
La naissance et le ministère de Jean le baptiste
Pour plus d’informations
Introduction
Jean le baptiste est un personnage clé au début du ministère de Jésus, comme le soulignent les Évangiles. Tandis que Matthieu et Marc mentionnent brièvement Jean le baptiste, c’est Luc, en sa qualité d’historien, qui fournit une multitude de détails sur ses parents et sa vie.
La description de Luc élimine tout aspect légendaire autour de Jean le Baptiste, présentant une réalité authentique qui a eu un impact significatif sur l’histoire du peuple juif. Le troisième Évangile révèle des informations importantes sur la famille de Jean, sa naissance et son activité, le dépeignant comme une figure atypique, davantage en phase avec les grands prophètes juifs qu’avec ses contemporains.
Les questions que nous nous posons sont les suivantes :
– Quel rôle Jean le baptiste a-t-il joué dans le ministère de Jésus ?
– Comment est-il devenu si célèbre dans toute la région d’Israël ?
– Comment comprendre ses doutes exprimés alors qu’il était en prison ?
– Quelle influence a-t-il exercée sur le ministère de Jésus ?
Pour répondre à ces interrogations, nous examinerons attentivement les Évangiles et les écrits prophétiques afin de mieux appréhender la portée et l’importance de son œuvre.
Le texte de Luc
Les parents de Jean le Baptiste
Vous pouvez consulter :
La péricope PER005 : La visite de Marie à Elisabeth
La péricope PER006 : La louange ou le Magnificat de Marie
La péricope PER007 : La naissance de Jean le Baptiste
La péricope PER008 : La louange de Zacharie lors de la naissance de son fils Jean
Jean le baptiste est né de parents descendant de la lignée de Lévi et d’Aaron, faisant partie de la classe sacerdotale. Son père, Zacharie, est prêtre au temple de Jérusalem, tandis que sa mère, Élisabeth, est stérile. Ils sont décrits comme des Juifs pieux, fidèles à la loi de Moïse, et sont d’un âge avancé.
Luc est le seul évangéliste à fournir ces informations, mais il ne mentionne pas explicitement le village de résidence du couple. La tradition suggère qu’ils habitaient Ein Kerem, une petite localité située dans les montagnes de Judée, à environ 8 km à l’ouest de Jérusalem, soit à peu près deux heures de marche. Cette hypothèse traditionnelle ne suscite généralement pas de controverse.
Zacharie officie au temple deux fois par an, pendant une semaine à chaque fois, ainsi que lors de chaque fête religieuse. Les trois principales fêtes juives, Pessah (Pâques), Chavouot (Pentecôte) et Souccot (Tabernacles), mentionnées dans Deutéronome 16.16-17 et Exode 23.14-17, durent une semaine et requièrent la présence de tous les prêtres au Temple.
La vie du couple, marquée par l’absence d’enfants, est rythmée par les obligations sacerdotales de Zacharie. Élisabeth passe souvent du temps seule, bien qu’elle accompagne généralement son mari à Jérusalem lors des grandes fêtes.
La révélation de l’ange
Vous pouvez consulter :
La péricope PER003 : Annonce de la naissance de Jean le Baptiste
Luc décrit avec une grande précision la révélation faite par l’ange, probablement Gabriel, ce qui soulève des questions quant à l’origine de ses informations. À l’époque où Luc rédige son Évangile, Jean le Baptiste et ses parents sont déjà décédés. Il semble que Marie, la mère de Jésus, aurait été l’une des rares personnes encore en vie à pouvoir fournir un tel récit détaillé.
Bien qu’il soit plausible que Luc ait eu des échanges avec certains apôtres, les informations détaillées qu’il présente laissent supposer qu’il les a obtenues directement de Marie. En effet, selon Luc, Marie a rendu visite à Élisabeth, alors enceinte de six mois, et est restée avec elle pendant trois mois. Cela soulève la question : Marie est-elle restée jusqu’à l’accouchement d’Élisabeth ?
Cette présence de Marie aurait permis à Élisabeth de se reposer et de se libérer des tâches quotidiennes, contribuant ainsi à une fin de grossesse sereine et sans encombre.
Comment peut-on découvrir les dates du voyage de Marie ?
Vous pouvez consulter :
La péricope PER005 : La visite de Marie à Elisabeth
L’annexe ANN007 : Le lien de parenté entre Marie et Elisabeth
Pour établir les dates de naissance de Jean le Baptiste et de Jésus, ainsi que pour déterminer la période du voyage de Marie, nous partons du jour de naissance de Jésus. Nous expliquons notre choix du 12 octobre -2 av. J.-C. pour cette date dans l’annexe ANN004 : La date de naissance du Messie Jésus.
Nous supposons que l’accouchement de Marie a été prématurément déclenché par son périple, car il est improbable que Joseph ait entrepris un tel voyage avec Marie sur le point d’accoucher. Ils n’auraient pas pris un tel risque. Si l’accouchement était attendu vers la fin octobre, la conception aurait eu lieu fin janvier.
