

Il est inapproprié d’attribuer au Messie Jésus l’intention de recruter tous les disciples de Jean le Baptiste. Son objectif était simplement de dire la vérité sans aucune motivation personnelle derrière cet éloge. En outre, comme le précise Luc 7.24, ces paroles ont été prononcées après le départ des disciples de Jean le Baptiste.
Le Messie Jésus ne cherche qu’à dire la vérité pure et n’essaye pas de convaincre les disciples de Jean le Baptiste en utilisant des moyens humains. La seule manière de leur prouver qu’il est réellement le Messie repose sur ses actions conformes aux prophéties (Ésaïe 35.4-5). Il s’appuie sur la même argumentation qu’il a présentée au grand prophète (PER113 : La question de Jean le baptiste).
Le Maître reconnaît l’importance du ministère de Jean le Baptiste. Les qualités de cet homme sont manifestes aux yeux de tous, sauf des chefs religieux qui persistent à les nier.
Jean le Baptiste a indubitablement laissé une empreinte sur son époque. Néanmoins, la classe religieuse dominante n’a pas adhéré à ses enseignements. Cette attitude ambivalente est mise en évidence par le Messie Jésus, qui soutient que le ministère de Jean le Baptiste faisait partie intégrante du plan divin, tout comme le sien. Dieu s’était adressé au peuple à travers un grand Prophète et maintenant, à nouveau, par le Messie Jésus. Pourtant, ces religieux continuaient à faire preuve d’incrédulité.
Matthieu suit son habitude de reprendre des textes des prophètes bien connus de son public. Il utilise notamment une citation de Malachie 3.1. On note une différence d’approche avec Luc, qui se limite à rapporter les faits sans faire de lien avec les prophètes juifs que son audience ne connaît pas.
Alors que Luc souligne que Jean le Baptiste est le plus grand des prophètes, il appuie cette affirmation en notant que de nombreuses personnes, y compris des collecteurs d’impôts, se sont fait baptiser par lui. Quant à Matthieu, il cite une parole quelque peu énigmatique : « Depuis l’époque de Jean-Baptiste jusqu’à présent, le royaume des cieux est assailli avec force, et des violents s’en emparent. »
Matthieu établit le début d’une période s’étendant de la naissance de Jean le Baptiste jusqu’à son époque contemporaine, vraisemblablement le moment où Matthieu écrivait. Durant cette période, précise-t-il, le royaume de Dieu a été soumis à la violence, et des hommes malveillants (les violents) tentent de le conquérir par la force. Le verbe utilisé ici (Numéros Strong 726 et 846) signifie saisir ou s’emparer pour soi-même.
Ce passage indique un tournant crucial, soulignant que Jean le Baptiste est le dernier prophète de l’ancienne alliance (Matthieu 11.13) et qu’après sa venue commence une nouvelle alliance.
Dans ce contexte, il est possible que l’on fasse référence aux religieux de cette époque qui ont construit un royaume basé sur leurs propres critères et règles, qu’ils annonçaient et proclamaient au peuple. Ils cherchaient ainsi à établir un royaume conforme à leur vision, mais différent de celui prôné par Jean le Baptiste et le Messie Jésus.
En déclarant que Jean-Baptiste est l’Élie qui devait venir (Malachie 3.1), le Messie Jésus confirme ainsi la justesse de ses propos tout en soulignant que les pharisiens se trompent clairement.
Le Messie Jésus a clarifié la situation avec cet éloge, en soulignant l’existence de deux royaumes distincts : celui des pharisiens, établi selon leurs propres principes religieux, et celui de Jean le Baptiste et du Messie Jésus, le véritable Royaume des Cieux. Ainsi, chacun est confronté à ses responsabilités et peut faire un choix éclairé.
La conclusion de ce message, illustrée par une métaphore d’enfants insatisfaits citée à la fois par Matthieu et Luc, met en lumière l’attitude de la génération du Messie, Jésus. Ces personnes espéraient un changement notable lors de l’arrivée du Messie. Jean le Baptiste est apparu avec son mode de vie ascétique, mais ils ne l’ont pas accepté. Jésus, pour sa part, s’est rapproché du peuple, cependant, lui non plus n’a pas été accueilli.
Le Messie Jésus évoque la majorité de la population, y compris les religieux, mais précise que parmi cette génération, une minorité a compris et s’est convertie, choisissant de suivre ce nouveau Maître, le Fils de Dieu.