Les apôtres fouettés
La condamnation au fouet des apôtres en Actes des apôtres 5.40 constitue un épisode particulièrement significatif. Après l’intervention de Gamaliel, le Sanhédrin renonce à les faire mourir, mais il ne peut se résoudre à les laisser partir sans sanction. Cette flagellation représente ainsi la première persécution physique infligée aux apôtres.
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Une peine légale prévue par la Loi
Luc écrit simplement :
« Ils appelèrent les apôtres, les firent battre de verges, leur défendirent de parler au nom de Jésus, et les relâchèrent » ( Actes des apôtres 5.40 ).
L’expression grecque employée désigne une flagellation juive. Selon la Loi de Moïse, un coupable pouvait recevoir jusqu’à quarante coups :
« Il lui fera donner quarante coups, pas davantage » ( Deutéronome 25.1-3 ).
Par précaution, afin de ne pas dépasser la limite légale en cas d’erreur de comptage, la tradition juive limitait généralement la peine à trente-neuf coups ( 2 Corinthiens 11.24 ). Chaque apôtre a probablement subi cette punition.
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Une humiliation publique
Cette peine n’était pas seulement douloureuse. Elle avait également une dimension humiliante. Être fouetté signifiait être officiellement reconnu comme un homme coupable et indigne.
Aux yeux des membres du Sanhédrin, cette punition devait servir d’avertissement et décourager toute nouvelle prédication. Les autorités espéraient sans doute que la souffrance physique produirait ce que les menaces n’avaient pas réussi à obtenir.
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Les apôtres suivent les traces de Jésus
Quelques semaines auparavant, Jésus lui-même avait été flagellé avant sa crucifixion ( Matthieu 27.26 ; Jean 19.1 ). Les apôtres expérimentent désormais ce que leur Maître leur avait annoncé :
« S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi » ( Jean 15.20 ).
Jésus les avait également prévenus :
« On vous livrera aux tribunaux et l’on vous battra de verges dans les synagogues » ( Marc 13.9 ).
Ainsi, cette souffrance n’est pas un échec de leur mission, mais l’accomplissement des paroles du Seigneur.
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Une réaction inattendue
Le plus surprenant est la réaction des apôtres :
« Les apôtres se retirèrent de devant le Sanhédrin, joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des outrages pour le nom de Jésus » ( Actes des apôtres 5.41 ).
Cette attitude contraste avec celle qu’ils avaient manifestée lors de l’arrestation de Jésus, lorsqu’ils avaient tous pris la fuite ( Matthieu 26.56 ). Le Saint-Esprit a profondément transformé ces hommes.
Leur joie ne vient pas de la souffrance elle-même, mais du privilège d’être associés aux souffrances du Christ. Cette idée sera développée plus tard par Pierre :
« Réjouissez-vous, au contraire, de la part que vous avez aux souffrances de Christ » ( 1 Pierre 4.13 ).
Paul exprimera la même conviction ( Romains 8.17 ; Philippiens 1.29 ).
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L’échec du Sanhédrin
Les autorités religieuses interdisent une nouvelle fois aux apôtres de parler au nom de Jésus ( Actes des apôtres 5.40 ). Pourtant, dès le verset suivant, Luc précise :
« Et chaque jour, dans le Temple et dans les maisons, ils ne cessaient d’enseigner et d’annoncer la bonne nouvelle de Jésus-Christ » ( Actes des apôtres 5.42 ).
Le châtiment produit donc exactement l’effet inverse de celui recherché. Les coups de fouet n’éteignent pas leur zèle ; ils le renforcent.
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Le début d’une longue histoire de persécutions
Cette flagellation inaugure une série de souffrances qui marqueront toute l’histoire de l’Église primitive :
- Étienne sera lapidé ( Actes des apôtres 7.58-60 ) ;
- Jacques, frère de Jean, sera exécuté ( Actes des apôtres 12.2 ) ;
- Paul recevra lui-même cinq fois les trente-neuf coups des Juifs ( 2 Corinthiens 11.24 ) ;
- plusieurs apôtres subiront le martyre selon les traditions anciennes.
Conclusion
La condamnation au fouet des apôtres apparaît comme une victoire apparente du Sanhédrin. Pourtant, Luc présente cet épisode comme une victoire spirituelle des disciples. Ceux qui avaient voulu réduire les témoins du Christ au silence ne parviennent qu’à les rendre plus déterminés encore.
Ainsi, les apôtres comprennent désormais que souffrir pour le nom de Jésus n’est pas une honte, mais un privilège. Leur joie au milieu des persécutions manifeste déjà l’accomplissement des béatitudes prononcées par Jésus :
« Heureux serez-vous lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi » ( Matthieu 5.11-12 ).