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PER208
Départ pour Jérusalem et départ définitif de la Galilée
PER208 décrit le départ définitif de Jésus et ses disciples de la Galilée le 3 octobre 32, en route vers Jérusalem pour la fête de Souccot. Suivant le récit de Luc, ils traversent la Samarie plutôt que la route habituelle du Jourdain. Ils arrivent le vendredi soir 8 octobre, enseignent sur l'esplanade du Temple, et Jésus prononce son discours sur l'eau lors de Hoshana Rabba le 13 octobre. Le groupe restera dans la région de Jérusalem six mois, jusqu'à la Pâque du 1er avril 33.
Jean 7.10 (Louis Segond S21) :Lorsque ses frères furent montés à la fête, il y monta aussi lui-même, non pas en se montrant, mais [comme] en secret.Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.Niveau : Moyen Public : Intermediaire
PER208Départ pour Jérusalem et départ définitif de la Galilée
I La péricope PER208 traite du départ définitif de Jésus et de ses disciples de la Galilée, marquant une étape charnière dans le ministère du Messie Jésus. Cet événement se situe chronologiquement à la troisième Pâque, plus précisément au début du pèlerinage vers Jérusalem pour la fête de Souccot (fête des Tabernacles). Le groupe quitte la Galilée le dimanche 3 octobre 32 et prévoit d'arriver à Jérusalem le vendredi soir 8 octobre 32, afin de respecter les règles du sabbat qui débutent ce soir-là. L'une des particularités majeures de cette péricope réside dans la route empruntée par Jésus et ses disciples. Alors que Matthieu et Marc donnent l'impression que le groupe a suivi la route habituelle longeant le Jourdain, Luc précise explicitement que Jésus a traversé la Samarie. Cette route plus directe comportait des risques réels, car les tensions entre Juifs et Samaritains étaient notoires : ces derniers ne manquaient pas d'occasions de s'en prendre aux pèlerins juifs traversant leur territoire. C'est pourquoi l'analyse de cette péricope suit principalement le récit de Luc (Luc 9.51-56), qui est le seul évangéliste à mentionner ce passage par la Samarie, tout en intégrant les informations complémentaires de Matthieu (19.1), Marc (10.1) et Jean (7.10). Selon Jean 7.9-10, Jésus n'arrive pas au début de la fête mais avec un certain retard. La famille de Jésus, quant à elle, s'est déjà rendue à Jérusalem pour la célébration et se trouve sur place depuis trois à quatre jours au moment de l'arrivée de Jésus.
Jean 7.9-10 (Louis Segond S21) :Après leur avoir dit cela, il resta en Galilée.Lorsque ses frères furent montés à la fête, il y monta aussi lui-même, non pas en se montrant, mais [comme] en secret.Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.II Cette information permet de reconstituer la chronologie du séjour à Jérusalem avec une certaine précision. L'analyse chronologique proposée dans cet article est particulièrement détaillée. Le groupe arrive à Jérusalem le vendredi soir 8 octobre 32. Ils sont présents sur l'esplanade du Temple vers le milieu de la fête, soit approximativement le samedi 9 octobre 32. Cette date est avancée en lien avec les reproches adressés à Jésus pour avoir guéri un homme le jour du sabbat, relatés en Jean 7.22-24. Le discours mentionné en Jean 7.16-24 aurait pu avoir lieu le lendemain, dimanche 10 octobre 32, sur l'esplanade du Temple, où Jésus enseignait publiquement selon Jean 7.28. Un moment fort de ce séjour est la journée finale de la fête, connue sous le nom de Hoshana Rabba, qui correspond au mercredi 13 octobre 32. Cette journée est marquée par une cérémonie significative impliquant de l'eau, et c'est à cette occasion que Jésus prononce son discours important sur l'eau vive, qui sera analysé dans la péricope suivante. La fête de Souccot elle-même débute le jeudi 7 octobre 32.
Jean 7.10 (Louis Segond S21) :Lorsque ses frères furent montés à la fête, il y monta aussi lui-même, non pas en se montrant, mais [comme] en secret.Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.III Après leur séjour à Jérusalem pour la fête, et dans le respect des règles du sabbat, Jésus et ses disciples se déplacent vers Béthanie, au-delà du Jourdain, à partir du dimanche suivant. Ce trajet représente environ quatre à cinq heures de marche, comme le précisent les passages de Matthieu 19.1 et Marc 10.1. Il est également noté que le groupe restera dans la région de Jérusalem pendant six mois, jusqu'à la fête de la Pâque du 1er avril 33, ce qui souligne l'importance de cette période dans le ministère final de Jésus. Concernant la famille de Jésus, il n'est pas établi si ses frères et sœurs se sont rendus à Béthanie ou s'ils ont choisi de rester à Jérusalem. Il est envisagé qu'ils auraient pu souhaiter visiter le lieu où Jean le Baptiste procédait aux baptêmes, bien que les relations entre la famille de Jésus et la communauté johannite demeurent inconnues. Ce qui est certain, c'est que la famille a assisté au dernier jour de la fête, Hoshana Rabba, et a entendu le discours de Jésus sur l'eau vive. Des annexes complémentaires sont proposées pour approfondir la compréhension des paraboles (ANN078) et des miracles réalisés par le Messie Jésus (ANN072).
