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Introduction
Les quatre Évangiles rapportent la crucifixion de Jésus avec une précision remarquable pour l’époque. Pourtant, une apparente contradiction concernant l’heure exacte des événements a suscité de nombreux débats depuis l’Antiquité. Les Évangiles synoptiques (Matthieu, Marc et Luc) indiquent que Jésus fut crucifié à la troisième heure, tandis que Jean mentionne la sixième heure lors du procès devant Pilate ( Jean 19.14 ).
Cette divergence mérite-t-elle d’ébranler la fiabilité des témoignages évangéliques ? Ou existe-t-il une explication cohérente qui réconcilie ces données ?
Pour répondre à cette question, il convient d’examiner les systèmes de mesure du temps en vigueur au premier siècle, le contexte culturel et liturgique juif, ainsi que les intentions rédactionnelles de chaque auteur. Notre analyse démontrera que ces récits, loin de se contredire, se complètent harmonieusement.
I. Les données des Évangiles synoptiques
1 – L’heure de la mise en croix
Marc fournit l’indication la plus explicite concernant le début de la crucifixion :
Regardez la traduction Darby !
Dans le système horaire juif, la journée commence au lever du soleil, soit environ 6 heures du matin. La troisième heure correspond donc à 9 heures du matin. Cette indication situe le moment où les soldats romains clouèrent Jésus sur la croix.
2 – Les ténèbres surnaturelles
Les trois Évangiles synoptiques rapportent un phénomène extraordinaire survenu pendant la crucifixion :
Regardez la traduction Darby ! ( Marc 15.33 , Luc 23.44-45 )
Selon le système juif :
- La sixième heure correspond à midi
- La neuvième heure correspond à 15 heures
Ces ténèbres en plein jour constituent un signe cosmique majeur. Luc précise que « le soleil s’obscurcit » ( Luc 23.45 ), indiquant un événement surnaturel et non une simple éclipse, astronomiquement impossible lors de la pleine lune pascale.
3 – L’heure de la mort
La mort de Jésus survint à la neuvième heure, soit vers 15 heures :
« À la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte : « Éloï, Éloï, lama sabachthani ? » ce qui signifie : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » […] Et Jésus, ayant poussé un grand cri, expira. » ( Marc 15.34-37 ; Matthieu 27.46-50 ; Luc 23.44-46 ). Regardez la traduction Darby !
4 – Synthèse chronologique des synoptiques
| Événement | Heure juive | Heure moderne |
| Crucifixion | 3ᵉ heure | ~9h00 |
| Début des ténèbres | 6ᵉ heure | ~12h00 |
| Mort de Jésus | 9ᵉ heure | ~15h00 |
II. Comparaison des informations des Evangiles
III. La difficulté posée par Jean
1 – Le verset problématique
Jean introduit une donnée qui semble contredire les synoptiques :
Regardez la traduction Darby ou NEG !
Si Jean utilisait le système juif, la sixième heure correspondrait à midi. Or, selon les synoptiques, Jésus était déjà sur la croix depuis trois heures à ce moment-là, et les ténèbres commençaient à couvrir le pays. Comment Pilate aurait-il pu prononcer sa sentence alors que la crucifixion était déjà en cours depuis longtemps ?
2- Les solutions proposées
Plusieurs hypothèses ont été avancées pour résoudre cette difficulté :
a – L’erreur de copiste
Dès le deuxième siècle, certains manuscrits présentent « troisième heure » au lieu de « sixième heure » en Jean 19.14 . Cette variante s’explique par la ressemblance entre les lettres grecques gamma (Γ = 3) et digamma/stigma (ϛ = 6). Eusèbe de Césarée mentionne cette possibilité dans ses écrits.
Cependant, la majorité des manuscrits anciens conservent « sixième heure », rendant cette solution insuffisante.
b – Le système des quarts de jour
Certains commentateurs proposent que les Évangiles utilisent un système de « veilles » ou quarts de jour, chaque période couvrant trois heures :
1ʳᵉ veille : 6h-9h
2ᵉ veille : 9h-12h
3ᵉ veille : 12h-15h
4ᵉ veille : 15h-18h
Dans ce système, tout événement survenant entre 6h et 9h serait daté de la « troisième heure », et tout événement entre 9h et 12h de la « sixième heure ». Les deux indications (Marc et Jean) pourraient alors désigner des moments proches.
Cette hypothèse explique l’usage du terme « environ » (ὡς/hōs) qui indique une approximation plutôt qu’une précision horlogère.
c – L’utilisation du système romain par Jean (hypothèse privilégiée)
La solution la plus satisfaisante repose sur le fait que Jean utilise le système horaire romain, différent du système juif.
