La prophétie de Saint Malachie
Pour plus d’informations
Introduction
Il n’est pas toujours facile de reconstituer le parcours de Jésus et de ses disciples. Les auteurs des Évangiles fournissent parfois des informations différentes, ce qui peut donner l’impression d’une contradiction. Cependant, il est nécessaire d’analyser ces informations pour trouver une explication cohérente.
Cette problématique se pose lorsque les disciples, sur l’ordre de Jésus, quittent Bethsaïda où le Maître a multiplié les pains. Étaient-ils en route vers Bethsaïda selon Marc 6.45, vers Capernaüm selon Jean 6.16-21, ou Génésareth selon Matthieu 14.34 ?
Nous procéderons à l’examen exhaustif de toutes les informations afin de les analyser et de tenter de discerner les intentions de chaque auteur.
Les informations de Matthieu
Nous allons présenter les informations dans l’ordre chronologique de rédaction des quatre Évangiles, soit selon nos conclusions, Matthieu, Marc, Luc et Jean.
Dans ce passage, Matthieu ne précise pas initialement le but du voyage ; il mentionne simplement que le Messie Jésus, a donné pour consigne aux disciples de le précéder sur l’autre rive. Il est clair que les disciples ont compris cette instruction et ont pris une barque. Au lieu de longer la côte, ils se sont retrouvés au milieu du lac à un moment donné. Compte tenu des circonstances météorologiques défavorables, notamment la tempête, il est probable que les disciples n’aient pas pu diriger la barque comme ils l’auraient souhaité.

Ils sont finalement arrivés dans la région de Génésareth. L’expression de Matthieu 14.34 : « au milieu du Lac » peut indiquer qu’ils ne voyaient plus la côte et que le voyage ne s’est pas déroulé comme prévu. Il est constaté qu’ils ont accosté dans la région, plutôt qu’au port de Génésareth, ce qui montre qu’ils ont débarqué là où ils ont pu, probablement soulagés de retrouver la terre ferme.
Il est possible qu’ils cherchassent simplement à trouver un moment de calme, ce qui expliquerait leur choix d’accostage. Cependant, la foule les a rapidement retrouvés, et Matthieu décrit l’activité incessante de Jésus et de ses disciples, alors que la multitude arrivait certainement en grand nombre.
Les informations de Marc
Nous examinons maintenant les informations fournies par Marc, le scribe de Pierre qui était présent lors de cette aventure. Elles ne mentionnent pas l’épisode où Pierre marche sur l’eau.
La multiplication des pains s’est déroulée dans la région de Bethsaïda (Luc 9.10-17). Marc, qui a connaissance du récit de Matthieu, mentionne également l’autre rive et ajoute Bethsaïda.
L’autre rive désigne probablement celle du Jourdain. Il était nécessaire d’utiliser une barque pour traverser le Jourdain qui, à l’époque de Jésus, déversait plus d’eau dans la mer de Galilée. Il est envisageable que Bethsaïda s’étendait jusqu’à la rive ouest du Jourdain, donc en Galilée. La ville comprenait ainsi des terres en Décapole et en Galilée, avec le fleuve comme limite.
Les informations notées par Luc
Luc 9.10 indique que Jésus et ses disciples qui sont revenus de leurs voyages, se sont retirés près de Bethsaïda pour se reposer. Cependant, la foule les a retrouvés et s’est rassemblée pour écouter Jésus et profiter de ses capacités de guérison.
Bien que Luc ne le précise pas explicitement, la scène se déroule sur la rive ouest du Jourdain, dans la province de la Décapole (Marc 6.45). Luc relate uniquement l’événement de la multiplication des pains et passe ensuite à un autre sujet sans garantir une chronologie formelle. Il ne mentionne ni leur retour ni l’épisode où Jésus marche sur l’eau.
Les informations rapportées par Jean
Jean nous apporte des renseignements qui viennent compliquer la situation il affirme que les disciples devaient se rendre à Capernaüm (Jean 6.17).
D’après le récit de Jean, la multiplication des pains a eu lieu de l’autre côté du Lac de Galilée, aussi appelé lac de Tibériade. Cette terminologie peut être comprise ainsi : Jésus et ses disciples ont quitté la région de Galilée pour se rendre en Décapole, traversant donc le Jourdain supérieur. Cette interprétation est en accord avec les écrits des évangiles synoptiques.
Cependant, après la multiplication des pains, il est indiqué dans Jean 6:17 que les disciples se dirigent vers Capernaüm, et non vers Bethsaïda ou Génésareth.
Le vent soufflait violemment, probablement un vent d’ouest qui les empêchait d’atteindre leur destination initiale. Nous constatons qu’ils n’utilisent pas la voile en raison de la force du vent, mais qu’ils utilisent les rames. Ils ont parcouru environ 25 ou 30 stades, soit approximativement 5 km.
Cependant, comment interpréter le verset de Jean 6.21 ?
Ce résumé semble contredire le texte de Matthieu 14.32, qui indique clairement que Jésus et Pierre sont montés dans la barque. Nous reviendrons sur Jean 6.21 lors de notre explication.
En suivant le récit de Jean nous trouvons :
Jean indique que la foule cherche le Messie Jésus du côté de Bethsaïda. Des barques venues de Tibériade arrivent également en ce lieu, mais elles ne trouvent pas le Maître. La foule se rend alors à Capernaüm, le quartier général de Jésus et de ses apôtres.
