Annexe
Annexe 107
ANN107 - Harmonie des textes sur la résurrection

Pour plus d’informations

Vous pouvez consulter le chapitre : Les contradictions

Vous pouvez consulter le chapitre : Les Evangiles

Introduction

Les quatre Évangiles rapportent la résurrection du Messie Jésus ainsi que les différentes apparitions qui ont suivi cet événement majeur. Toutefois, aucun des auteurs ne fournit une chronologie complète et détaillée des faits. Chaque récit sélectionne certains épisodes, insiste sur des personnages particuliers et résume parfois plusieurs événements en quelques lignes.

Cette méthode de rédaction peut donner au lecteur moderne l’impression de divergences ou de contradictions. Pourtant, de telles différences sont naturelles dans des témoignages multiples décrivant un même événement complexe. Chaque auteur met en avant les éléments qu’il considère essentiels selon son objectif narratif et le public auquel il s’adresse.

Le récit de la résurrection présente ainsi une structure particulièrement dense : plusieurs groupes se déplacent simultanément, certains témoins quittent momentanément les lieux puis y reviennent, tandis que les apparitions du Messie Jésus se succèdent dans un laps de temps relativement court.

L’objectif de cette étude est donc de reprendre l’ensemble des textes évangéliques afin de proposer une reconstruction chronologique cohérente des événements survenus entre la résurrection du Messie Jésus et ses premières apparitions.

I. La version de Matthieu

Nous présentons l’intégralité du texte de Matthieu afin de recadrer précisément chaque détail rapporté.

Matthieu 27.57-66 (Louis Segond S21)

Le soir venu arriva un homme riche d'Arimathée, du nom de Joseph, qui lui aussi était un disciple de Jésus.

Il alla trouver Pilate et demanda le corps de Jésus. Alors Pilate ordonna de le lui remettre.

Joseph prit le corps, l'enveloppa dans un drap de lin pur

et le déposa dans un tombeau neuf qu'il s'était fait creuser dans la roche. Puis il roula une grande pierre à l'entrée du tombeau et s'en alla.

Marie de Magdala et l'autre Marie étaient là, assises vis-à-vis du tombeau.

Le lendemain, qui était le jour après la préparation du sabbat, les chefs des prêtres et les pharisiens allèrent ensemble chez Pilate

et dirent: «Seigneur, nous nous souvenons que cet imposteur a dit, quand il vivait encore: ‘Après trois jours je ressusciterai.’

Ordonne donc que le tombeau soit gardé jusqu'au troisième jour, afin que ses disciples ne viennent pas voler le corps et dire au peuple: ‘Il est ressuscité.’ Cette dernière imposture serait pire que la première.»

Pilate leur dit: «Vous avez une garde. Allez-y, gardez-le comme vous le souhaitez!»

Ils s'en allèrent et firent surveiller le tombeau par la garde après avoir scellé la pierre.

Matthieu 28.1-20 (Louis Segond S21)

Après le sabbat, à l'aube du dimanche, Marie de Magdala et l'autre Marie allèrent voir le tombeau.

Soudain, il y eut un grand tremblement de terre, car un ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre [de devant l'ouverture] et s'assit dessus.

Il avait l'aspect de l'éclair et son vêtement était blanc comme la neige.

Les gardes tremblèrent de peur et devinrent comme morts,

mais l'ange prit la parole et dit aux femmes: «Quant à vous, n'ayez pas peur, car je sais que vous cherchez Jésus, celui qui a été crucifié.

Il n'est pas ici, car il est ressuscité, comme il l'avait dit. Venez voir l'endroit où le Seigneur était couché

et allez vite dire à ses disciples qu'il est ressuscité. Il vous précède en Galilée. C'est là que vous le verrez. Voilà, je vous l'ai dit.»

Elles s'éloignèrent rapidement du tombeau, avec crainte et une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle aux disciples.

Et voici que Jésus vint à leur rencontre et dit: «Je vous salue.» Elles s'approchèrent, s'agrippèrent à ses pieds et se prosternèrent devant lui.

Alors Jésus leur dit: «N'ayez pas peur! Allez dire à mes frères de se rendre en Galilée: c'est là qu'ils me verront.»

Pendant qu'elles étaient en chemin, quelques hommes de la garde entrèrent dans la ville et annoncèrent aux chefs des prêtres tout ce qui était arrivé.

Après s'être réunis avec les anciens pour tenir conseil, ceux-ci donnèrent une forte somme d'argent aux soldats

avec cette consigne: «Dites que ses disciples sont venus de nuit voler le corps pendant que vous dormiez.

Et si le gouverneur l'apprend, nous l'apaiserons et nous ferons en sorte que vous n'ayez pas d'ennuis.»

Les soldats prirent l'argent et se conformèrent aux instructions reçues. Et ce récit des événements s'est propagé parmi les Juifs jusqu'à aujourd'hui.

Les onze disciples allèrent en Galilée, sur la montagne que Jésus leur avait désignée.

Quand ils le virent, ils se prosternèrent [devant lui], mais quelques-uns eurent des doutes.

Jésus s'approcha et leur dit: «Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre.

Allez [donc], faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit

et enseignez-leur à mettre en pratique tout ce que je vous ai prescrit. Et moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde.»

II. Déroulement des faits selon Matthieu

Les récits de la résurrection présentent des niveaux de détails variables selon les évangélistes. Certains auteurs résument plusieurs événements en quelques lignes, tandis que d’autres développent davantage certaines scènes particulières. Afin de mieux comprendre la chronologie générale, il est nécessaire d’examiner séparément le déroulement des faits rapportés par chaque Évangile avant d’en proposer une synthèse harmonisée.

Nous commençons notre étude par le récit de Matthieu, que nous considérons comme le plus ancien selon notre analyse. Cette étude doit être mise en parallèle avec l’annexe ANN090 intitulée : « Les différentes apparitions ».

 

Point n°1 : Joseph d’Arimathée demande à Pilate le corps du Messie Jésus

( Matthieu 27.57-58 )

 

Point n°2 : Joseph d’Arimathée dépose le corps dans le tombeau et roule la pierre

( Matthieu 27.59-60 )

 

Point n°3 : Marie de Magdala et l’autre Marie observent l’ensevelissement à distance

( Matthieu 27.61 )

 

Point n°4 : Les principaux sacrificateurs demandent à Pilate une garde pour surveiller le tombeau

( Matthieu 27.62-65 )

 

Point n°5 : La garde assure la surveillance du tombeau

( Matthieu 27.66 )

 

Point n°6 : À l’aube du dimanche, Marie de Magdala et l’autre Marie retournent au tombeau

( Matthieu 28.1 )

 

Point n°7 : Un tremblement de terre accompagne l’intervention de l’ange

( Matthieu 28.2-3 )

 

Point n°8 : Les gardes sont paralysés par la peur

( Matthieu 28.4 )

 

Point n°9 : L’ange s’adresse aux femmes qui se sont approchées du tombeau

( Matthieu 28.5-7 )

 

Point n°10 : Les femmes courent avertir les disciples

( Matthieu 28.8 )

 

Point n°11 : Le Messie Jésus vient à la rencontre des femmes

( Matthieu 28.9 )

 

Point n°12 : Le Messie Jésus parle aux femmes

( Matthieu 28.10 )

 

Point n°13 : Les soldats quittent le tombeau et informent les principaux sacrificateurs

( Matthieu 28.11-15 )

 

Point n°14 : Les disciples se rendent en Galilée

( Matthieu 28.16 )

 

Point n°15 : Les disciples rencontrent le Messie Jésus en Galilée

( Matthieu 28.17 )

 

Point n°16 : Le Messie Jésus donne ses dernières consignes aux disciples

( Matthieu 28.18-20 )

 

Remarque générale sur le récit de Matthieu

Le récit de Matthieu met particulièrement l’accent sur les manifestations surnaturelles entourant la résurrection : le tremblement de terre, l’intervention de l’ange, la peur des gardes romains ainsi que la tentative des autorités religieuses d’expliquer la disparition du corps du Messie Jésus.