IV. Jean utilise le système romain
1 – Les deux systèmes de mesure du temps
| Système | Début du jour | 6ᵉ heure = |
| Juif | Lever du soleil (~6h) | Midi |
| Romain | Minuit | 6h du matin |
Le système romain comptait les heures à partir de minuit, comme nous le faisons aujourd’hui. La sixième heure romaine correspond donc à 6 heures du matin.
2 – Preuves de l’usage romain par Jean
a – La mention du « soir du dimanche »
En Jean 20.19 , l’auteur écrit : « Le soir de ce jour, qui était le premier de la semaine… » Pour un Juif strict, le « premier jour de la semaine » aurait déjà commencé la veille au coucher du soleil (samedi soir). En désignant le dimanche soir comme appartenant encore au premier jour, Jean adopte la convention romaine.
b – Le public visé
Jean écrit depuis Éphèse, en Asie Mineure, pour un public majoritairement helléno-romain. L’utilisation du système horaire local facilite la compréhension de ses lecteurs.
c – La cohérence narrative
Si Jean indique 6 heures du matin pour la comparution finale devant Pilate, cela s’harmonise parfaitement avec les synoptiques :
~6h00 : Sentence de Pilate (Jean)
~9h00 : Mise en croix (Marc)
L’intervalle de trois heures permet le déroulement des événements intermédiaires : flagellation, moqueries des soldats, chemin vers le Golgotha, et préparatifs de la crucifixion.
V. La parenthèse de Jean 19.14
La structure grammaticale du verset mérite attention. Plusieurs traductions, dont celle de Darby, placent l’indication temporelle entre parenthèses :
« (Or c’était la Préparation de la Pâque, c’était environ la sixième heure 😉 et il dit aux Juifs : « Voici votre roi ! » » ( Jean 19.14 , Darby)
Cette parenthèse suggère que Jean insère une note contextuelle plutôt qu’une indication chronologique strictement liée à la phrase suivante. Il précise le moment où Pilate commença à siéger ce jour-là, non l’heure exacte de chaque parole.
VI. Le contexte liturgique : les heures de prière
1 – Les trois prières quotidiennes
La tradition juive établit trois temps de prière quotidiens :
- Shacharit (prière du matin) : vers la 3ᵉ heure (9h)
- Min’ha (prière de l’après-midi) : vers la 9ᵉ heure (15h)
- Ma’ariv (prière du soir) : après le coucher du soleil
Ces heures structuraient la vie religieuse à Jérusalem. Le shofar retentissait depuis le Temple pour appeler les fidèles à la prière.
2 – Correspondance avec les événements de la Passion
| Heure de prière | Événement correspondant |
| 3ᵉ heure (9h) – Shacharit | Mise en croix |
| 6ᵉ heure (12h) | Début des ténèbres |
| 9ᵉ heure (15h) – Min’ha | Mort de Jésus |
Cette correspondance n’est probablement pas fortuite. Matthieu, témoin oculaire et Juif pieux, a naturellement associé les événements aux repères temporels qui rythmaient sa journée. Le son du shofar appelant à la prière de Min’ha a pu coïncider avec le dernier cri de Jésus.
3 – Confirmation dans les Actes des Apôtres
Le livre des Actes confirme l’importance de ces heures :
VII. La signification de « Préparation de la Pâque »
1 – Clarification terminologique
L’expression « Préparation de la Pâque » ( Jean 19.14 ) a parfois été interprétée comme désignant le jeudi, veille du repas pascal. Cette lecture placerait la crucifixion un jour plus tôt que dans les synoptiques.
Cependant, cette interprétation méconnaît l’usage linguistique du premier siècle. Au temps de Jésus, le terme « Pâque » englobait souvent l’ensemble de la semaine festive, incluant les sept jours des Pains sans levain qui suivaient immédiatement le repas pascal ( Luc 22.1 ; Exode 12.15-20 ).
2 – Le vendredi comme jour de préparation
Le mot grec paraskeuē (παρασκευή), traduit par « préparation », désigne techniquement le vendredi, jour précédant le sabbat. Marc le confirme explicitement :
Jean lui-même utilise cette terminologie :
La « Préparation de la Pâque » désigne donc le vendredi de la semaine pascale, non le jeudi précédant le repas.
VIII. La précision temporelle dans l’Antiquité
1 – L’approximation comme norme
Il serait anachronique d’exiger des auteurs antiques la précision horlogère de notre époque. Les instruments de mesure — cadrans solaires, clepsydres — étaient rares et imprécis. La plupart des gens se repéraient grâce à la position du soleil, aux repas, aux heures de prière, ou aux veilles nocturnes.
