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Textes bibliques
La parabole de la drachme perdue

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Pour obtenir des informations complĂ©mentaires, veuillez consulter lâĂ©tude sur les paraboles : PAR033 : La drachme perdue ainsi que PAR000 : Les paraboles. Vous pouvez lire Ă©galement lâannexe ANN078 : Les paraboles. Nous avons dĂ©cidĂ© de suivre le dĂ©veloppement de Luc afin de bien comprendre son argumentation.
Luc prĂ©sente ici des rĂ©cits qui ne suivent pas une chronologie formelle. Il propose une argumentation structurĂ©e selon une logique prĂ©cise. Ce thĂšme est dĂ©veloppĂ© dans le paragraphe intitulĂ© : Lâargumentation de Luc dans les chapitres 13 Ă 19. Il est pertinent de considĂ©rer lâobjectif de Luc lors de lâĂ©tude de ces chapitres.
Ce discours peut ĂȘtre situĂ© Ă diffĂ©rents moments et lieux, car rien n’indique que Luc respecte une chronologie stricte. Il est mĂȘme fort probable quâil ait choisi ce point du rĂ©cit pour rassembler plusieurs enseignements, lui permettant ainsi dâomettre le contexte et de rendre sa narration plus concise, mais aussi de dĂ©velopper son argumentation sur le royaume des cieux.
Nous avons avec le rĂ©cit de Luc toute une sĂ©rie dâenseignement sur le royaume des cieux sous forme de paraboles.
Notons que dans la traduction Segond S21 le terme « piĂšce » remplace celui de « drachme ». Cette piĂšce Ă©quivalait Ă environ un denier romain, salaire journalier dâun ouvrier. De nos jours (juillet 2025) le salaire minimum net dâun ouvrier en France est de 65.80 Euros pour 7 heures de travail. Il ne sâagit donc pas dâune femme qui aurait perdu une fortune.
Cependant, elle appartient à un ensemble de dix éléments et acquiert une importance particuliÚre, car son absence est immédiatement perceptible.
Ce passage de Luc 15.8-10 , connu comme la parabole de la drachme perdue, est unique Ă lâEvangile de Luc. Aucun autre Evangile, ni Matthieu, ni Marc, ni Jean ne reprend ce rĂ©cit ou ne dĂ©veloppe ce thĂšme sous une forme similaire.
Analyse du thĂšme
La parabole de la drachme perdue ( Luc 15.8-10 ) sâinscrit dans un ensemble de trois rĂ©cits que le Messie JĂ©sus adresse aux pharisiens et scribes pour leur rĂ©vĂ©ler le visage misĂ©ricordieux de Dieu : un Dieu qui cherche, retrouve et se rĂ©jouit du retour de ce qui Ă©tait perdu.
Dans cette histoire, une femme qui a perdu une drachme allume une lampe, balaie sa maison et cherche avec soin jusquâĂ la retrouver. Elle reprĂ©sente Dieu luiâmĂȘme, dĂ©peint sous une image fĂ©minine pleine de tendresse, cherchant inlassablement chaque Ăąme perdue. La lampe Ă©voque la lumiĂšre de la Parole ou de lâEsprit, le balai symbolise la purification, et la drachme incarne lâĂȘtre humain qui a de la valeur aux yeux de Dieu.
Cette parabole montre la dimension intĂ©rieure du salut : contrairement Ă la brebis perdue, la drachme se trouve dans la maison. Elle symbolise donc le croyant qui sâest Ă©garĂ© au sein mĂȘme du peuple de Dieu â une perte du cĆur plus que de la prĂ©sence.
Dieu, cependant, prend lâinitiative : il cherche avec patience, Ă©claire les zones dâombre et agit avec soin jusquâĂ retrouver ce qui a du prix. Lorsquâil retrouve lâĂąme perdue, la joie Ă©clate â non la condamnation, mais la fĂȘte du pardon.
Ainsi, chaque personne est unique et prĂ©cieuse : pour Dieu, aucune ne se perd sans quâil la recherche. Cette parabole nous invite Ă reconnaĂźtre la valeur infinie de chacun, Ă nous laisser retrouver par Dieu, et Ă participer Ă sa joie en accueillant le repentir et le retour des autres.
Dans cette parabole, il est intĂ©ressant de noter que la femme sait prĂ©cisĂ©ment oĂč elle a perdu sa piĂšce : elle lâa Ă©garĂ©e chez elle. Cette prĂ©cision suggĂšre que, de mĂȘme, Dieu connaĂźt exactement lâendroit oĂč se trouvent les Ăąmes perdues et la façon de les retrouver. Il nây a donc pas dâincertitude dans la dĂ©marche divine.
Ce dĂ©tail distingue nettement cette parabole dâun autre rĂ©cit, celui de Matthieu 18.13 concernant la brebis perdue, oĂč la possibilitĂ© de retrouver lâanimal demeure incertaine : « sâil la retrouve ». Ici, au contraire, la femme retrouve effectivement la piĂšce. Cette diffĂ©rence met en lumiĂšre un aspect particulier de la mĂ©taphore : lâassurance du retour de la personne Ă©garĂ©e.
LâinterprĂ©tation qui se dĂ©gage est la suivante : dans le cadre de cette parabole, la personne concernĂ©e accepte de se convertir et dâentrer dans le royaume des cieux. Ainsi, le Messie JĂ©sus, en tenant ce discours, vise particuliĂšrement ceux qui accueillent favorablement le salut et qui sont disposĂ©s Ă rĂ©pondre Ă lâappel du Messie.

