
Introduction
Le 3 avril de l’an 33, un événement notable eut lieu : la résurrection de Jésus, conforme à ses prédictions antérieures. Les premiers témoins de cet événement furent initialement perplexes, éprouvant des difficultés à comprendre la portée de ce qu’ils observaient.
Dans cette étude, nous analyserons les divers textes relatifs à cette résurrection, avec une attention particulière aux nombreux avertissements que Jésus avait adressés à ses disciples. Il est important de noter que ces derniers se trouvaient dans un état de déni, incapables d’envisager la mort de leur Maître.
I. La résurrection
La résurrection peut sembler extraordinaire au point d’être jugée impossible par certains. Cependant, une multitude de témoins confirme l’authenticité des faits rapportés. Comment une personne peut-elle décéder puis reprendre vie après quelques jours ?
L’épisode de Lazare ( Jean 11.1-44 ) est bien documenté. Cet événement avait attiré l’attention de nombreux habitants de Jérusalem et suscité diverses controverses. Cependant, les témoins oculaires, y compris Marthe et Marie, ont confirmé que cet homme, leur propre frère, était désormais en vie, participant à des activités courantes telles que manger et boire.
De plus, plusieurs témoignages relatent l’histoire du fils d’une veuve de la ville de Naïn, près de Nazareth (
Luc 7.11-17
), ainsi que celle de la fille du chef de la synagogue de Capernaüm, Jaïrus (
Marc 5.22
,
Luc 8.41
).
Le Maître avait également prédit à plusieurs reprises sa propre mort et sa résurrection. Les disciples, cependant, n’avaient pas compris ces prédictions ou avaient peut-être simplement refusé d’y croire.
Il est clair que Matthieu fait référence à un souvenir particulièrement significatif qui n’a été pleinement compris qu’après les événements mentionnés. Cependant, au moment où le Messie Jésus prononçait ces paroles, ni lui ni les autres disciples n’en saisissaient l’importance ( Matthieu 16.21 , Marc 8.31 , Luc 9.22 , Jean 2.19 ).
II. La crainte des autorités juives
Alors que les disciples éprouvaient des difficultés à comprendre la portée de ces propos ( Matthieu 20.17-19 ), les autorités religieuses ne semblaient pas rencontrer les mêmes obstacles.
En effet, le lendemain de la crucifixion, donc le 2 avril 33, selon notre analyse, un jour de sabbat, des Pharisiens, membres du Sanhédrin, se sont rendus tôt le matin pour rencontrer le préfet romain Ponce Pilate afin de lui demander de faire surveiller le tombeau.
Selon l’analyse de Matthieu, il est probable que le chef des prêtres à l’époque était le Souverain Sacrificateur Caïphe. Cette hypothèse est plausible car seule une personnalité juive avait l’autorité nécessaire pour rencontrer le préfet romain.
Péricope PER363 : La visite des Pharisiens chez Pilate
Il est indéniable que ces individus ont bien interprété les paroles du Messie Jésus, ce qui démontre en outre que ses propos n’étaient pas exclusivement adressés aux disciples.
III. Le bruit dans Jérusalem
À quel événement ces soldats font-ils référence ? Matthieu 28.11 mentionne Marie de Magdala et l’autre Marie, mère de Jacques et de Joseph, qui étaient venues au tombeau et repartaient à ce moment-là. Elles connaissaient l’emplacement parce qu’elles avaient suivi Joseph et Nicodème le jeudi soir ( Matthieu 27.56 ).
Les soldats, témoins de ces événements, se rendirent à Jérusalem, le dimanche matin, pour voir les autorités juives et non leur supérieur, Ponce Pilate, craignant visiblement sa réaction ( Matthieu 28.14 ). Ils connaissaient la vérité, mais ont menti pour de l’argent. Beaucoup de Juifs ont préféré croire ce qui leur semblait le plus rationnel : les disciples auraient volé le corps de leur Maître pour tromper tout le monde !
Une résurrection aurait confirmé les enseignements de ce Prophète et mis en difficulté le Sanhédrin. Caïphe et ses collègues ont ainsi réussi à maintenir le contrôle de la situation. Il est important de noter qu’ils restent fermes dans leur raisonnement et leur stratégie, sans remettre en question leurs actions, et cherchent plutôt à ajuster les faits afin de valider leur interprétation.