Marie aurait entrepris son voyage (ANN007) pour rejoindre Élisabeth en février -2 av. J.-C. Les déplacements en solo, surtout la nuit, étaient risqués en raison des bandits de grand chemin, ce qui poussait les gens à voyager en groupe pour plus de sécurité. Marie a probablement profité du déplacement de commerçants de son village vers Jérusalem pour se joindre à eux, car ni son père ni Joseph n’auraient approuvé un tel voyage en solitaire.
Ainsi, la chronologie des événements pourrait être la suivante :
– La révélation de l’ange Gabriel et la conception de Jésus en janvier -2 av. J.-C. Luc 1.26-38.
– Le voyage de Marie pour visiter Élisabeth à Ein Kerem en février -2 av. J.-C. Luc 1.39-40
– Élisabeth entame son 6ème mois de grossesse en février -2 av. J.-C. Luc 1.36.
– Accouchement d’Élisabeth en avril -2 av. J.-C.
– Naissance de Jésus (ANN004) en octobre -2 av. J.-C.
Cette séquence d’événements concorde, selon nous, avec les récits de Luc et les prophéties de Daniel 9.24-27.
Marie est-elle restée jusqu’à la naissance de Jean ?
L’importance de voyager en groupe dans l’antiquité est déjà bien établie. Pour son voyage aller, Marie avait connaissance des plans des habitants de son village et a pu ainsi planifier son départ en conséquence. Cependant, pour le retour, elle ne disposait plus de telles informations. Il est donc plausible qu’elle ait profité du retour des pèlerins venus à Jérusalem pour la Pâque.
Selon nos calculs basés sur des convertisseurs de dates juives, la Pâque de l’année -2 av. J.-C. aurait normalement eu lieu le 17 mars. Toutefois, l’équinoxe n’étant prévu que quatre jours plus tard, le 21 mars, le Sanhédrin aurait probablement ajouté un mois supplémentaire, adar 2, pour que la Pâque coïncide avec le printemps. Ainsi, la Pâque pourrait être datée au 16 avril -2 av. J.-C. Cette célébration durant sept jours, jusqu’au 23 avril, le retour des pèlerins aurait commencé le lendemain.
Il est probable que Marie, connaissant ces dates, se soit jointe aux Nazaréens revenant du pèlerinage de Pâque pour rentrer à Nazareth. Ses parents, ainsi que ses frères et sœurs, auraient également pu faire partie de ce groupe de pèlerins et en auraient profité pour visiter Zacharie et Élisabeth à Ein Kerem, célébrant ainsi la naissance de Jean.
Nous estimons que Marie est retournée à Nazareth le 23 avril -2 av. J.-C. Un départ avant l’accouchement d’Élisabeth semble improbable, mais Marie devait se conformer aux dates de retour des pèlerins. Sa présence lors de la naissance de Jean était essentielle pour vérifier si l’enfant correspondait aux prophéties qu’elle connaissait. Elle a pu comprendre que les événements se déroulaient conformément aux annonces de l’ange.
Élisabeth et Zacharie ont partagé avec Marie leurs expériences extraordinaires. Luc, dans son Évangile, fournit des détails intimes sur Marie, Joseph et le couple, ce qui suggère qu’il a obtenu ces informations directement de Marie. L’annonce faite à Zacharie par l’ange représente non seulement une réponse aux prières du couple, mais aussi un miracle divin. Leur entourage a observé ces événements avec étonnement, anticipant que l’enfant deviendrait une figure importante.
Zacharie de la classe d’Abia
Ces informations, bien qu’anodines en apparence, s’avèrent cruciales pour déterminer les dates de naissance de Jean le Baptiste et de Jésus.
Dans l’annexe ANN004 : La date de la naissance de Jésus, nous analysons en détail ces classes sacerdotales et concluons que le service de Zacharie s’est terminé le 5 juillet -3 av. J.-C. En se basant sur cette date, nous pouvons déduire que Jean le Baptiste est né en avril -2 av. J.-C., soit six mois avant Jésus.
Ces précisions historiques et liturgiques nous offrent donc un cadre pour mieux comprendre et situer ces événements importants dans le contexte de l’époque.
La méthode de travail de Jean
Ces informations, bien qu’anodines en apparence, s’avèrent cruciales pour déterminer les dates de naissance de Jean le Baptiste et de Jésus.
Dans l’annexe ANN004 : La date de la naissance de Jésus, nous analysons en détail ces classes sacerdotales et concluons que le service de Zacharie s’est terminé le 5 juillet -3 av. J.-C. En se basant sur cette date, nous pouvons déduire que Jean le Baptiste est né en avril -2 av. J.-C., soit six mois avant Jésus.
Ces précisions historiques et liturgiques nous offrent donc un cadre pour mieux comprendre et situer ces événements importants dans le contexte de l’époque.