Le terme « environ » (ὡς ou ὡσεί en grec) apparaît fréquemment dans les indications temporelles évangéliques, signalant une estimation plutôt qu’une mesure exacte ( Jean 19.14 , Luc 23.44 ).
2 – La valeur des indications horaires
Malgré cette approximation, les données temporelles des Évangiles présentent une cohérence remarquable. Elles permettent de reconstituer le déroulement des événements sur une période d’environ douze heures, de l’arrestation nocturne à la mise au tombeau avant le sabbat.
IX. Reconstitution chronologique du vendredi 1ᵉʳ avril 33
1 – De l’aube à la crucifixion
| Heure estimée | Événement | Références |
| ~3h00-4h00 | Arrestation au jardin de Gethsémané | Matthieu 26.47-56 ; Marc 14.43-52 ; Jean 18.2-12 |
| ~4h00-4h30 | Comparution devant Anne |
Format attendu : Livre Chapitre.Verset ou Livre Chapitre.Verset1-Verset2 (ex. « Ge 4.1-10 »).
|
| ~4h30-6h00 | Procès devant Caïphe et le Sanhédrin | Matthieu 26.57-68 ; Marc 14.53-65 |
| ~6h00-6h15 | Chant du coq, reniement de Pierre | Matthieu 26.74-75 ; Marc 14.72 ; Luc 22.60-62 |
| ~6h00-6h30 | Condamnation officielle au lever du jour | Matthieu 27.1 ; Marc 15.1 ; Luc 22.66-71 |
| ~6h00 | Comparution devant Pilate (6ᵉ heure romaine) | Jean 19.14 |
| ~7h00-7h30 | Envoi chez Hérode Antipas | Luc 23.6-12 |
| ~7h30-8h30 | Retour chez Pilate, flagellation | Matthieu 27.15-30 ; Jean 19.1-16 |
| ~8h30-9h00 | Chemin vers le Golgotha | Matthieu 27.32 ; Marc 15.21 ; Luc 23.26 |
2 – De la crucifixion à la mise au tombeau
| Heure estimée | Événement | Références |
| ~9h00 | Mise en croix (3ᵉ heure juive) | Marc 15.25 |
| 9h00-12h00 | Jésus sur la croix, paroles, moqueries | Matthieu 27.35-44 ; Luc 23.33-43 ; Jean 19.18-27 |
| ~12h00 | Début des ténèbres (6ᵉ heure juive) | Matthieu 27.45 ; Marc 15.33 |
| 12h00-15h00 | Ténèbres sur le pays | Luc 23.44-45 |
| ~15h00 | Mort de Jésus (9ᵉ heure juive) | Matthieu 27.46-50 ; Marc 15.34-37 |
| ~15h00-17h00 | Démarches de Joseph d’Arimathée | Matthieu 27.57-58 ; Marc 15.42-45 |
| ~17h00-18h00 | Mise au tombeau avant le sabbat | Matthieu 27.59-60 ; Jean 19.38-42 |
X. Arguments supplémentaires pour l’harmonisation
1 – La fiabilité des témoins
Les auteurs des Évangiles étaient soit témoins directs (Matthieu, Jean), soit proches collaborateurs de témoins (Marc avec Pierre, Luc enquêteur minutieux). Ils écrivaient à une époque où d’autres témoins pouvaient contester leurs affirmations. Une contradiction flagrante sur un événement aussi public aurait été immédiatement relevée.
2 – La complémentarité des perspectives
Chaque évangéliste écrit pour un public spécifique avec des préoccupations distinctes :
- Matthieu s’adresse aux Juifs et utilise naturellement le système juif
- Marc, influencé par Pierre, conserve les repères juifs
- Luc, médecin grec, maintient le système juif par fidélité à ses sources
- Jean, écrivant tardivement depuis l’Asie Mineure pour un public helléno-romain, adopte leurs conventions
Cette diversité enrichit le témoignage plutôt qu’elle ne le compromet.
3 – L’absence de tentative d’harmonisation
Si les auteurs avaient inventé ou copié mécaniquement, ils auraient probablement uniformisé les détails. La présence de ces variations indique des témoignages indépendants rapportant authentiquement leurs observations.
XI. Le récapitulatif des faits
Nous vous proposons un déroulement des faits qui découle des conclusions de nos différentes études, développées dans la synopse et dans diverses annexes.
