
Introduction
Voici la vingt-et-uniÚme question ou contradiction présentée sur le site www.islamland.com, référencée sous le numéro 47 (Citation adaptée pour des raisons de clarté).
Judas a-t-il embrassé Jésus ?
1) : Oui. ( Matthieu 26.48-50 ).
2) : Non. Judas ne pouvait pas sâapprocher suffisamment de JĂ©sus pour lâembrasser ( Jean 18.3-12 ).
Notre réponse :
Regardons les textes en question.
La question de savoir si Judas a embrassĂ© JĂ©sus lors de son arrestation repose sur une divergence apparente entre les rĂ©cits Ă©vangĂ©liques : les Ăvangiles synoptiques rapportent explicitement ce geste ( Matthieu 26.48-50 ; Marc 14.44-45 ; Luc 22.47-48 ), tandis que lâĂvangile selon Jean ne le mentionne pas ( Jean 18.3-12 ). Une analyse attentive montre toutefois quâil ne sâagit pas dâune contradiction, mais dâune diffĂ©rence de sĂ©lection narrative.
Les Ăvangiles synoptiques dĂ©crivent le baiser comme le signe convenu entre Judas et les autoritĂ©s pour identifier JĂ©sus dans lâobscuritĂ©. Ce geste joue un rĂŽle central dans leur narration, puisquâil constitue lâĂ©lĂ©ment dĂ©clencheur de lâarrestation. Luc souligne mĂȘme la dimension dramatique de lâĂ©vĂ©nement en rapportant la parole de JĂ©sus : « Judas, câest par un baiser que tu livres le Fils de lâhomme ? » ( Luc 22.48 ).
En revanche, lâĂvangile selon Jean adopte une autre perspective. Il met lâaccent sur lâinitiative de JĂ©sus, qui sâavance volontairement vers la troupe venue lâarrĂȘter ( Jean 18.4-5 ). Ce choix narratif vise Ă souligner la maĂźtrise de JĂ©sus sur les Ă©vĂ©nements et lâaspect volontaire de son arrestation. Lâabsence de mention du baiser ne signifie pas quâil nâa pas eu lieu, mais quâil nâest pas retenu comme Ă©lĂ©ment significatif dans cette prĂ©sentation.
Ces deux approches sont complĂ©mentaires. Le rĂ©cit johannique peut ĂȘtre compris comme sâinscrivant dans la mĂȘme sĂ©quence que celle des synoptiques : JĂ©sus sâavance, les disciples sont saisis par la confusion ( Jean 18.6 ; cf. Matthieu 26.56 ), et Judas peut alors accomplir le signe convenu. Lâintervention de Pierre, qui frappe le serviteur du grand prĂȘtre ( Jean 18.10 ), confirme le climat de tension et de dĂ©sordre dans lequel se dĂ©roule la scĂšne.
Par ailleurs, la mĂ©thode rĂ©dactionnelle de Jean se distingue par une sĂ©lection volontaire des Ă©lĂ©ments, souvent en complĂ©ment des traditions dĂ©jĂ connues. Son objectif nâest pas de rĂ©pĂ©ter exhaustivement les faits, mais de mettre en lumiĂšre des aspects thĂ©ologiques spĂ©cifiques, ici lâautoritĂ© souveraine de JĂ©sus face Ă ses adversaires.
En conclusion, Judas a bien embrassĂ© JĂ©sus, comme le rapportent explicitement les Ăvangiles synoptiques. Le silence de Jean sur ce point ne constitue pas une nĂ©gation, mais un choix narratif orientĂ© vers une autre dimension de lâĂ©vĂ©nement. Les rĂ©cits Ă©vangĂ©liques, loin de se contredire, se complĂštent pour offrir une comprĂ©hension plus riche et cohĂ©rente de la scĂšne.