La stérilité et la vieillesse d’Elisabeth
Luc nous informe qu’Élisabeth et Zacharie étaient d’un âge avancé, ce qui n’empêchait pas leur prière constante pour avoir un enfant. Cette description laisse supposer qu’Élisabeth était encore en âge de procréer.
À l’époque biblique, les normes sociales et les attentes concernant l’âge étaient différentes de celles d’aujourd’hui. Dans cette société, à 25 ans, un Juif avait souvent déjà fondé une famille nombreuse. Ainsi, un couple de quarantaine d’années sans enfants était considéré comme exceptionnel et souvent perçu comme une anomalie. La stérilité était fréquemment interprétée comme une malédiction divine liée au péché.
L’exemple d’Anne, la femme d’Elkana, qui pleurait son infertilité avant de recevoir la bénédiction de Dieu avec la naissance de son fils Samuel 1 Samuel 1.1, illustre bien cette perception.
Concernant Zacharie, il n’avait pas encore atteint l’âge de 50 ans, considéré comme l’âge de la retraite pour les prêtres selon les coutumes de l’époque Nombre 8.25. Luc confirme que Zacharie exerçait toujours ses fonctions sacerdotales au temple de Jérusalem.
Il était courant que les hommes se marient avec des femmes plus jeunes. Il est donc probable qu’Élisabeth était dans la quarantaine. Malgré leur désir d’enfant, le couple portait le fardeau de la stérilité d’Élisabeth, clairement déclarée par Luc.
L’enfance de Jean le Baptiste
Peu d’informations sont disponibles sur l’enfance et la jeunesse de Jean le Baptiste. Nous le retrouvons plus tard dans le désert de Judée, où il prêche la repentance. Par conséquent, nous ne disposons d’aucune indication précise sur son éducation, bien qu’elle ait probablement été similaire à celle des autres enfants de son époque.
Cependant, un détail dans le récit de Luc indique une différence notable : Jean n’était pas censé consommer d’alcool. Cela évoque le vœu de naziréat de l’Ancien Testament, une consécration à Dieu. Pour Jean, ce naziréat ne semblait pas être temporaire. Le texte ne spécifie pas s’il devait laisser pousser ses cheveux conformément aux exigences de ce vœu, comme décrit dans le livre des Nombres. (Voir l’annexe ANN044 : Le naziréat.)
Il apparaît que Jean a suivi l’intégralité des règles naziréennes. L’ange, probablement Gabriel, avait annoncé qu’il serait semblable au prophète Élie. Il est probable que Jean ait demandé à ses parents, Élisabeth et Zacharie, des explications sur les particularités de son éducation. Ils lui auraient ainsi révélé les circonstances extraordinaires de sa naissance, laissant présager un destin exceptionnel.
Nous supposons qu’ils lui ont également parlé de l’histoire de Marie, ce qui aurait informé Jean qu’un autre enfant remarquable, Jésus, était né. Il pouvait dès lors envisager la venue du Messie.
Cependant, il est important de noter que Jean ne reconnaissait pas Jésus comme le Messie au départ. Ce n’est que lors du baptême de Jésus, marqué par des signes miraculeux, que Jean a compris et reconnu en Jésus le Messie.
Les débuts du ministère de Jean le Baptiste
Vous pouvez consulter :
La péricope PER029 : Le ministère de Jean le Baptiste
Jean le baptiste n’a pas introduit une nouvelle doctrine, mais a plutôt annoncé l’arrivée imminente d’un grand changement avec l’avènement du Messie. Son appel au baptême par immersion était un symbole de repentance, plutôt qu’un moyen de pardon des péchés.
Bien que son message ait semblé novateur, il n’était pas révolutionnaire dans le contexte de la loi de Moïse. Selon cette loi, le pardon des péchés nécessitait un sacrifice au temple, une pratique que Jean n’a pas contestée.
Sa prédication n’a pas entraîné de conflit direct avec les autorités religieuses juives. Si Jean avait prôné la fin des sacrifices au temple, il aurait sans aucun doute suscité une opposition bien plus marquée de la part de ces autorités.
Pour plus d’informations sur la pratique du baptême et son évolution, voir l’annexe ANN017 : Les baptêmes.
La datation de Luc qui confirme les informations de Daniel
Luc nous fournit des détails historiques précieux pour dater le début du ministère de Jean le Baptiste, qui est distinct de celui du Messie. Tibère est officiellement devenu empereur après Auguste le 19 août 14 ap. J.-C. Cependant, en raison de la maladie d’Auguste, le Sénat romain avait adopté une loi exceptionnelle accordant à Tibère la régence sur les provinces dès l’an 12 ap. J.-C., instaurant ainsi une corégence de 12 à 14 ap. J.-C.
En conséquence, lorsque Luc mentionne le début du règne de Tibère, il se réfère probablement à l’année 12 ap. J.-C. Ainsi, la « quinzième année » du règne de Tibère, mentionnée par Luc, correspondrait à l’an 26 ap. J.-C.
Cette interprétation est en accord avec les informations dérivées des textes de Daniel. Pour une analyse plus approfondie de ces affirmations, il est recommandé de consulter les annexes citées au début de cette étude, où ces données sont détaillées.
