Synopse
Péricope 267
PER267 - La parabole des ouvriers de la onzième heure

Consultation

Vous pouvez consulter l’annexe ANN078 : Les paraboles

Vous pouvez consulter l’étude PAR000 : Les paraboles

Vous pouvez consulter l’étude PAR011 : Les ouvriers loués à différentes heure

Textes bibliques

Matthieu 20.1-16 (Louis Segond S21)

»En effet, le royaume des cieux ressemble à un propriétaire qui sortit dès le matin afin d'embaucher des ouvriers pour sa vigne.

Il se mit d'accord avec eux pour un salaire d'une pièce d'argent par jour et les envoya dans sa vigne.

Il sortit vers neuf heures du matin et en vit d'autres qui étaient sur la place, sans travail.

Il leur dit: ‘Allez aussi à ma vigne et je vous donnerai ce qui sera juste.’

Et ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi et vers trois heures de l'après-midi et il fit de même.

Il sortit enfin vers cinq heures de l'après-midi et en trouva d'autres qui étaient là, [sans travail]. Il leur dit: ‘Pourquoi vous tenez-vous ici toute la journée sans travailler?’

Ils lui répondirent: ‘C'est que personne ne nous a embauchés.’ ‘Allez aussi à ma vigne, leur dit-il, [et vous recevrez ce qui sera juste].’

Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant: ‘Appelle les ouvriers et paie-leur le salaire, en allant des derniers aux premiers.’

Ceux de cinq heures de l'après-midi vinrent et reçurent chacun une pièce d'argent.

Quand les premiers vinrent à leur tour, ils pensèrent recevoir davantage, mais ils reçurent aussi chacun une pièce d'argent.

En la recevant, ils murmurèrent contre le propriétaire

en disant: ‘Ces derniers arrivés n'ont travaillé qu'une heure et tu les as traités comme nous, qui avons supporté la fatigue du jour et de la chaleur!’

Il répondit à l'un d'eux: ‘Mon ami, je ne te fais pas de tort. N'as-tu pas été d'accord avec moi pour un salaire d'une pièce d'argent?

Prends ce qui te revient et va-t'en. Je veux donner à ce dernier arrivé autant qu'à toi.

Ne m'est-il pas permis de faire ce que je veux de mes biens? Ou vois-tu d'un mauvais œil que je sois bon?’

Ainsi les derniers seront les premiers et les premiers seront les derniers. [Beaucoup sont invités mais peu sont choisis.]»

Marc (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Luc (Louis Segond S21) non cité dans le livre

Jean (Louis Segond S21) non cité dans le livre

Détails techniques

Lieu : Entrée de la ville de Jéricho

Date : Mois de février 33

Mode opératoire : Nous restons avec Matthieu

Note sur le mode opératoire : Matthieu est le seul à rapporter cette parabole

Au cours d’une halte sur le trajet vers Jérusalem, en arrivant à Jéricho, le Messie Jésus présente une parabole dont le contenu suscite l’interrogation.

Chronologie des événements entre Hanoucca et Pessa’h

La période qui sépare Hanoucca de Pessa’h, soit environ quatre mois, fait l’objet d’interprétations variées de la part des commentateurs des Evangiles. Nous avons jugé pertinent de présenter notre propre vision chronologique de cette période. Cette approche s’appuie rigoureusement sur les informations fournies par Luc et Jean, en veillant à respecter le texte sans jamais le contraindre. Ainsi, notre hypothèse apparaît comme naturelle et cohérente au regard des données évangéliques.

Après la fête de Hanoucca ou de la Dédicace ( Jean 10.22-23 ), le 15 décembre 33, le Messie Jésus quitte Jérusalem pour échapper à une tentative d’arrestation. Il se retire alors « au‑delà du Jourdain », dans la région où Jean avait baptisé, un lieu isolé mais accessible, où beaucoup viennent encore à lui ( Jean 10.40-42 ). C’est là, dans ce refuge hivernal, qu’un messager arrive depuis Béthanie pour lui annoncer que Lazare, son ami proche, est gravement malade ( Jean 11.1-3 ). Le messager a mis environ une journée pour parcourir les 35 à 40 kilomètres qui séparent les deux villages.

Mais le Messie Jésus, à la surprise de ses disciples, ne part pas immédiatement. Il reste encore deux jours à l’endroit où il se trouvait ( Jean 11.6 ). Pendant ce temps, Lazare meurt, probablement le jour même, ou peu de temps après le départ du messager, ce qui explique que le Messie Jésus puisse dire ensuite : « Lazare est mort » avant même d’arriver en Judée ( Jean 11.14 ). Lorsque ces deux jours sont écoulés, le Messie Jésus annonce à ses disciples qu’ils retournent en Judée, malgré les risques ( Jean 11.7-10 ).

