Comment Pierre connaissait-il l’heure ?
Les Juifs divisaient le jour en douze heures
Le jour commençait au lever du soleil, vers 6 heures du matin, et était divisé en douze heures ( Jean 11.9 ). Ainsi :
- première heure : environ 7 h ;
- troisième heure : environ 9 h ;
- sixième heure : environ midi ;
- neuvième heure : environ 15 h ( Matthieu 27.45 ; Actes des apôtres 3.1 ).
Il ne s’agissait pas d’heures fixes comme les nôtres, mais d’approximations fondées sur la position du soleil.
Dans le cas d’Actes 3.1, la question est plus délicate, car Luc précise :
« Pierre et Jean montaient ensemble au Temple, à l’heure de la prière : c’était la neuvième heure » ( Actes des apôtres 3.1 ).
La neuvième heure correspond approximativement à 15 heures. Comment les apôtres pouvaient-ils connaître cette heure ?
Les rites du Temple fournissaient des repères horaires
La réponse la plus probable est que les heures de prière étaient étroitement liées au service quotidien du Temple. Le sacrifice du soir était offert vers la neuvième heure ( Exode 29.38-42 ), et cette heure était connue de tous les Juifs pieux. Une foule importante se rendait alors au Temple pour la prière ( Luc 1.10 ).
Pierre et Jean n’avaient donc pas besoin d’une horloge. Le mouvement des fidèles, les activités des prêtres et probablement les sonneries de trompettes annonçant les différentes phases du culte constituaient autant de repères horaires. L’historien juif Flavius Josèphe mentionne d’ailleurs l’usage des trompettes pour signaler certains moments importants du service du Temple.
L’observation du soleil
Comme tous les habitants du monde antique, les apôtres savaient également estimer l’heure grâce à la position du soleil. La neuvième heure ne correspondait pas à 15 heures précises au sens moderne, mais à une période située au milieu de l’après-midi.
Pourquoi Luc précise-t-il l’heure ?
Il ne s’agit probablement pas d’un détail anodin. Luc veut montrer que Pierre et Jean continuaient à participer à la vie religieuse juive. La première communauté chrétienne ne se considérait pas encore comme séparée du judaïsme. Les disciples fréquentaient quotidiennement le Temple ( Actes des apôtres 2.46 ) et observaient les heures traditionnelles de prière. La guérison du boiteux intervient ainsi au moment où un grand nombre de fidèles étaient présents, ce qui explique l’importance de la foule qui se rassembla ensuite autour des apôtres ( Actes des apôtres 3.11 ).
D’un point de vue pratique, il est donc très vraisemblable que Pierre et Jean connaissaient l’approche de la neuvième heure grâce au déroulement régulier du culte du Temple, davantage qu’au moyen d’un instrument de mesure précis.