Déductions sur la vie de Jean le baptiste
En examinant les informations fournies par les évangélistes, nous pouvons esquisser un portrait de la vie de Jean le baptiste. En tant que fils unique, il est probable qu’il ait pris soin de ses parents, Zacharie et Élisabeth, jusqu’à leur mort. L’absence de mention d’autres grossesses d’Élisabeth dans les textes suggère qu’elle n’a probablement pas eu d’autres enfants.
Conformément à la loi juive, Jean montait trois fois par an au temple de Jérusalem pour les grandes fêtes, une pratique facilitée par la proximité de leur domicile familial, probablement situé à Ein Kerem, un village situé à environ 8 km à l’ouest de Jérusalem. Ce village est traditionnellement considéré comme leur lieu de résidence.
L’apparence et le mode de vie de Jean, avec ses vêtements particuliers, sa chevelure longue, et son régime alimentaire, rappelaient ceux des anciens prophètes. Si certains pouvaient se moquer de lui, beaucoup le respectaient et le voyaient comme un successeur de ces grands hommes de Dieu.
Après la mort de ses parents, Jean s’est retiré dans le désert pour y vivre comme un ermite. Durant les fêtes importantes, il se rendait probablement près du temple pour prêcher. Sa franchise, son mode de vie exemplaire, et son apparence faisaient penser à Élie. Sa réputation s’étendit rapidement, et beaucoup se demandaient s’il était le Messie.
Matthieu 3.5-6, rapporte que les habitants de Jérusalem, de toute la Judée et de toute la région du Jourdain venaient l’écouter et se faisaient baptiser par lui. Jean le baptiste était donc bien connu dans tout le pays.
Les autorités religieuses de Jérusalem, inquiètes de sa popularité croissante, envoyèrent une délégation pour enquêter, comme le rapporte Jean 1.19-20. Jean leur assura qu’il n’était pas le Messie.
Le succès de Jean le baptiste et l’intérêt qu’il suscitait ne peuvent s’expliquer sans une longue période de préparation. Sa prédication, centrée sur la prochaine venue du Messie, touchait une corde sensible chez les Juifs qui attendaient avec impatience cette figure messianique. Cette annonce avait le potentiel de perturber l’ordre établi.
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Le ministère de Jean le baptiste
Vous pouvez consulter :
– La péricope PER029 : Le ministère de Jean le baptiste
– La péricope PER030.: La députation venue de Jérusalem
– La péricope PER031 : Le baptême du Messie Jésus
– La péricope PER043 : Les conflits entre les disciples
– La péricope PER044 : L’arrestation de Jean le baptiste
– La péricope PER074 : La question des disciples de Jean le baptiste sur le jeûne
– La péricope PER109 : La question de Jean le baptiste
– La péricope PER110 : Eloge de Jean le baptiste
– La péricope PER157 : Mort de Jean le baptiste
– La péricope PER158 : Rappel de l’arrestation de Jean le baptiste
– La péricope PER159 : Rappel des conditions du meurtre de Jean le baptiste
L’apôtre Jean reste le seul à nous renseigner sur le ministère de Jean le baptiste.
Dans l’annexe ANN063 : Enon et Béthanie de l’autre côté du Jourdain, nous détaillons notre processus de localisation de ces deux sites. Selon le récit de Jean 1.28, Jean le Baptiste a baptisé Jésus à Béthanie.
Par la suite, Jean a exercé son ministère à Enon, parfois en collaboration avec Jésus. Cependant, à la suite de tensions entre leurs disciples, rapportées en Jean 3.25-36, Jean le Baptiste et Jésus se sont séparés.
Jésus s’est alors établi à Béthanie, où il a appris l’arrestation de Jean le baptiste par Hérode Antipas, un événement mentionné en Matthieu 4.12. Tous les détails de notre étude sur le ministère de Jean le Baptiste, sont exposés dans les péricopes citées au début de ce paragraphe.
La réputation de Jean le Baptiste
La renommée de Jean le Baptiste était telle que même Hérode Antipas, tétrarque et non roi comme il le laissait paraitre et donc mentionné dans les évangiles, hésitait à le mettre à mort, craignant une révolte populaire. Marc note que Hérode Antipas (ou Antipater) respectait Jean et l’écoutait avec intérêt, bien que son message le laissât perplexe.
On se demande comment Jean, initialement un simple prédicateur, a acquis le statut de prophète admiré et craint par le roi et toute la nation. Son ascension est d’autant plus remarquable qu’il n’a accompli aucun acte spectaculaire ou miracle Jean 10.41. Sa prédication incisive, loin des centres de pouvoir, dans le désert, attirait le monde à lui plutôt que l’inverse. Les évangiles, bien qu’ils traitent rapidement de son ministère, donnent l’impression erronée que son ascension fut rapide.
