais quand il l'eut goûté, il ne voulut pas boire.Ils le crucifièrent, puis ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort [afin que s'accomplisse ce que le prophète avait annoncé: Ils se sont partagé mes vêtements et ils ont tiré au sort mon habit].Puis ils s'assirent et le gardèrent.Pour indiquer le motif de sa condamnation, on écrivit au-dessus de sa tête: «Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs.»Avec lui furent crucifiés deux brigands, l'un à sa droite et l'autre à sa gauche.Les passants l'insultaient et secouaient la têteen disant: «Toi qui détruis le temple et qui le reconstruis en trois jours, sauve-toi toi-même! Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix!»Les chefs des prêtres, avec les spécialistes de la loi et les anciens, se moquaient aussi de lui et disaient:«Il en a sauvé d'autres et il ne peut pas se sauver lui-même! S'il est roi d'Israël, qu'il descende maintenant de la croix et nous croirons en lui.Il s'est confié en Dieu; que Dieu le délivre maintenant, s'il l'aime! En effet, il a dit: ‘Je suis le Fils de Dieu.’»Les brigands crucifiés avec lui l'insultaient eux aussi de la même manière.De midi jusqu'à trois heures de l'après-midi, il y eut des ténèbres sur tout le pays.Vers trois heures de l'après-midi, Jésus s'écria d'une voix forte: «Eli, Eli, lama sabachthani?» – c'est-à-dire: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?Quelques-uns de ceux qui étaient là, après l'avoir entendu, disaient: «Il appelle Elie.»Aussitôt l'un d'eux courut prendre une éponge qu'il imbiba de vinaigre; il la fixa à un roseau et lui donna à boire.Mais les autres disaient: «Laisse donc, voyons si Elie viendra le sauver.»Jésus poussa de nouveau un grand cri et rendit l'esprit.Et voici que le voile du temple se déchira en deux depuis le haut jusqu'en bas, la terre trembla, les rochers se fendirent,les tombeaux s'ouvrirent et les corps de plusieurs saints qui étaient morts ressuscitèrent.Etant sortis des tombes, ils entrèrent dans la ville sainte après la résurrection de Jésus et apparurent à un grand nombre de personnes.A la vue du tremblement de terre et de ce qui venait d'arriver, l'officier romain et ceux qui étaient avec lui pour garder Jésus furent saisis d'une grande frayeur et dirent: «Cet homme était vraiment le Fils de Dieu.»Il y avait là bien des femmes qui regardaient de loin; elles avaient accompagné Jésus depuis la Galilée pour le servir.Parmi elles figuraient Marie de Magdala, Marie la mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée.Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.II La crucifixion visait autant à briser la dignité du condamné qu'à le faire périr physiquement, et cette réalité historique éclaire la portée de l'acte rédempteur accompli par Jésus dans un contexte d'abaissement total. Jean situe géographiquement la scène avec précision : Jésus est conduit jusqu'au Golgotha, dont le nom signifie « lieu du crâne », où il est crucifié entre deux autres hommes, en position centrale. Cette position médiane est interprétée comme soulignant à la fois son identification avec les pécheurs et sa place unique dans l'histoire du salut. Luc rapporte une parole de Jésus particulièrement remarquable dans ce contexte de violence et d'injustice : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font » (Luc 23.34). Alors qu'il subit le traitement le plus dégradant, Jésus intercède pour ses bourreaux. Cette parole révèle la profondeur de son amour et transforme la croix en lieu de pardon, donnant un sens spirituel à l'ensemble de la scène. Marc, pour sa part, met en lumière le cri de détresse de Jésus : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » (Marc 15.34), repris du Psaume 22.2. L'article précise que cette parole n'exprime pas une rupture définitive avec Dieu, mais manifeste la profondeur de l'abandon ressenti par celui qui porte le péché du monde.
Luc 23.34 (Louis Segond S21) :[Jésus dit: «Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font.»] Ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort.Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.III Ce cri est à comprendre dans la continuité du Psaume 22, qui s'achève sur une confiance restaurée en Dieu. Les moqueries constituent un autre élément central de cette péricope. Matthieu (27.39-44) décrit les passants, les chefs religieux et même les hommes crucifiés avec Jésus qui le défient de se sauver lui-même s'il est vraiment le Fils de Dieu. Ces railleries reflètent une incompréhension totale du sens de la mission de Jésus : c'est précisément parce qu'il ne descend pas de la croix qu'il accomplit son œuvre de salut. L'ironie dramatique est saisissante — ceux qui se moquent formulent, sans le savoir, la vérité même de la situation. En contraste avec cette atmosphère d'hostilité et d'indifférence, Jean mentionne la présence fidèle de quelques femmes et du disciple bien-aimé au pied de la croix (Jean 19.25), introduisant une note de fidélité et d'amour au cœur de la scène de rejet. Du point de vue synoptique, l'article illustre comment chaque évangéliste apporte sa propre perspective sur cet épisode, enrichissant la compréhension globale de la Passion. La démarche comparative permet de dégager à la fois l'unité du témoignage apostolique et la richesse des éclairages théologiques propres à chaque auteur inspiré.