Synopse
PER358
PER358 - Les précisions de Jean

Consultation

Vous pouvez consulter l’annexe ANN027 : Le dernier repas de Pâque

Vous pouvez consulter l’annexe ANN028 : La journée juive au temps de Jésus

Vous pouvez consulter l’annexe ANN026 : L’heure de la crucifixion

Vous pouvez consulter l’annexe ANN031 : Les Souverains Sacrificateurs

Textes bibliques

Matthieu (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Marc (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Luc (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Jean 19.31-37 (Louis Segond S21)

C'était la préparation de la Pâque et ce sabbat allait être un jour solennel. Craignant que les corps ne restent en croix pendant le sabbat, les Juifs demandèrent à Pilate qu'on brise les jambes aux crucifiés et qu'on enlève les corps.

Les soldats vinrent donc briser les jambes du premier, puis du second des condamnés qui avaient été crucifiés avec Jésus.

Quand ils s'approchèrent de lui, ils virent qu'il était déjà mort. Ils ne lui brisèrent pas les jambes,

mais un des soldats lui transperça le côté avec une lance et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau.

Celui qui a vu ces choses en rend témoignage et son témoignage est vrai. Il sait qu'il dit la vérité afin que vous croyiez aussi.

En effet, cela est arrivé afin que ce passage de l'Ecriture soit accompli: Aucun de ses os ne sera brisé.

Ailleurs l'Ecriture dit encore: Ils verront celui qu'ils ont transpercé.

Détails techniques

Lieu : Le mont Golgotha

Date : le vendredi 1er avril, après 15h00

Mode opératoire : Nous suivons maintenant Jean

Note sur le mode opératoire : Jean est le seul à rapporter ces détails

Les autorités juives tenaient à ce que les corps des suppliciés soient retirés des croix avant le coucher du soleil marquant l’entrée dans la fête de la Pâque.

Commentaires

Détails chronologiques, selon nos conclusions :

_24 Tous ces membres du Sanhédrin peuvent maintenant participer à la fête familiale de Pâque, l’esprit reposé après ce qu’ils considèrent comme une magnifique victoire. Mais les événements ne vont pas se dérouler comme ils l’imaginaient !

_25 D’environ midi à 15 h, il y a des ténèbres sur la région de Jérusalem. Matthieu 27.45 ; Marc 15.33 ; Luc 23.44 .

_26 La mort sur la croix a lieu le vendredi 1er avril 33 vers 15 h, selon les Évangiles. Elle intervient avant la fin de cette nuit extraordinaire. Les trois jours et trois nuits commencent avec cette nuit comme le veut le calendrier juif.

Vous pouvez consulter l’intégralité de cette chronologie dans l’étude ANN026 : L’heure de la crucifixion.

 

Commentaire :

Comme il le fait fréquemment dans son Évangile, Jean apporte ici plusieurs informations absentes des récits synoptiques. Son témoignage permet de mieux comprendre les événements qui suivent immédiatement la mort du Messie Jésus et met en lumière certains détails essentiels à la portée théologique de la crucifixion ( Jean 19.31-37 ).

Les autorités religieuses juives souhaitent que les corps ne demeurent pas exposés sur les croix après le coucher du soleil. La fête qui débute ce soir-là possède en effet un caractère exceptionnel. Jean précise que le sabbat qui commence est un « grand jour », c’est-à-dire un sabbat coïncidant avec la période de la Pâque ( Jean 19.31 ). Cette préoccupation s’inscrit également dans le respect des prescriptions de la Loi de Moïse, qui interdisaient de laisser un corps suspendu durant la nuit ( Deutéronome 21.22-23 ). Soucieuses d’éviter toute souillure rituelle, les autorités demandent donc à Pilate que les condamnés soient achevés rapidement et retirés avant le début de la fête.

Pour accélérer leur décès, les soldats romains pratiquent la crurifragium, une méthode consistant à briser les jambes des crucifiés ( Jean 19.32 ). Privés de tout appui pour soulever leur corps et respirer correctement, les condamnés succombaient alors rapidement à l’asphyxie. Cette intervention est appliquée aux deux brigands crucifiés aux côtés de Jésus.