Si l’on considère le 19 août 14 ap. J.-C. comme le début du règne de Tibère, on pourrait en déduire, de manière erronée selon notre analyse, que le ministère de Jean le Baptiste a commencé en l’an 28 ap. J.-C. Cette datation est importante car elle influe sur l’interprétation de la prophétie de Daniel 9.24-27. Accepter cette hypothèse pourrait suggérer une erreur dans cette prophétie ou dans son interprétation. En réalité, tous les détails des événements doivent s’assembler avec précision, comme dans un puzzle, pour révéler le plan divin.
Luc a donc pris en compte les deux années de corégence de Tibère dans son calcul, ce qui implique un début de ministère vers la fête de Pâque du 5 avril 26 pour Jean baptiste.
De nombreuses théories, bien que crédibles en apparence, peuvent obscurcir la perfection de ce plan. Nous en déduisons donc que le parcours de Jean le Baptiste ne s’est pas déroulé en quelques semaines ou mois.
Selon la prédiction de Daniel, la dernière semaine d’années se divise en deux périodes de 3,5 années chacune. Le ministère de Jésus se déroule pendant la seconde moitié, tandis que celui du prophète Jean le Baptiste a lieu pendant la première. C’est pour cette raison que les Évangiles, notamment Matthieu, évoquent la figure du prophète Élie en relation avec Jean.
Les ressemblances avec le prophète Elie
La description de Marc, reprise par Matthieu, évoque Jean le baptiste, qui connaissait le livre des Rois et était conscient de l’identité d’Élie. Il décide délibérément d’imiter le mode de vie d’Élie.
Zacharie, son père, officiait en tant que prêtre et entrait dans le lieu saint pour offrir les parfums, ce qui l’incluait dans une classe privilégiée de la société. En tant que fils de Zacharie, Jean aurait pu mener une existence aisée et confortable.
Cependant, il choisit de se retirer dans le désert, adoptant un mode de vie ascétique caractérisé par le port de vêtements simples et modestes. Cette décision de Jean est par la suite rappelée par le Messie Jésus, qui met en avant son ascétisme.
Pourquoi le Messie Jésus mentionne-t-il Elie en évoquant Jean le baptiste ?
Le prophète Ésaïe évoque un messager qui annonce la venue du Messie, mais il n’établit pas de lien direct avec le célèbre Élie. Il faudra attendre le prophète Malachie, qui le nommera explicitement.
Ésaïe fournit des détails d’une précision surprenante lorsqu’il parle de la voix qui crie dans le désert Esaïe 40.3. À partir de ces deux textes, nous comprenons les raisons pour lesquelles le peuple juif attendait deux Messies : le premier, un prophète annonçant le second, un grand Messie, le Roi des Juifs.
Luc rapporte les paroles du Messie Jésus, qui explique ces deux textes en établissant un lien direct entre Élie et Jean le Baptiste. Nous constatons que, même sans connaître les grands événements liés à Jésus, il était facile, en lisant ces prophètes, de comprendre le déroulement des faits.
Ainsi, la venue de Jean le baptiste, puis celle du Messie Jésus, aurait dû être comprise et acceptée comme l’accomplissement de ces textes.
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Pour quelle raison Jean déclare-t-il qu’il n’est pas le prophète ?
Nous savons que Zacharie et Élisabeth, les parents de Jean le baptiste, avaient reçu des révélations concernant la mission future de leur fils. Jean était donc au courant de la comparaison entre son ministère et celui d’Élie.
Dans ce contexte, pourquoi déclare-t-il qu’il n’est pas le Prophète ?
Jean le baptiste semblait simplement vouloir préciser qu’il n’était pas le prophète Élie revenu sous forme humaine. En effet, Élie n’est pas mort, mais a été enlevé au ciel sur un chariot de feu, ce qui a amené de nombreux Juifs à penser qu’il pourrait un jour réapparaître.
Il aurait été présomptueux pour Jean le baptiste de se comparer à un prophète aussi illustre, qui, contrairement aux mortels ordinaires, n’a pas connu la mort mais a été emporté au ciel. Jean se remémorait les paroles de l’ange que sa mère lui avait transmises : « Il marchera devant Dieu avec l’esprit et la puissance d’Élie ». Il ne ferait que ressembler à ce prophète. C’est le Messie Jésus qui déclara que c’était bien Jean le baptiste, l’Élie annoncé, conformément aux écrits du prophète Malachie.
Cette révélation ne signifiait pas que le prophète Élie devait revenir physiquement dans le monde des vivants, mais plutôt qu’un autre homme lui ressemblerait et serait également un messager de Dieu.
Pourquoi Jean le baptiste affirme-t-il qu’il ne connaissait pas Jésus ?