Matthieu développe également le rôle des femmes, premières témoins du tombeau vide et premières destinataires du message annonçant la résurrection.

En revanche, son récit demeure relativement synthétique concernant les déplacements détaillés des disciples et les différentes apparitions successives du Messie Jésus ressuscité. Plusieurs éléments qui seront développés par Luc et Jean ne sont ici que brièvement évoqués ou totalement omis.

III. Analyse du récit de Matthieu

Le récit de Matthieu présente une description relativement synthétique des événements liés à la résurrection du Messie Jésus. Bien qu’il résume plusieurs scènes en quelques versets, il contient également des informations propres à cet Évangile, notamment la présence de la garde romaine, le tremblement de terre ainsi que l’intervention de l’ange ( Matthieu 28.2-4 ), éléments qui ne sont pas développés par Marc, Luc et Jean.

Matthieu rapporte également une apparition du Messie Jésus aux femmes alors qu’elles sont en route pour informer les disciples ( Matthieu 28.8-9 ). Toutefois, la transition entre les versets 8 et 9 suggère naturellement que plusieurs événements intermédiaires ont pu se produire sans être détaillés par l’auteur. Cette manière de résumer rapidement une succession d’actions est fréquente dans les récits antiques.

Le texte de ( Matthieu 28.11 ) précise par ailleurs que, pendant que les femmes allaient avertir les disciples, les soldats se rendirent auprès des principaux sacrificateurs afin de rapporter les événements survenus au tombeau. Cette information semble provenir d’une source proche du sanhédrin ou d’un témoin ayant eu connaissance des discussions internes des autorités juives.

Enfin, Matthieu mentionne assez brièvement le départ des disciples vers la Galilée ( Matthieu 28.16 ). La transition rapide entre les versets 15 et 16 montre là encore que plusieurs événements intermédiaires ne sont pas développés dans son récit, notamment certaines apparitions du Messie Jésus ressuscité qui seront davantage détaillées dans les autres Évangiles.

Nous allons maintenant poursuivre cette étude avec l’analyse du récit de Marc. Selon notre analyse, cet Évangile semble reprendre une structure proche de celle de Matthieu tout en proposant une présentation plus concise et davantage orientée vers un lectorat non juif.

IV. La version de Marc

Nous présentons le texte complet de Marc afin de recadrer précisément chaque détail mentionné.

Marc 15.42-47 (Louis Segond S21)

Le soir venu, comme c'était le jour de la préparation, c'est-à-dire la veille du sabbat,

Joseph d'Arimathée arriva. C'était un membre éminent du conseil, qui attendait lui aussi le royaume de Dieu. Il osa se rendre vers Pilate pour demander le corps de Jésus.

Pilate s'étonna qu'il soit déjà mort; il fit venir l'officier et lui demanda si Jésus était mort depuis longtemps.

Une fois renseigné par l'officier, il fit remettre le corps à Joseph.

Joseph acheta un drap de lin, descendit Jésus de la croix, l'enveloppa dans le drap de lin et le déposa dans un tombeau taillé dans la roche. Puis il roula une pierre à l'entrée du tombeau.

Marie de Magdala et Marie la mère de Joses regardaient où l'on déposait Jésus.

Marc 16.1-20 (Louis Segond S21)

Lorsque le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie la mère de Jacques et Salomé achetèrent des aromates afin d'aller embaumer Jésus.

Le dimanche, elles se rendirent au tombeau de grand matin, au lever du soleil.

Elles se disaient entre elles: «Qui nous roulera la pierre qui ferme l'entrée du tombeau?»

Mais quand elles levèrent les yeux, elles s'aperçurent que la pierre, qui était très grande, avait été roulée.

Elles pénétrèrent dans le tombeau, virent un jeune homme assis à droite, habillé d'une robe blanche, et elles furent épouvantées.

Il leur dit: «N'ayez pas peur. Vous cherchez Jésus de Nazareth, celui qui a été crucifié. Il est ressuscité, il n'est pas ici! Voici l'endroit où on l'avait déposé.

Mais allez dire à ses disciples et à Pierre qu'il vous précède en Galilée: c'est là que vous le verrez, comme il vous l'a dit.»

Elles sortirent du tombeau et s'enfuirent, toutes tremblantes et bouleversées, et elles ne dirent rien à personne car elles étaient effrayées.

[Ressuscité le dimanche matin, Jésus apparut d'abord à Marie de Magdala, dont il avait chassé sept démons.

Elle partit l'annoncer à ceux qui avaient été avec lui et qui étaient tristes et pleuraient,

mais quand ils entendirent qu'il était vivant et qu'elle l'avait vu, ils ne la crurent pas.

Après cela, il apparut sous une autre forme à deux d'entre eux qui se rendaient à la campagne.

Eux aussi revinrent l'annoncer aux autres, qui ne les crurent pas non plus.

Enfin, il apparut aux onze pendant qu'ils étaient à table, et il leur reprocha leur incrédulité et la dureté de leur cœur, parce qu'ils n'avaient pas cru ceux qui l'avaient vu ressuscité.

Puis il leur dit: «Allez dans le monde entier proclamer la bonne nouvelle à toute la création.

Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné.

Voici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru: en mon nom, ils pourront chasser des démons, parler de nouvelles langues,

attraper des serpents, et s'ils boivent un breuvage mortel, celui-ci ne leur fera aucun mal; ils poseront les mains sur les malades et ceux-ci seront guéris.»

Après leur avoir parlé, le Seigneur fut enlevé au ciel, et il s'assit à la droite de Dieu.

Quant à eux, ils s'en allèrent prêcher partout. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la parole par les signes qui l'accompagnaient.]

V. Déroulement des faits selon Marc

Les récits de la résurrection présentent des niveaux de détails variables selon les évangélistes. Certains auteurs résument plusieurs événements en quelques lignes, tandis que d’autres développent davantage certaines scènes particulières. Afin de mieux comprendre la chronologie générale, il est nécessaire d’examiner séparément le déroulement des faits rapportés par chaque Évangile avant d’en proposer une synthèse harmonisée.

Nous poursuivons notre étude avec le récit de Marc, que nous considérons comme étroitement lié au témoignage et à la prédication de l’apôtre Pierre selon la tradition chrétienne ancienne. Cette étude doit être mise en parallèle avec l’annexe ANN090 intitulée : « Les différentes apparitions ».

