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PER036
Les noces de Cana
Les noces de Cana (Jean 2.1-11) constituent le premier signe accompli par Jésus, qui transforme l'eau en vin lors d'un mariage à Cana en Galilée, en novembre 29. Seul Jean rapporte cet épisode. L'article explore les hypothèses sur la présence de la famille de Jésus, identifie peut-être Nathanaël comme le marié, et souligne que ce miracle renforce la foi des disciples en manifestant la gloire du Messie.
Jean 2.1 (Louis Segond S21) :Or, le troisième jour, il y eut des noces à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là.Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.Niveau : Moyen Public : Intermediaire
PER036Les noces de Cana
I La péricope 36 de la synopse évangélique est consacrée aux noces de Cana, un épisode fondamental rapporté exclusivement par l'évangéliste Jean (Jean 2.1-11). Cet article s'inscrit dans la série des péricopes synoptiques et se situe chronologiquement dans la période précédant l'arrestation de Jean le Baptiste, une séquence que seul Jean documente avec précision. Du point de vue chronologique et géographique, les événements se déroulent du dimanche 25 novembre au samedi 1er décembre de l'an 29, dans le village de Cana en Galilée, situé à environ 14 kilomètres de Nazareth. L'article précise que le Messie Jésus, accompagné de sa famille et de ses nouveaux disciples, aurait d'abord regagné Nazareth après la rencontre avec Nathanaël, y aurait passé le sabbat, puis serait parti le dimanche vers Cana pour rejoindre la célébration nuptiale. L'article propose une lecture contextuelle et analytique de ce récit. Il s'ouvre sur des considérations logistiques importantes : la présence de Jésus, de sa famille (y compris, selon toute vraisemblance, ses sœurs, bien que non mentionnées explicitement dans le texte johannique) et de ses disciples à ce mariage est étudiée avec soin. L'auteur note que l'ajout des disciples au groupe des invités a pu contribuer à la pénurie de vin qui se produira au cours de la fête, bien qu'il nuance cette hypothèse en signalant que la plupart des disciples étaient des amis de Nathanaël et donc probablement déjà invités. Une hypothèse exégétique centrale de l'article mérite d'être soulignée : l'identification de Nathanaël comme étant le marié, qui viendrait chercher sa fiancée, désignée comme une demi-sœur du Messie Jésus.
Jean 2.1-11 (Louis Segond S21) :Or, le troisième jour, il y eut des noces à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là.Jésus fut aussi invité aux noces avec ses disciples.Comme le vin venait à manquer, la mère de Jésus lui dit: «Ils n'ont plus de vin.»Jésus lui répondit: «Que me veux-tu, femme? Mon heure n'est pas encore venue.»Sa mère dit aux serviteurs: «Faites tout ce qu'il vous dira.»Or il y avait là six jarres de pierre, destinées aux purifications des Juifs et contenant chacune une centaine de litres.Jésus leur dit: «Remplissez d'eau ces jarres.» Et ils les remplirent jusqu'au bord.«Puisez maintenant, leur dit-il, et apportez-en à l'organisateur du repas.» Et ils lui en apportèrent.L'organisateur du repas goûta l'eau changée en vin. Ne sachant pas d'où venait ce vin, tandis que les serviteurs qui avaient puisé l'eau le savaient bien, il appela le mariéet lui dit: «Tout homme sert d'abord le bon vin, puis le moins bon après qu'on s'est enivré; mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu'à présent!»Tel fut, à Cana en Galilée, le premier des signes miraculeux que fit Jésus. Il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui.Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.II Cette lecture expliquerait la présence de Marie et de ses enfants à Cana, qui n'y résidaient pas. Si la famille de Jésus avait été de simples invités, leur présence aurait été difficile à justifier. En revanche, si la mariée était une proche parente de Jésus, voire sa demi-sœur, l'invitation et la participation active de Marie à l'organisation de la fête deviennent parfaitement intelligibles. Cette interprétation donne également une cohérence narrative à l'intervention de Marie auprès de son fils lorsque le vin vient à manquer. L'article analyse ensuite la signification théologique du miracle. Selon Jean 2.11, la transformation de l'eau en vin constitue le premier signe accompli par Jésus, par lequel il manifesta sa gloire. L'auteur souligne que ce miracle n'a pas créé la foi chez les disciples, mais l'a renforcée et consolidée : « il serait donc plus juste de dire que ce premier miracle a renforcé la foi de ses disciples ». Cette nuance est théologiquement importante, car elle situe le miracle non pas comme un acte de conversion, mais comme une confirmation de la confession de foi déjà exprimée lors des rencontres précédentes avec Jésus.