Jean le baptiste déclarait ne pas connaître Jésus. C’est lors de leur rencontre sur les bords du Jourdain que Jean eut la révélation de l’identité messianique de Jésus. Les signes ont confirmé que Jésus était le Messie. L’expression « je ne le connaissais pas » peut aussi être interprétée comme « je ne savais pas qui il était », suggérant que Jean le Baptiste connaissait Jésus personnellement, mais n’était pas conscient de son rôle de Messie. Certains exégètes pensent qu’ils se connaissaient sans pour autant entretenir une relation étroite. Il est surprenant que cette relation ne soit pas explicitement mentionnée, ce qui suggère qu’ils étaient distants. Jean le Baptiste, ayant vécu dans le désert dès l’âge de 26 ans, a ensuite rencontré Jésus, venu de Galilée pour être baptisé par lui.
Jean le baptiste dirigeait un mouvement religieux significatif, rassemblant de nombreux disciples et sympathisants. Il était conscient de ne pas être le Messie, mais de préparer sa venue.
Elisabeth et Zacharie l’avaient informé de son rôle futur. Il savait également que Marie avait donné naissance à celui qui serait reconnu comme le Messie. Jean anticipait cette rencontre. La venue de Jésus constituait l’accomplissement du message de Jean le Baptiste. Plus tard, Jean serait arrêté par Hérode Antipas.
Les rivalités évoquées par l’Apôtre Jean concernaient uniquement les disciples.
La notoriété de Jésus, reconnu comme le Messie, s’accroît. Cette ascension provoque des tensions parmi les disciples de Jean le baptiste, qui peinent à accepter que leur maître soit éclipsé par cette figure montante. Face à cette situation, Jean le baptiste réitère qu’il n’est pas le Messie, soulignant qu’il est venu uniquement pour préparer la voie à sa venue.
Précision sur l’arrestation de Jean le baptiste
Vous pouvez consulter :
La péricope PER044 : L’arrestation de Jean le baptiste.
L’arrestation de Jean le baptiste marque un tournant crucial dans la vie de Jésus, le Messie. Hérode Antipas, tétrarque de Galilée, a pris un risque politique considérable en arrêtant Jean, qui jouissait de la faveur et du respect du peuple en tant que grand prophète de Yahvé. Cependant, curieusement, cette action n’a pas provoqué de révolte populaire.
Il est possible que la nouvelle de l’arrestation de Jean le baptiste ait été dissimulée pendant un certain temps, ce qui pourrait expliquer l’absence de réaction immédiate de la part du peuple.
La datation précise de cet événement reste difficile à établir. On peut supposer qu’il s’est produit relativement tôt dans la mission de Jésus, car ni Matthieu, ni Marc, ni Luc ne mentionnent cette période de sa vie en Judée, qui semble s’achever avec cette arrestation.
Cette arrestation signale la fin de l’action publique de Jean le baptiste. La situation devient alors plus claire : il n’y a désormais qu’un seul Maître à suivre, le Messie Jésus. Nous la situons vers la fin du mois de février 31.
Toutefois, l’arrestation de Jean ne conduit pas immédiatement à sa mort. Néanmoins, Hérode ne pouvait le maintenir indéfiniment emprisonné à Machéronte sans risquer une insurrection populaire, étant donné la réputation de Jean en tant que grand prophète.
Selon l’Évangile de Matthieu 4.12 : ‘Lorsqu’il apprit que Jean avait été arrêté’, Jésus n’était pas présent lors de l’arrestation de Jean le Baptiste. Cela suggère que Jésus et ses disciples s’étaient déjà séparés de Jean et étaient partis pour Béthanie.
Jean le baptiste aurait été arrêté à Énon, tandis que Jésus œuvrait à Béthanie. L’Évangile selon Jean rapporte ensuite que Jésus quitte la région pour se diriger vers le nord, en Galilée, passant par Sychar en Samarie, qui se trouve sur le chemin entre Béthanie et la Galilée.
Il est possible que Jean le baptiste, après son arrestation, ait été conduit à Tibériade, une ville abritant une garnison romaine, avant d’être transféré à la forteresse de Machéronte, près de Jérusalem, pour y être emprisonné.
Certains chercheurs avancent l’idée que Jésus a choisi la route passant par la Samarie, plutôt que celle habituellement empruntée par les Juifs le long du Jourdain, pour éviter une éventuelle arrestation. Jean mentionne simplement qu’il ‘devait’ passer par la Samarie, sans fournir d’explication formelle. Nous comprenons, avec la suite de l’histoire, qu’il devait rencontrer la femme samaritaine à ce moment-là.
Les raisons de son arrestation
Hérode Antipas n’avait probablement pas l’intention d’assassiner Jean le baptiste, mais plutôt de le détenir temporairement pour le faire revenir sur ses condamnations.
Jean le baptiste avait le courage de verbaliser ouvertement des opinions que de nombreux Juifs partageaient en secret. Ses critiques n’avaient pas de but politique, mais étaient plutôt des observations qu’il aurait pu faire à propos de n’importe qui vivant en dehors de la loi de Dieu, sans égard au statut social.
Jean le baptiste fut arrêté par Hérode Antipas, qui exerçait son pouvoir en Galilée tandis que la Judée était gouvernée par le préfet Ponce Pilate. Il est possible que les deux hommes aient collaboré dans cette affaire.
