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CTD043
Dans quelle langue, Jésus, s’exprimait-il ?
L'article CTD043 répond à la prétendue contradiction entre Matthieu ('Eli, Eli...') et Marc ('Eloï, Eloï...') concernant le cri de Jésus sur la croix. L'analyse linguistique montre que Jésus parlait araméen (attesté par 'sabachthani' dans les deux textes) et que la différence entre 'Eli' (forme hébraïque) et 'Eloï' (forme araméenne) reflète simplement l'adaptation de chaque évangéliste à son lectorat. Il n'y a aucune contradiction.
Marc 15.39 (Louis Segond S21) :Quand l'officier romain qui se tenait en face de Jésus [entendit son cri et] le vit expirer de cette manière, il dit: «Cet homme était vraiment le Fils de Dieu.»Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.Niveau : Moyen Public : Intermediaire
CTD043Dans quelle langue, Jésus, s’exprimait-il ?
I L'article CTD043 traite d'une prétendue contradiction soulevée par le site islamland.com (contradiction n°74) concernant la langue dans laquelle Jésus s'exprimait au moment de son cri depuis la croix. La question porte précisément sur la différence entre la formulation rapportée par Matthieu ('Eli, Eli...') et celle rapportée par Marc ('Eloï, Eloï...'). L'article se propose d'analyser cette différence en profondeur pour déterminer s'il s'agit réellement d'une contradiction ou d'une simple variation rédactionnelle et linguistique. Dans un premier temps, l'article replace la question dans son contexte linguistique. À l'époque de Jésus, la Palestine était un véritable carrefour de langues. L'araméen était la langue vernaculaire du peuple juif, parlée au quotidien. L'hébreu demeurait la langue liturgique, utilisée dans les synagogues et au Temple. Le grec, quant à lui, servait aux échanges commerciaux et administratifs dans le cadre de l'Empire romain. L'article démontre, à partir de plusieurs passages évangéliques, que Jésus maîtrisait ces trois langues. Il utilisait l'araméen dans des expressions comme 'Talitha koum' (Marc 5.41), 'Ephphatha' (Marc 7.34) et 'Abba' (Marc 14.36).
Marc 14.36 (Louis Segond S21) :Il disait: «Abba, Père, tout t'est possible. Eloigne de moi cette coupe! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux.»Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.II Il lisait et commentait les Écritures hébraïques dans la synagogue de Nazareth (Luc 4.16-21). Et il dialoguait en grec avec Pilate lors de son procès (Jean 18.33-38) ainsi qu'avec la femme syro-phénicienne (Marc 7.26-29). L'analyse linguistique constitue le cœur de la démonstration. La phrase prononcée par Jésus se compose de deux éléments distincts : l'invocation 'mon Dieu' et le verbe 'pourquoi m'as-tu abandonné'. Concernant ce verbe, l'article souligne que 'sabachthani' provient de la racine araméenne š-b-q signifiant 'abandonner'. Or, en hébreu biblique, le Psaume 22.2 utilise le verbe 'azav' (עָזַב), ce qui aurait donné 'lama azavtani'. La présence de 'sabachthani' dans les deux Évangiles, tant chez Matthieu que chez Marc, confirme de manière décisive que Jésus s'exprimait en araméen au moment de cette exclamation. La seule variation réelle entre les deux récits porte donc sur la transcription du mot 'mon Dieu'. 'Eli' (אֵלִי) est la forme hébraïque, telle qu'elle figure dans le texte du Psaume 22.2, tandis qu''Eloï' (אֱלָהִי) est la forme araméenne équivalente, reflétant la prononciation galiléenne. Cette distinction s'explique par les publics cibles respectifs des deux évangélistes. Matthieu, qui écrit principalement pour un public juif (Matthieu 1.1 ; 5.17-18), emploie la forme hébraïsante 'Eli', plus directement liée au texte scripturaire et plus familière à ses lecteurs.
