Consultation
Textes bibliques

Détails techniques


Commentaires
Lorsque les apôtres eurent été conduits hors de la salle, les membres du Sanhédrin commencèrent à délibérer afin de déterminer l’attitude à adopter face à cette situation inédite. Les paroles de Pierre avaient suscité une vive colère parmi les juges, au point que plusieurs d’entre eux envisageaient de faire mourir les apôtres ( Actes des apôtres 5.33 ).
C’est alors qu’intervint Gamaliel, un pharisien réputé, docteur de la Loi respecté de tout le peuple et connu plus tard comme le maître de Paul ( Actes des apôtres 22.3 ). Son intervention montre qu’au sein du Sanhédrin tous ne partageaient pas nécessairement la même appréciation du mouvement chrétien. Bien que les sadducéens, représentés notamment par le souverain sacrificateur Caïphe, exerçassent une influence considérable, l’assemblée ne formait pas un bloc homogène dans son jugement à l’égard de Jésus et de ses disciples.
Alors que les discussions deviennent particulièrement vives, Gamaliel se lève pour prendre la parole. Grâce au prestige dont il jouit et à la modération de son discours, il parvient à détourner le conseil d’une décision extrême. Il rappelle à ses collègues les précédents de Theudas et de Judas le Galiléen, dont les mouvements avaient disparu après la mort de leurs chefs ( Actes des apôtres 5.36-37 ). Son raisonnement se caractérise par sa prudence et son pragmatisme : si cette entreprise est d’origine humaine, elle disparaîtra d’elle-même ; mais si elle vient de Dieu, personne ne pourra la détruire, et ceux qui s’y opposeraient risqueraient de se trouver en guerre contre Dieu ( Actes des apôtres 5.38-39 ).
Le discours de Gamaliel témoigne ainsi d’une attitude empreinte de réserve et de discernement. Il ne reconnaît pas explicitement l’origine divine du mouvement chrétien, mais recommande de suspendre tout jugement définitif. Il est également possible que la popularité dont jouissaient les apôtres auprès du peuple ait contribué à favoriser une solution plus modérée ( Actes des apôtres 5.13 ; Actes des apôtres 5.26 ).
Les membres du conseil se laissèrent convaincre par les arguments de Gamaliel et renoncèrent à leur projet de mise à mort ( Actes des apôtres 5.40 ). Les apôtres furent alors rappelés devant l’assemblée. Après leur avoir infligé la peine du fouet, les autorités leur renouvelèrent l’interdiction de parler au nom de Jésus avant de les relâcher ( Actes des apôtres 5.40 ). Ainsi, même si la condamnation capitale fut écartée, le Sanhédrin entendait maintenir son autorité et faire cesser la prédication des disciples.
Cette sentence intermédiaire peut être comprise comme un compromis entre la volonté de certains membres du conseil de punir sévèrement les apôtres et l’attitude plus prudente préconisée par Gamaliel. Une nouvelle fois, les autorités religieuses se révélèrent incapables d’empêcher la progression du christianisme naissant, dont l’expansion allait bientôt dépasser les frontières de Jérusalem.