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PER156
La guérison de deux aveugles
La guérison de deux aveugles à Capernaüm, rapportée uniquement par Matthieu (Mt 9.27-31), illustre la foi messianique : les deux hommes reconnaissent Jésus comme 'Fils de David'. Jésus les guérit selon leur foi et leur demande le silence, souhaitant orienter les foules vers le salut éternel plutôt que vers les guérisons physiques. Ce récit prépare la réponse de Jésus à Jean le Baptiste en Matthieu 11.5.
Matthieu 11.5 (Louis Segond S21) :les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres.Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.Niveau : Moyen Public : Intermediaire
PER156La guérison de deux aveugles
I La péricope PER156 traite de la guérison de deux aveugles par Jésus, un récit rapporté exclusivement par l'évangéliste Matthieu dans son chapitre 9, versets 27 à 31. Cet épisode se déroule à Capernaüm en Galilée, vraisemblablement en février ou mars de l'an 32, durant la période située entre la deuxième et la troisième fête de Pâque du ministère de Jésus. Le récit débute par deux aveugles qui suivent Jésus en criant : 'Aie pitié de nous, Fils de David !' Cette interpellation est théologiquement significative, car le titre 'Fils de David' est un titre messianique fort dans la tradition juive. En reconnaissant Jésus sous ce titre, les deux hommes affirment publiquement leur conviction qu'il est le Messie attendu, le Sauveur promis par les Écritures. Ils parviennent jusqu'à la maison où Jésus se trouve, témoignant d'une détermination remarquable malgré leur cécité, peut-être aidés par une tierce personne. Jésus, face à leur démarche, leur pose une question décisive : 'Croyez-vous que je puisse faire cela ?' Ils répondent affirmativement, et Jésus touche leurs yeux en déclarant : 'Qu'il vous soit fait selon votre foi.' Leur vue est aussitôt et complètement rétablie. Ce geste et ces paroles mettent en lumière le rôle central de la foi dans l'économie du salut telle que Matthieu la présente. La guérison n'est pas présentée comme un simple acte de puissance miraculeuse, mais comme la réponse divine à une foi sincère et déclarée.
Luc 18.35-43 (Louis Segond S21) :Comme Jésus était près de Jéricho, un aveugle était assis au bord du chemin et mendiait.Il entendit la foule passer et demanda ce qui se passait.On lui dit: «C'est Jésus de Nazareth qui passe.»Alors il cria: «Jésus, Fils de David, aie pitié de moi!»Ceux qui marchaient devant le reprenaient pour le faire taire, mais il criait beaucoup plus fort: «Fils de David, aie pitié de moi!»Jésus s'arrêta et ordonna qu'on le lui amène; quand il fut près de lui, il lui demanda:«Que veux-tu que je fasse pour toi?» Il répondit: «Seigneur, que je retrouve la vue.»Jésus lui dit: «Retrouve la vue, ta foi t'a sauvé.»Il retrouva immédiatement la vue et suivit Jésus en célébrant la gloire de Dieu. Voyant cela, tout le peuple se mit à adresser des louanges à Dieu.Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.II Il convient de distinguer cet épisode de la guérison de l'aveugle Bartimée, relatée en Marc 10.46-52 et Luc 18.35-43, qui se déroule près de Jéricho. Matthieu mentionne lui-même une guérison similaire en Matthieu 20.29-34, où deux aveugles sont également présents, sans que Bartimée soit nommé. Ces parallèles invitent à une lecture attentive et différenciée des récits synoptiques, chaque évangéliste ayant ses propres intentions théologiques et narratives. Pour Matthieu, la mention de cette guérison à Capernaüm n'est pas anodine. Elle s'inscrit dans une démonstration progressive de l'identité messianique de Jésus, destinée à préparer la réponse que Jésus adressera à Jean le Baptiste (Matthieu 11.5), où il cite explicitement la guérison des aveugles comme signe de son ministère messianique. Matthieu construit ainsi une cohérence narrative et théologique entre les différents épisodes de guérisons. Après la guérison, Jésus recommande strictement aux deux hommes de ne rien dire à personne. Cependant, ils répandent la nouvelle dans toute la région, illustrant la difficulté humaine de contenir l'annonce d'un tel événement.
Matthieu 9.27-31 (Louis Segond S21) :Quand Jésus partit de là, il fut suivi par deux aveugles qui criaient: «Aie pitié de nous, Fils de David!»Lorsqu'il fut arrivé à la maison, les aveugles s'approchèrent de lui et Jésus leur dit: «Croyez-vous que je puisse faire cela?» «Oui, Seigneur», lui répondirent-ils.Alors il toucha leurs yeux en disant: «Soyez traités conformément à votre foi»,et leurs yeux s'ouvrirent. Jésus leur recommanda avec sévérité: «Faites bien attention que personne ne le sache!»mais, à peine sortis, ils parlèrent de lui dans toute la région.Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.III Cette injonction au silence, que l'on retrouve dans plusieurs récits évangéliques, est interprétée ici comme le désir de Jésus de ne pas être réduit au rôle de thaumaturge ou de guérisseur populaire. Il ne cherchait ni gloire personnelle ni renommée, mais souhaitait orienter les foules vers l'essentiel : le royaume de Dieu et le salut de l'âme. Cette perspective est fondamentale dans la théologie du passage. La guérison physique de la cécité, aussi spectaculaire soit-elle, reste temporaire et limitée à l'existence terrestre des individus concernés. Elle constitue un signe, une illustration visible d'une réalité spirituelle plus profonde. Le salut que Jésus est venu apporter touche à la vie éternelle et dépasse infiniment la valeur de toute guérison physique, y compris la résurrection corporelle. Le message central de cette péricope est donc double : d'une part, la foi authentique en Jésus comme Messie ouvre la voie à la guérison et au salut ; d'autre part, le ministère de Jésus vise prioritairement à conduire les hommes vers le royaume des cieux, et non à satisfaire des attentes purement matérielles ou physiques. Ce récit invite le lecteur à s'interroger sur la nature de sa propre foi et sur les motivations qui le conduisent à s'approcher du Christ.