Matthieu 5.17-18 (Louis Segond S21) :»Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir.En effet, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre n'auront pas disparu, pas une seule lettre ni un seul trait de lettre ne disparaîtra de la loi avant que tout ne soit arrivé.Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.III Marc, qui s'adresse à un public romain (Marc 15.39), transcrit fidèlement la prononciation araméenne entendue : 'Eloï'. Il s'agit donc d'une adaptation au lectorat, et non d'une contradiction sur les faits historiques. Sur le plan théologique, l'article rappelle que ce cri de Jésus est une citation du Psaume 22.2, un psaume messianique qui décrit avec une précision frappante la souffrance du Serviteur souffrant. En reprenant ce psaume, Jésus s'inscrit dans l'accomplissement des prophéties scripturaires. Ce cri n'exprime pas un désespoir absolu, mais une lamentation confiante adressée à Dieu, dans la tradition des Psaumes de supplication. La portée théologique de ce passage est donc immense : elle affirme à la fois la pleine humanité de Jésus, qui souffre réellement, et sa fidélité à l'Écriture jusqu'aux derniers instants de sa vie. En conclusion, l'article démontre que la différence entre 'Eli' (Matthieu) et 'Eloï' (Marc) ne constitue en aucun cas une contradiction. Elle reflète les choix rédactionnels propres à chaque évangéliste en fonction de son public, la réalité du multilinguisme de Jésus et du contexte palestinien de l'époque. Loin d'affaiblir la fiabilité des Évangiles, cette variation témoigne de l'authenticité et de la richesse de la transmission des paroles de Jésus, chaque auteur ayant choisi de transmettre le même événement avec une sensibilité adaptée à ses destinataires.
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INF005
Jésus et les idiomes de son époque
Cet article analyse les principales langues utilisées par Jésus et ses contemporains en Palestine : l'araméen, langue quotidienne du peuple, l'hébreu, langue liturgique des synagogues, et le grec koinè, langue de l'administration romaine et des échanges culturels. Des exemples néotestamentaires illustrent chaque usage linguistique, révélant la richesse du contexte multiculturel du premier siècle.
Marc 15.34 (Louis Segond S21) :Et à trois heures de l'après-midi, Jésus s'écria d'une voix forte: «Eloï, Eloï, lama sabachthani?» – ce qui signifie: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.Niveau : Moyen Public : Intermediaire
INF005Jésus et les idiomes de son époque
I L'article intitulé 'Jésus et les idiomes de son époque' explore le contexte linguistique dans lequel le Messie Jésus a exercé son ministère en Palestine et dans les régions environnantes. Cette note historique met en lumière la diversité des langues qui coexistaient à cette époque, révélant une société multiculturelle et multilingue aux carrefours des influences juives, hellénistiques et romaines. La première langue abordée est l'araméen, qui constituait la langue vernaculaire et quotidienne des Juifs de Palestine. C'est dans cette langue que Jésus s'exprimait le plus couramment avec le peuple, ses disciples et les personnes qu'il rencontrait dans sa vie de tous les jours. L'article s'appuie sur des exemples concrets tirés du Nouveau Testament pour illustrer cet usage : la résurrection de la fille de Jaïrus avec l'expression 'Talitha koum' (Marc 5:41) et le cri de détresse sur la croix 'Eloi, Eloi, lema sabachthani?' (Marc 15:34). Ces occurrences araméennes, conservées telles quelles dans les textes grecs du Nouveau Testament, témoignent de l'authenticité historique et de l'importance de cette langue dans la transmission des paroles de Jésus. La deuxième langue traitée est l'hébreu, décrit comme la langue sacrée et liturgique du judaïsme.