IV. Les témoignages
Il est important de noter que Jésus le Messie s’est manifesté à ses disciples de manière discrète après sa résurrection. Pourquoi n’a-t-il pas opté pour une apparition sur l’esplanade du Temple, où sa présence aurait pu être reconnue par tous ? Cette situation aurait pu susciter des réactions au sein de la population.
Cependant, il apparaît que l’intention du Maître n’était pas d’inciter à une révolution populaire. Une telle action aurait conduit à une intervention romaine et à de nombreuses pertes humaines. En effet, selon notre analyse, Ponce Pilate n’aurait pas hésité à réprimer cette manifestation, considérée à ses yeux comme une révolte, dans un bain de sang.
Nous examinerons comment l’apparence du Messie Jésus ressuscité différait tellement de celle avant sa mort que ses disciples ne le reconnaissaient pas, ce qui aurait causé une grande confusion lors d’une apparition publique majeure.
Le Messie Jésus est apparu vivant à plusieurs reprises à ses proches sur une période de 40 jours. Ainsi, selon nos différentes conclusions, de nombreux disciples ont été témoins de la réalité de cette résurrection entre le 3 avril et le 13 mai 33.
Dans son second ouvrage, Luc présente de manière succincte les quarante jours de présence du Maître, allant de sa résurrection à son ascension.
Dans son discours du 22 mai 33, Pierre aborde directement les thèmes de la crucifixion et de la résurrection. Pour l’ensemble de l’auditoire, composé d’environ 3000 témoins, ces événements représentaient une réalité historique. Nous allons maintenant examiner en détail les textes qui mentionnent cette résurrection et tenter de répondre aux nombreuses questions que cet événement soulève.
V. Personne ne le reconnait
Tout d’abord, il est notable que les disciples éprouvent des difficultés à identifier Jésus après sa résurrection.
Marie de Magdala fut la première à rencontrer Jésus ressuscité. Jean mentionne qu’« elle ne savait pas que c’était lui ». Cette difficulté à identifier leur Maître se répète lors de chacune de ses apparitions.
Il n’existe aucune contradiction entre le récit de Marc, mentionnant que « il apparut sous une autre forme », et celui de Luc, précisant que « leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître ». En réalité, ces deux récits se complètent mutuellement. Les disciples furent incapables d’identifier le Maître en raison de l’altération de son apparence.
Le Messie Jésus doit prouver à ses disciples effrayés qu’il est véritablement lui-même. Il convient de rappeler qu’ils avaient assisté à la résurrection de Lazare quelques semaines auparavant.
Les disciples, proches de Jésus, sont surpris et ne reconnaissent pas leur Maître ressuscité. Deux semaines après, au lac de Tibériade, ils éprouvent encore des doutes face à cet événement étonnant.
Les disciples sont convaincus par les enseignements du Maître. Il peut être déduit que l’apparence de Jésus ressuscité a changé au point que ses proches ne peuvent plus l’identifier clairement.
De surcroît, la résurrection n’est pas un événement courant. Un tel phénomène est susceptible de surprendre et même de déstabiliser les croyants les plus dévoués.
VI. Les différences
Les plaies causées par le fouet, la couronne d’épines, les clous ou la lance semblent maintenant cicatrisées en seulement trois jours. Bien que certaines marques persistent, son corps est dans un état de guérison.
Avec les disciples, Cléopas et son compagnon, il disparaît soudainement. Par la suite, il apparaît au milieu des Apôtres rassemblés dans la maison de Marie à Jérusalem. Notons qu’ils n’avaient pas observé de blessures apparentes ni de cicatrices car ils l’auraient signalé.
Le corps renouvelé du Messie Jésus n’est pas soumis aux mêmes contraintes physiques. Luc, en tant que médecin, souligne ce point, car le phénomène dépasse sa compréhension ainsi que la nôtre actuellement.
VII. Un passage étonnant
Regardez la version NEG de Jean 20.17-18 .
Le Messie Jésus demande à Marie de Magdala de ne pas le toucher, en expliquant : « car je ne suis pas encore monté vers mon Père ».
Si nous interprétons qu’il fait référence ici à l’ascension qui n’aura lieu que dans environ 40 jours, nous remarquons une divergence avec le texte de Luc qui suit.
Pourquoi le Messie Jésus demande-t-il à Marie de Magdala de ne pas le toucher, alors qu’il enjoint le contraire aux disciples ? L’expression de Jean : « Ne me touche pas », issue de la traduction, Nouvelle Edition de Genève (NEG), est rendue par : « Ne me retiens pas » dans la traduction Segond 21 (S21).