Hérode Antipas, gouverneur de Galilée, était alors marié à la fille d’Aretas IV, roi nabatéen de Jordanie. Lors d’une visite à Rome pour justifier sa gestion, il rencontra son demi-frère Philippe et son épouse Hérodiade. Hérode séduit Hérodiade et la convainc d’abandonner Philippe pour lui.
Cette action entraîne le divorce d’avec la fille d’Aretas, et déclenchera un conflit entre les deux nations. Hérode et Hérodiade, ainsi, entament une relation assimilée à un mariage pour des raisons sociales, bien qu’elle s’apparente plus à un concubinage.
C’est cette situation que Jean le baptiste dénonçait publiquement, une critique amplifiée par sa propre notoriété et soutenue par le peuple. Nous pouvons imaginer la profonde animosité d’Hérodiade envers Jean le Baptiste.
Certains chercheurs avancent le fait qu’Hérode craignait la popularité de Jean le baptiste et l’imaginait potentiellement capable de déclencher une révolte du peuple. Peut-être que la condamnation publique de la situation matrimoniale du tétrarque n’a été que la goutte qui a fait déborder le vase.
Les doutes du Prophète Jean le baptiste
Vous pouvez consulter :
La péricope PER109 : La question de Jean le baptiste
Comment expliquer les doutes du prophète emprisonné ?
En effet Hérode Antipas avait fait mettre en prison Jean le baptiste. Cet événement se déroule environ 16 mois après le baptême du Messie Jésus, pendant son ministère en Judée. Nous pensons vers la fin du mois de février 31.
Jean le baptiste a passé une période en prison dans la forteresse de Macheronte. Malgré sa détention, il a réussi à communiquer avec certains de ses disciples qui lui étaient restés fidèles, bien que beaucoup d’entre eux avaient choisi de suivre le Messie Jésus. Il est probable que Hérode Antipas a autorisé ces visites.
La réponse du Messie Jésus est sans équivoque. Elle fait écho aux paroles du prophète Ésaïe, en Esaïe 35:5, des versets bien connus de Jean le Baptiste. Ce qui est particulièrement intéressant dans cette réponse, c’est ce qui est implicite ! En effet, nous lisons au verset précédent :
Comment expliquer ce doute qui émerge maintenant ?
La question posée par Jean le baptiste est en effet surprenante. Ce n’est pas la solitude de la prison, ni la perte de liberté, ni même la perspective d’un avenir sombre, qui sont à l’origine de son doute. Plutôt, c’est le comportement du Messie Jésus qui ébranle la confiance et la foi du prophète.
Jean le baptiste est perturbé par les différences dans le ministère, la prédication et la manière dont Jésus interagit avec les gens. Il s’attendait à une vie ascétique semblable à la sienne, dans la grande tradition des prophètes. De nombreuses personnes avaient imaginé le Messie Jésus selon leurs propres pensées, espérances et attentes, lesquelles ont souvent été déçues.
La difficulté pour Jean le baptiste réside précisément dans cette divergence : les actions du Messie Jésus diffèrent grandement de ce qu’il avait imaginé. Alors que les gens se rendaient auprès de Jean le baptiste, Jésus, lui, va à la rencontre des gens, s’adressant particulièrement à ceux considérés comme délaissés et infréquentables. Le comportement de Jean le baptiste évoque celui de l’Apôtre Pierre.
Jean le baptiste, tout comme l’apôtre Pierre, respectait les lois et traditions du judaïsme. Pour eux, il était inacceptable de fréquenter des étrangers, des personnes de mauvaise réputation, de toucher un cadavre ou une femme souffrant d’hémorragie, conformément aux prescriptions rituelles juives.
La réponse du Messie Jésus est claire.
La réponse du Messie Jésus est sans équivoque. Elle fait écho aux paroles du prophète Ésaïe, en Esaïe 35:5, des versets bien connus de Jean le Baptiste. Ce qui est particulièrement intéressant dans cette réponse, c’est ce qui est implicite ! En effet, nous lisons au verset précédent :
Esaïe annonce la venue de Dieu. Ainsi, la réponse de Jésus est claire : il affirme sa divinité, une affirmation corroborée par les actes extraordinaires qu’il réalise.
Il n’était pas nécessaire pour Jésus d’ajouter : ‘Aujourd’hui, cette parole s’est accomplie’, comme il l’a fait dans la synagogue de Nazareth Luc 4.21, car Jean connaissait parfaitement ce texte.
La mort de Jean le baptiste
Vous pouvez consulter :
La péricope PER157 : Mort de Jean le baptiste
La péricope PER158 : Rappel de l’arrestation de Jean le baptiste
La péricope PER159 : Rappel des conditions du meurtre de Jean le baptiste
Selon les Évangiles, la mort de Jean le baptiste est survenue au début du ministère du Messie Jésus. Cette datation semble être en accord avec la prophétie de Daniel 9.24-27.