Luc 4.16-21 (Louis Segond S21) :Jésus se rendit à Nazareth où il avait été élevé et, conformément à son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat. Il se leva pour faire la lecture,et on lui remit le livre du prophète Esaïe. Il le déroula et trouva l'endroit où il était écrit:L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par onction pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres; il m'a envoyé [pour guérir ceux qui ont le cœur brisé,]pour proclamer aux prisonniers la délivrance et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés, pour proclamer une année de grâce du Seigneur.Ensuite, il roula le livre, le remit au serviteur et s'assit. Tous ceux qui se trouvaient dans la synagogue avaient les regards fixés sur lui.Alors il commença à leur dire: «Aujourd'hui cette parole de l'Ecriture, que vous venez d'entendre, est accomplie.»Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.II Contrairement à l'araméen, l'hébreu n'était plus une langue parlée au quotidien par la population générale, mais il demeurait essentiel pour la lecture et l'interprétation des Écritures dans les synagogues. En tant que Juif pieux et enseignant respecté, Jésus maîtrisait nécessairement l'hébreu. L'article cite l'épisode de Luc 4:16-21, où Jésus lit un passage du livre d'Isaïe dans la synagogue de Nazareth, une lecture qui se faisait traditionnellement en hébreu. Cet exemple souligne le rôle de Jésus en tant que rabbi ancré dans la tradition scripturaire juive. La troisième langue présentée est le grec koinè, la langue commune du monde hellénistique et de l'administration romaine. Ce grec populaire et standardisé servait de lingua franca dans tout le bassin méditerranéen, facilitant les échanges commerciaux, politiques et culturels. L'article note que si cette langue était adoptée par de nombreux Juifs de la diaspora et par les classes dirigeantes, elle était largement rejetée par la population juive ordinaire de Palestine, qui la percevait comme une marque de l'influence étrangère et de l'hellénisation.
Marc 5.41 (Louis Segond S21) :Il la prit par la main et lui dit: «Talitha koumi», ce qui signifie: «Jeune fille, lève-toi, je te le dis».Texte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.III Cependant, Jésus et ses disciples auraient pu y recourir lors de leurs interactions avec des non-Juifs, notamment dans les régions de la Décapole ou lors de rencontres avec des fonctionnaires romains ou des étrangers. L'article établit ainsi une distinction sociale et culturelle nette entre les usages linguistiques : l'araméen appartient au peuple ordinaire, l'hébreu à la sphère religieuse et érudite, et le grec aux sphères du pouvoir politique et à la classe dirigeante juive romancée. Cette tripartition linguistique reflète les tensions sociales, culturelles et religieuses de la Palestine du premier siècle, tiraillée entre son identité juive traditionnelle et les influences extérieures hellénistiques et romaines. Cette analyse linguistique présente un intérêt majeur pour la compréhension du ministère de Jésus. Elle montre que Jésus n'était pas seulement un prédicateur local, mais un personnage capable de naviguer dans différents contextes culturels et sociaux grâce à une maîtrise probable de plusieurs langues. Cette polyvalence linguistique lui permettait de rejoindre des audiences variées, des pêcheurs du lac de Tibériade aux scribes des synagogues, en passant par des interlocuteurs d'origines diverses. La diversité linguistique de l'époque contribue également à expliquer certaines nuances dans les récits évangéliques et la transmission des enseignements de Jésus, d'abord prononcés en araméen ou en hébreu, puis transcrits et diffusés en grec koinè à travers tout l'Empire romain.
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INF006
Jésus parlait-il le grec ?
L'article examine la probabilité que Jésus ait parlé le grec. Bien que né à Nazareth, localité isolée, les Évangiles rapportent des dialogues directs de Jésus avec Pilate et des officiers romains sans mention d'interprète. L'auteur suggère que le travail de charpentier à Séphoris, ville hellénisée, et un possible enseignement local expliquent cette maîtrise probable du grec.
Matthieu 8.5 (Louis Segond S21) :Alors que Jésus entrait dans Capernaüm, un officier romain l'aborda et le suppliaTexte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.Niveau : Moyen Public : Intermediaire
INF006Jésus parlait-il le grec ?