Le groupe se met alors en route. Depuis Béthanie‑au‑delà‑du‑Jourdain, la route la plus directe pour rejoindre Béthanie, près de Jérusalem, passe par Jéricho. C’est une descente puis une longue montée, un itinéraire fréquenté et logique. En approchant de Jéricho, le Messie Jésus rencontre un aveugle assis au bord du chemin : Bartimée. Malgré les reproches de la foule, l’homme crie vers le Messie Jésus, qui s’arrête, le fait venir et lui rend la vue ( Luc 18.35-43 ). Puis le Messie Jésus traverse Jéricho, la ville historique, où il s’arrête sous un sycomore pour appeler Zachée, le chef des collecteurs d’impôts, et séjourner dans sa maison ( Luc 19.1-10 ). Ces rencontres s’inscrivent naturellement dans le même voyage : celui qui conduit Jésus de l’autre côté du Jourdain jusqu’à Béthanie.

Après cette halte, le Messie Jésus reprend la route. La montée de Jéricho à Béthanie demande une journée et demie de marche à cause de la foule qui le suit. Lorsqu’il arrive enfin au village, Lazare est déjà dans le tombeau depuis quatre jours ( Jean 11.17 ).

Le messager est parti de Béthanie alors que Lazare était encore en vie, bien que gravement malade, comme le rapporte Jean 11.3 . A ce stade, personne n’a connaissance du décès de Lazare : ni le messager, ni ceux qui l’entourent. Pourtant, alors que le messager n’a pas encore transmis la nouvelle au Messie Jésus et que l’état de Lazare reste incertain pour tous, le Messie Jésus reçoit la révélation que son ami Lazare est effectivement décédé. Cette annonce marque un tournant dans le récit, témoignant de la connaissance particulière dont Jésus dispose quant au sort de son ami, avant même d’arriver en Judée.

A Béthanie, le Messie Jésus rencontre Marthe puis Marie, et les conduit à la foi. Puis il se rend au tombeau, où il appelle Lazare hors de la mort ( Jean 11.38-44 ). Ce signe spectaculaire provoque une réaction immédiate des autorités religieuses, qui décident de mettre le Messie Jésus à mort ( Jean 11.53 . Pour échapper à cette menace, le Messie Jésus quitte Béthanie et se retire vers Éphraïm, une ville située au nord de Jérusalem, dans la région montagneuse proche de la Samarie ( Jean 11.53-54 ).

Quelques semaines plus tard, alors que la Pâque approche, le Messie Jésus quitte Ephraïm et revient à Béthanie, six jours avant la fête ( Jean 12.1 ). Le lendemain, il entre à Jérusalem sous les acclamations de la foule ( Jean 12.12-15 , Luc 19.28-40 ).

Commentaires

Matthieu 20.1-16 présente la parabole des ouvriers de la onzième heure, une histoire racontée par le Messie Jésus pour illustrer la nature du royaume des cieux. Dans cette parabole, un maître de maison sort très tôt le matin pour recruter des ouvriers pour travailler dans sa vigne. Il s’accorde avec eux pour un denier, la paie habituelle pour une journée complète de travail. Puis il sort de nouveau à la troisième, la sixième, la neuvième et enfin à la onzième heure de la journée, et trouve d’autres hommes sans emploi. A ceux-là, il promet de donner ce qui sera juste. Le soir venu, le maître ordonne à son intendant de rémunérer les ouvriers, en commençant par les derniers embauchés. A la grande surprise de tous, ceux qui n’ont travaillé qu’une heure reçoivent un denier, le même salaire que ceux qui ont travaillé toute la journée.

Les premiers embauchés s’estiment lésés et murmurent contre le maître. Ils trouvent injuste que ceux qui ont supporté le poids du jour et la chaleur reçoivent la même rétribution que ceux qui ont travaillé si peu. Le maître leur répond calmement : il ne fait tort à personne, car ils ont accepté le salaire convenu. Il revendique aussi le droit de disposer de son bien comme il l’entend et de faire preuve de générosité envers qui il veut. Il conclut enfin par cette parole marquante : « Les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers. »

Cette parabole met en lumière la logique divine de la grâce, différente de la logique humaine de la justice. Elle montre que le salut et la récompense dans le royaume de Dieu ne dépendent pas du temps ou de la quantité de travail, mais de la bonté et de la souveraine liberté de Dieu. Elle renverse la hiérarchie humaine fondée sur le mérite et souligne que tous ceux qui répondent à l’appel de Dieu, qu’ils viennent tôt ou tard, reçoivent également la vie éternelle. C’est une leçon sur la générosité de Dieu, la reconnaissance que l’homme doit avoir pour la grâce reçue, et l’humilité à garder face à ceux qui semblent venir « à la dernière heure ».

 

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