
Les frères et sœurs de Jésus
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Introduction
Les frères et sœurs de Jésus sont-ils ses cousins ou font-ils partie d’une fratrie distincte ? Ou bien sont-ils réellement des frères et sœurs au sens où nous l’entendons aujourd’hui ?
Nous abordons ici un sujet ayant suscité de nombreux commentaires contradictoires, en fonction de l’obédience des auteurs. Nous considérons l’indépendance intellectuelle absolue comme une utopie, mais nous pouvons néanmoins tenter d’analyser simplement les textes, en partant du principe que leurs auteurs ont été précis dans leurs rédactions.
Nous nous attacherons à noter les passages bibliques les plus significatifs sans nous attarder sur les controverses, qui pourraient obscurcir la réalité. Néanmoins, nous mentionnerons les deux principales positions, protestante et catholique, qui s’affrontent sur ce sujet.
Le rappel des faits
Les faits que nous prendrons en compte sont uniquement ceux rapportés par les auteurs des Évangiles. Ces textes constitueront donc notre unique source pour cette étude.
Nous remarquons que Matthieu, Marc et Luc évoquent la présence de frères et sœurs du Messie Jésus. Matthieu cite le nom de quatre frères du Messie Jésus, Jacques, Joseph ou Jose, Simon et Jude, et il ajoute plusieurs sœurs sans plus de précisions.
Les deux lectures
Comme nous l’avons mentionné précédemment, il existe au moins deux interprétations distinctes de ces textes.
La première, protestante, soutient que les termes « frères » et « sœurs » se réfèrent littéralement aux autres enfants que Joseph et Marie auraient eus après la naissance de Jésus. Pour être tout à fait précis, nous devrions parler de demi-frères et demi-sœurs en raison de la naissance particulière de Jésus.
La seconde interprétation, catholique, avance que Marie n’a pas eu d’autres enfants, ce qui a conduit au dogme de la « virginité perpétuelle de Marie ». Cette perspective propose deux explications : la première est que les termes désignent en réalité des cousins et cousines, et la seconde est que ces enfants seraient ceux d’un premier mariage de Joseph, Marie ayant épousé un Joseph veuf.
La présence d’enfants issus d’un premier mariage de Joseph est évoquée dans un texte apocryphe du deuxième siècle, le « Protévangile de Jacques« , ainsi que dans un autre écrit apocryphe, « L’Histoire de Joseph le Charpentier« .
Ces deux interprétations divergentes, protestante et catholique, ne remettent pas en question la nature exceptionnelle de Jésus, c’est-à-dire la naissance virginale. La divergence apparaît uniquement en ce qui concerne la présence éventuelle de frères et sœurs de Jésus.
Notre analyse
Nous avons clairement délimité nos sources aux textes bibliques, excluant ainsi les informations issues d’écrits apocryphes qui ne sont ni prouvées ni vérifiables. Nous partons du principe qu’il n’y a pas d’erreurs dans les Évangiles, ni concernant les faits, ni dans les termes employés.
Ainsi, en grec, la langue originelle de ces documents, un frère n’est pas un cousin, car la langue permet de faire cette distinction précise.
Il est important de noter que tous les documents anciens sur lesquels se basent nos traductions modernes sont rédigés en grec. Nous ne disposons pas de versions araméennes du texte de Matthieu.
Pour plus d’informations, veuillez consulter l’annexe ANN40 : Marie, la mère de Jésus.
Rien dans les textes des Évangiles ne nous autorise à envisager une autre possibilité que celle-ci : Marie a eu d’autres enfants avec Joseph.
Luc, en précisant que Marie « mit au monde son fils premier-né », nous fournit une explication aux différentes mentions de frères et sœurs de Jésus. Il semblerait que Marie ait eu plusieurs enfants avec Joseph après ce fils premier-né, dont certains sont même nommés par Matthieu : « Jacques, Joseph, Simon et Jude ne sont-ils pas ses frères ? »
Même si nous observons dans les Évangiles que Joseph disparaît relativement tôt de la narration, il est néanmoins présent lorsque Jésus, à 12 ans, reste seul à Jérusalem, oublié par ses parents. Selon les coutumes de l’époque, un Juif de 25 ans prenait déjà en charge sa famille, souvent constituée de nombreux enfants.
Dans ces conditions, il semblerait inhabituel que Marie n’ait pas eu d’autres enfants avec Joseph au cours de ces 11 années, à moins d’une stérilité, souvent perçue à l’époque comme une malédiction divine. Ce fait viendrait contredire les informations de Matthieu, de Marc et de Luc !
La raison fondamentale de cette divergence
Nous ne devons pas confondre la naissance miraculeuse de Jésus avec le dogme de la virginité perpétuelle de Marie.
Les trois grandes religions monothéistes — le protestantisme, le catholicisme et l’islam — reconnaissent le premier point, à savoir que Jésus est né de l’intervention du Saint-Esprit.
Certains catholiques ont perçu Marie comme une figure si exceptionnelle qu’il leur était inconcevable qu’elle soit une femme ordinaire. La tradition catholique, depuis le IVe siècle, a constamment affirmé que Marie est « toujours vierge » (Épiphane de Salamine, en l’an 402). Après le concile de Constantinople II en l’an 553 et celui de Latran en 649, cette simple expression est devenue un dogme.
Le Coran mentionne également Marie et reconnaît la naissance miraculeuse de Jésus (Sourates 19, 21 et 66), mais ne précise pas le dogme de la virginité perpétuelle de Marie.
Lorsqu’une religion affirme un tel dogme, il devient nécessaire d’expliquer certains versets des Évangiles mentionnant les frères et sœurs de Jésus.