I L'article intitulé 'Jésus parlait-il le grec ?' aborde une question historique et linguistique fascinante concernant les capacités langagières de Jésus de Nazareth. L'auteur part d'un constat établi dans un article précédent : Jésus a grandi à Nazareth, une petite localité isolée, dépourvue de grandes institutions éducatives. Cette réalité géographique et sociale aurait, en principe, limité ses possibilités d'apprentissage du grec, une langue qui était principalement maîtrisée par les élites de Jérusalem et les milieux cultivés de l'époque hellénistique. Malgré ce contexte a priori défavorable à l'acquisition du grec, l'article soulève une interrogation fondamentale : comment Jésus a-t-il pu dialoguer directement avec les autorités romaines, notamment Ponce Pilate, sans qu'aucun interprète ne soit mentionné dans les récits évangéliques ? Cette observation constitue le cœur de l'argumentation développée par l'auteur. Les Évangiles rapportent en effet plusieurs échanges directs entre Jésus et Pilate, ce gouverneur romain qui représentait l'autorité impériale en Judée. Or, les Romains de ce rang communiquaient habituellement en grec dans les provinces orientales de l'Empire, le grec étant la lingua franca du bassin méditerranéen oriental à cette époque. L'araméen, langue maternelle de Jésus et de la population juive de Galilée et de Judée, aurait été une langue étrangère pour Pilate, qui n'aurait vraisemblablement pas consenti à l'utiliser.
Matthieu 8.5 (Louis Segond S21) :Alors que Jésus entrait dans Capernaüm, un officier romain l'aborda et le suppliaTexte biblique de la Bible version Segond 21 Copyright 2007 Société Biblique de Genève Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.II L'auteur note avec pertinence que Pilate, en tant que représentant d'une puissance dominante et manifestant peu de sympathie envers le peuple juif, aurait plutôt eu recours à un interprète pour accentuer la distance sociale et culturelle entre lui et Jésus — ce qui n'est jamais le cas dans les textes évangéliques. L'article mentionne également le dialogue de Jésus avec un officier romain rapporté en Matthieu 8.5, épisode souvent identifié comme la guérison du serviteur du centurion. Cet échange, comme d'autres rencontres de Jésus avec des personnages non juifs, pose la même question : dans quelle langue ces conversations se sont-elles déroulées ? L'absence systématique de toute référence à un traducteur dans ces passages suggère que Jésus était capable de communiquer directement avec ces interlocuteurs. L'auteur envisage plusieurs hypothèses pour expliquer comment Jésus aurait pu acquérir la langue grecque. La première est la possibilité qu'un enseignant ait dispensé des rudiments de grec à Nazareth même. Cette hypothèse, bien que non documentée, n'est pas à exclure totalement, compte tenu de la pénétration progressive de la culture grecque dans toute la région. La seconde hypothèse, présentée comme devant être développée dans un article ultérieur, est particulièrement intéressante sur le plan socio-économique : le métier de charpentier, exercé probablement dans la ville voisine de Séphoris, une cité à forte influence hellénistique et en pleine reconstruction au temps de Jésus, aurait pu contraindre Joseph et ses fils à utiliser le grec dans leurs activités professionnelles quotidiennes.
III Séphoris était en effet une ville cosmopolite où le grec était largement utilisé dans les échanges commerciaux et administratifs. L'auteur prend soin de ne pas trancher de manière définitive, soulignant qu'aucun élément formel dans les textes ne précise explicitement que Jésus parlait le grec. Néanmoins, la convergence des indices tirés des récits évangéliques — dialogues sans interprète avec des Romains, rencontres avec des étrangers, contexte professionnel dans une ville hellénisée — conduit à la conclusion que cette maîtrise du grec était très probable. Cet article s'inscrit dans une démarche d'analyse historique rigoureuse qui cherche à mieux cerner le contexte culturel et linguistique dans lequel Jésus a vécu et exercé son ministère. Il invite le lecteur à dépasser une vision simplifiée de Jésus comme simple paysan araméophone pour envisager un personnage culturellement plus complexe, capable de naviguer entre plusieurs langues et plusieurs mondes. Cette réflexion enrichit la compréhension des Évangiles et de l'identité historique de Jésus.
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La Peshitta
La Peshitta est l'une des plus anciennes traductions de la Bible en langue syriaque (araméen). Son Ancien Testament fut traduit de l'hébreu au IIe siècle, et son Nouveau Testament du grec koinè au Ve siècle. Signifiant 'simple' ou 'commun', elle est la version biblique standard des Églises syriaques orthodoxes et catholiques. Elle joue un rôle majeur dans la transmission des textes bibliques et constitue une source précieuse pour la critique textuelle.