Cependant, lorsque les soldats arrivent devant Jésus, ils constatent qu’il est déjà mort ( Jean 19.33 ). Ce détail est particulièrement significatif. Malgré les sévices subis, les autorités romaines ne jugent pas nécessaire de lui briser les jambes, preuve qu’elles considèrent son décès comme certain. Afin d’en obtenir une confirmation définitive, l’un des soldats lui perce néanmoins le côté avec une lance. Jean rapporte alors qu’il en sort aussitôt « du sang et de l’eau » ( Jean 19.34 ).

Depuis les premiers siècles, ce phénomène a suscité de nombreuses réflexions. Sans entrer dans des considérations médicales complexes, il suffit de constater que Jean y voit avant tout un fait réel dont il a été le témoin direct. Son objectif n’est pas d’expliquer scientifiquement l’événement, mais d’attester sans ambiguïté la réalité de la mort de Jésus. Celui qui sera proclamé, ressuscité quelques jours plus tard est véritablement mort sur la croix ( Jean 19.35 ).

Un peu plus tard quand Joseph d’Arimathée demandera l’autorisation de récupérer le corps de Jésus pour le placer dans une sépulture, le préfet romain enverra un officier proche et fidèle afin d’avoir la certitude de décès.

Jean accorde une importance particulière à ces événements parce qu’il y reconnaît l’accomplissement précis des Écritures. Il souligne tout d’abord qu’aucun os du Messie n’a été brisé ( Jean 19.36 ). Cette remarque évoque directement les prescriptions concernant l’agneau pascal, dont aucun os ne devait être fracturé ( Exode 12.46 ; Nombres 9.12 ). L’apôtre Paul développera lui aussi ce parallèle en présentant le Christ comme notre Pâque sacrifiée ( 1 Corinthiens 5.7 ). Ainsi, jusque dans les détails de son exécution, Jésus accomplit la symbolique de l’agneau pascal instituée plusieurs siècles auparavant.

Jean établit également un lien avec la prophétie de Zacharie : « Ils tourneront les regards vers celui qu’ils ont percé » ( Zacharie 12.10 ; Jean 19.37 ). Le coup de lance porté par le soldat romain prend alors une dimension prophétique inattendue. Ce geste, accompli sans intention religieuse particulière, contribue néanmoins à l’accomplissement du dessein divin annoncé par les Écritures.

Conscient de l’importance de ces faits, Jean interrompt brièvement son récit pour souligner la valeur de son témoignage. Présent au pied de la croix avec quelques femmes fidèles ( Jean 19.25-27 ), il affirme avoir vu personnellement ces événements et insiste sur leur véracité : « Celui qui l’a vu en a rendu témoignage, et son témoignage est vrai » ( Jean 19.35 ). Cette affirmation solennelle montre combien cette scène est demeurée gravée dans sa mémoire.

Contrairement à Matthieu, Marc et Luc, Jean ne revient pas sur les ténèbres qui ont couvert le pays pendant plusieurs heures ( Matthieu 27.45 ; Marc 15.33 ; Luc 23.44-45 ). Son objectif n’est pas de répéter des informations déjà connues des premières communautés chrétiennes, mais de compléter les récits existants par des détails dont il a été le témoin direct.

Selon notre reconstitution, Jésus rend son esprit à la fin de cette période d’obscurité surnaturelle surement dans les instants qui précèdent immédiatement le retour de la lumière. Lorsque les ténèbres se dissipent progressivement, les témoins découvrent alors la réalité du drame qui vient de se jouer : le Messie Jésus est mort. Celui qui avait annoncé à plusieurs reprises sa passion, sa mort et sa résurrection ( Matthieu 16.21 ; Marc 8.31 ; Luc 9.22 ) vient d’achever l’œuvre pour laquelle il était venu dans le monde ( Jean 17.4 ; Jean 19.30 ).

Le silence succède désormais aux cris de la crucifixion. Tandis que les autorités s’empressent de faire retirer les corps avant le début du grand sabbat, les événements se préparent déjà pour l’ensevelissement du Messie et les manifestations extraordinaires qui suivront sa résurrection.

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