

Jean conclut son récit sur un aspect plus technique, directement lié à la loi de Moïse. Quelques heures après la guérison de l’homme à la piscine de Bethesda, il est probable que nous nous trouvions sur le parvis du Temple de Jérusalem.
Le Messie, Jésus, poursuit son discours adressé aux Juifs érudits en matière de loi. La notion de témoignage, un thème récurrent dans le récit de Jean 1.7, est de nouveau mise en avant. Après avoir souligné l’unité du Père et du Fils, Jean met l’accent sur les témoignages.
Jésus, en tant que Messie, ne s’appuie pas sur son propre témoignage, qui pourrait être interprété comme de l’arrogance, mais sur celui de Jean le Baptiste. Ce grand prophète, dont les paroles (Jean 1.26-27) étaient connues de tous ces Juifs, plaçait Jésus au-dessus de lui et le proclamait Messie. Cependant, malgré leur respect pour Jean le Baptiste, ces Juifs ne l’ont pas cru !
Un second témoignage, celui du Père ou de Dieu, vient confirmer la messianité de Jésus. Comment se manifeste-t-il ? Les miracles accomplis constituent ce témoignage divin. Nul ne peut réaliser une telle œuvre sans l’aide de Dieu.
Jean décrit une conséquence inattendue : en rejetant le Fils, vous rejetez Dieu ! Tous ces religieux, ces guides spirituels témoignent donc à travers de leur comportement à l’égard du Messie Jésus qu’ils ne connaissent pas Dieu. L’accusation est grave et devrait interpeller tous ces religieux. Nous savons que quelques-uns d’entre eux se convertiront. Parmi eux se trouvent Nicodème et Joseph d’Arimathée, et sûrement d’autres encore.
Enfin, Jésus évoque Moïse, traditionnellement considéré comme l’auteur de la loi juive. La rédaction du Pentateuque par Moïse annonce la venue d’un Messie (Genèse 28.18 ; Genèse 49.10 ; Nombres 24.17 ; Deutéronome 18.15). Jésus, en tant que Messie, n’est pas venu pour juger les hommes, mais pour les sauver (Jean 3.17). Cependant, c’est Moïse qui leur demandera des comptes !
Le Messie Jésus ne parle pas de Moïse au hasard, mais simplement parce que ces hommes revendiquent leur position de descendants de Moïse. Ils se présentent comme des défenseurs fondamentalistes de la Thora. Cette loi prend maintenant toute la place dans leur esprit et toute compassion a disparu. Nous retrouvons la démonstration avec le récit de Jean 8.1-11 au sujet de la femme adultère. Les deux camps sont bien marqués, d’un côté la loi rigide, implacable, de l’autre, l’esprit de la loi avec la compassion et le pardon.