Consultation
Textes bibliques

Détails techniques



Commentaires
Détails chronologiques, selon nos conclusions :
_25 D’environ midi à 15 h, il y a des ténèbres sur la région de Jérusalem. Matthieu 27.45 ; Marc 15.33 ; Luc 23.44 .
_26 La mort sur la croix a lieu le vendredi 1er avril 33 vers 15 h, selon les Évangiles. Elle intervient avant la fin de cette nuit extraordinaire. Les trois jours et trois nuits commencent avec cette nuit comme le veut le calendrier juif.
_27 La mise au tombeau est envisagée vers 17 h, il fait jour. Nous sommes encore le vendredi qui se termine vers 18 h pour les Juifs. Le Sabbat débute normalement un peu plus tôt vers 17 h 50. Tout est achevé au moment où commence le Sabbat. Matthieu 27.57-61 ; Marc 15.42-47 ; Luc 23.50-56 ; Jean 19.31-42 .
Vous pouvez consulter l’intégralité de cette chronologie dans l’étude ANN026 : L’heure de la crucifixion.
Commentaire :
Le soir arrive et Joseph d’Arimathée doit se dépêcher, car il est impératif que, selon la Loi juive, tout soit terminé avant le début du sabbat ( Deutéronome 21.22-23 ; Jean 19.31 ). C’est un membre éminent du Sanhédrin, mais il ne faisait pas partie de ceux qui avaient voté la condamnation à mort du Messie Jésus ( Luc 23.51 ). Jean nous précise qu’il était déjà « disciple de Jésus, mais en secret, par crainte des Juifs » ( Jean 19.38 ). Il était par ailleurs un homme riche ( Matthieu 27.57 ), ce qui lui permettait de disposer d’un tombeau neuf, taillé dans le roc, à proximité immédiate du lieu de l’exécution ( Jean 19.41 ).
Même si sa démarche arrange tout le monde, il prend malgré tout le risque considérable de se révéler publiquement comme disciple du Messie Jésus. Nous nous souvenons de Pierre, qui avait renié son Maître par trois fois dans la cour de la demeure de Caïphe ( Jean 18.15-27 ), tant la peur des représailles était réelle. La démarche de Joseph d’Arimathée représente donc un acte de courage remarquable, d’autant plus qu’il est accompagné de Nicodème, lui aussi membre du Sanhédrin ( Jean 3.1 ; Jean 19.39 ), qui avait déjà rendu visite à Jésus de nuit, révélant ainsi sa prudence face aux autorités.
Au moment où Jean rédige ces lignes, il est fort probable que Joseph d’Arimathée et Nicodème soient déjà décédés, ce qui explique la liberté avec laquelle l’évangéliste révèle leurs identités et leurs actes ( Jean 21.24 ).
Pilate est surpris d’apprendre que le Messie Jésus est déjà mort. La mort par crucifixion pouvait en effet durer plusieurs jours ; la rapidité du décès l’étonne ( Marc 15.44 ). Pourtant, il avait lui-même autorisé que les jambes des condamnés soient brisées afin d’accélérer leur décès ( Jean 19.31-32 ). Avant de remettre le corps à Joseph d’Arimathée, il fait néanmoins appeler un officier de confiance afin de vérifier officiellement l’information rapportée par les soldats ( Marc 15.44-45 ).
Le temps presse. La fête approche et l’attente paraît interminable. La tension est d’autant plus forte que les autorités religieuses, conduites par Caïphe, demeurent à proximité et suivent attentivement le déroulement des événements ( Matthieu 27.62 ).
Rien n’indique que Pilate ait compris les véritables motivations de Joseph d’Arimathée. Il est probable qu’il ait simplement vu dans cette demande une nouvelle intervention du Sanhédrin visant à faire retirer rapidement le corps du crucifié avant le début de la fête. En réalité, Pilate souhaitait également que toutes les traces de cette lamentable exécution disparaissent, car le Messie Jésus demeurait à ses yeux une source potentielle de troubles. L’inscription du titulus — « Jésus le Nazarénien, le roi des Juifs » — restait une provocation que les chefs des prêtres avaient d’ailleurs tenté de faire modifier, sans succès ( Jean 19.19-22 ).
Sur place, Joseph d’Arimathée et Nicodème sollicitent l’aide des soldats pour descendre le corps du Messie Jésus de la croix. Nicodème avait apporté un mélange de myrrhe et d’aloès d’environ cent livres ( Jean 19.39 ), quantité considérable réservée habituellement aux sépultures royales, témoignant ainsi de la haute estime dans laquelle il tenait le Messie. Ils enveloppent ensuite le corps dans un linceul de lin avec les aromates, selon la coutume funéraire juive de l’époque ( Jean 19.40 ), puis le transportent jusqu’au tombeau tout proche, dans lequel personne n’avait encore été déposé ( Jean 19.41 ).
Des membres du Sanhédrin surveillent la situation de loin. Ils avaient déjà vérifié la mort du crucifié et repèrent maintenant l’emplacement du tombeau. La tournure des événements les satisfait dans l’immédiat. Ils craignaient cependant que des disciples exaltés ne viennent dérober le corps pour accréditer ensuite la rumeur d’une résurrection — au point de demander à Pilate dès le lendemain matin de faire sceller et garder le tombeau ( Matthieu 27.62-66 ), accomplissant ainsi, sans le savoir, les conditions qui rendraient le témoignage de la résurrection encore plus incontestable ( Matthieu 28.11-15 ).