Niveau : Moyen Public : Intermediaire
INF069La Peshitta
I La Peshitta est l'une des traductions les plus anciennes et les plus importantes de la Bible, réalisée en langue syriaque, une forme d'araméen. Son nom même, signifiant 'simple' ou 'commun' en syriaque, reflète sa vocation première : rendre les Écritures accessibles à l'ensemble du peuple croyant, sans distinction de rang ou d'érudition. Cette ambition de vulgarisation spirituelle et textuelle en fait un document fondateur dans l'histoire de la transmission biblique. L'histoire de la Peshitta se divise en deux grandes phases correspondant aux deux parties de la Bible chrétienne. Pour l'Ancien Testament, la traduction aurait été réalisée probablement au cours du IIe siècle après Jésus-Christ, à partir de l'hébreu biblique. Cette datation, bien qu'encore débattue par certains spécialistes, situe cette version parmi les tout premiers efforts de traduction des Écritures hébraïques vers une langue sémitique proche. Certains chercheurs estiment même que des portions de cette traduction pourraient être antérieures au christianisme, ayant été produites dans des communautés juives araméophones avant d'être adoptées et adaptées par les chrétiens syriaques. Pour le Nouveau Testament, la traduction de la Peshitta est généralement datée du début du Ve siècle, soit autour du IVe ou Ve siècle après Jésus-Christ.
II Elle fut réalisée à partir du grec koinè, la langue dans laquelle les textes néotestamentaires furent originellement composés. Il est important de noter que le canon néotestamentaire de la Peshitta diffère légèrement du canon occidental : elle ne contient pas initialement certains livres comme la Deuxième Épître de Pierre, la Deuxième et la Troisième Épître de Jean, l'Épître de Jude et le livre de l'Apocalypse, ce qui témoigne d'une tradition canonique distincte au sein des Églises syriaques. L'importance de la Peshitta dans la vie des Églises syriaques est considérable. Elle constitue la version standard, voire officielle, de la Bible pour plusieurs communautés ecclésiales, notamment l'Église syriaque orthodoxe, l'Église catholique syriaque, l'Église assyrienne de l'Orient, et d'autres Églises orientales. À ce titre, elle occupe dans la tradition syriaque une place comparable à celle que la Vulgate latine a occupée dans l'Église catholique romaine d'Occident, ou que la Septante a occupée dans les Églises grecques orthodoxes. Sur le plan de l'histoire de la transmission textuelle, la Peshitta revêt une valeur inestimable. De nombreux manuscrits anciens de cette version ont été conservés à travers les siècles, certains d'entre eux remontant aux premiers siècles de l'ère chrétienne. Ces manuscrits constituent des témoins précieux pour les spécialistes de la critique textuelle, permettant de comparer et de contrôler les différentes traditions manuscrites de la Bible.
III Ils offrent également des informations sur l'état des textes hébreux et grecs utilisés par les traducteurs syriaques, éclairant ainsi des aspects parfois obscurs de l'histoire du texte biblique. La Peshitta a également joué un rôle de vecteur culturel et spirituel majeur dans la diffusion du christianisme vers l'est, notamment en Perse, en Inde et jusqu'en Asie centrale et en Chine, grâce aux missions nestoriennes. Elle est ainsi liée à l'une des expansions les plus remarquables et les moins connues du christianisme ancien. Aujourd'hui, la Peshitta fait l'objet d'études académiques approfondies, notamment dans le cadre du Peshitta Institute de Leyde, aux Pays-Bas, qui travaille à l'édition critique complète de cette version biblique. Ces travaux contribuent à mieux comprendre les origines du texte, ses variantes, et son rapport avec les autres grandes traditions textuelles de la Bible. En résumé, la Peshitta est bien plus qu'une simple traduction : elle est le reflet d'une tradition chrétienne riche et ancienne, ancrée dans un contexte sémitique proche de celui des origines bibliques elles-mêmes, et elle continue d'être un outil spirituel vivant pour des millions de chrétiens syriaques à travers le monde.
