

Peu de temps après la révélation de l’ange, Marie, ayant probablement pris conscience de sa grossesse, décide de se rendre rapidement chez Élisabeth pour vérifier la véracité des paroles de l’ange Gabriel.
Comment a-t-elle pu convaincre ses parents de la laisser entreprendre un si long voyage ?
A-t-elle confié sa grossesse à sa mère ?
En révélant ces détails, elle risquait d’être perçue comme une illuminée, une menteuse ou une folle.
Quelle aurait été la réaction de sa famille et de son fiancé ?
Luc mentionne seulement que Marie se dirige vers le village d’Élisabeth et Zacharie, situé dans les montagnes de Judée. C’est l’hiver, le trajet prend environ cinq jours de marche. Elle aurait nécessairement rejoint un groupe de voyageurs de son village se rendant à la capitale.
Les parents et le fiancé ont donc donné leur accord pour ce voyage. Marie vit dans une société patriarchale.
Luc ne spécifie pas le nom du village où résident Élisabeth et Zacharie, bien que Marie semble le connaître. Aujourd’hui, les historiens situent souvent ce village à Ein Karem, près de Jérusalem, en raison des obligations de Zacharie.
Deux fois par an, il officie au temple pendant une semaine, sans compter les fêtes qui nécessitent également sa présence, laissant souvent Élisabeth seule.
Avec les récits d’Élisabeth, Marie comprend que l’enseignement religieux sur le Messie se concrétise. Tous les faits énoncés par les prophètes juifs deviennent réalité. Marie se dévoile comme une femme rationnelle, intelligente, avec une solide connaissance de l’histoire juive et une grande foi.
Cela était nécessaire pour ne pas être déstabilisée par un tel bouleversement de sa vie. La discrète Marie se révèle exceptionnelle.
On note qu’Élisabeth reconnaît la grossesse messianique de Marie.
Marie lui a-t-elle décrit son expérience ?
Quoi qu’il en soit, les deux femmes sont conscientes de la portée des événements qu’elles vivent.
Les manuscrits de Qumran révèlent que les Juifs attendaient deux messies : un sacerdotal et un royal. Élisabeth est de la lignée de Lévi et Marie de celle de Juda.
La conjonction de ces deux lignées leur permet de saisir l’accomplissement pratique des prophéties.