Consultation
Textes bibliques

Détails techniques


Commentaires
Voici donc la seconde fois que le Messie Jésus chasse les vendeurs du Temple. Son geste ne consiste pas à expulser toute la multitude de commerçants, ce qui aurait immédiatement provoqué l’intervention des soldats romains. Il s’agit d’un acte essentiellement symbolique, destiné à dénoncer la situation sans déclencher une réaction sanglante. Ceux qui l’entourent comprennent parfaitement le message et la condamnation qu’il exprime.
Depuis trois ans, rien n’a changé (PER039) : le Temple ne redeviendra plus une maison de prière. Cette purification se produit le 10 nissan, le jour où, selon la loi de Moïse, l’agneau destiné au sacrifice pascal devait être mis à part ( Exode 12.3-8 ), ce qui donne à l’action du Messie Jésus une portée prophétique particulière.
Sur le plan pratique, les vendeurs se tenaient à la périphérie du parvis des Gentils, la zone la plus externe du Temple, en particulier sous les arches du Portique Royal. Ils étaient donc installés dans la Basilique Royale, le grand portique couvert situé au sud du parvis, un espace prévu pour les transactions nécessaires au culte. Le Portique de Salomon, situé à l’est, servait plutôt à l’enseignement et aux rassemblements religieux.
Avec le temps, ces marchands se sont mis à chercher leurs clients directement sur le parvis des Gentils. L’espace, à l’origine réservé au recueillement et à la prière des non‑Juifs, s’est transformé en véritable marché aux bestiaux. Les autorités du Temple toléraient largement cette situation, car elles percevaient des revenus considérables issus de ces transactions. Le système était désormais parfaitement intégré au fonctionnement du Temple.
Dans ce contexte, l’intervention du Messie Jésus demeure symbolique, car il semble que plus rien ne puisse corriger cette dérive. Toutefois, de nombreux Juifs pieux en étaient profondément attristés et ont probablement accueilli favorablement l’action de Jésus.
Le Messie Jésus renverse les tables des changeurs, chasse les vendeurs d’animaux et interrompt l’activité commerciale. Il cite Esaïe 56.7 (« Ma maison sera appelée une maison de prière ») et Jérémie 7.11 (« Vous en faites une caverne de brigands »), affirmant ainsi vouloir restaurer la vocation sacrée du Temple. Il ne condamne pas le commerce en lui‑même, mais la corruption, l’injustice et l’instrumentalisation du culte. Son geste s’inscrit dans la lignée des prophètes qui dénonçaient un culte hypocrite et dévoyé.
Le Temple devait être un lieu de prière pour toutes les nations, mais le commerce envahissait précisément le seul espace réservé aux nations : le parvis des Gentils. Par cette action, le Messie Jésus critique un culte riche en apparence mais dépourvu de vraie fidélité, ce que symbolise aussi l’épisode du figuier stérile dans l’Evangile de Marc (PER282).
Les chefs religieux perçoivent ce geste comme une attaque directe contre leur autorité et leur système. C’est à partir de cet événement, selon Marc, qu’ils cherchent, plus concrètement à faire mourir le Messie Jésus. Son action devient ainsi une annonce implicite du jugement qui frappera le Temple, détruit en l’an 70.
En chassant les vendeurs, le Messie Jésus manifeste son autorité sur le Temple. Cet acte prophétique, symbolique et messianique dénonce la corruption du culte, annonce le jugement et montre que s’ouvre désormais une nouvelle manière d’adorer Dieu.