 

Point n°1 : Joseph d’Arimathée demande à Pilate le corps du Messie Jésus

( Marc 15.42-43 )

 

Point n°2 : Pilate fait vérifier la mort du Messie Jésus

( Marc 15.44-45 )

 

Point n°3 : Joseph d’Arimathée dépose le corps dans le tombeau et roule la pierre

( Marc 15.46 )

 

Point n°4 : Marie de Magdala et Marie, mère de José, observent l’ensevelissement à distance

( Marc 15.47 )

 

Point n°5 : Marie de Magdala, Marie mère de Jacques et Salomé achètent des aromates

( Marc 16.1 )

 

Point n°6 : Le dimanche matin, les femmes se rendent au tombeau

( Marc 16.2-4 )

 

Point n°7 : Les femmes voient un jeune homme vêtu de blanc dans le tombeau

( Marc 16.5 )

 

Point n°8 : Le jeune homme annonce la résurrection du Messie Jésus

( Marc 16.6-7 )

 

Point n°9 : Les femmes quittent le tombeau avec crainte et stupeur

( Marc 16.8 )

 

Point n°10 : Première apparition du Messie Jésus à Marie de Magdala

( Marc 16.9 )

 

Point n°11 : Marie de Magdala court avertir les disciples

( Marc 16.10-11 )

 

Point n°12 : Apparition du Messie Jésus à deux disciples en chemin

( Marc 16.12-13 )

 

Point n°13 : Apparition du Messie Jésus aux disciples réunis pendant un repas

( Marc 16.14 )

 

Point n°14 : Le Messie Jésus donne ses dernières instructions aux disciples

( Marc 16.15-18 )

 

Point n°15 : L’ascension du Messie Jésus

( Marc 16.19 )

 

Point n°16 : Le ministère des apôtres après l’ascension

( Marc 16.20 )

Remarque textuelle

La finale longue de Marc ( Marc 16.9-20 ) est absente de certains manuscrits anciens. Toutefois, ce passage est attesté très tôt dans la tradition chrétienne et demeure présent dans la majorité des manuscrits grecs ainsi que dans la tradition ecclésiastique ancienne. Dans cette étude, nous considérerons ce texte comme faisant partie de la transmission ancienne de l’Évangile selon Marc.

 

Remarque générale sur le récit de Marc

Le récit de Marc se caractérise par un style particulièrement concis et dynamique. L’auteur résume plusieurs événements en quelques versets et insiste principalement sur les réactions des témoins face à la résurrection du Messie Jésus.

Marc développe peu les détails chronologiques intermédiaires et privilégie une narration rapide centrée sur :

  • la découverte du tombeau vide ;
  • l’annonce de la résurrection ;
  • l’incrédulité initiale des disciples ;
  • les principales apparitions du Messie Jésus ressuscité.

Son récit contient plusieurs transitions rapides qui suggèrent que de nombreux événements intermédiaires ne sont pas développés explicitement.

VI. Analyse du récit de Marc

Le récit de Marc présente de nombreuses similitudes avec celui de Matthieu, bien qu’il demeure généralement plus concis et plus direct dans sa narration. Plusieurs éléments présents chez Matthieu ne sont pas développés par Marc, notamment la demande d’une garde romaine par les principaux sacrificateurs, le tremblement de terre ainsi que la description spectaculaire de l’intervention de l’ange ( Matthieu 28.2-4 ).

Marc mentionne toutefois plusieurs détails complémentaires. Il précise notamment que Marie de Magdala, Marie mère de Jacques et Salomé achetèrent des aromates afin de se rendre au tombeau ( Marc 16.1 ), information qui n’était pas développée par Matthieu. Il ajoute également la présence de Salomé parmi les femmes venues au sépulcre.

Comme Matthieu, Marc rapporte la découverte du tombeau vide, la présence d’un jeune homme vêtu de blanc ( Marc 16.5 ) ainsi que l’annonce de la résurrection. Son récit demeure cependant particulièrement condensé et centré sur les réactions immédiates des témoins.

Une transition importante apparaît à partir de ( Marc 16.9 ). Le texte abandonne alors la continuité narrative des événements précédents pour présenter une succession résumée des apparitions du Messie Jésus ressuscité.

Le passage de ( Marc 16.9-20 ), traditionnellement appelé « finale longue de Marc », résume plusieurs événements majeurs :

  • l’apparition à Marie de Magdala ;
  • l’apparition à deux disciples en chemin ;
  • l’apparition aux onze ;
  • les dernières instructions du Messie Jésus ;
  • puis l’ascension.

Marc ne cherche plus ici à développer une chronologie détaillée des événements. Il semble plutôt proposer une synthèse théologique centrée sur :

  • l’incrédulité initiale des disciples ;
  • la réalité des apparitions ;
  • la mission universelle confiée aux apôtres ;
  • ainsi que la continuité de l’œuvre du Messie Jésus à travers la prédication et les miracles accomplis par ses disciples.

Certaines versions anciennes de l’Évangile de Marc s’arrêtent au verset 8, ce qui a conduit plusieurs chercheurs à débattre de l’origine exacte de la finale longue ( Marc 16.9-20 ). Toutefois, ce passage demeure très ancien dans la tradition chrétienne et figure dans la majorité des manuscrits transmis ainsi que dans les principales traditions ecclésiastiques.

Dans l’ensemble, le récit de Marc se caractérise donc par une narration rapide, synthétique et fortement orientée vers l’annonce de la résurrection et la mission future des disciples.

VII. La version de Luc

Nous présentons le texte complet de Luc dans le but de recadrer précisément chaque détail rapporté.

Luc 23.50-56 (Louis Segond S21)

Il y avait un membre du sanhédrin du nom de Joseph; homme bon et juste,

il ne s'était pas associé à la décision et aux actes des autres. Il était d'Arimathée, ville des Juifs, et il attendait lui aussi le royaume de Dieu.

Il alla trouver Pilate et demanda le corps de Jésus.

Il le descendit de la croix, l'enveloppa dans un drap de lin et le déposa dans un tombeau taillé dans la roche, où personne n'avait encore été mis.

C'était le jour de la préparation du sabbat, le sabbat allait commencer.

Des femmes qui étaient venues de la Galilée avec Jésus accompagnèrent Joseph. Elles virent le tombeau et la manière dont le corps de Jésus y fut déposé.

Puis elles repartirent et préparèrent des aromates et des parfums. Le jour du sabbat elles se reposèrent, comme le prescrit la loi.

Luc 24.1-53 (Louis Segond S21)

Le dimanche, elles se rendirent au tombeau de grand matin [avec quelques autres] en apportant les aromates qu'elles avaient préparés.

Elles découvrirent que la pierre avait été roulée de devant le tombeau.

Elles entrèrent, mais elles ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus.

Comme elles ne savaient que penser de cela, voici que deux hommes leur apparurent, habillés de vêtements resplendissants.

Saisies de frayeur, elles tenaient le visage baissé vers le sol. Les hommes leur dirent: «Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant?

