Synopse
Péricope 293
PER293 - Les questions des étrangers au Messie Jésus

Consultation

Vous pouvez consulter l’annexe ANN072 : Les miracles

Vous pouvez consulter l’étude PAR000 : Les paraboles

Textes bibliques

Matthieu (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Marc (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Luc (Louis Segond S21) non cité dans le livre

Jean 12.20-50 (Louis Segond S21)

Il y avait des non-Juifs parmi ceux qui étaient montés pour adorer pendant la fête.

Ils s'adressèrent à Philippe, qui était de Bethsaïda en Galilée, et lui demandèrent: «Seigneur, nous voudrions voir Jésus.»

Philippe alla le dire à André, puis André et Philippe le dirent à Jésus.

Jésus leur répondit: «L'heure où le Fils de l'homme va être élevé dans sa gloire est venue.

En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit.

Celui qui aime sa vie la perdra et celui qui déteste sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle.

Si quelqu'un me sert, qu'il me suive, et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu'un me sert, le Père l'honorera.

Maintenant mon âme est troublée. Et que dirai-je? Père, délivre-moi de cette heure? Mais c'est pour cela que je suis venu jusqu'à cette heure.

Père, révèle la gloire de ton nom!» Une voix vint alors du ciel: «J'ai révélé sa gloire et je la révélerai encore.»

La foule qui était là, et qui avait entendu, disait que c'était le tonnerre. D'autres disaient: «Un ange lui a parlé.»

Jésus reprit la parole: «Ce n'est pas à cause de moi que cette voix s'est fait entendre, c'est à cause de vous.

C'est maintenant qu'a lieu le jugement de ce monde; c'est maintenant que le prince de ce monde va être jeté dehors.

Et moi, quand j'aurai été élevé de la terre, j'attirerai tous les hommes à moi.»

- Par ces paroles, il indiquait de quelle mort il allait mourir. -

La foule lui répondit: «Nous avons appris par la loi que le Messie vivra éternellement. Comment donc peux-tu dire: ‘Il faut que le Fils de l'homme soit élevé’? Qui est ce Fils de l'homme?»

Jésus leur dit: «La lumière est encore pour un peu de temps parmi vous. Marchez pendant que vous avez la lumière afin que les ténèbres ne vous surprennent pas, car celui qui marche dans les ténèbres ne sait pas où il va.

Pendant que vous avez la lumière, croyez en elle afin de devenir des enfants de lumière.» Après avoir dit cela, Jésus s'en alla et se cacha loin d'eux.

Malgré tous les signes miraculeux qu'il avait faits devant eux, ils ne croyaient pas en lui.

Ainsi s'accomplit la parole annoncée par le prophète Esaïe: Seigneur, qui a cru à notre prédication? Et à qui le bras du Seigneur a-t-il été révélé?

Esaïe a dit encore pourquoi ils ne pouvaient pas croire:

Il a aveuglé leurs yeux et il a endurci leur cœur pour qu'ils ne voient pas de leurs yeux, qu'ils ne comprennent pas dans leur cœur, qu'ils ne se convertissent pas et que je ne les guérisse pas.

Esaïe dit cela lorsqu'il vit sa gloire et qu'il parla de lui.

Cependant, même parmi les chefs, beaucoup crurent en lui; mais, à cause des pharisiens, ils ne le déclaraient pas, de crainte d'être exclus de la synagogue.

En effet, ils aimèrent la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu.

Quant à Jésus, il s'écria: «Celui qui croit en moi ne croit pas seulement en moi, mais en celui qui m'a envoyé,

et celui qui me voit voit celui qui m'a envoyé.

Moi, la lumière, je suis venu dans le monde afin que quiconque croit en moi ne reste pas dans les ténèbres.

Si quelqu'un entend mes paroles mais n'y croit pas, ce n'est pas moi qui le juge, car je suis venu non pour juger le monde, mais pour le sauver.

Celui qui me rejette et qui n'accepte pas mes paroles a son juge: la parole que j'ai annoncée, c'est elle qui le jugera, le dernier jour.

En effet, je n'ai pas parlé de ma propre initiative, mais le Père, qui m'a envoyé, m'a prescrit lui-même ce que je dois dire et annoncer,

et je sais que son commandement est la vie éternelle. C'est pourquoi ce que j'annonce, je l'annonce comme le Père me l'a dit.»

Détails techniques

Lieu : Le parvis des gentils du Temple de Jérusalem

Date : le mardi 29 mars 33

Mode opératoire : Nous retrouvons maintenant Jean

Note sur le mode opératoire : Jean est le seul à relater cet épisode

Le Messie Jésus répond aux questions d’étranger.

Commentaires

Cette scène relatée par Jean uniquement se déroule sur le parvis des gentils car ce sont des étrangers, surement des Grecs qui questionnent le Messie Jésus. Ils ne l’on pas abordé directement, surement par respect mais ont demandé un entretien à ses disciples et à Philippe en particulier.

Jean donne le détail que Philippe était originaire de Bethsaïda en Galilée. Ce village frontalier voyait des Juifs et des Gentils se côtoyer ce qui fait que Philippe, dont le nom est grec était très à l’aise avec ces non-Juifs. C’est d’ailleurs peut-être lui qui a favorisé ce contact.