Le mot « Haptomai » (référence Strong 680) utilisé par Jean a plusieurs sens : ne me touchez pas (manipulez) ou ne me retenez pas. Il peut également signifier s’attacher ou se cramponner. L’interprétation la plus plausible serait : ne t’attache pas à moi de cette manière pour me retenir par des liens affectifs.
Le Messie Jésus n’est pas destiné à poursuivre son ministère terrestre, comme Marie de Magdala pourrait le souhaiter à ce moment-là. Son œuvre est achevée. Il démontre uniquement par sa présence que tout est accompli. Il retourne vers son Père.
Le mot utilisé par Luc est différent : « Pselaphao » (référence Strong 5584), qui signifie toucher ou tâtonner. C’est une action purement physique.
Il n’y a donc pas de contradictions entre ces deux textes. L’approche de Marie de Magdala est simplement différente de celle des disciples.
VIII. Où se trouvait le Messie Jésus en dehors de ses apparitions ?
Après sa résurrection, le Messie Jésus ne vécut plus continuellement auprès de ses disciples comme durant son ministère public d’environ trois ans et demi. Les récits évangéliques montrent au contraire qu’il apparaissait de manière ponctuelle et parfois inattendue à différents témoins : à Marie de Magdala ( Jean 20.14-18 ), aux femmes revenues du tombeau ( Matthieu 28.9-10 ), aux disciples d’Emmaüs ( Luc 24.13-35 ), aux apôtres réunis à Jérusalem ( Luc 24.36-49 ; Jean 20.19-23 ), puis de nouveau en présence de Thomas ( Jean 20.26-29 ). Il se manifesta également au bord du lac de Tibériade où eut lieu la seconde pêche miraculeuse ( Jean 21.1-14 ). L’apôtre Paul ajoute qu’il apparut à plus de cinq cents frères à la fois, ainsi qu’à Jacques ( 1 Corinthiens 15.5-7 ).
Ces apparitions avaient pour objectif principal de confirmer la réalité physique de sa résurrection et de préparer les disciples à leur future mission. Jésus leur enseigna encore les choses concernant le royaume de Dieu ( Actes des apôtres 1.3 ), ouvrit leur intelligence afin qu’ils comprennent les Écritures ( Luc 24.44-45 ) et leur annonça la venue prochaine du Saint-Esprit ( Actes des apôtres 1.4-5 ). Cette période permit également de fortifier leur foi après le traumatisme de la crucifixion et de transformer des disciples encore craintifs en futurs témoins de la résurrection.
Les Évangiles montrent aussi que le Messie Jésus ne se trouvait pas constamment avec eux durant ces quarante jours. Ses apparitions semblent espacées et limitées dans le temps. Il apparaissait soudainement puis disparaissait à nouveau ( Luc 24.31 ). Cette manière d’agir souligne la transition entre son ministère terrestre et sa future glorification.
Les Écritures ne donnent cependant que peu d’informations concernant ses activités entre ces apparitions. Il est probable que cette période fut consacrée à l’enseignement des disciples, à leur préparation spirituelle et à la confirmation progressive de leur foi. Comme durant son ministère public, il est également possible qu’il ait consacré du temps à la prière et à la communion avec son Père, bien que les textes ne fournissent pas de détails explicites à ce sujet.
La Bible laisse volontairement une part de silence concernant ces quarante jours ( Actes des apôtres 1.3 ). Les auteurs bibliques ne cherchent pas à raconter chaque événement mais à transmettre l’essentiel : le Messie Jésus est réellement ressuscité, il s’est manifesté à de nombreux témoins, puis il est monté au ciel après avoir confié à ses disciples leur mission universelle ( Matthieu 28.18-20 ; Actes des apôtres 1.9-11 ).
IX. L’ascension le 13 mai 33
Nous arrivons maintenant au terme de la période de 40 jours notée par Luc ( Actes des apôtres 1.3 ).
Luc ne parle pas d’une apparition brutale mais dit simplement : « alors qu’il se trouvait en leur compagnie ». Il semble donc que le Messie Jésus lors de cet événement se trouvait avec ses disciples sur le mont des Oliviers.
D’après le passage de Luc 24.13-49 nous constatons que Luc regroupe plusieurs apparitions et plusieurs entretiens du Messie Jésus avec ses disciples pour arriver directement à l’ascension. Nous avons l’impression que le Messie Jésus vivait avec ses disciples.