Jean 2.1 (Louis Segond S21) :Or, le troisième jour, il y eut des noces à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là.Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.III L'article met également en lumière le rôle narratif de l'évangéliste Jean. Contrairement aux synoptiques (Matthieu, Marc, Luc) qui ne rapportent pas cet épisode, Jean apporte des précisions chronologiques et biographiques essentielles pour comprendre les motivations et les décisions des futurs apôtres. La mention des « lendemains » successifs notés par Jean permet de reconstituer une chronologie fine de ces premières semaines du ministère public de Jésus. Enfin, l'article rappelle le contexte culturel du mariage juif au premier siècle : une célébration communautaire pouvant durer environ sept jours, ce qui explique l'importance des provisions de vin et l'embarras causé par leur épuisement. Des annexes complémentaires sont proposées pour approfondir des thèmes connexes : la localisation d'Énon et de Béthanie au-delà du Jourdain, les « lendemains » johanniques, la tentation du Messie, et le mariage au temps de Jésus. La péricope s'inscrit dans une progression narrative qui fait suite à la rencontre avec Nathanaël (PER035) et précède un passage à Capharnaüm (PER037).
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PER113
La question de Jean le baptiste
Emprisonné, Jean le Baptiste envoie ses disciples demander à Jésus s'il est bien le Messie attendu. Jésus répond par ses actes — guérisons, résurrections, annonce aux pauvres — en s'appuyant sur Ésaïe 35.5. L'article analyse la divergence entre les deux ministères, la logique rédactionnelle de Matthieu et le sous-entendu christologique puissant contenu dans la référence prophétique : Jésus est Dieu venant sauver son peuple (És 35.4).
Jean 1.29 (Louis Segond S21) :Le lendemain, il vit Jésus s'approcher de lui et dit: «Voici l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde.Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.Niveau : Moyen Public : Intermediaire
PER113La question de Jean le baptiste
I La péricope 113 traite de l'un des épisodes les plus significatifs et théologiquement riches des évangiles synoptiques : la question que Jean le Baptiste, depuis sa prison, adresse à Jésus par l'intermédiaire de ses disciples. Cet événement est rapporté par Matthieu (11.2-6) et Luc (7.18-23), et se situe chronologiquement en mai ou juin de l'an 31, à Capernaüm, après le retour de Jésus dans cette ville où il prononce un discours important. La situation de départ est paradoxale et interpellante : Jean le Baptiste, celui-là même qui avait reconnu et proclamé Jésus comme 'l'Agneau de Dieu' (Jean 1.29) lors de son baptême, exprime depuis sa prison une interrogation fondamentale sur l'identité messianique de Jésus. Cette question — 'Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ?' — peut sembler surprenante de la part d'un homme qui avait eu une révélation directe sur Jésus. L'article propose une clé de lecture essentielle pour comprendre cette apparente contradiction : Jean le Baptiste avait des attentes messianiques précises, liées à l'avènement immédiat du Royaume de Dieu, et le comportement de Jésus — ses associations, sa manière d'être avec les gens — ne correspondait pas au schéma attendu. L'article met en lumière la divergence fondamentale entre les deux ministères : celui de Jean, austère et prophétique, annonçant le jugement et la repentance, et celui de Jésus, tourné vers la miséricorde, la guérison et l'accueil des pécheurs. Jésus lui-même est conscient de cette disparité et la mentionnera devant les pharisiens (Matthieu 11.18).
