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Les écrits apocryphes
Les livres apocryphes sont des écrits religieux exclus du canon biblique officiel. On distingue les apocryphes de l'Ancien Testament (Tobie, Judith, Maccabées, Siracide…), reconnus comme deutérocanoniques par les catholiques et orthodoxes, et ceux du Nouveau Testament (Évangile de Thomas, de Philippe, de Marie-Madeleine…), souvent à coloration gnostique. Leur étude éclaire l'histoire religieuse et les débats des premiers siècles chrétiens, sans pour autant les placer au niveau des Écritures canoniques.
Niveau : Moyen Public : Intermediaire
INF029Les écrits apocryphes
I Les livres apocryphes sont des écrits religieux qui occupent une place particulière dans l'histoire du christianisme et du judaïsme. Le terme 'apocryphe' provient du grec et signifie 'caché' ou 'secret', ce qui reflète bien la nature de ces textes qui ont été mis de côté lors de la constitution du canon biblique officiel. Bien qu'ils ne fassent pas partie de la Bible hébraïque ou du Nouveau Testament canonique, ces livres présentent un intérêt historique, théologique et littéraire indéniable. On distingue généralement deux grandes catégories d'apocryphes : ceux de l'Ancien Testament et ceux du Nouveau Testament. Les apocryphes de l'Ancien Testament, également appelés 'deutérocanoniques' dans les traditions catholique et orthodoxe, sont des livres qui figurent dans la Septante (traduction grecque de l'Ancien Testament) et dans la Vulgate latine, mais qui sont absents du canon hébraïque reconnu par le judaïsme rabbinique et les Églises protestantes. Parmi ces écrits, on trouve le livre de Tobie, qui raconte l'histoire d'un jeune homme guidé par l'ange Raphaël dans une quête visant à récupérer une fortune familiale et à guérir son père de la cécité. Ce récit met en avant des thèmes comme la fidélité à Dieu, la prière et la providence divine. Le livre de Judith, quant à lui, relate l'histoire courageuse d'une veuve juive qui parvient à sauver son peuple en séduisant puis en décapitant le général assyrien Holopherne, symbolisant ainsi la victoire de la foi sur la puissance militaire.
II Les livres des Maccabées (1 et 2) offrent un témoignage précieux sur les révoltes juives contre l'oppression séleucide et sur le rôle de Judas Maccabée dans la résistance et la rédédicace du Temple de Jérusalem. La Sagesse de Salomon aborde des thèmes profonds tels que la justice divine et l'immortalité de l'âme, tandis que l'Ecclésiastique, ou livre de Siracide, propose des conseils pratiques sur la conduite morale et la foi. Enfin, le livre de Baruch, attribué au scribe du prophète Jérémie, contient des prières et des exhortations à la repentance adressées au peuple d'Israël en exil. Les apocryphes du Nouveau Testament constituent une catégorie distincte, regroupant des textes associés aux traditions chrétiennes primitives mais qui n'ont pas été retenus dans le canon néotestamentaire. L'Évangile de Thomas est l'un des plus célèbres : il rassemble 114 paroles attribuées à Jésus et présente souvent une coloration gnostique, insistant sur la connaissance intérieure comme voie de salut. L'Évangile de Philippe, également d'inspiration gnostique, explore des mystères sacrés et la relation spirituelle entre Jésus et Marie-Madeleine. Les Actes de Pierre relatent les miracles accomplis par l'apôtre Pierre ainsi que son martyre à Rome. L'Apocalypse de Pierre offre des visions détaillées du paradis et de l'enfer attribuées à cet apôtre.
III L'Évangile de Marie-Madeleine, texte ésotérique, présente des enseignements mystiques de Jésus transmis par cette figure féminine importante. L'étude des livres apocryphes permet de mieux comprendre la diversité des courants religieux qui ont existé aux premiers siècles du christianisme et du judaïsme. Ces textes témoignent des débats théologiques, des spéculations spirituelles et des préoccupations pastorales de communautés qui ont cherché à exprimer leur foi de manières variées. Cependant, il est important de souligner que l'Église des premiers siècles a délibérément écarté ces écrits du canon officiel, notamment parce que certains d'entre eux véhiculaient des doctrines considérées comme hétérodoxes, voire incompatibles avec la foi apostolique authentique. Les récits apocryphes du Nouveau Testament en particulier relèvent souvent de l'imaginaire ou de la spéculation théologique, et ne peuvent être mis sur le même plan que les textes canoniques reconnus comme inspirés. Leur connaissance reste néanmoins utile pour distinguer clairement ce qui appartient au dépôt de la foi chrétienne de ce qui constitue une littérature religieuse périphérique, et pour mieux apprécier les critères qui ont présidé à la formation du canon biblique.