A un certain moment il décidera de partir vers Béthanie accompagné de ses disciples. Il semble que ce déplacement se soit effectué dans la plus grande discrétion car personne d’autre ne se joint au cortège.
D’autre part cette discrétion s’explique aussi par le climat de persécution qui régnait à Jérusalem après la crucifixion du Maître.
Luc dans son Evangile ne donne pas de détail, il indique seulement l’événement qui se déroule pendant que le Messie Jésus bénissait ses disciples et qu’eux l’adoraient. Ils retourneront ensuite à Jérusalem remplis d’une grande joie.
Aussi étonnant que cela puisse paraitre Matthieu Marc et Jean ne donne pas de détail sur ce fait exceptionnel.
Evangile de Matthieu : Matthieu ne mentionne pas explicitement l’ascension de Jésus. L’Evangile se termine avec la Grande Mission ( Matthieu 28.16-20 ), où Jésus donne ses instructions finales aux disciples, mais il ne parle pas de son ascension au ciel.
Evangile de Marc : La version la plus ancienne de l’Evangile de Marc ne contient pas le récit de l’ascension. Toutefois, dans les versets supplémentaires ajoutés plus tard ( Marc 16.19-20 ), il est mentionné que Jésus est monté au ciel et s’est assis à la droite de Dieu.
Evangile de Jean : Jean ne décrit pas directement l’ascension de Jésus. Cependant, le Messie Jésus fait plusieurs allusions à son retour auprès du Père dans les discours adressés à ses disciples ( Jean 20.17 ).
Donc selon les Actes des Apôtres ( Actes des apôtres 1.9-11 ) et l’Evangile de Luc ( Luc 24.50-53 ), le Messie Jésus est monté au ciel quarante jours après sa résurrection. Voici un résumé de ce que les Evangiles nous disent :
Lieu : L’ascension s’est déroulée sur le Mont des Oliviers, près de Jérusalem.
Témoins : Les apôtres étaient présents et ont été témoins de cet événement.
Promesse du Saint-Esprit : Avant de monter, le Messie Jésus a promis l’arrivée du Saint-Esprit pour guider et fortifier les disciples.
Dernières Instructions : Le Messie Jésus a donné des instructions à ses apôtres, leur demandant de témoigner de sa vie et de ses enseignements « jusqu’aux extrémités de la terre ».
Montée : Le Messie Jésus a été élevé et une nuée l’a caché aux yeux des apôtres.
Anges : Deux hommes en vêtements blancs (souvent interprétés comme des anges) sont apparus et ont rassuré les apôtres, leur disant que Jésus reviendrait de la même manière qu’il était monté au ciel.
En réalité, l’événement de l’Ascension est rapporté uniquement par Luc, tant dans son Evangile que dans son livre des Actes des Apôtres.
L’ascension symbolise la glorification du Messie Jésus et marque son retour auprès de Dieu le Père. C’est aussi un moment clé car il prépare la venue du Saint-Esprit lors de la Pentecôte, qui est célébrée par les chrétiens comme le début officiel de l’Eglise.
X. La signature de Dieu
La résurrection est la confirmation divine que l’œuvre du Messie Jésus est pleinement accomplie. Elle ne s’apparente donc pas à celle de l’enfant du village de Naïn ou de Lazare. Le Maître n’est plus destiné à poursuivre une vie terrestre, mais à démontrer que sa mission a été pleinement accomplie. Il a triomphé de la mort.
Pour tous ces témoins fidèles, la tentation était de retrouver leur Seigneur tel qu’il était auparavant. Ils auraient aimé revivre ces moments merveilleux passés en communion lorsqu’ils annonçaient l’Évangile dans la région de Capernaüm.
Cette étape est désormais terminée et un nouvel avenir s’ouvre devant eux avec un autre consolateur, le Saint-Esprit. Durant ces jours, le Messie Jésus passe le relais à cette nouvelle équipe.
Rien n’est terminé, tout commence.
XI. Proposition d’une chronologie des événements
Harmonisation chronologique des récits de la résurrection
Les récits de la résurrection du Messie Jésus constituent l’une des sections les plus complexes des Évangiles. Chaque auteur sélectionne certains détails selon son objectif théologique et narratif, sans chercher à fournir une chronologie exhaustive minute par minute. Une lecture isolée peut donc produire une impression de contradiction. En revanche, lorsque tous les textes sont replacés dans un ordre cohérent, les récits deviennent complémentaires.
L’objectif de cette étude est de proposer une reconstruction chronologique plausible des événements du matin de la résurrection.