_1 L’abattage des agneaux débute le jeudi et continue le vendredi. – annexe ANN027 : Le dernier repas de Pâque.
_2 La recherche et la préparation du lieu pour la Pâque se déroulent le jeudi après-midi. Marc 14.12-16 ; Matthieu 26.17-19 ; Luc 22.7-13 .
_3 La maison est, selon nous, celle de Marie la mère de Jean surnommé Marc. Actes des apôtres 12.12 .
_4 Le repas de Pâque commence le jeudi soir, après 18 h. C’est déjà le vendredi pour les Juifs. Marc 14.17 ; Matthieu 26.20 ; Luc 22.14-18 . Ce n’est donc pas le Seder officiel qui se déroulera le soir du vendredi Jean 18.28 .
_5 Le repas se termine le vendredi matin avant l’aube entre minuit et 2 h 30.
_6 Judas l’Iscariote est parti avant la fin de ce repas. Jean 13.30 .
_7 Le Messie Jésus et les disciples partent pour le jardin des Oliviers entre minuit et 2 h 30, avant l’aube du vendredi. Le jeune homme Marc les suit. Marc 14.26 ; Marc 14.32-42 ; Matthieu 26.30 ; Matthieu 26.36-46 ; Luc 22.39-46 ; Jean 18.1 .
_8 Ils vont s’arrêter en bas du mont des Oliviers, au jardin de Gethsémané. Matthieu 26.36 ; Marc 14.32 .
_9 Ils passent une heure dans la prière, de 2 h à 3 h. Matthieu 26.40 .
_10 La troupe menée par Judas Iscariote arrive. Nous sommes toujours la nuit de jeudi, avant l’aube du vendredi, vers 3 h. Marc 14.43-52 ; Matthieu 26.47-56 ; Luc 22.47-53 ; Jean 18.2-12 .
_11 L’arrestation a lieu à ce moment-là, vers 3 h 30. Nous sommes à environ 1 km du Temple. Matthieu 26.47 ; Marc 14.43 ; Luc 22.47 ; Jean 18.3 .
_12 La comparution devant le Souverain Sacrificateur Anne, qui possède cette distinction à titre honorifique car il n’est plus en fonction, se déroule rapidement avant l’aube du vendredi, vers 4 h. Sa résidence est proche du Temple. Jean 18.12-14 .
_13 Plusieurs disciples, et en particulier Simon Pierre et Jean suivent le cortège de loin. Ils vont dans la cour de la maison du Souverain Sacrificateur Caïphe. Matthieu 26.58 ; Marc 14.54 .
_14 Le Messie Jésus est entraîné chez le Souverain Sacrificateur en exercice, Caïphe, qui habite aussi à proximité du Temple, vers 4 h 30. Luc note que Pierre et Jean sont restés plus d’une heure dans la cour. Marc 14.53-72 ; Matthieu 26.57-75 ; Luc 22.54-62 ; Jean 18.15-27 .
_15 Le Messie Jésus est interrogé pendant deux heures, de 4 h 30 à 6 h 30. Matthieu 26.59-68 ; Marc 14.55-65 ; Luc 22.67-71 ; Jean 18.19-24 .
_16 Le coq chante vers 6 h 15, un peu avant le lever du soleil. Matthieu 26.74 ; Marc 14.72 ; Luc 22.61-62 ; Jean 18.27 .
_17 La comparution devant le Sanhédrin devrait se dérouler après le lever du soleil à 6 h 38. Mais ce ne fut pas le cas, car au moment où le coq chante le Maître est, selon notre interprétation du texte de Luc, emmené chez Pilate juste après la sentence du Sanhédrin qui a donc attendu le lever du jour pour la prononcer. Luc 22.66-71 ; Marc 15.1 ; Matthieu 27.1-2 .
_18 La première comparution devant Ponce Pilate commence vers 6 h 45. Marc 15.1-5 ; Matthieu 27.2-14 ; Luc 23.1-5 ; Jean 18.28-38 .
_19 Nous situons la comparution devant Hérode Antipas vers 7 h 30. Luc 23.6-12 .
_20 Le retour chez Ponce Pilate arrive vers 8 h. Marc 15.6-19 ; Matthieu 27.15-30 ; Luc 23.13-25 ; Jean 18.39-40 ; Jean 19.1-16 .
_21 La foule, rassemblée devant le palais de Ponce Pilate, exige la crucifixion. Matthieu 27.22 ; Marc 14.11-15 ; Luc 23.23 ; Jean 19.15 .
_22 Le départ pour le mont Golgotha commence avant 9 h. Matthieu 27.32 ; Marc 15.21-22 ; Luc 23.26-33 ; Jean 19.17 .
