Actes du Saint-Esprit
Actes des Apôtres 016
ADA016 - La solidarité des croyants

Consultation

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Textes bibliques

Actes des apôtres 4.32-36 (Louis Segond S21)

La foule de ceux qui avaient cru n'était qu'un cœur et qu'une âme. Personne ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais ils mettaient tout en commun.

Avec beaucoup de puissance, les apôtres rendaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus, et une grande grâce reposait sur eux tous.

Il n'y avait aucun nécessiteux parmi eux: tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de ce qu'ils avaient vendu

et le déposaient aux pieds des apôtres; et l'on faisait des distributions à chacun en fonction de ses besoins.

Joseph – celui que les apôtres surnommaient Barnabas, ce qui signifie «fils d'encouragement» –, un Lévite originaire de Chypre,

Détails techniques

Lieu : Ville de Jérusalem

Date : Printemps 33

Mode opératoire : Nous suivons Luc dans son second ouvrage

Note sur le mode opératoire : Ces informations se trouvent uniquement chez Luc

Luc décrit le fonctionnement de l’Église primitive et montre comment l’action du Saint-Esprit se traduisait concrètement par l’unité, l’amour fraternel et la solidarité qui régnaient parmi les croyants.

Commentaires

L’unité et la solidarité de l’Église primitive

Luc interrompt momentanément le récit des persécutions pour décrire l’organisation et la vie quotidienne de la jeune Église de Jérusalem ( Actes des apôtres 4.32-37 ). Il souligne avant tout l’unité remarquable qui caractérisait cette communauté : « La multitude de ceux qui avaient cru n’était qu’un cœur et qu’une âme » ( Actes des apôtres 4.32 ). Cette expression rappelle les appels à l’unité que l’on retrouve plus tard dans les épîtres ( Ephésiens 4.1-6 ; Philippiens 2.1-4 ).

Cette communion spirituelle se traduisait concrètement par une profonde solidarité matérielle. Les croyants ne considéraient plus leurs biens comme leur appartenant exclusivement, mais ils les mettaient volontairement au service de la communauté. Luc précise qu’il n’y avait aucun nécessiteux parmi eux ( Actes des apôtres 4.34 ), reprenant ainsi une promesse de la Loi qui devait caractériser le peuple de Dieu ( Deutéronome 15.4 ).

Certains disciples possédaient des terres ou des propriétés. Ils les vendaient librement et apportaient le produit de ces ventes aux apôtres, qui avaient la responsabilité de le redistribuer selon les besoins de chacun ( Actes des apôtres 4.35 ). Il ne s’agissait nullement d’une mise en commun obligatoire des biens, mais d’une démarche volontaire inspirée par l’amour fraternel. Les besoins auxquels il fallait répondre concernaient essentiellement la nourriture, l’hébergement et les nécessités quotidiennes des familles les plus modestes.

Luc laisse entendre qu’une grande confiance régnait au sein de cette communauté. Personne ne cherchait à s’enrichir au détriment des autres, et les apôtres constituaient les garants de cette gestion commune. Cette probité et cette générosité témoignaient de la transformation opérée par l’Évangile dans la vie des croyants. Les richesses matérielles n’occupaient plus la place centrale qu’elles avaient souvent dans la société de l’époque. À l’inverse du jeune homme riche qui n’avait pu se résoudre à abandonner ses biens pour suivre Jésus ( Matthieu 19.16-22 ), plusieurs disciples étaient désormais prêts à se dessaisir volontairement d’une partie de leur patrimoine pour venir en aide à leurs frères et sœurs dans la foi.

Cette solidarité s’accompagnait du puissant témoignage rendu par les apôtres à la résurrection du Seigneur Jésus. Luc souligne qu’ils rendaient ce témoignage « avec beaucoup de force » et qu’une grande grâce reposait sur l’ensemble de la communauté ( Actes des apôtres 4.33 ). L’action de Dieu ne se manifestait donc pas seulement par les miracles accomplis au travers des apôtres, mais également par l’unité, l’amour fraternel et la générosité qui caractérisaient les croyants. Ces qualités contribuaient certainement au développement régulier de l’Église ( Actes des apôtres 2.47 ).

Enfin, Luc introduit le personnage de Joseph, surnommé Barnabas par les apôtres, un Lévite originaire de Chypre ( Actes des apôtres 4.36 ). En vendant un champ qu’il possédait et en remettant le produit de la vente aux apôtres ( Actes des apôtres 4.37 ), Barnabas devient un exemple concret de cette générosité. Cette brève présentation n’est probablement pas fortuite, car ce disciple appelé à devenir l’un des principaux collaborateurs de Paul jouera un rôle majeur dans l’expansion du christianisme. Nous avons consacré une étude particulière à ce personnage important de l’Église primitive.

Je vous suggérerais également d’ajouter une courte conclusion mettant en évidence que, pour Luc, la puissance du Saint-Esprit ne se manifestait pas uniquement par les miracles et les discours des apôtres, mais aussi par la transformation des relations humaines et par la solidarité qui régnait au sein de la communauté chrétienne. Cette idée prépare admirablement le contraste avec l’épisode d’Ananias et de Saphira en Actes des apôtres 5.1-11 .

Ainsi, aux yeux de Luc, la puissance de Dieu ne se manifestait pas uniquement au travers des miracles accomplis par les apôtres ou de leur témoignage rendu à la résurrection du Messie Jésus ( Actes des apôtres 4.33 ). Elle se révélait également dans la transformation profonde des relations humaines, dans l’unité qui régnait parmi les croyants et dans la générosité dont ils faisaient preuve les uns envers les autres. Cette œuvre du Saint-Esprit permettait à la jeune Église de refléter concrètement les enseignements de Jésus sur l’amour fraternel ( Jean 13.34-35 ). Toutefois, Luc va bientôt montrer que cette unité demeurait fragile et que tous ne partageaient pas nécessairement la même sincérité. Le récit d’Ananias et de Saphira ( Actes des apôtres 5.1-11 ) viendra rappeler que, malgré l’action remarquable de Dieu au sein de la communauté, l’Église primitive n’était pas à l’abri des faiblesses et des tentations humaines.

 

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