-
Les femmes préparent les aromates après le sabbat
Après le repos du sabbat hebdomadaire, plusieurs femmes préparent des aromates afin d’achever les soins funéraires du corps de Jésus.
( Marc 16.1 ) ; ( Luc 23.55-56 )
Les Synoptiques insistent sur cette préparation, tandis que Jean rappelle que Nicodème avait déjà apporté une grande quantité de parfums lors de la mise au tombeau ( Jean 19.39-40 ). Les femmes ne viennent donc pas nécessairement pour effectuer un premier ensevelissement complet, mais probablement pour compléter ou honorer une sépulture réalisée dans l’urgence avant le sabbat.
-
Très tôt le matin, plusieurs femmes se rendent au tombeau
Les femmes quittent Jérusalem avant le lever complet du soleil.
(
Matthieu 28.1
)
(
Marc 16.2
)
(
Luc 24.1
)
(
Jean 20.1
)
Les expressions utilisées ne sont pas contradictoires :
- « alors qu’il faisait encore sombre » ( Jean 20.1 ) décrit probablement leur départ ;
- « au lever du soleil » ( Marc 16.2 ) correspond à leur arrivée progressive au tombeau.
Jean se concentre principalement sur Marie de Magdala, tandis que les Synoptiques mentionnent plusieurs femmes.
-
Un tremblement de terre se produit et un ange roule la pierre
Matthieu rapporte un événement spectaculaire :
« Il y eut un grand tremblement de terre ; car un ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s’assit dessus » ( Matthieu 28.2 ).
Ce texte ne dit pas explicitement que les femmes assistèrent à cette scène. Matthieu peut simplement raconter un événement survenu avant leur arrivée.
Marc, Luc et Jean décrivent les femmes découvrant déjà la pierre roulée ( Marc 16.4 ) ; ( Luc 24.2 ) ; ( Jean 20.1 ).
Les soldats romains sont terrifiés :
( Matthieu 28.4 )
Puis ils quittent probablement les lieux avant l’entrée des femmes dans le tombeau.
-
Marie de Magdala voit la pierre roulée et repart immédiatement
Jean décrit ici une réaction très rapide de Marie :
« Elle courut vers Simon Pierre et vers l’autre disciple » ( Jean 20.2 ).
Voyant le tombeau ouvert, Marie conclut immédiatement que le corps a été déplacé :
« Ils ont enlevé du tombeau le Seigneur » ( Jean 20.2 ).
À ce stade :
- elle n’a probablement pas encore pénétré dans le tombeau ;
- elle n’a pas encore vu les anges ;
- elle ignore la résurrection.
Jean suit particulièrement le parcours personnel de Marie de Magdala, alors que les Synoptiques s’intéressent davantage au groupe des femmes resté sur place.
-
Les autres femmes entrent dans le tombeau
Pendant que Marie repart prévenir les disciples, les autres femmes demeurent près du sépulcre.
Elles entrent alors dans le tombeau :
(
Marc 16.5
)
(
Luc 24.3-4
)
Marc parle :
« d’un jeune homme vêtu d’une robe blanche ».
Luc mentionne :
« deux hommes en habits resplendissants ».
Matthieu évoque :
« un ange du Seigneur ».
Ces descriptions sont complémentaires :
- les anges apparaissent sous forme humaine ;
- un auteur peut ne mentionner que le personnage principal ;
- Luc apporte simplement une précision numérique supplémentaire.
Le même phénomène existe dans d’autres récits évangéliques.
-
Les anges annoncent la résurrection
Les femmes reçoivent alors le message central :
« Il n’est pas ici, car il est ressuscité » ( Matthieu 28.6 ).
Voir également :
(
Marc 16.6-7
)
(
Luc 24.5-7
)
Les anges demandent aux femmes d’aller prévenir les disciples.
-
Les femmes quittent le tombeau avec crainte et joie
Les réactions sont multiples :
- peur ;
- stupeur ;
- joie ;
- incompréhension.
(
Matthieu 28.8
)
(
Marc 16.8
)
(
Luc 24.9
)
Marc insiste particulièrement sur leur état de choc :
« Elles ne dirent rien à personne, à cause de leur peur » ( Marc 16.8 ).
Cette phrase ne signifie pas qu’elles gardèrent définitivement le silence, puisque les autres Évangiles précisent qu’elles annoncèrent ensuite la nouvelle aux disciples. Marc décrit simplement leur réaction immédiate en quittant les lieux.
