Annexe
Annexe 67
L’explication des 70 semaines de Daniel

L’explication des 70 semaines de Daniel

Pour plus d’informations

Vous pouvez consulter le chapitre : Le prophète Daniel 

Vous pouvez consulter l’annexe ANN004 : La date de la naissance de Jésus

Introduction

Il devient évident que la compréhension des soixante-dix semaines de Daniel se scinde en deux approches distinctes selon le point de départ adopté.

Le groupe principal se positionne en accord avec la théorie d’Anderson. Cela ne sous-entend pas qu’ils ont reproduit les recherches d’Anderson, mais plutôt qu’ils sont parvenus indépendamment aux mêmes résultats.

Le deuxième groupe, nettement moins nombreux, propose une théorie qui peut sembler étonnante de prime abord, mais qui s’avère en fait très convaincante. Cette théorie reprend fondamentalement les concepts déjà évoqués par Denney.

De nombreux chercheurs ont, tout comme Denney, abouti aux mêmes résultats grâce à leurs recherches.

Cette annexe se concentre sur l’élaboration de la théorie d’Anderson, inspirée de son interprétation des 70 semaines de Daniel, en comparaison avec les idées de Denney. L’analyse porte sur Daniel 9.20-27. Il apparaît que plusieurs experts ont adopté une approche similaire à celle d’Anderson concernant ces principes, et ce, indépendamment de ses découvertes.

Initialement intitulée « Les théories d’Anderson et de Denney » en raison de la prépondérance des explications qu’elle contient concernant les textes de Daniel, cette annexe a été renommée « L’explication des semaines de Daniel« . Ce nouveau titre est jugé plus approprié pour les lecteurs moins familiers avec le sujet.

Le rappel des faits

La situation peut être décrite de la manière suivante : Daniel fournit des détails sur le laps de temps s’étendant entre l’émission d’un décret royal pour la reconstruction de Jérusalem et le rachat des péchés par le Messie, en précisant que cette période correspondra à 70 semaines.

Il est généralement admis que ce sont des semaines d’années, ce qui équivaut à une durée de 490 ans.

Dans son essence, cette information est remarquable puisqu’elle rend possible la datation précise du décès de Jésus le Messie. Quant à la méthode, il s’avère compliqué de mettre en harmonie les données issues du livre de Daniel avec celles des Évangiles. De nombreux exégètes ont tendance à adopter l’approche d’Anderson, au point qu’elle semble constituer un consensus.

Au regard des idées avancées par Denney, nous avons revisité les propositions d’Anderson. Cette démarche comparative a remis en question nos convictions antérieures.

Notre objectif n’est pas de nous immerger dans une discussion spécialisée, mais plutôt de réexaminer diverses conclusions importantes. Il est essentiel d’élucider les propos de Daniel, car si en l’an 539 av. J.-C., il prédit avec précision la date exacte de la crucifixion du Messie, il est légitime de s’interroger sur la provenance de ces détails.

La théorie de sir Robert Anderson

Sir Robert Anderson (1841-1918) a écrit « The Coming Prince », un livre paru initialement en 1894 en Grande-Bretagne.
Cet ouvrage a été publié en nombre limité et seulement dans sa langue d’origine. Il est l’aboutissement de plusieurs années de recherche au cours desquelles Sir Robert Anderson a estimé avec précision la date du décès du Messie Jésus.

Avec le temps, la richesse et l’exactitude de son savoir ont fait de cet écrit une œuvre de référence pour les spécialistes en exégèse biblique. Sir Robert Anderson s’est principalement penché sur les écrits du prophète Daniel dans ses études.
Parmi les quatre édits évoqués dans la section consacrée au « Prophète Daniel », l’édit de Néhémie 2.4-6 a été choisi car c’est le seul qui expose explicitement la décision de reconstruire Jérusalem, il a été émis en 445 avant J.-C. Cette sélection constitue le fondement de tout son raisonnement.

En ajoutant 490 ans (70×7 ans) à la date établie, on obtient l’an 46 (-445+490+1 = 46, attention l’année 0 n’existe pas).

Ce calcul indiquerait une crucifixion bien trop tardive par rapport aux indications des Évangiles. Seules deux dates répondent précisément aux critères bibliques : le 7 avril 30 et le 1er avril 33, correspondant toutes deux à la veille d’un sabbat de Pâques.

Ainsi, Sir Anderson a dû minimiser cette période de 13 ans, tout en restant fidèle au texte de Daniel 9.24-27. La première modification a donc été la mise en place d’années de 360 jours, en se basant sur les mois à l’époque de Noé qui faisaient 30 jours. Cette déduction vient des versets de Genèse 7.11 et Genèse 8.3, où il est mentionné qu’entre le 17ème jour du deuxième mois et le 17ème jour du septième mois, il s’est écoulé 150 jours. Ceci implique que chaque mois durant cette période comptait 30 jours.

Ces périodes ont été désignées sous les termes « années du temple », « prophétiques » ou même simplement décrites comme « un temps ». Il serait possible d’établir d’autres comparaisons bibliques, mais nous nous concentrerons uniquement sur l’analyse d’Anderson dans ce contexte.

Selon ce calcul, on a un excès annuel de 5,24 jours, soit un total de 2567,6 jours ou environ 7 ans. En soustrayant 7 ans de l’année 46, on aboutit à l’année 39. Si on part du 1er avril 33 comme date correcte, cela donne un surplus de 6 années.

