Synopse
Péricope 320
PER320 - Le cep et les sarments

Consultation

Vous pouvez consulter l’annexe ANN027 : Le dernier repas de Pâque

Vous pouvez consulter l’annexe ANN028 : La journée juive au temps de Jésus

Vous pouvez consulter l’annexe ANN033 : Les dernières journées avant la crucifixion

Textes bibliques

Matthieu (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Marc (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Luc (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Jean 15.1-7 (Louis Segond S21)

»C'est moi qui suis le vrai cep, et mon Père est le vigneron.

Tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il l'enlève; et tout sarment qui porte du fruit, il le taille afin qu'il porte encore plus de fruit.

Déjà vous êtes purs à cause de la parole que je vous ai annoncée.

Demeurez en moi et je demeurerai en vous. Le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même, sans rester attaché au cep; il en va de même pour vous si vous ne demeurez pas en moi.

Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire.

Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment et il sèche; puis on ramasse les sarments, on les jette au feu et ils brûlent.

Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez et cela vous sera accordé.

Détails techniques

Lieu : La ville de Jérusalem, la maison de Marie mère de Jean-Marc

Date : le vendredi 1er avril, le matin très tôt

Mode opératoire : Nous suivons maintenant Jean

Note sur le mode opératoire : Jean est le seul à noter ces derniers enseignements du Maître

Ce troisième passage relate des paroles nécessairement apportées à la fin du ministère du Messie Jésus.

Commentaires

Détails chronologiques, selon nos conclusions :

_3 La maison est, selon nous, celle de Marie la mère de Jean surnommé Marc. Actes des apôtres 12.12  .

_4 Le repas de Pâque commence le jeudi soir, après 18 h. C’est déjà le vendredi pour les Juifs ( Marc 14.17 , Matthieu 26.20 , Luc 22.14-18 ) . Ce n’est donc pas le Seder officiel qui se déroulera le soir du vendredi Jean 18.28  .

_5 Le repas se termine le vendredi matin avant l’aube entre minuit et 2 h 30.

_6 Judas l’Iscariote est parti avant la fin de ce repas. Jean 13.30  .

Vous pouvez consulter l’intégralité de cette chronologie dans l’étude ANN026 : L’heure de la crucifixion.

 

Commentaire :

Dans Jean 15.1-17 , le Messie Jésus poursuit son discours d’adieu et emploie l’image du cep et des sarments pour décrire la nature de la relation vitale entre lui et ses disciples. Ce troisième passage relate des paroles nécessairement apportées à la fin du ministère du Messie Jésus.

Il prend ici la forme d’un enseignement intime, à la fois poétique et spirituel, où le Messie Jésus exprime le cœur de son message avant de quitter les siens. Ces paroles ont le ton d’une conclusion, d’un adieu empreint de douceur et de gravité, avant que Jean n’aborde les derniers événements qui marqueront la vie terrestre du Maître.

Le Messie Jésus déclare :

Jean 15.1 (Louis Segond S21) :
»C'est moi qui suis le vrai cep, et mon Père est le vigneron.

Cette phrase inaugure l’une des grandes déclarations « Je suis » de l’Evangile selon Jean. En se présentant comme le cep véritable, Le Messie Jésus se distingue de l’image d’Israël comme vigne souvent stérile ou infidèle dans l’Ancien Testament ( Esaïe 5.1-7 , Psaumes 80.9-17 ).

Il affirme qu’en lui seul se trouve la vraie fécondité spirituelle. Le Père, en tant que vigneron, taille les sarments pour qu’ils portent davantage de fruit, une image du processus de purification et de sanctification que les disciples traversent par la Parole ( Jean 15.2-3 ).

Le Messie Jésus insiste ensuite sur la nécessité absolue de demeurer en lui :

Jean 15.4 (Louis Segond S21) :
Demeurez en moi et je demeurerai en vous. Le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même, sans rester attaché au cep; il en va de même pour vous si vous ne demeurez pas en moi.

Cette union réciproque est la clé de la vie chrétienne. Sans la communion vivante avec le Christ, aucun fruit spirituel n’est possible, car il est la source de toute vitalité. L’invitation à demeurer n’est pas passive : elle implique fidélité, obéissance et amour. Celui qui demeure porte du fruit, c’est-à-dire manifeste concrètement la vie du Fils en lui ( Jean 15.5 , Galates 5.22-23 ).

Jean met ici en avant la continuité entre la foi en Jésus et l’action de Dieu à travers l’Esprit Saint, déjà annoncée au chapitre précédent ( Jean 14.16-17 ). A travers cette image du cep, le Messie Jésus illustre la dépendance intime de ses disciples, mais aussi la mission qu’ils doivent poursuivre après son départ : porter du fruit, fruit durable et fidèle, à la gloire du Père ( Jean 15.8 ). Jésus associe cette fécondité à l’amour :

Jean 15.9 (Louis Segond S21) :
»Tout comme le Père m'a aimé, moi aussi, je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour.

L’amour devient ici le centre et le moteur de toute relation spirituelle. Demeurer en Christ, c’est demeurer dans cet amour, et obéir à ses commandements comme lui-même a obéi à son Père ( Jean 15.10 , Philippiens 2.8 ). Le but ultime de cet enseignement est la joie :

Jean 15.11 (Louis Segond S21) :
Je vous ai dit cela afin que ma joie demeure en vous et que votre joie soit complète.
), signe d’une union complète entre Dieu et le croyant. Dans la seconde partie ( Jean 15.12-17 ), le Messie Jésus formule le commandement central :

Jean 15.12 (Louis Segond S21) :
»Voici mon commandement: aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.

Cet amour trouve son expression suprême dans le don de soi :

Jean 15.13 (Louis Segond S21) :
Il n'y a pas de plus grand amour que de donner votre vie pour vos amis.

Le Messie Jésus anticipe ici son sacrifice sur la croix, manifestation ultime de l’amour divin ( Jean 3.16-17 ). Il élève ses disciples de la condition de serviteurs à celle d’amis, parce qu’ils partagent désormais sa connaissance du Père et sont associés à son dessein. L’élection divine prend un sens concret :

Jean 15.16 (Louis Segond S21) :
Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, mais c'est moi qui vous ai choisis, et je vous ai établis afin que vous alliez, que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure. Alors, ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera.

Ceci est une affirmation de la souveraineté de Dieu dans le salut et la mission. Les disciples sont envoyés pour porter un fruit durable, en conformité avec la volonté du Père. Ce passage s’achève par un résumé de toute la théologie johannique : la communion avec le Christ par la foi, l’obéissance à ses commandements, la permanence dans son amour, et la fécondité spirituelle au service du monde.

Ces paroles du Messie Jésus résonnent comme une exhortation ultime avant son arrestation. Jean les place ici intentionnellement comme une conclusion spirituelle avant d’entrer dans le récit des derniers événements de la vie du Seigneur. Le Messie Jésus se présente comme la source de la vie, le modèle de l’amour, et le médiateur de la joie parfaite. A travers ce texte, l’apôtre nous transmet à la fois la solennité d’un adieu et la paix confiante d’une mission désormais confiée à ses amis.

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