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L’intervention du pharisien Gamaliel

Lors d'une session du Sanhédrin au printemps 33, le pharisien Gamaliel intervient pour calmer les ardeurs des sadducéens qui souhaitent faire mourir les apôtres. Par un raisonnement pragmatique s'appuyant sur les précédents de Théudas et Judas le Galiléen, il convainc le conseil d'adopter une position attentiste. Dans la perspective de Luc, ses paroles illustrent un thème central des Actes : l'œuvre de Dieu ne peut être arrêtée par les hommes.

25 min Gamaliel Sanhédrin pharisien apôtres persécution 38 versets 5 livres

Consultation

1- L'intervention de Gamaliel

Après le départ des apôtres, les membres du commencèrent à délibérer sur l'attitude à adopter face à cette situation inédite. Les paroles de Pierre avaient suscité une vive colère parmi les membres du conseil, au point que plusieurs d'entre eux envisageaient de faire mourir les apôtres ( Actes des apôtres 5.33 ). L'opposition au mouvement chrétien semblait alors atteindre un nouveau degré de gravité.

C'est dans ce contexte qu'intervint , un , docteur de la Loi respecté de tout le peuple ( Actes des apôtres 5.34 ). Plusieurs années plus tard, Paul rappellera qu'il avait été formé à Jérusalem à l'école de ce maître renommé ( Actes des apôtres 22.3 ). Son intervention montre que le ne constituait pas un ensemble parfaitement homogène. Si les , représentés notamment par le souverain sacrificateur, exerçaient une influence considérable, tous les membres du conseil ne partageaient pas nécessairement la même appréciation du mouvement chrétien.

 

Alors que les discussions deviennent particulièrement vives, se lève pour prendre la parole. Grâce au prestige dont il jouit et à la modération de son discours, il parvient à détourner l'assemblée d'une décision extrême. Il invite ses collègues à la prudence et leur rappelle plusieurs précédents historiques.

Il évoque tout d'abord Théudas, puis Judas le Galiléen, dont les mouvements avaient disparu après la mort de leurs chefs ( Actes des apôtres 5.36-37 ). Son raisonnement se caractérise par son pragmatisme : si cette entreprise est d'origine humaine, elle disparaîtra d'elle-même ; mais si elle vient de Dieu, personne ne pourra la détruire. Ceux qui chercheraient à la combattre risqueraient même de se trouver en guerre contre Dieu ( Actes des apôtres 5.38-39 ).

Dans la perspective de Luc, ces paroles revêtent une portée particulière. Sans reconnaître explicitement l'origine divine du christianisme, énonce un principe qui résume l'un des thèmes majeurs du livre des Actes : l'œuvre de Dieu ne peut être arrêtée par les hommes ( Actes des apôtres 1.8 ; Actes des apôtres 5.39 ).

 

Le témoigne avant tout d'une attitude empreinte de prudence et de discernement. Il ne reconnaît pas explicitement l'origine divine du mouvement chrétien et ne prend pas ouvertement la défense des apôtres. Son objectif semble plutôt être d'empêcher une décision précipitée et de recommander l'attentisme.

Son raisonnement repose sur une conviction largement partagée dans le judaïsme : le temps finit par révéler l'origine véritable d'une œuvre. Si le mouvement initié par les disciples de Jésus est purement humain, il disparaîtra comme ceux de Théudas et de Judas le Galiléen ( Actes des apôtres 5.36-37 ). En revanche, si cette œuvre vient de Dieu, il serait vain et même dangereux de chercher à la combattre ( Actes des apôtres 5.38-39 ).

Il est également possible que des considérations plus pratiques aient contribué à favoriser une solution modérée. Luc souligne en effet la faveur dont bénéficiaient les apôtres auprès d'une partie importante du peuple ( Actes des apôtres 5.13 ) et rappelle que les gardes avaient agi sans violence par crainte d'une réaction populaire ( Actes des apôtres 5.26 ). Dans ce contexte, une condamnation à mort risquait d'entraîner des troubles que les autorités religieuses souhaitaient sans doute éviter.

Dans la perspective de Luc, les paroles de prennent cependant une portée plus profonde que celle qu'entendait probablement leur auteur. Sans confesser la foi chrétienne, ce énonce un principe qui rejoint l'un des grands thèmes du livre des Actes : aucune opposition humaine ne peut empêcher l'accomplissement du dessein de Dieu ( Actes des apôtres 1.8 ; Actes des apôtres 5.39 ).

 

Les membres du conseil se laissèrent convaincre par les arguments de et renoncèrent à leur projet de mise à mort ( Actes des apôtres 5.40 ). Les apôtres furent alors rappelés devant l'assemblée.

Toutefois, le n'entendait pas renoncer à son autorité. Après avoir infligé aux apôtres la peine du fouet, les autorités leur renouvelèrent l'interdiction de parler au nom de Jésus avant de les relâcher ( Actes des apôtres 5.40 ). Cette flagellation, probablement conforme aux prescriptions de la Loi de Moïse ( Deutéronome 25.1-3 ), constituait une punition particulièrement humiliante et douloureuse.

Cette sentence intermédiaire peut être comprise comme un compromis entre la volonté de certains membres du conseil de châtier sévèrement les apôtres et l'attitude plus modérée préconisée par .

 

Une fois encore, les autorités religieuses apparaissent incapables d'empêcher la progression du christianisme naissant. Malgré les menaces, les arrestations et les châtiments, la prédication apostolique continue de se développer conformément au programme annoncé par le Christ avant son ascension ( Actes des apôtres 1.8 ).

Dans la perspective de Luc, les persécutions elles-mêmes ne parviennent pas à faire obstacle au dessein de Dieu. Au contraire, elles contribuent à mettre en évidence la souveraineté divine et l'efficacité de sa Parole ( Esaïe 55.11 ; Actes des apôtres 6.7 ; Actes des apôtres 12.24 ; Actes des apôtres 19.20 ).

 

( Actes des apôtres 1.8 ) ; ( Actes des apôtres 5.39 ) ; ( Actes des apôtres 6.7 ) ; ( Actes des apôtres 12.24 ) ; ( Actes des apôtres 19.20 ) – La progression de l'Évangile et l'œuvre de Dieu

( Actes des apôtres 5.13 ) ; ( Actes des apôtres 5.26 ) – La faveur du peuple envers les apôtres

( Actes des apôtres 5.33 ) – La colère du

( Actes des apôtres 5.34 ) ; ( Actes des apôtres 22.3 ) – , docteur de la Loi et maître de Paul

( Actes des apôtres 5.36-37 ) – Théudas et Judas le Galiléen

( Actes des apôtres 5.38-39 ) – Le conseil de

( Actes des apôtres 5.40 ) – La flagellation des apôtres

( Genèse 50.20 ) ; ( Proverbes 21.1 ) – Dieu dirige les événements selon son dessein

( Deutéronome 25.1-3 ) – La peine du fouet dans la Loi de Moïse

( Esaïe 55.11 ) – L'efficacité de la Parole de Dieu

 

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