Matthieu 11.18 (Louis Segond S21) :En effet, Jean est venu, il ne mange pas et ne boit pas, et l'on dit: ‘Il a un démon.’Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.II Cette tension ministerielle est au cœur de nombreuses interrogations de l'époque, non seulement pour Jean et ses disciples, mais aussi pour la foule et les pharisiens. Face à cette question, Jésus ne répond pas de manière abstraite ou doctrinale : il répond par ses actes. Il guérit les aveugles, les lépreux, les boiteux, les sourds, il ressuscite les morts et proclame l'Évangile aux pauvres. Cette réponse en actes constitue une démonstration messianique concrète et s'ancre délibérément dans la prophétie d'Ésaïe 35.5, texte bien connu à cette époque, qui décrit précisément ces signes comme marqueurs de l'intervention divine. L'article aborde également une question chronologique et rédactionnelle intéressante concernant la structure narrative de Matthieu. En effet, Matthieu cite des guérisons — du lépreux (Mt 8.1-4), du paralytique ou infirme (Mt 8.5-13), des deux aveugles (Mt 9.27-31), et du sourd-muet (Mt 9.32-33) — qui semblent avoir été rassemblées thématiquement plutôt que strictement chronologiquement pour appuyer la réponse de Jésus à Jean. Cette démarche rédactionnelle révèle une intentionnalité théologique de Matthieu, qui structure son récit pour démontrer point par point l'accomplissement de la prophétie d'Ésaïe 35.5.
Matthieu 8.5-13 (Louis Segond S21) :Alors que Jésus entrait dans Capernaüm, un officier romain l'aborda et le suppliaen disant: «Seigneur, mon serviteur est couché à la maison, atteint de paralysie, et il souffre beaucoup.»Jésus lui dit: «J'irai et je le guérirai.»L'officier répondit: «Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement un mot et mon serviteur sera guéri.En effet, moi aussi je suis un homme soumis à des supérieurs, j'ai des soldats sous mes ordres, et je dis à l'un: ‘Pars!’ et il part, à un autre: ‘Viens!’ et il vient, et à mon esclave: ‘Fais ceci!’ et il le fait.»Après l'avoir entendu, Jésus fut dans l'admiration, et il dit à ceux qui le suivaient: «Je vous le dis en vérité, même en Israël je n'ai pas trouvé une aussi grande foi.Or, je vous le déclare, beaucoup viendront de l'est et de l'ouest et seront à table avec Abraham, Isaac et Jacob dans le royaume des cieux.Mais ceux à qui le royaume était destiné seront jetés dans les ténèbres extérieures, où il y aura des pleurs et des grincements de dents.»Puis Jésus dit à l'officier: «Vas-y [et] sois traité conformément à ta foi.» Et au moment même le serviteur fut guéri.Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.III Cela explique également pourquoi la résurrection du fils de la veuve de Naïm, pourtant miracle spectaculaire rapporté par Luc juste avant cet épisode, n'est pas mentionnée dans la liste des signes : elle ne figure pas dans le passage précis d'Ésaïe 35.5 auquel Jésus fait explicitement référence. Mais l'aspect le plus profond et le plus suggestif de l'analyse réside dans ce que la réponse de Jésus ne dit pas explicitement, mais que tout auditeur de l'époque, et Jean le Baptiste en particulier, pouvait saisir immédiatement : le verset précédant Ésaïe 35.5, c'est-à-dire Ésaïe 35.3-4, annonce que Dieu lui-même viendra sauver son peuple. En citant Ésaïe 35.5, Jésus implique donc qu'il est celui dont parle Ésaïe 35.4 : Dieu venant en personne pour le salut. C'est une affirmation christologique d'une densité remarquable, exprimée de manière voilée mais parfaitement lisible pour qui connaît les Écritures. Ainsi, Jean le Baptiste, grand connaisseur des prophètes, est pleinement capable de saisir la portée totale de cette réponse. Bien que les Évangiles ne documentent pas la réaction de Jean, l'article conclut que cette réponse messianique ne pouvait que confirmer et affermir la foi de Jean en Jésus comme le Messie annoncé par les Écritures, apportant à la fois satisfaction et joie à ce grand prophète emprisonné. La péricope s'inscrit dans le cadre de la synopse et renvoie aux annexes ANN003, ANN021 et ANN022 pour un approfondissement du ministère de Jean et des appels des disciples.