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INF074
Différence de travail entre traduction et révision
Cet article distingue la traduction biblique, qui consiste à créer une version nouvelle à partir des textes originaux en hébreu, grec ou araméen, de la révision, qui améliore et actualise une traduction existante. La traduction exige une maîtrise des langues sources et implique des choix entre fidélité littérale et dynamisme. La révision corrige les erreurs, modernise le langage et améliore la lisibilité. L'exemple de la Bible Segond et de sa révision de 1910 illustre concrètement ces deux processus complémentaires.
Niveau : Moyen Public : Intermediaire
INF074Différence de travail entre traduction et révision
I Cet article propose une analyse claire et structurée des différences fondamentales entre deux processus essentiels dans l'histoire de la transmission des Écritures : la traduction et la révision biblique. Ces deux démarches, bien que complémentaires, répondent à des objectifs distincts et mobilisent des compétences et des méthodes spécifiques. La traduction biblique constitue un travail fondateur. Elle consiste à convertir le texte original des Écritures, rédigé en hébreu, en grec ou en araméen, vers une langue cible, ici le français. Ce travail exige du traducteur une maîtrise approfondie des langues sources et de la langue d'arrivée, mais aussi une connaissance solide des contextes culturels, historiques et théologiques dans lesquels les textes ont été écrits. En effet, les nuances lexicales, les idiomes et les figures de style propres aux langues bibliques ne se transposent pas mécaniquement d'une langue à l'autre. Le traducteur est donc constamment confronté à un choix stratégique fondamental : opter pour une traduction littérale, fidèle mot à mot au texte original, ou adopter une approche dynamique, dite sens pour sens, qui privilégie la compréhension du lecteur moderne au détriment parfois de la stricte littéralité. Ce premier travail aboutit à une version entièrement nouvelle, élaborée directement à partir des manuscrits originaux, sans s'appuyer sur une version intermédiaire déjà existante dans la langue cible.
II La révision biblique, quant à elle, intervient dans un second temps. Elle ne part pas d'une page blanche, mais s'appuie sur une traduction déjà existante qu'elle cherche à améliorer, à corriger et à actualiser. Les réviseurs procèdent à une analyse comparative rigoureuse entre la version traduite et les manuscrits originaux, afin d'identifier les inexactitudes, les archaïsmes ou les formulations devenues obscures pour le lecteur contemporain. L'objectif de la révision est triple : corriger les erreurs éventuelles de la traduction initiale, moderniser le langage pour le rendre plus accessible, et améliorer la fluidité et la lisibilité du texte sans en altérer le sens théologique profond. Il s'agit donc d'un travail d'ajustement fin, qui suppose une grande rigueur philologique et une sensibilité pastorale aiguisée. L'article illustre ces deux processus à travers l'exemple emblématique de la Bible de Louis Segond. La version originale publiée par Segond à la fin du XIXe siècle constitue une traduction à part entière, réalisée directement à partir des textes hébreux et grecs. La révision de 1910, quant à elle, représente un travail de révision effectué par des érudits qui ont repris cette traduction pour la corriger, l'enrichir et l'adapter aux évolutions des études bibliques et aux besoins des communautés chrétiennes francophones de l'époque.
III Ces deux démarches sont présentées comme complémentaires et non concurrentes. La traduction pose le fondement en rendant la Parole de Dieu accessible dans une langue donnée, tandis que la révision assure la pérennité de cette accessibilité en maintenant le texte pertinent et précis au fil du temps, à mesure que la langue évolue et que les connaissances philologiques progressent. Ensemble, elles témoignent de l'effort constant déployé par les communautés croyantes pour transmettre fidèlement le message des Écritures d'une génération à l'autre. Cet article s'inscrit dans une catégorie de notes historiques destinées à éclairer les lecteurs sur les processus qui ont présidé à la constitution des versions bibliques qu'ils utilisent aujourd'hui. Il fournit des repères conceptuels utiles pour mieux comprendre pourquoi il existe plusieurs versions d'une même Bible et ce qui distingue une nouvelle traduction d'une simple révision. Ces distinctions ont des implications concrètes pour l'exégèse, la catéchèse et la lecture personnelle des Écritures.