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PER215
Le discours sur l’eau vive
Lors du dernier jour de la fête de Souccot (Hoshana Rabba), le Messie Jésus proclame dans le Temple de Jérusalem qu'il est la véritable source d'eau vive. S'appropriant le symbolisme du rite de libation d'eau, il invite quiconque a soif à venir à lui. Jean précise que cette eau vive désigne l'Esprit Saint, qui serait donné après la glorification de Jésus. Seul Jean rapporte cet épisode, daté du mercredi 13 octobre de l'an 32.
Jean 7.38 (Louis Segond S21) :Celui qui croit en moi, des fleuves d'eau vive couleront de lui, comme l'a dit l'Ecriture.»Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.Niveau : Moyen Public : Intermediaire
PER215Le discours sur l’eau vive
I La péricope PER215 traite du discours sur l'eau vive prononcé par le Messie Jésus lors de la fête de Souccot (fête des Tabernacles), tel que rapporté exclusivement par l'évangéliste Jean (Jean 7.37-39). Cet épisode se déroule le dernier jour de la fête, Hoshana Rabba, le mercredi 13 octobre de l'an 32, sur l'Esplanade du Temple à Jérusalem. Les évangiles synoptiques (Matthieu, Marc et Luc) ne font aucune mention de cet événement, ce qui en fait un témoignage propre à Jean. Le contexte liturgique est essentiel pour comprendre la portée du discours. Lors de la fête de Souccot, qui dure sept jours, une cérémonie rituelle particulière avait lieu chaque jour : un prêtre se rendait en procession du Temple jusqu'à la source de Guihon (ou source de Siloé), remplissait une cruche en or, puis revenait au Temple pour verser l'eau sur l'autel. Ce rite était accompagné du chant d'Ésaïe 12.3 par la chorale. Le dernier jour, Hoshana Rabba, revêtait un caractère solennel particulier : le peuple demandait à Dieu de pourvoir en eau pour assurer de bonnes récoltes, l'eau étant synonyme de vie et de survie pour la communauté. Ce rituel évoquait également le souvenir de l'eau jaillie du rocher lors de l'errance au désert, telle que décrite en Nombres 20.8-11 et Psaumes 78.15-16. C'est précisément dans ce contexte symbolique chargé que le Messie Jésus choisit de s'exprimer.
Nombres 29.35-39 (Louis Segond S21) :»Le huitième jour, vous aurez une assemblée solennelle. Vous n'effectuerez aucun travail pénible.Vous offrirez en holocauste un sacrifice brûlé au feu dont l'odeur est agréable à l'Eternel: un taureau, un bélier et 7 agneaux d'un an sans défaut,avec l'offrande végétale et les offrandes liquides prescrites pour le taureau, le bélier et les agneaux en fonction de leur nombre, d'après les règles établies.Vous offrirez un bouc en sacrifice d'expiation, en plus de l'holocauste perpétuel et de l'offrande végétale et l'offrande liquide qui l'accompagnent.»Tels sont les sacrifices que vous offrirez à l'Eternel lors de vos fêtes, en plus de vos holocaustes, vos offrandes végétales et vos offrandes liquides, ainsi que des sacrifices de communion que vous présenterez pour accomplir un vœu ou en guise d'offrandes volontaires.»Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.II Contrairement à la pratique rabbinique habituelle où l'enseignant s'asseyait pour enseigner, Jésus se tient debout face à la foule, ce qui constitue déjà en soi une posture remarquable et solennelle. Le terme 's'écria', utilisé également en Jean 1.15, Jean 7.28 et Jean 12.44, introduit une déclaration de haute importance, destinée à capter l'attention de l'auditoire dans sa globalité. Sa proclamation est directe et universelle : 'Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive.' Par cette parole, Jésus s'approprie le symbolisme de l'eau cérémonielle pour affirmer qu'il est lui-même la véritable source d'eau vive. Il n'est plus seulement question d'une eau physique garantissant la survie agricole et humaine, mais d'une eau spirituelle qui donne la vie éternelle. Il ajoute que de celui qui croit en lui couleront des fleuves d'eau vive, conformément à l'Écriture. L'évangéliste Jean précise ensuite l'interprétation de cette métaphore : l'eau vive désigne l'Esprit Saint, que les croyants recevraient après la glorification de Jésus. Au moment du discours, l'Esprit n'avait pas encore été donné car Jésus n'avait pas encore été élevé dans sa gloire, c'est-à-dire avant sa mort, sa résurrection et son ascension. Ce discours n'est pas isolé dans l'enseignement de Jésus. Il fait écho à sa conversation avec la femme samaritaine (Jean 4.1-26), lors de laquelle il avait déjà utilisé le thème de l'eau vive pour révéler sa capacité à offrir la vie éternelle.