La modification suivante concernait l’élimination de la dernière semaine, qualifiée de « particulière » par Daniel, réduisant ainsi le total de 70 semaines initialement prévu à 69 semaines, soit l’équivalent de 483 années (69×7). Daniel distingue explicitement cette ultime semaine dans son exposition détaillée. En gardant un calendrier de 360 jours par an et en soustrayant les 7 années correspondantes, on parvient à une date qui coïncide étroitement avec celle anticipée, situant les événements autour de l’an 32.

Nous devons nous interroger sur l’adéquation de ces approximations. De toute évidence, Hoehner a revisité les travaux d’Anderson et est parvenu à préciser la date à l’an 33. Il a ajusté le décret à l’année -444 avant J.C., contrairement à la date de -445 généralement acceptée par les historiens. Certes, malgré notre respect pour la contribution considérable d’Anderson, son travail ne répond pas entièrement à nos attentes. Bon nombre d’auteurs ont repris ses conclusions, souvent sans les examiner rigoureusement, ce qui a mené à une disparition progressive de la rigueur mathématique au fil du temps.

Nous aspirions à une méthodologie de calcul compréhensible pour chacun et plus exacte. Après avoir examiné les études d’Anderson, notre conclusion reste la même malgré un examen minutieux. L’introduction à la théorie d’Edward Denney nous a motivés à questionner cette approche.

La théorie de sir Edward Denney

Les travaux d’Edward Denney (1796-1889) n’ont pas rencontré le même écho que ceux d’Anderson et ont été oubliés.

Ils nous guident vers la date exacte de la résurrection, utilisant les années solaires de 365,24 jours, qui sont communément reconnues.

Mais si c’est si évident, pourquoi Anderson n’a-t-il pas utilisé les découvertes de DENNAY ?

Pour répondre à cette question, nous examinerons la théorie. La distinction majeure réside dans le choix du point de départ : Anderson se base sur l’édit de Néhémie de l’an -445 avant J.-C., tandis que Denney privilégie celui d’Esdras datant de -458 avant J.-C.

En additionnant la durée totale de 490 ans, on obtient bien l’année 33 (on doit inclure une année supplémentaire pour corriger l’inexistence de l’année zéro). Quand nous prenons en compte les informations fournies par Esdras, et qu’on effectue le calcul précis datant du 3 avril -458 avant notre ère, plus les 490 ans complets (-458 + 490 + 1), cela nous mène au 3 avril de l’an 33 selon le calendrier grégorien.

Cela correspond précisément à l’une des deux journées considérées pour la résurrection de Jésus, le Messie.

Toutefois, il existe deux obstacles majeurs à cette hypothèse.

Le premier, c’est le décret d’Artaxerxès, mentionné par Esdras, et qui remonte à l’année 458 avant notre ère. Effectivement, on ne trouve aucune mention d’une autorisation de reconstruire Jérusalem dans ce décret.

Le second point s’applique à la dernière semaine comprise dans la période envisagée.

Dans cette situation, quand situer la soixante-dixième semaine, qui semble être distincte selon le texte de Daniel ? C’est ce qui a poussé la plupart des exégètes à délaisser cette supposition. Retournons au premier argument.

Parcourez le passage intitulé « Le quatrième décret du roi Artaxerxès de -458 av. J.-C. » dans le chapitre « Le Prophète Daniel« , où nous fournissons tous les éléments qui attestent que, même si la reconstruction de la ville de Jérusalem n’est pas explicitement mentionnée, elle est clairement implicite.

Dans sa prière, Esdras exprime sa gratitude à Dieu pour lui avoir accordé un refuge sûr à Jérusalem. Sans entrer dans les détails de l’argumentation, il convient de noter que les contemporains d’Esdras, alliés ou adversaires, ainsi que le gouvernement babylonien, étaient conscients de l’approbation accordée à la reconstruction de Jérusalem. À un certain stade, le roi Artaxerxès donnera d’ailleurs l’ordre de mettre un terme à ces travaux.

Concernant le dernier point sur la 70ème semaine mentionnée dans le chapitre « Le Prophète Daniel« , il est à noter qu’elle se déroulera de nouveau en fin des temps. En d’autres termes, cette période a commencé de l’an 26 à l’an 33 avec le prophète Jean-Baptiste et le Messie Jésus. Son refus a conduit à son annulation dans le calendrier du peuple de Dieu. Elle se répétera simplement, avec un prophète différent et l’antéchrist.

À notre avis, la théorie de Denney se distingue par sa simplicité et sa précision, car elle offre une compréhension limpide du message véhiculé par Daniel.

Conclusion

Nous considérions aussi la théorie d’Anderson comme l’explication la plus plausible, même si elle n’était pas toujours unanimement acceptée. Néanmoins, elle nous laissait parfois sur notre faim avec une sensation de devoir la tordre pour qu’elle corresponde aux résultats attendus.

Même si elle manquait de spontanéité, de cohérence et de précision que nous espérions, nous la jugions impressionnante.

La compréhension des principes d’interprétation de Denney a éclairci de nombreuses questions que nous avions à propos de la théorie d’Anderson. L’examen approfondi des écritures saintes, notamment la lettre d’Artaxerxès rapportée par Esdras, a renforcé notre décision d’adopter l’approche de Denney. Nous assistons désormais à une explication claire et facile à comprendre qui illustre parfaitement la grandeur et l’exactitude de Dieu.

Cette étude révèle que le prophète Daniel, en 539 av. J.-C., a prédit avec une précision quotidienne la date de la résurrection du Messie Jésus, soit le 3 avril de l’an 33.