-
Pierre et Jean courent au tombeau
Après le témoignage de Marie de Magdala :
( Jean 20.2 )
Pierre et Jean se rendent rapidement au tombeau :
(
Jean 20.3-10
)
(
Luc 24.12
)
Ils découvrent :
- les linges posés ;
- le suaire plié à part.
Jean souligne que le tombeau ne ressemble pas à une scène de vol précipité.
-
Marie revient au tombeau et voit les anges
Après le départ de Pierre et Jean, Marie demeure seule près du tombeau :
( Jean 20.11 )
C’est seulement maintenant qu’elle voit deux anges :
( Jean 20.12-13 )
Cela confirme qu’elle n’avait probablement pas assisté à l’annonce angélique précédente décrite dans les Synoptiques.
-
Jésus apparaît à Marie de Magdala
Marie se retourne et voit Jésus sans le reconnaître immédiatement :
( Jean 20.14-16 )
Cette apparition personnelle explique pourquoi Jean accorde une place si importante au témoignage de Marie.
Marc mentionne également cette apparition :
( Marc 16.9 )
-
Jésus apparaît aux autres femmes
Matthieu rapporte ensuite une apparition aux autres femmes :
( Matthieu 28.9-10 )
Jésus leur demande aussi d’avertir les disciples.
Il est possible que cette apparition ait eu lieu pendant leur retour vers Jérusalem.
-
Les gardes rapportent les événements aux autorités
Les soldats vont informer les principaux sacrificateurs :
( Matthieu 28.11-15 )
Une version officielle est alors fabriquée :
les disciples auraient volé le corps pendant le sommeil des gardes.
Matthieu répond ainsi à une accusation qui circulait déjà parmi certains Juifs.
-
Jésus apparaît aux disciples d’Emmaüs
Plus tard dans la journée :
(
Luc 24.13-35
)
(
Marc 16.12-13
)
Deux disciples quittent Jérusalem pour Emmaüs.
Jésus leur explique les Écritures sans être reconnu immédiatement.
-
Jésus apparaît aux disciples réunis à Jérusalem
Le soir même :
(
Luc 24.36-49
)
(
Jean 20.19-23
)
Thomas est absent :
( Jean 20.24-25 )
Huit jours plus tard, Jésus apparaît de nouveau avec Thomas présent :
( Jean 20.26-29 )
Conclusion
Les récits de la résurrection ne présentent pas des contradictions irréconciliables mais des témoignages complémentaires provenant de plusieurs témoins et perspectives.
La difficulté provient essentiellement du fait que :
- les auteurs ne racontent pas tous les mêmes épisodes ;
- plusieurs groupes et déplacements se croisent ;
- certains événements sont résumés ;
- Jean suit particulièrement Marie de Magdala ;
- les Synoptiques privilégient souvent le groupe des femmes.
Une harmonisation chronologique cohérente permet d’expliquer naturellement :
- pourquoi Marie pouvait encore croire à un enlèvement du corps ;
- pourquoi certains récits parlent d’un ange et d’autres de deux ;
- pourquoi les femmes semblent parfois silencieuses et parfois annoncent immédiatement la nouvelle ;
- pourquoi les récits mettent l’accent sur des détails différents sans se contredire.
Conclusion
Nous constatons que la résurrection du Messie Jésus diffère de celle de Lazare, par exemple. Ce dernier est revenu à la vie sans aucun changement.
Ce n’est pas le cas pour le Maître qui, bien qu’étant revenu à la vie, était différent. La réaction des nombreux témoins le confirme. Il a mangé au moins à trois reprises avec ses amis, mais avait la capacité de disparaître et de réapparaître à un autre endroit.
Ses blessures importantes ne sont plus que des cicatrices, seulement trois jours après. Il parle et explique certains points, les disciples peuvent le toucher, mais il ne vit plus avec eux.
La réalité est simple, mais difficile à accepter pour ces disciples. Le Messie Jésus n’est pas destiné à vivre de nouveau avec eux. Ce temps béni est terminé.
Cette situation pendant ces 40 jours est une transmission de pouvoir. La résurrection du Maître est la proclamation de sa victoire. De la même manière qu’il a nourri la foule avec presque rien, eux aussi vont maintenant rassasier des foules encore plus grandes simplement avec leur témoignage.
Le Messie Jésus ne fait que passer, il retourne vers le Père, la tâche est enfin accomplie et la relève est prête.