Selon Jean 6.24-25, il semble que Jésus ne soit pas trouvé à Capernaüm. Ils continuent leurs recherches et finissent par le trouver de l’autre côté du lac, en Galilée. Jean place ensuite le discours sur le pain de vie et précise que ces paroles ont été prononcées dans la synagogue de Capernaüm (Jean 6.59).
Jean ne précise donc pas exactement l’endroit où la foule a retrouvé Jésus et ses apôtres, il mentionne simplement : « Ils le trouvèrent de l’autre côté du lac et lui dirent » (Jean 6.25).
Etablissement d’une chronologie des événements
Nous sommes fréquemment confrontés à un manque de détails, ainsi qu’à la volonté des auteurs de privilégier le développement des idées plutôt que d’adhérer à une chronologie stricte. Les éléments rapportés par Matthieu, Marc, Luc et Jean sont exacts mais nécessitent une explication approfondie.
- La multiplication des pains s’est déroulée dans la région de Bethsaïda, située sur la rive orientale du Jourdain supérieur. Jésus, accompagné de ses apôtres, a emprunté une embarcation pour traverser le fleuve. Plusieurs autres embarcations ont suivi leur mouvement.
- À la fin de l’événement, le Seigneur demande à ses apôtres de retourner seuls à Bethsaïda en Galilée, dans la partie occidentale de cette ville. Ils devaient seulement traverser le fleuve du Jourdain. Ils ne se sont donc pas préoccupés de la manière dont le Maître les rejoindrait.
- Alors qu’ils commençaient à ramer pour traverser le fleuve, une tempête les a éloignés du rivage. Malgré leurs efforts, ils ont parcouru environ 5 km et ont dû abandonner leur objectif initial de Bethsaïda en Galilée.
- Alors qu’ils étaient en pleine mer et rencontraient d’importantes difficultés à maîtriser la situation, ils ont observé le Maître marcher sur l’eau. Cet événement a aggravé davantage la situation déjà critique.
- Pierre intervient, comme cela se produit fréquemment, et propose de rejoindre le Maître en marchant sur l’eau. Bien que cette tentative commence favorablement, elle se termine par un échec. Cependant, le Messie Jésus le saisit, et ils montent tous deux dans la barque.
- A cet instant précis la tempête se calme et tout redevient normal. Ils vont accoster entre Génésareth et Capernaüm, un endroit qui ne porte pas de nom précis. Les gens de Génésareth ayant surement aperçu la barque accoster se dirigent vers l’endroit, les autres bateaux venus de Bethsaïda remarquent la présence des barques sur le rivage et comprennent que le Messie Jésus est à cet endroit. Ils vont venir grossir la foule.
- Un dialogue s’instaure, et le groupe se dirige vers Capernaüm où le Messie Jésus va prononcer son discours sur le Pain de vie. Il semble cependant évident que toutes ces personnes ne pouvaient pas entrer dans la synagogue de Capernaüm. Nous pensons donc que le Messie Jésus s’est d’abord adressé à la foule, avant de préciser sa pensée dans la synagogue en présence des autorités religieuses.
Comment interpréter la description de Jean ?
Jean 6.21 : Ils voulurent alors le prendre dans la barque, et aussitôt celle-ci aborda à l’endroit où ils allaient.
Jean présente un résumé de l’événement de manière succincte, ce qui peut rendre ses propos difficiles à interpréter. Comme indiqué régulièrement, la vérité émerge par la synthèse des divers documents. Il n’existe pas d’erreur, mais certains points nécessitent des clarifications.
Contraint par la brièveté de la description, Jean évoque plusieurs éléments essentiels : Jésus marchant sur l’eau, montant dans la barque, la tempête se calmant, et les disciples accostant. Il est important de noter que Jean évite de répéter les informations déjà écrites par ses collègues, préférant apporter des détails nouveaux. Il met en lumière la recherche de la foule, perplexe quant à la façon dont le Messie Jésus a traversé le fleuve pour atteindre la région occidentale.
La phrase de Jean 6.21 implique que le Messie Jésus et Pierre sont montés dans la barque, après quoi la tempête s’est calmée. Les disciples ont alors constaté qu’ils n’étaient pas très éloignés du rivage et ont pu accoster rapidement et retrouver la terre ferme. Ils se sont ensuite questionnés sur les événements qu’ils venaient de vivre.
Cette situation montre qu’il pourrait y avoir plusieurs interprétations dues à un manque de détails. Certains commentateurs de la Bible suggèrent que l’accostage de la barque a été miraculeux, mais une interprétation linguistique de Jean pourrait offrir une explication plus simple.
Conclusion
Ce passage souligne que les textes des Évangiles peuvent parfois présenter des difficultés de compréhension pour le lecteur attentif. Ces divergences apparentes entre les différents récits peuvent engendrer un sentiment de perplexité. Il est essentiel de rappeler qu’il n’existe pas de contradictions au sein de ces récits, d’autant plus que les auteurs, notamment Jean, ont été des témoins directs des événements relatés. Il serait déraisonnable de penser que Jean, en ayant connaissance des écrits de ses compagnons, aurait introduit des incohérences. En réalité, ces auteurs n’avaient pas pour objectif de synchroniser leurs récits mais plutôt de relater fidèlement leur expérience. Ils étaient conscients que chacun exprimait la vérité avec ses propres mots, et cette vérité ne saurait être contradictoire.
Le rôle du chercheur consiste donc à analyser la logique propre à chaque auteur afin de reconstituer une description harmonieuse et cohérente des événements.