Jean 4.1-26 (Louis Segond S21) :Le Seigneur apprit que les pharisiens avaient entendu dire qu'il faisait et baptisait plus de disciples que Jean.– A vrai dire Jésus ne baptisait pas lui-même, mais c'étaient ses disciples qui le faisaient. –Alors il quitta la Judée et retourna en Galilée.Comme il devait traverser la Samarie,il arriva dans une ville de Samarie appelée Sychar, près du champ que Jacob avait donné à son fils Joseph.Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué du voyage, était assis au bord du puits. C'était environ midi.Une femme de Samarie vint puiser de l'eau. Jésus lui dit: «Donne-moi à boire.»En effet, ses disciples étaient allés à la ville pour acheter de quoi manger.La femme samaritaine lui dit: «Comment? Toi qui es juif, tu me demandes à boire, à moi qui suis une femme samaritaine?» - Les Juifs, en effet, n'ont pas de relations avec les Samaritains. -Jésus lui répondit: «Si tu savais quel est le cadeau de Dieu et qui est celui qui te dit: ‘Donne-moi à boire’, tu lui aurais toi-même demandé à boire et il t'aurait donné de l'eau vive.»«Seigneur, lui dit la femme, tu n'as rien pour puiser et le puits est profond. D'où aurais-tu donc cette eau vive?Es-tu, toi, plus grand que notre ancêtre Jacob qui nous a donné ce puits et qui a bu de son eau, lui-même, ses fils et ses troupeaux?»Jésus lui répondit: «Toute personne qui boit de cette eau-ci aura encore soif.En revanche, celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif et l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d'eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle.»La femme lui dit: «Seigneur, donne-moi cette eau afin que je n'aie plus soif et que je n'aie plus à venir puiser ici.»«Va appeler ton mari, lui dit Jésus, et reviens ici.»La femme répondit: «Je n'ai pas de mari.» Jésus lui dit: «Tu as bien fait de dire: ‘Je n'ai pas de mari’,car tu as eu cinq maris et l'homme que tu as maintenant n'est pas ton mari. En cela tu as dit la vérité.»«Seigneur, lui dit la femme, je vois que tu es un prophète.Nos ancêtres ont adoré sur cette montagne et vous dites, vous, que l'endroit où il faut adorer est à Jérusalem.»«Femme, lui dit Jésus, crois-moi, l'heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père.Vous adorez ce que vous ne connaissez pas; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs.Mais l'heure vient, et elle est déjà là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité. En effet, ce sont là les adorateurs que recherche le Père.Dieu est Esprit et il faut que ceux qui l'adorent l'adorent en esprit et en vérité.»La femme lui dit: «Je sais que le Messie doit venir, celui que l'on appelle Christ. Quand il sera venu, il nous annoncera tout.»Jésus lui dit: «Je le suis, moi qui te parle.»Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.III Dans les deux cas, l'eau physique sert de point de départ à une révélation spirituelle profonde sur l'identité et la mission du Messie. L'article précise également la distinction entre le dernier jour de Souccot (Hoshana Rabba) et Chemini Atseret, qui est une fête distincte et solennelle ne comportant pas les mêmes rites liés à l'eau. Cette clarification est importante pour situer avec précision le moment du discours dans le calendrier liturgique juif. Chemini Atseret est décrit en Nombres 29.35-39 comme une journée de sacrifice, mais elle n'est pas la journée visée par Jean 7.37. En conclusion, ce passage illustre la manière dont Jésus s'insère dans la tradition liturgique juive pour en révéler l'accomplissement en sa personne. Il se présente comme la source ultime de vie, répondant à la soif spirituelle de l'humanité, et annonce le don futur de l'Esprit Saint comme fruit de sa glorification. Ce discours constitue l'une des grandes déclarations christologiques de l'évangile de Jean.