Il n'est pas ici, mais il est ressuscité. Souvenez-vous de ce qu'il vous a dit, lorsqu'il était encore en Galilée:

‘Il faut que le Fils de l'homme soit livré entre les mains des pécheurs, qu'il soit crucifié et qu'il ressuscite le troisième jour.’»

Elles se souvinrent alors des paroles de Jésus.

A leur retour du tombeau, elles annoncèrent tout cela aux onze et à tous les autres.

Celles qui racontèrent cela aux apôtres étaient Marie de Magdala, Jeanne, Marie la mère de Jacques et les autres femmes qui étaient avec elles,

mais ils prirent leurs discours pour des absurdités, ils ne crurent pas ces femmes.

Cependant, Pierre se leva et courut au tombeau. Il se baissa et ne vit que les bandelettes [qui étaient par terre]; puis il s'en alla chez lui, tout étonné de ce qui était arrivé.

Ce même jour, deux disciples se rendaient à un village appelé Emmaüs, éloigné de Jérusalem d'une douzaine de kilomètres.

Ils discutaient ensemble de tout ce qui s'était passé.

Pendant qu'ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s'approcha et fit route avec eux,

mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.

Il leur dit: «De quoi parlez-vous en marchant, pour avoir l'air si tristes?»

L'un d'eux, un dénommé Cléopas, lui répondit: «Es-tu le seul en séjour à Jérusalem qui ne sache pas ce qui y est arrivé ces jours-ci?»

«Quoi?» leur dit-il. Ils lui répondirent: «Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, qui était un prophète puissant en actes et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple,

et comment les chefs des prêtres et nos magistrats l'ont fait arrêter pour qu'il soit condamné à mort et l'ont crucifié.

Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël, mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour que ces événements se sont produits.

Il est vrai que quelques femmes de notre groupe nous ont beaucoup étonnés. Elles se sont rendues de grand matin au tombeau

et n'ont pas trouvé son corps; elles sont venues dire que des anges leur sont apparus et ont annoncé qu'il est vivant.

Quelques-uns des nôtres sont allés au tombeau et ils ont trouvé les choses comme les femmes l'avaient dit, mais lui, ils ne l'ont pas vu.»

Alors Jésus leur dit: «Hommes sans intelligence, dont le cœur est lent à croire tout ce qu'ont dit les prophètes!

Ne fallait-il pas que le Messie souffre ces choses et qu'il entre dans sa gloire?»

Puis, en commençant par les écrits de Moïse et continuant par ceux de tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Ecritures ce qui le concernait.

Lorsqu'ils furent près du village où ils allaient, il parut vouloir aller plus loin,

mais ils le retinrent avec insistance en disant: «Reste avec nous car le soir approche, le jour est [déjà] sur son déclin.» Alors il entra pour rester avec eux.

Pendant qu'il était à table avec eux, il prit le pain et, après avoir prononcé la prière de bénédiction, il le rompit et le leur donna.

Alors leurs yeux s'ouvrirent et ils le reconnurent, mais il disparut de devant eux.

Ils se dirent l'un à l'autre: «Notre cœur ne brûlait-il pas en nous lorsqu'il nous parlait en chemin et nous expliquait les Ecritures?»

Ils se levèrent à ce moment même et retournèrent à Jérusalem, où ils trouvèrent les onze et les autres qui étaient rassemblés

et qui leur dirent: «Le Seigneur est réellement ressuscité et il est apparu à Simon.»

Alors les deux disciples racontèrent ce qui leur était arrivé en chemin et comment ils l'avaient reconnu au moment où il rompait le pain.

Ils parlaient encore quand [Jésus] lui-même se présenta au milieu d'eux et leur dit: «Que la paix soit avec vous!»

Saisis de frayeur et d'épouvante, ils croyaient voir un esprit,

mais il leur dit: «Pourquoi êtes-vous troublés et pourquoi de pareilles pensées surgissent-elles dans votre cœur?

Regardez mes mains et mes pieds: c'est bien moi. Touchez-moi et regardez: un esprit n'a ni chair ni os comme, vous le voyez bien, j'en ai.»

En disant cela, il leur montra ses mains et ses pieds.

Cependant, dans leur joie, ils ne croyaient pas encore et ils étaient dans l'étonnement. Alors il leur dit: «Avez-vous ici quelque chose à manger?»

Ils lui présentèrent un morceau de poisson grillé [et un rayon de miel].

Il en prit et mangea devant eux.

Puis il leur dit: «C'est ce que je vous disais lorsque j'étais encore avec vous: il fallait que s'accomplisse tout ce qui est écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, dans les prophètes et dans les psaumes.»

Alors il leur ouvrit l'intelligence afin qu'ils comprennent les Ecritures

et il leur dit: «Ainsi, il était écrit [– et il fallait que cela arrive –] que le Messie souffrirait et qu'il ressusciterait le troisième jour,

et que la repentance et le pardon des péchés seraient prêchés en son nom à toutes les nations, à commencer par Jérusalem.

Vous êtes témoins de ces choses.

Et voici que j'enverrai sur vous ce que mon Père a promis; quant à vous, restez dans la ville [de Jérusalem] jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la puissance d'en haut.»

Il les conduisit jusque vers Béthanie, puis il leva les mains et les bénit.

Pendant qu'il les bénissait, il les quitta et fut enlevé au ciel.

Quant à eux, après l'avoir adoré, ils retournèrent à Jérusalem remplis d'une grande joie.

Ils étaient constamment dans le temple, [louant et] bénissant Dieu.

VIII. Déroulement des faits selon Luc

Déroulement des faits selon Luc

Les récits de la résurrection présentent des niveaux de détails variables selon les évangélistes. Certains auteurs résument plusieurs événements en quelques lignes, tandis que d’autres développent davantage certaines scènes particulières. Afin de mieux comprendre la chronologie générale, il est nécessaire d’examiner séparément le déroulement des faits rapportés par chaque Évangile avant d’en proposer une synthèse harmonisée.

Nous poursuivons notre étude avec le récit de Luc, que nous considérons comme le travail d’un auteur particulièrement attentif à l’enchaînement des événements et à la collecte des témoignages ( Luc 1.1-4 ). Cette étude doit être mise en parallèle avec l’annexe ANN090 intitulée : « Les différentes apparitions ».

 

Point n°1 : Joseph d’Arimathée demande à Pilate le corps du Messie Jésus

( Luc 23.50-52 )

 

Point n°2 : Joseph d’Arimathée dépose le corps dans le tombeau

( Luc 23.53-54 )

 

Point n°3 : Les femmes observent l’ensevelissement du Messie Jésus

( Luc 23.55 )

 

Point n°4 : Les femmes préparent des aromates et des parfums

( Luc 23.56 )

 

Point n°5 : Le dimanche matin, les femmes se rendent au tombeau

( Luc 24.1 )

 

Point n°6 : Les femmes découvrent le tombeau ouvert et vide

( Luc 24.2-3 )

 

Point n°7 : Les femmes voient deux hommes en vêtements resplendissants

( Luc 24.4 )

 

Point n°8 : Les deux hommes annoncent la résurrection du Messie Jésus

( Luc 24.5-8 )

 

Point n°9 : Les femmes retournent avertir les disciples

( Luc 24.9-11 )

 

Point n°10 : Pierre court au tombeau

( Luc 24.12 )

 

Point n°11 : Apparition du Messie Jésus aux disciples sur le chemin d’Emmaüs

( Luc 24.13-35 )

 

Point n°12 : Apparition du Messie Jésus aux disciples réunis à Jérusalem

( Luc 24.36-49 )

 

Point n°13 : L’ascension du Messie Jésus

( Luc 24.50-53 )

 

Remarque générale sur le récit de Luc

Le récit de Luc se distingue par une attention particulière portée aux déplacements des personnages, aux dialogues et à l’enchaînement des événements. Contrairement à Marc, dont la narration est très condensée, Luc développe davantage certaines scènes et fournit plusieurs précisions complémentaires concernant les réactions des témoins.