Le passage de Jean 12.20-50 marque un tournant décisif dans le quatrième Évangile. Situé immédiatement après l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, il constitue le dernier discours public avant la Passion. L’épisode s’ouvre sur l’arrivée de Grecs venus adorer pendant la fête ( Jean 12.20-22 ), détail singulier et profondément symbolique : des non‑Juifs s’approchent du Messie d’Israël. L’Évangile de Jean y voit une annonce du caractère universel du salut, désormais ouvert à toutes les nations.

Leur demande — « Nous voudrions voir Jésus » — introduit une déclaration centrale : « L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié » ( Jean 12.23 ). Jusqu’alors, Jésus avait répété que son heure n’était pas encore venue ( Jean 2.4 ; Jean 7.30 ; Jean 8.20 ). L’arrivée des Grecs marque donc le déclenchement eschatologique : le temps de la glorification est arrivé, c’est‑à‑dire l’heure de la croix, comprise ici comme élévation et révélation. Chez Jean, la croix n’est pas seulement un supplice : elle est le moment où la gloire de Dieu se manifeste dans l’obéissance du Fils ( Jean 17.1 ).

Jésus illustre cette vérité à travers l’image du grain de blé ( Jean 12.24 ). Le grain doit mourir pour porter du fruit : la mort du Christ devient ainsi le principe de vie pour le monde. Ce thème agricole sert à exprimer le mystère de la fécondité du sacrifice : ce n’est qu’en tombant en terre, en se livrant à la mort, que la vie divine se multiplie. L’appel du v. 25 prolonge cette logique : celui qui aime sa vie la perd, mais celui qui la hait en ce monde la gardera pour la vie éternelle. Le disciple est invité à suivre la même voie paradoxale de renoncement et de confiance totale.

Dans la suite ( Jean 12.27-33 ), Jean introduit une scène dramatique où Jésus, troublé, exprime son angoisse face à l’heure qui s’approche. Cette prière évoque l’épisode de Gethsémané rapporté par les Synoptiques, mais Jean la situe publiquement, non dans un jardin. L’objet de la prière n’est pas l’évitement de la souffrance, mais la glorification du nom du Père. Une voix céleste répond : « Je l’ai glorifié, et je le glorifierai encore. » Cette théophanie rappelle le baptême et la transfiguration, mais elle reçoit ici une dimension sotériologique : le Père valide l’œuvre de son Fils.

L’annonce de :

Jean 12.32 (Louis Segond S21) :
Et moi, quand j'aurai été élevé de la terre, j'attirerai tous les hommes à moi.»

Condense le sens théologique du passage. L’élévation (ἐψώθην) est à la fois crucifixion, résurrection et exaltation. Jean unit ces trois dimensions pour présenter la croix comme le moment glorieux où le Christ devient le centre d’attraction universel. L’expression « tous les hommes » résonne en écho avec la venue des Grecs : la croix est la porte d’entrée du monde entier dans le salut.

Jean 12.34-36 rapporte la réaction de la foule, qui reste prisonnière de ses attentes messianiques terrestres : comment le Messie pourrait‑il mourir alors que l’Ecriture le présente comme éternel ? Le Messie Jésus ne répond pas directement, mais les invite à croire à la lumière tant qu’elle est encore parmi eux. Cette métaphore prolonge les thèmes johanniques de la révélation lumineuse (cf. Jean 8.12 ) : refuser la lumière, c’est s’enfoncer dans les ténèbres.

La section finale ( Jean 12.37-50 ) constitue une conclusion théologique du ministère public. Jean y commente la cécité d’Israël face aux signes. Malgré les miracles, beaucoup ne croient pas, accomplissant ainsi la prophétie d’Ésaïe :

Esaïe 6.10 (Louis Segond S21) :
Rends insensible le cœur de ce peuple,

Jean 12.40 (Louis Segond S21) :
Il a aveuglé leurs yeux et il a endurci leur cœur pour qu'ils ne voient pas de leurs yeux, qu'ils ne comprennent pas dans leur cœur, qu'ils ne se convertissent pas et que je ne les guérisse pas.

Jean insiste sur la responsabilité spirituelle du refus, mais aussi sur le mystère du dessein divin. Quelques-uns pourtant croient, notamment parmi les chefs, mais restent dans la peur de l’exclusion. Cette tension entre foi timide et incrédulité ouverte illustre la complexité du rapport au Christ dans l’Évangile.

Le discours se clôt par une synthèse christologique ( Jean 12.44-50 ) : croire en Jésus, c’est croire en Dieu qui l’a envoyé. Sa mission est lumineuse : il est venu comme lumière dans le monde pour sauver, non pour juger ( Jean 12.46-47 , Jean 3.17 ). Le jugement ne vient qu’en second temps, comme conséquence du refus de la Parole. La révélation finale associe donc foi, lumière et vie : celui qui reçoit le Christ entre dans la lumière, celui qui le rejette s’exclut lui‑même de la vie.

Conclusion

Jean 12.20-50 est une charnière narrative et théologique. C’est à la fois la fin du ministère public et le seuil de la Passion. L’appel des Grecs symbolise l’ouverture du salut à toutes les nations ; la croix est proclamée comme le lieu véritable de la gloire ; et la réponse finale du peuple confronte chacun à la question ultime : croire ou refuser la lumière. Cette page concentre en peu de versets toute la théologie johannique : la gloire de Dieu se révèle dans l’amour qui se donne jusqu’à la mort.

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