La notoriété et l’autorité spirituelle de Jean le baptiste rendaient difficile son arrestation, une réalité dont Hérode Antipas était pleinement conscient. Néanmoins, il décida de l’emprisonner, vraisemblablement pour le réduire au silence, mais sans intention apparente de le tuer. Toutefois, le complot orchestré par Salomé et sa mère Hérodiade a bouleversé la situation, forçant Hérode Antipas à exécuter le prophète.
Dans Marc 6.22–23, la fille d’Hérodiade danse et séduit Hérode ainsi que ses invités. Hérode, impressionné, promet de lui donner ce qu’elle demande, même jusqu’à la moitié de son royaume.
Cette promesse, bien que démesurée, doit être interprétée comme une hyperbole plutôt qu’une offre réelle, car Hérode n’était qu’un Tétrarque, c’est-à-dire le chef d’un quart du royaume de son père. Hérodiade saisit cette occasion.
Selon Marc 6.24–26, Salomé, après consultation avec sa mère, demande la tête de Jean le Baptiste. Malgré sa réticence, Hérode, lié par son serment et sous la pression de ses invités, accède à sa demande.
L’évangéliste Marc fournit le récit le plus détaillé de cette affaire, avec seize versets lui étant consacrés. Matthieu en consacre douze et Luc seulement deux, tandis que Jean n’aborde pas cet événement. Marc illustre clairement comment la manipulation d’Hérodiade a contraint Hérode à agir contre ses propres désirs. Le récit de Matthieu souligne également le trouble d’Hérode face à cette situation.
Les écrits du prophète Daniel 9.24-27, nous permettent de comprendre que le ministère de Jésus a commencé avec la fin de celui de Jean le Baptiste. Cette dernière semaine d’année serait divisée en deux parties : 3,5 ans avec Jean le Baptiste et 3,5 autres années avec Jésus.
En se basant sur ces écrits, on peut déduire que le début du ministère de Jésus aurait eu lieu en octobre 29, à l’âge de presque 30 ans. Bien que la fin du ministère de Jean ne coïncide pas nécessairement avec sa mort, il est improbable qu’il soit resté longtemps en prison, compte tenu de sa notoriété et de la haine d’Hérodiade à son égard.
Hérode Antipas ne pouvait pas se permettre de garder Jean emprisonné longtemps sans risquer une révolte populaire.
Dans Matthieu 14.1–2, Hérode Antipas, toujours affecté par la mort de Jean, confond Jésus avec Jean ressuscité en raison des miracles accomplis. Cette période, évoquée par Matthieu, marque un tournant dans le ministère de Jésus, qui se consacre désormais principalement à la formation de ses disciples.
Le miracle de la multiplication des pains et des poissons, survenu à Bethsaïda et relaté dans les quatre Évangiles, symbolise la mission future des disciples.
Hérode Antipas montre un intérêt pour le ministère de Jésus, qui lui rappelle celui de Jean le baptiste. Il rencontrera Jésus après son arrestation en l’an 33.
Dans Matthieu 11.11, Jésus rend hommage à Jean, le qualifiant de plus grand des prophètes nés de femmes, tout en soulignant que le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui.
Ainsi, la mort de Jean le Baptiste, probablement survenue au début du ministère de Jésus en l’an 29, marque la fin de la première moitié de la 70ème semaine prophétique. Le Messie Jésus peut alors pleinement assumer son rôle de Messie.
Marc 1.14-15 indique que ce n’est qu’après l’arrestation de Jean que Jésus se rend en Galilée pour prêcher la bonne nouvelle. Cela illustre le passage de relais entre les deux figures.
Conclusion
Une analyse minutieuse des données des Évangiles révèle des concordances chronologiques avec l’histoire séculière. En référençant la corégence de Tibère dès l’an 12, Luc corrobore ainsi la prophétie de Daniel. Néanmoins, la date communément acceptée du décès du roi Hérode le Grand, en l’an 4 av. J.-C., reste sujette à débat et peut être révisée à l’an 1 av. J.-C.
Cette révision potentialise la crédibilité des informations transmises par Luc. Ainsi, nous pouvons déterminer avec une certaine précision les dates importantes dans les vies de Jean le baptiste et du Messie Jésus.
Il est également possible de localiser assez précisément les lieux où Jean le baptiste prêchait, nous aidant à suivre les déplacements du Messie Jésus.
En réalité, les écrits des synoptiques et ceux de Jean ne présentent pas de contradictions ; une interprétation prudente et réfléchie est toutefois nécessaire pour déceler une harmonie intrinsèque.
Il est important de souligner une limitation significative : le manque de preuves factuelles contemporaines. Cette carence pourrait être comblée par des découvertes archéologiques futures.
Comme vous pouvez le voir, nos conclusions sont strictement fondées sur les informations contenues dans les Évangiles, sans recours à la fiction ou à des écrits fantaisistes. Notre démarche est facilitée par l’hypothèse de la véracité des récits évangéliques, et notre tâche consiste à assembler ces éléments comme un puzzle, afin d’élaborer une compréhension cohérente et étayée.