Luc insiste notamment sur :

  • le rôle des femmes comme premières témoins du tombeau vide ;
  • l’incrédulité initiale des disciples ;
  • les explications données par le Messie Jésus concernant l’accomplissement des Écritures ;
  • ainsi que les apparitions à Jérusalem et sur le chemin d’Emmaüs.

Le récit de Luc met également fortement l’accent sur la dimension pédagogique des apparitions du Messie Jésus ressuscité. Celui-ci enseigne ses disciples, ouvre leur intelligence afin qu’ils comprennent les Écritures ( Luc 24.44-45 ) et les prépare à leur future mission.

Enfin, Luc présente une transition relativement rapide entre les apparitions du Messie Jésus et son ascension. Cette présentation synthétique sera développée plus en détail dans le livre des Actes des Apôtres, où Luc précise que le Messie Jésus est apparu vivant pendant quarante jours après sa résurrection ( Actes des apôtres 1.1-3 ).

IX. Analyse du récit de Luc

Les points 1 à 9 confirment dans l’ensemble les informations déjà rapportées par Matthieu et Marc concernant la mise au tombeau du Messie Jésus, l’intervention de Joseph d’Arimathée ainsi que la découverte du tombeau vide par les femmes ( Matthieu 27.57-61 ; Marc 15.42-47 ; Luc 23.50-56 ).

Comme Marc, Luc ne mentionne ni la mise en place de la garde romaine, ni le scellement du tombeau, ni le tremblement de terre accompagné de la descente de l’ange décrits par Matthieu ( Matthieu 27.62-66 ; Matthieu 28.2-4 ). Cette absence ne constitue pas une contradiction mais reflète un choix rédactionnel. Chaque évangéliste sélectionne les éléments qu’il juge les plus pertinents pour son propos, sans prétendre rapporter la totalité des événements ( Luc 1.1-4 ; Jean 20.30-31 ). Le récit de Luc présente ainsi de nombreuses similitudes avec celui de Marc concernant le déroulement immédiat des événements au matin de la résurrection.

Toutefois, Luc apporte plusieurs informations complémentaires particulièrement importantes. Il précise notamment que Pierre se rend personnellement au tombeau après avoir entendu le témoignage des femmes. En observant les linges déposés dans le sépulcre, il repart profondément étonné de ce qu’il vient de découvrir ( Luc 24.12 ). Cette mention prépare progressivement le lecteur à la réalité de la résurrection sans indiquer encore que Pierre ait rencontré le Seigneur ressuscité.

L’une des contributions majeures de Luc réside dans le récit détaillé des disciples d’Emmaüs ( Luc 24.13-35 ). Marc avait déjà évoqué brièvement cette apparition en mentionnant que Jésus s’était manifesté à deux disciples qui se rendaient à la campagne ( Marc 16.12-13 ). Cependant, Luc développe considérablement cet épisode en rapportant le dialogue entre Jésus et les deux voyageurs, leur incompréhension initiale ainsi que l’exposé des Écritures démontrant que les souffrances du Messie faisaient partie du plan divin ( Luc 24.25-27 ). Cette scène constitue l’un des enseignements les plus complets du Nouveau Testament concernant l’accomplissement des prophéties messianiques.

Après avoir reconnu Jésus lors de la fraction du pain, les deux disciples retournent immédiatement à Jérusalem afin d’informer les apôtres et les autres disciples réunis ( Luc 24.33-35 ). C’est dans ce contexte que Luc rapporte une apparition du Seigneur au groupe assemblé ( Luc 24.36-49 ). Contrairement à certaines conceptions purement spirituelles de la résurrection, Luc insiste fortement sur sa dimension corporelle. Jésus invite les disciples à examiner ses mains et ses pieds, puis mange devant eux afin de démontrer qu’il n’est ni un esprit ni une simple vision ( Luc 24.39-43 ).

Luc met également l’accent sur l’enseignement que le Seigneur ressuscité transmet à ses disciples. Jésus leur rappelle que sa mort et sa résurrection accomplissent ce qui avait été annoncé dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes ( Luc 24.44-47 ). Cette insistance sur l’accomplissement des Écritures constitue l’un des thèmes majeurs de l’Évangile de Luc et des Actes des Apôtres.

Nous constatons ainsi une forte cohérence entre les récits synoptiques. Matthieu met davantage l’accent sur l’intervention surnaturelle accompagnant la résurrection, Marc présente un récit concis centré sur les faits essentiels, tandis que Luc enrichit l’ensemble par plusieurs témoignages détaillés et par un développement important des apparitions du Seigneur ressuscité. Ces différences relèvent davantage de la complémentarité que de la contradiction.

La principale difficulté chronologique demeure liée au passage de ( Marc 16.9-20 ). Cette section adopte un style particulièrement synthétique et semble résumer plusieurs apparitions du Seigneur sans chercher à en préciser rigoureusement l’ordre chronologique. Il convient donc d’examiner attentivement le témoignage de Jean avant de proposer une harmonisation définitive de l’ensemble des événements survenus entre la découverte du tombeau vide et les premières apparitions du Ressuscité.

X. La version de Jean

Nous présentons le texte intégral de Jean afin de recadrer précisément chaque détail rapporté.

Jean 19.33-37 (Louis Segond S21)

Quand ils s'approchèrent de lui, ils virent qu'il était déjà mort. Ils ne lui brisèrent pas les jambes,

mais un des soldats lui transperça le côté avec une lance et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau.

Celui qui a vu ces choses en rend témoignage et son témoignage est vrai. Il sait qu'il dit la vérité afin que vous croyiez aussi.

En effet, cela est arrivé afin que ce passage de l'Ecriture soit accompli: Aucun de ses os ne sera brisé.

Ailleurs l'Ecriture dit encore: Ils verront celui qu'ils ont transpercé.

Jean 19.38-42 (Louis Segond S21)

Après cela, Joseph d'Arimathée, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des chefs juifs, demanda à Pilate la permission d'enlever le corps de Jésus. Pilate le lui permit. Il vint donc et enleva le corps de Jésus.

Nicodème, l'homme qui auparavant était allé trouver Jésus de nuit, vint aussi. Il apportait un mélange d'environ 30 kilos de myrrhe et d'aloès.