_23 La mise sur la croix a donc lieu vers 9 h selon le texte de Marc. L’imprécision de la mesure permet d’intercaler le temps de déplacement pour aller jusqu’au mont Golgotha. Marc 15.20-41 ; Matthieu 27.31-56 ; Luc 23.26-49 ; Jean 18.17-30 .
_24 Tous ces membres du Sanhédrin peuvent maintenant participer à la fête familiale de Pâque, l’esprit reposé après ce qu’ils considèrent comme une magnifique victoire. Mais les événements ne vont pas se dérouler comme ils l’imaginaient !
_25 D’environ midi à 15 h, il y a des ténèbres sur la région de Jérusalem. Matthieu 27.45 ; Marc 15.33 ; Luc 23.44 .
_26 La mort sur la croix a lieu le vendredi 1er avril 33 vers 15 h, selon les Évangiles. Elle intervient avant la fin de cette nuit extraordinaire. Les trois jours et trois nuits commencent avec cette nuit comme le veut le calendrier juif.
_27 La mise au tombeau est envisagée vers 17 h, il fait jour. Nous sommes encore le vendredi qui se termine vers 18 h pour les Juifs. Le Sabbat débute normalement un peu plus tôt vers 17 h 50. Tout est achevé au moment où commence le Sabbat. Matthieu 27.57-61 ; Marc 15.42-47 ; Luc 23.50-56 ; Jean 19.31-42 .
_28 Aux yeux de tous, cette affaire est maintenant réglée définitivement et le bilan est plutôt positif pour ces dirigeants, il n’y a eu aucun mouvement de foule.
_29 Un dernier petit point reste à traiter, le Messie Jésus avait parlé de résurrection alors, il est plus prudent de placer des gardes devant le tombeau. C’est la demande formulée à Pilate le jour même du Sabbat, rien n’arrête ces fervents religieux. Matthieu 27.62-66 .
_30 La résurrection a lieu le dimanche matin à l’aube. Nous avons bien les 3 jours et 3 nuits selon le comptage inclusif juif. Matthieu 28.2-4 ; Marc 16.2-4 ; Luc 24.1-3 . Nous prenons en compte la nuit en plein midi.
_31 Maintenant, il y a les différentes apparitions du Messie Jésus, vivant, à partir du dimanche 3 avril 33 de bon matin. Jean 20.11-18 ; Matthieu 28.8-10 ; Marc 16.8 ; Jean 20.24-34 ; Marc 16.13-14 ; Luc 24.13-35 ; Marc 16.14 ; Luc 24.36-49 ; Jean 20.26-31 ; Jean 21.1-14 .
Cette liste constitue un bref résumé de la synopse où nous approfondissons ces événements pour en faciliter la compréhension. Tous les détails étayant notre hypothèse sont exposés soit directement dans la synopse, soit dans diverses annexes.
Vous pouvez consulter l’annexe ANN090 : Les différentes apparitions
Conclusion
L’apparente contradiction entre Jean et les synoptiques concernant l’heure de la crucifixion trouve une résolution satisfaisante dans la distinction des systèmes horaires utilisés. Jean, écrivant pour un public romain, emploie leur convention (sixième heure = 6h du matin), tandis que les synoptiques utilisent le système juif (troisième heure = 9h du matin).
Cette explication permet d’établir une chronologie cohérente :
- ~6h00 : Sentence finale de Pilate (Jean, système romain)
- ~9h00 : Crucifixion effective (synoptiques, système juif)
- ~12h00-15h00 : Ténèbres surnaturelles
- ~15h00 : Mort de Jésus
Loin d’invalider la fiabilité des Évangiles, cette diversité de perspectives témoigne de l’authenticité de récits provenant de témoins différents, chacun rapportant les événements selon ses propres repères culturels et temporels.
Les ténèbres survenues en plein midi, rapportées unanimement par les trois synoptiques, constituent un signe cosmique soulignant la portée universelle de cet événement. La mort du Messie à l’heure de la prière de l’après-midi (Min’ha), au moment même où les agneaux pascals achevaient d’être sacrifiés au Temple, révèle la profonde cohérence théologique de ces récits historiques.
La condamnation de Jésus ne fut pas le fait du peuple juif dans son ensemble, mais de dirigeants religieux attachés à leurs traditions et privilèges. Beaucoup parmi eux reconnaîtront plus tard en ce « dangereux révolutionnaire » le Messie annoncé par leurs prophètes ( Actes des apôtres 6.7 ).