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La Vulgate
La Vulgate est une traduction latine de la Bible réalisée par saint Jérôme à la fin du IVe siècle, sur demande du pape Damase Ier. Traduite principalement depuis l'hébreu pour l'Ancien Testament et révisée depuis le grec pour le Nouveau Testament, elle devint la version standard de l'Église catholique romaine pendant plus de mille ans. Le Concile de Trente en fit officiellement l'édition authentique au XVIe siècle. Son influence sur la culture, la théologie et la liturgie occidentales est considérable.
Niveau : Moyen Public : Intermediaire
INF068La Vulgate
I La Vulgate est l'une des traductions bibliques les plus importantes de l'histoire chrétienne. Il s'agit d'une version latine de la Bible réalisée principalement par saint Jérôme à la fin du IVe siècle, sur demande expresse du pape Damase Ier. Cette traduction a joué un rôle central dans l'unification doctrinale et liturgique de l'Église catholique romaine pendant plus d'un millénaire. L'origine de la Vulgate remonte à l'année 382, lorsque le pape Damase Ier confia à saint Jérôme la mission de réviser les anciennes traductions latines des Écritures, connues sous le nom de Vetus Latina. Ces traductions antérieures étaient nombreuses, disparates et de qualité inégale, ce qui créait des difficultés pour l'Église dans sa mission d'enseignement et de liturgie. Il fallait donc une version unifiée, fiable et accessible en latin, langue commune de l'Occident chrétien de l'époque. Saint Jérôme, érudit reconnu et maîtrisant l'hébreu, le grec et le latin, était particulièrement bien placé pour accomplir cette tâche monumentale. Pour l'Ancien Testament, il fit le choix audacieux de traduire directement depuis l'hébreu, s'écartant ainsi de la pratique courante qui consistait à s'appuyer sur la Septante, la version grecque de l'Ancien Testament largement utilisée dans les communautés chrétiennes. Cette approche lui valut certaines critiques de ses contemporains, dont saint Augustin, qui craignaient que l'abandon de la Septante ne crée de divisions avec les Églises d'Orient.
II Néanmoins, Jérôme maintint sa démarche philologique rigoureuse, convaincue qu'une traduction fidèle à l'hébreu original était indispensable. Pour certains livres deutérocanoniques, il s'appuya toutefois sur la Septante. Concernant le Nouveau Testament, Jérôme procéda à une révision des traductions latines existantes en les comparant avec les manuscrits grecs disponibles, sans en proposer une retraduction complète. Le terme « Vulgate » vient du latin « vulgata », signifiant « répandue » ou « commune », reflétant ainsi sa vocation à être la Bible du peuple chrétien occidental. Au fil des siècles, la Vulgate s'imposa progressivement comme la référence canonique de l'Église d'Occident, supplantant les versions antérieures et devenant le texte de base pour la théologie, la liturgie, l'enseignement et la prédication. Son importance fut solennellement réaffirmée au XVIe siècle lors du Concile de Trente (1545-1563), en réponse à la Réforme protestante. Le concile décréta que la Vulgate était l'édition authentique et officielle de la Bible pour l'Église catholique romaine, lui conférant ainsi une autorité canonique formelle. Cette décision eut des répercussions importantes sur le débat théologique de l'époque, notamment face aux humanistes et réformateurs qui prônaient un retour aux textes originaux en hébreu et en grec. L'héritage de la Vulgate est considérable.
III Sur le plan culturel et littéraire, elle a profondément influencé la langue latine médiévale, la théologie scolastique, la liturgie catholique et même les langues vernaculaires européennes, dont beaucoup ont puisé dans la Vulgate pour leurs propres traductions bibliques. Des œuvres majeures de la littérature occidentale, de la philosophie et de l'art ont été nourries par le vocabulaire et les images de cette traduction. Au XXe siècle, l'Église catholique a entrepris une révision de la Vulgate, connue sous le nom de Nova Vulgata, promulguée officiellement en 1979 sous le pontificat de Jean-Paul II. Cette version révisée tient compte des avancées de la critique textuelle et des découvertes archéologiques comme les manuscrits de la mer Morte. Elle constitue aujourd'hui le texte latin officiel de référence pour la liturgie et les documents officiels de l'Église catholique. En conclusion, la Vulgate demeure un monument incontournable de l'histoire biblique et chrétienne. Fruit du travail acharné de saint Jérôme, elle a traversé les siècles en structurant la foi, la liturgie et la pensée théologique de l'Occident chrétien. Son étude reste indispensable pour quiconque souhaite comprendre l'histoire de la transmission et de la réception de la Bible dans la tradition catholique.