Ils prirent donc le corps de Jésus et l'enveloppèrent de bandelettes, avec les aromates, comme c'est la coutume d'ensevelir chez les Juifs.

Or, il y avait un jardin à l'endroit où Jésus avait été crucifié, et dans le jardin un tombeau neuf où personne encore n'avait été mis.

Ce fut là qu'ils déposèrent Jésus parce que c'était la préparation de la Pâque des Juifs et que le tombeau était proche.


Jean 20.1-28 (Louis Segond S21)

Le dimanche, Marie de Magdala se rendit au tombeau de bon matin, alors qu'il faisait encore sombre, et elle vit que la pierre avait été enlevée [de l'entrée] du tombeau.

Elle courut trouver Simon Pierre et l'autre disciple que Jésus aimait et leur dit: «Ils ont enlevé le Seigneur du tombeau et nous ne savons pas où ils l'ont mis.»

Pierre et l'autre disciple sortirent donc et allèrent au tombeau.

Ils couraient tous les deux ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.

Il se pencha et vit les bandelettes posées par terre, cependant il n'entra pas.

Simon Pierre, qui le suivait, arriva et entra dans le tombeau. Il vit les bandelettes posées par terre;

le linge qu'on avait mis sur la tête de Jésus n'était pas avec les bandes, mais enroulé dans un endroit à part.

Alors l'autre disciple, qui était arrivé le premier au tombeau, entra aussi, il vit et il crut.

En effet, ils n'avaient pas encore compris que, d'après l'Ecriture, Jésus devait ressusciter.

Ensuite les disciples repartirent chez eux.

Cependant, Marie se tenait dehors près du tombeau et pleurait. Tout en pleurant, elle se pencha pour regarder dans le tombeau,

et elle vit deux anges habillés de blanc assis à la place où avait été couché le corps de Jésus, l'un à la tête et l'autre aux pieds.

Ils lui dirent: «Femme, pourquoi pleures-tu?» Elle leur répondit: «Parce qu'ils ont enlevé mon Seigneur et je ne sais pas où ils l'ont mis.»

En disant cela, elle se retourna et vit Jésus debout, mais elle ne savait pas que c'était lui.

Jésus lui dit: «Femme, pourquoi pleures-tu? Qui cherches-tu?» Pensant que c'était le jardinier, elle lui dit: «Seigneur, si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis et j'irai le prendre.»

Jésus lui dit: «Marie!» Elle se retourna et lui dit en hébreu: «Rabbouni!», c'est-à-dire maître.

Jésus lui dit: «Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers mon Père, mais va trouver mes frères et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu.»

Marie de Magdala alla annoncer aux disciples qu'elle avait vu le Seigneur et qu'il lui avait dit cela.

Le soir de ce même dimanche, les portes de la maison où les disciples se trouvaient [rassemblés] étaient fermées car ils avaient peur des chefs juifs; Jésus vint alors se présenter au milieu d'eux et leur dit: «Que la paix soit avec vous!»

Après avoir dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.

Jésus leur dit de nouveau: «Que la paix soit avec vous! Tout comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie.»

Après ces paroles, il souffla sur eux et leur dit: «Recevez le Saint-Esprit!

Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus.»

Thomas appelé Didyme, l'un des douze, n'était pas avec eux lorsque Jésus vint.

Les autres disciples lui dirent donc: «Nous avons vu le Seigneur.» Mais il leur dit: «Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je n'y mets pas mon doigt et si je ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirai pas.»

Huit jours après, les disciples de Jésus étaient de nouveau dans la maison et Thomas se trouvait avec eux. Jésus vint alors que les portes étaient fermées, se tint au milieu d'eux et dit: «Que la paix soit avec vous!»

Puis il dit à Thomas: «Avance ton doigt ici et regarde mes mains. Avance aussi ta main et mets-la dans mon côté. Ne sois pas incrédule, mais crois!»

Thomas lui répondit: «Mon Seigneur et mon Dieu!» Jésus lui dit:

Jean 21.1-23 (Louis Segond S21)

Après cela, Jésus se montra encore aux disciples sur les rives du lac de Tibériade. Voici de quelle manière il se montra.

Simon Pierre, Thomas, appelé Didyme, Nathanaël, qui venait de Cana en Galilée, les fils de Zébédée et deux autres disciples de Jésus se trouvaient ensemble.

Simon Pierre leur dit: «Je vais pêcher.» Ils lui dirent: «Nous allons aussi avec toi.» Ils sortirent et montèrent [aussitôt] dans une barque, mais cette nuit-là ils ne prirent rien.

Le matin venu, Jésus se trouva sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c'était lui.

Il leur dit: «Les enfants, n'avez-vous rien à manger?» Ils lui répondirent: «Non.»

Il leur dit: «Jetez le filet du côté droit de la barque et vous trouverez.» Ils le jetèrent donc et ils ne parvinrent plus à le retirer, tant il y avait de poissons.

Alors le disciple que Jésus aimait dit à Pierre: «C'est le Seigneur!» Dès qu'il eut entendu que c'était le Seigneur, Simon Pierre remit son vêtement et sa ceinture, car il s'était déshabillé, et se jeta dans le lac.

Les autres disciples vinrent avec la barque en tirant le filet plein de poissons, car ils n'étaient pas loin de la rive, à une centaine de mètres.

Lorsqu'ils furent descendus à terre, ils virent là un feu de braises avec du poisson dessus et du pain.

Jésus leur dit: «Apportez quelques-uns des poissons que vous venez de prendre.»

Simon Pierre monta dans la barque et tira le filet plein de 153 gros poissons à terre; malgré leur grand nombre, le filet ne se déchira pas.

Jésus leur dit: «Venez manger!» Aucun des disciples n'osait lui demander: «Qui es-tu?» car ils savaient que c'était le Seigneur.

Jésus s'approcha, prit le pain et leur en donna; il fit de même avec le poisson.

C'était déjà la troisième fois que Jésus se montrait à ses disciples depuis qu'il était ressuscité.

Lorsqu'ils eurent mangé, Jésus dit à Simon Pierre: «Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu plus que ceux-ci?» Il lui répondit: «Oui, Seigneur, tu sais que j'ai de l'amour pour toi.» Jésus lui dit: «Nourris mes agneaux.»

Il lui dit une deuxième fois: «Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu?» Pierre lui répondit: «Oui, Seigneur, tu sais que j'ai de l'amour pour toi.» Jésus lui dit: «Prends soin de mes brebis.»

Il lui dit, la troisième fois: «Simon, fils de Jonas, as-tu de l'amour pour moi?» Pierre fut attristé de ce qu'il lui avait dit, la troisième fois: «As-tu de l'amour pour moi?» et il lui répondit: «Seigneur, tu sais tout, tu sais que j'ai de l'amour pour toi.» Jésus lui dit: «Nourris mes brebis.

En vérité, en vérité, je te le dis, quand tu étais plus jeune, tu mettais toi-même ta ceinture et tu allais où tu voulais; mais quand tu seras vieux, tu tendras les mains et c'est un autre qui attachera ta ceinture et te conduira où tu ne voudras pas.»

Il dit cela pour indiquer par quelle mort Pierre révélerait la gloire de Dieu. Puis il lui dit: «Suis-moi.»