Aujourd’hui, deux interprétations prévalent : soit ces « frères et sœurs » sont en réalité des cousins, ce qui soulève la question de pourquoi les auteurs des Évangiles synoptiques n’ont pas utilisé le terme spécifique pour « cousin »; soit, comme l’ont proposé certains chercheurs catholiques s’appuyant sur des écrits apocryphes, Joseph était veuf et ces enfants étaient issus d’un premier mariage.
L’un de ces textes, « L’Histoire de Joseph le Charpentier« , suggère que Joseph est décédé à 111 ans, impliquant qu’un homme de 90 ans aurait épousé une jeune fille de 13 ans. Cette information illustre la prudence nécessaire lorsqu’on considère de tels écrits. Il est donc impératif d’aborder ces sources avec une grande prudence.
Discussion autour des termes « frères » et « sœurs »
Nous allons résumer l’argumentation sur laquelle s’appuient certains exégètes catholiques pour défendre l’idée que les « frères » mentionnés par Matthieu, Marc ou Luc sont en réalité des cousins. Nous évaluerons la crédibilité de ces hypothèses à la lumière des textes des Évangiles.
1° Généralement, ils se réfèrent à la langue sémitique qui ne distingue pas clairement entre frères et cousins. Le terme (Hâ) peut désigner un proche parent, que ce soit un frère ou un cousin. Toutefois, les textes que nous avons sont en grec, où « adelphos » signifie « frère » et « anepsios » signifie « cousin », et c’est le mot « adelphos » qui est utilisé.
2° Certains érudits qui défendent l’hypothèse des cousins avancent que le terme « cousin » aurait renvoyé à une parenté plus éloignée. Pour éviter de froisser les susceptibilités, le terme « frère » aurait été préféré. Cependant, il semble peu probable que les auteurs des Évangiles aient utilisé des termes inexacts, surtout concernant des détails aussi importants que la naissance de Jésus.
3° Ces mêmes érudits catholiques expliquent que le terme « adelphos » désigne souvent des membres d’une même communauté religieuse. Ils déduisent que dans le cas de Jésus, « adelphos » pourrait signifier « cousin ». Cependant, les auteurs des Évangiles associent souvent ces « frères et sœurs » à Marie, la mère de Jésus, ce qui rend difficile d’accepter qu’ils ne seraient pas ses enfants.
4° Le passage de Matthieu 2:19-21, qui évoque le retour d’Égypte, mentionne l’enfant au singulier. Mais le personnage central est Jésus, et la mention d’autres enfants n’est pas nécessaire pour le récit.
5° Lorsque Jésus, à 12 ans, est retrouvé dans le temple, Luc ne mentionne pas d’autres enfants. Cela pourrait suggérer qu’ils étaient confiés à des membres de la famille lors du retour à Jérusalem.
6° Pourquoi Jésus confie-t-il sa mère à l’apôtre Jean plutôt qu’à ses frères ? Peut-être parce que pour Jésus, les liens spirituels étaient aussi importants que les liens charnels.
7° Pierre parle des 120 personnes dans la chambre haute comme de « frères ». Cela démontre que le terme « frère » prend une dimension plus vaste dans le contexte de l’Église.
8° « En conclusion, nous pouvons retenir que Jésus n’a pas eu de frères et sœurs de sang, mais bien des cousins, cousines, et proches parents. C’est juste une question de traduction ». Ces arguments et cette conclusion sont inspirés du site suivant : Jésus a-t-il eu des frères et sœurs ? – Réponses Open Bible (open-bible.fr).
En conclusion, bien que certains argumentent que Jésus n’avait pas de frères et sœurs de sang, mais plutôt des cousins, nous déduisons des informations des Évangiles que cette hypothèse semble davantage liée à la défense d’un dogme qu’à une analyse objective des textes. Luc 2.7, mentionne « son premier-né », ce qui suggère l’existence d’autres enfants après Jésus.
Jacques et Jude sont-ils les demi-frères du Messie Jésus ?
Jacques et Jude, les auteurs des épîtres qui portent leurs noms, sont souvent identifiés comme les demi-frères de Jésus.
Les deux auteurs n’identifient pas comme étant des frères de Jésus. Cette hypothèse est basée sur la liste des noms des demi-frères du Messie Jésus, citée par Matthieu 13.55 et Marc 6.3. Cela a conduit certains chercheurs à établir une relation entre ces figures et les auteurs des épîtres.
Cependant Flavius Josèphe mentionne Jacques comme le frère de Jésus dans son ouvrage « Antiquités judaïques », au Livre 20, chapitre 9. Il écrit à propos de Jacques en le désignant comme « le frère de Jésus, appelé Christ ». Ce passage est souvent cité comme une référence historique importante concernant Jacques et Jésus, bien qu’il ait été sujet à des débats sur son authenticité et d’éventuelles interpolations chrétiennes.
Nous observons que Jude se défini par rapport à Jacques qui est donc une figure importante dans l’Eglise.
Conclusion
A moins de réinterpréter les textes des Évangiles, il semble clair et simple que Jésus avait des frères et sœurs, naturellement issus des relations entre Joseph et Marie. Matthieu 1.25, insistent sur le fait que Joseph n’a pas eu de relations sexuelles avec Marie avant la naissance de Jésus. Cette déclaration implique, selon notre interprétation, que cela ne s’est produit qu’avant la naissance de Jésus, car il n’y a aucune autre précision dans les Évangiles à ce sujet.
Nous sommes conscients que cette interprétation contredit directement le dogme de la « virginité perpétuelle de Marie ». Notre analyse, fondée uniquement sur les écrits bibliques, ne laisse guère de place au doute à cet égard.
Jacques et Jude occupaient des positions de responsabilité dans l’église primitive et sont les auteurs des épîtres portant leurs noms. Ils étaient également désignés par la communauté chrétienne de l’époque comme les frères de Jésus.