La maison qui accueille les disciples à Jérusalem
La maison qui accueille les disciples à Jérusalem après l’ascension constitue une question intéressante, car Luc ne donne volontairement aucun détail permettant de l’identifier avec certitude. Plusieurs hypothèses ont été proposées, mais aucune ne peut être démontrée.
Le témoignage des Actes
Après leur retour du mont des Oliviers, Luc écrit :
« Quand ils furent arrivés, ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient habituellement » ( Actes des apôtres 1.13 ).
L’expression grecque désigne une pièce située à l’étage supérieur d’une maison relativement vaste. Ce lieu semble être leur point de rassemblement habituel, ce qui laisse supposer qu’ils y séjournaient déjà avant l’ascension.
Quelques semaines auparavant, Jésus avait célébré son dernier repas avec ses disciples dans une « grande chambre haute meublée » ( Marc 14.15 ; Luc 22.12 ). Beaucoup de commentateurs ont donc envisagé qu’il puisse s’agir du même bâtiment.
L’hypothèse de la maison de Marie, mère de Jean Marc
L’hypothèse la plus répandue est celle de la maison de Marie, mère de Jean surnommé Marc.
Plus tard, lorsque Pierre est délivré miraculeusement de prison, il se rend spontanément :
« dans la maison de Marie, mère de Jean, surnommé Marc, où beaucoup de personnes étaient réunies et priaient » ( Actes des apôtres 12.12 ).
Ce texte révèle plusieurs éléments :
- cette demeure était suffisamment vaste pour accueillir un groupe nombreux ;
- elle possédait une cour avec une porte extérieure ( Actes des apôtres 12.13-14 ) ;
- elle constituait déjà un lieu de rassemblement reconnu des chrétiens de Jérusalem ;
- Jean Marc était proche de Pierre, dont il recueillera plus tard les souvenirs qui serviront à la rédaction du second Évangile ( 1 Pierre 5.13 ).
Ces indices rendent cette hypothèse plausible, sans toutefois permettre de l’établir avec certitude.
La maison où fut célébrée la dernière Pâque ?
Certains exégètes identifient cette demeure avec celle où Jésus avait célébré son dernier repas avec les Douze ( Matthieu 26.18-19 ; Marc 14.12-16 ; Luc 22.7-13 ).
Cette théorie présente plusieurs avantages :
- les disciples connaissaient déjà les lieux ;
- la chambre haute était suffisamment vaste ;
- Jésus y était apparu le soir de la résurrection ( Jean 20.19 ) ;
- Thomas y retrouva les autres disciples huit jours plus tard ( Jean 20.26 ).
Il est donc possible qu’il s’agisse du même bâtiment que celui mentionné en Actes des apôtres 1.13 .
L’hypothèse de la maison de Joseph d’Arimathée
Quelques auteurs ont suggéré la maison de Joseph d’Arimathée ( Matthieu 27.57 ). Cette hypothèse repose sur le fait qu’il était un homme riche et disciple de Jésus ( Jean 19.38 ).
Toutefois, aucun texte biblique ne vient appuyer cette proposition. De plus, après l’ensevelissement du Seigneur, Joseph d’Arimathée et Nicodème ( Jean 19.39 ) étaient probablement particulièrement exposés à la surveillance des autorités religieuses, ce qui aurait rendu des réunions clandestines plus difficiles.
Une certaine discrétion volontaire
Il est également possible que Luc ait délibérément tu le nom du propriétaire afin de protéger les personnes concernées. Le livre des Actes montre que les croyants de Jérusalem étaient rapidement devenus l’objet de persécutions ( Actes des apôtres 4.1-3 ; Actes des apôtres 5.17-18 ).
Cette discrétion rappelle celle des Évangiles, qui omettent souvent certains détails susceptibles d’identifier des personnes encore vivantes au moment de la rédaction.
Une vie communautaire provisoire ?
Il est vraisemblable qu’un certain nombre de disciples galiléens demeuraient ensemble dans cette maison ou à proximité. Jésus leur avait ordonné de ne pas quitter Jérusalem avant d’avoir reçu la promesse du Père ( Actes des apôtres 1.4 ). Ils persévéraient « d’un commun accord dans la prière » ( Actes des apôtres 1.14 ).
Après la Pentecôte, cette vie communautaire prendra une ampleur plus importante encore, les croyants partageant leurs biens et demeurant constamment ensemble ( Actes des apôtres 2.42-47 ; Actes des apôtres 4.32-35 ).
Conclusion
Les Écritures ne permettent pas d’identifier avec certitude la maison qui accueillit les disciples après l’ascension. L’hypothèse la plus vraisemblable demeure celle de la maison de Marie, mère de Jean Marc, qui apparaît plus tard comme un lieu de réunion privilégié de l’Église de Jérusalem ( Actes des apôtres 12.12 ). Il est également possible qu’elle corresponde à la maison où Jésus célébra la dernière Pâque avec ses disciples et où il leur apparut après sa résurrection ( Luc 22.12 ; Jean 20.19 ). Toutefois, le silence des textes invite à la prudence et ne permet pas d’aller au-delà du domaine des hypothèses.