Pierre se retourna et vit venir derrière eux le disciple que Jésus aimait, celui qui, pendant le souper, s'était penché vers Jésus et avait dit: «Seigneur, qui est celui qui va te trahir?»

En le voyant, Pierre dit à Jésus: «Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il?»

Jésus lui dit: «Si je veux qu'il vive jusqu'à ce que je revienne, en quoi cela te concerne-t-il? Toi, suis-moi.»

Là-dessus, le bruit courut parmi les frères que ce disciple ne mourrait pas. Cependant, Jésus n'avait pas dit à Pierre qu'il ne mourrait pas, mais: «Si je veux qu'il vive jusqu'à ce que je revienne, en quoi cela te concerne-t-il?»

XI. Déroulement des faits selon Jean

Les récits de la résurrection présentent des niveaux de détails variables selon les évangélistes. Certains auteurs résument plusieurs événements en quelques lignes, tandis que d’autres développent davantage certaines scènes particulières. Afin de mieux comprendre la chronologie générale, il est nécessaire d’examiner séparément le déroulement des faits rapportés par chaque Évangile avant d’en proposer une synthèse harmonisée.

Nous poursuivons notre étude avec le récit de Jean, dont le témoignage présente plusieurs particularités absentes des Synoptiques. Cet Évangile contient de nombreux détails précis concernant les déplacements des disciples, les dialogues et les apparitions du Messie Jésus ressuscité. Jean apparaît ainsi comme un témoin particulièrement attentif aux scènes auxquelles il a personnellement participé. Cette étude doit être mise en parallèle avec l’annexe ANN090 intitulée : « Les différentes apparitions ».

Point n°1 : Joseph d’Arimathée demande à Pilate le corps du Messie Jésus

( Jean 19.38 )

 

Point n°2 : Nicodème apporte des aromates pour l’ensevelissement

( Jean 19.39 )

 

Point n°3 : Joseph d’Arimathée et Nicodème déposent le corps dans un tombeau neuf

( Jean 19.40-42 )

 

Point n°4 : Marie de Magdala se rend au tombeau le dimanche matin

( Jean 20.1 )

 

Point n°5 : Marie de Magdala court avertir Simon Pierre et le disciple que Jésus aimait

( Jean 20.2 )

 

Point n°6 : Simon Pierre et le disciple que Jésus aimait courent au tombeau

( Jean 20.3-9 )

 

Point n°7 : Pierre et le disciple que Jésus aimait retournent chez eux

( Jean 20.10 )

 

Point n°8 : Marie de Magdala demeure seule près du tombeau

( Jean 20.11 )

 

Point n°9 : Marie de Magdala voit deux anges et s’entretient avec eux

( Jean 20.12-13 )

 

Point n°10 : Première apparition du Messie Jésus à Marie de Magdala

( Jean 20.14-17 )

 

Point n°11 : Marie de Magdala va annoncer aux disciples qu’elle a vu le Seigneur

( Jean 20.18 )

 

Point n°12 : Apparition du Messie Jésus aux disciples réunis le dimanche soir

( Jean 20.19-23 )

 

Point n°13 : Thomas, appelé Didyme, est absent lors de cette apparition

( Jean 20.24-25 )

 

Point n°14 : Nouvelle apparition du Messie Jésus huit jours plus tard en présence de Thomas

( Jean 20.26-29 )

 

Point n°15 : Apparition du Messie Jésus aux disciples sur les rives du lac de Tibériade

( Jean 21.1-13 )

 

Point n°16 : Jean précise qu’il s’agit de la troisième apparition du Messie Jésus aux disciples

( Jean 21.14 )

 

Point n°17 : Long entretien du Messie Jésus avec Pierre en présence des disciples

( Jean 21.15-25 )

 

Remarque générale sur le récit de Jean

Le récit de Jean se distingue fortement de ceux des Évangiles synoptiques par la quantité de détails personnels et narratifs qu’il apporte concernant les apparitions du Messie Jésus ressuscité.

Jean insiste particulièrement sur :

  • les déplacements de Marie de Magdala ;
  • la réaction de Pierre et du disciple que Jésus aimait ;
  • les dialogues entre le Messie Jésus et ses disciples ;
  • ainsi que la réalité physique de la résurrection.

Contrairement aux Synoptiques, Jean développe longuement certaines scènes individuelles, notamment :

  • la rencontre entre Marie de Magdala et le Messie Jésus ;
  • l’épisode de Thomas ;
  • la pêche miraculeuse sur le lac de Tibériade ;
  • et l’entretien final avec Pierre.

Le récit de Jean permet également de mieux comprendre plusieurs déplacements et transitions chronologiques seulement évoqués brièvement dans les autres Évangiles. Ses précisions jouent donc un rôle essentiel dans l’harmonisation générale des récits de la résurrection.

XII. Analyse du récit de Jean

Jean offre une description plus détaillée de cette période que ses confrères, en intégrant la seconde pêche miraculeuse ainsi que l’entretien avec Pierre. Ces éléments supplémentaires conservent la cohérence avec les récits précédents, car Jean s’efforce d’ajouter des faits que Matthieu, Marc et Luc n’avaient pas mentionnés.

Nicodème est mentionné aux côtés de Joseph d’Arimathée. Jean fait référence à Nicodème à trois reprises dans son Evangile ( Jean 3.1-21 , Jean 7.45-52 et Jean 19.38-42 ), indiquant une certaine importance de cette personne.

Marie de Magdala est mentionnée dans le récit de Jean comme étant la première personne à rencontrer le Messie ressuscité. Les noms des personnes sont détaillés davantage que dans les récits des évangiles synoptiques, probablement en raison de la rédaction plus tardive de l’Évangile de Jean. À cette époque, la plupart des personnes étaient décédées, ce qui dispensait Jean de prendre des précautions pour les protéger des persécutions.

Il est impératif de compiler l’ensemble de ces informations afin d’établir une chronologie précise des visites effectuées par les femmes au tombeau. Bien que chaque auteur n’ait pas fourni l’intégralité des détails, leurs récits sont considérés comme authentiques. Néanmoins, en mettant en avant certains éléments et en omettant d’autres, ils engendrent des défis d’interprétation.

XIII. Synthèse des quatre Evangiles

Nous arrivons maintenant à la synthèse des quatre récits évangéliques relatifs à la mort, à l’ensevelissement et à la résurrection du Messie Jésus. Cette étude nécessite plusieurs choix d’interprétation que nous signalerons lorsqu’ils demeurent hypothétiques.

La chronologie proposée repose sur le principe suivant : les récits évangéliques sont complémentaires et historiquement cohérents. Les différences observées proviennent principalement de la sélection des détails opérée par chaque auteur, ainsi que de l’absence d’une chronologie exhaustive et minutée des événements. Notre travail consiste donc à replacer les informations dans un ordre naturel et cohérent afin de reconstruire le déroulement le plus plausible des faits.

La journée du vendredi 1er avril 33

(Jour de la Pâque)

Nous sommes le vendredi 1er avril 33. Le Messie Jésus vient de mourir sur la croix. Joseph d’Arimathée entreprend alors des démarches auprès de Ponce Pilate afin d’obtenir l’autorisation de retirer le corps et de procéder à l’ensevelissement avant le début du sabbat.

Point N°1 (✓✓✓✓) Joseph d’Arimathée demande à Pilate le corps du Messie Jésus

( Matthieu 27.57-58 ; Marc 15.42-43 ; Luc 23.50-52 ; Jean 19.38 )

Remarque

Les quatre Évangiles rapportent cet événement de manière complémentaire et cohérente.

Matthieu insiste sur la richesse de Joseph d’Arimathée. Marc et Luc rappellent son appartenance au conseil juif, tandis que Luc précise qu’il n’avait pas approuvé la condamnation du Messie Jésus. Marc souligne également son courage lorsqu’il se présente devant Pilate. Jean ajoute qu’il était disciple de Jésus en secret par crainte des autorités juives.

Ces différentes précisions ne se contredisent pas ; elles enrichissent au contraire le portrait de Joseph d’Arimathée et expliquent sa démarche auprès du préfet romain.

 

Point N°2 (✓✓✓✓) Pilate fait vérifier la mort du Messie Jésus

( Marc 15.44-45 )

Remarque

Marc est le seul à mentionner explicitement cette vérification officielle. Ce détail s’intègre naturellement dans la chronologie.

La mort de Jésus semble avoir été relativement rapide. Selon les Évangiles, Jésus fut crucifié vers la troisième heure, soit environ 9h du matin ( Marc 15.25 ). Des ténèbres couvrirent ensuite le pays entre la sixième et la neuvième heure, c’est-à-dire entre midi et 15h ( Matthieu 27.45 ; Marc 15.33 ; Luc 23.44 ). Jésus expira vers la neuvième heure, soit approximativement 15h ( Matthieu 27.46-50 ; Marc 15.34-37 ; Luc 23.46 ).

Cette durée relativement courte explique l’étonnement de Pilate, car certains crucifiés pouvaient survivre plusieurs jours. Le témoignage du centurion confirme donc officiellement la réalité de la mort du Messie Jésus.

N’oublions pas que Pilate avait accepté la demande du Sanhédrin d’achever les crucifiés afin que les corps soient enlevés avant le début du sabbat.

Ce détail revêt une grande importance face aux théories ultérieures prétendant que Jésus aurait survécu à la crucifixion.

L’état de faiblesse extrême du Messie Jésus permet d’expliquer cette mort rapide : détresse profonde avant l’arrestation ( Luc 22.44 ), absence de sommeil, violences physiques, puis flagellation romaine destinée à accélérer l’issue de l’exécution.

 

Point N°3 (□□□✓) Intervention de Nicodème

( Jean 19.39 )

Remarque

Jean est le seul à mentionner explicitement Nicodème.

Ce personnage accompagne Joseph d’Arimathée lors de l’ensevelissement et apporte une grande quantité d’aromates. Cette précision complète naturellement les autres récits.

L’absence de Nicodème dans les Synoptiques ne constitue pas une contradiction. Les auteurs ont simplement sélectionné des détails différents. Jean, qui écrit plus tardivement, semble particulièrement soucieux de mettre en valeur certains personnages favorables au Messie Jésus au sein des autorités juives. Les auteurs des synoptiques ne souhaitaient pas créer des difficultés à celui qu’ils considéraient maintenant comme un frère.

 

Point N°4 (✓✓✓✓) Le corps est déposé dans le tombeau et la pierre est roulée

( Matthieu 27.59-60 ; Marc 15.46 ; Luc 23.53-54 ; Jean 19.40-42 )

Remarque

Joseph d’Arimathée et Nicodème retirent le corps de Jésus de la croix, l’enveloppent dans un linceul avec des aromates et le déposent dans un tombeau neuf. Ils se sont sûrement fait aider par les soldats romains présents sur place.

Les récits convergent sans difficulté. Une lourde pierre est ensuite roulée devant l’entrée du sépulcre.

L’ensemble des opérations doit être achevé rapidement avant le commencement du sabbat.

 

Point N°5 (✓✓✓□) Les femmes observent l’ensevelissement

( Matthieu 27.61 ; Marc 15.47 ; Luc 23.55 )

Remarque

Marie de Magdala ainsi que plusieurs autres femmes observent à distance l’ensevelissement du corps.

Luc précise qu’elles virent comment le corps fut placé dans le tombeau ( Luc 23.55 ). Cette précision explique pourquoi elles savent ensuite exactement où revenir après le sabbat.

Leur présence montre également qu’elles furent témoins directs de la fermeture du sépulcre.

 

Journée du samedi 2 avril 33

(Sabbat)

Le samedi correspond au sabbat hebdomadaire. Toute activité importante cesse à Jérusalem.

 

Point N°6 (✓□□□) Les autorités demandent une garde pour surveiller le tombeau

( Matthieu 27.62-65 )

Remarque

Matthieu est le seul à rapporter cet épisode.

Caïphe et les autorités religieuses craignent que les disciples ne dérobent le corps afin de faire croire à une résurrection. Ils demandent donc à Pilate une surveillance officielle du tombeau.

Cette information s’intègre logiquement dans le contexte des tensions entourant le Messie Jésus. Personne n’a intérêt à ce que cette histoire se développe ainsi Pilate accepte facilement de placer une garde. Il est impératif pour tous que cet épisode se termine maintenant.

 

Point N°7 (✓□□□) La garde surveille le tombeau

( Matthieu 27.66 )

Remarque

Le tombeau est sécurisé et placé sous surveillance.

Matthieu semble répondre ici à des accusations circulant après la résurrection selon lesquelles les disciples auraient dérobé le corps.

 

Journée du dimanche 3 avril 33

(Premier jour de la semaine)

Le premier jour de la semaine commence après le coucher du soleil du sabbat.

 

Point N°8 (□✓✓□) Les femmes préparent ou achètent des aromates

( Marc 16.1 ; Luc 23.56 )

Remarque

Après le sabbat, plusieurs femmes préparent des aromates afin d’achever les soins funéraires commencés dans l’urgence avant le repos sabbatique.

Jean précise toutefois que Nicodème avait déjà apporté une quantité importante de parfums ( Jean 19.39-40 ). Les femmes ne viennent donc probablement pas pour effectuer un premier embaumement complet, mais plutôt pour compléter ou honorer la sépulture.

 

Point N°9 (✓✓✓✓) Les femmes se rendent au tombeau à l’aube

( Matthieu 28.1 ; Marc 16.2-4 ; Luc 24.1-2 ; Jean 20.1 )

Remarque

Les femmes quittent Jérusalem très tôt.

Jean précise qu’il faisait encore sombre ( Jean 20.1 ), tandis que Marc parle du lever du soleil ( Marc 16.2 ). Ces indications sont parfaitement compatibles : le départ a probablement lieu dans l’obscurité et l’arrivée au tombeau au lever du jour.

Pendant le trajet, les femmes s’inquiètent de la pierre fermant le tombeau ( Marc 16.3 ).

À leur arrivée, elles découvrent que la pierre a déjà été roulée.

 

Point N°10 (✓□□□) Tremblement de terre et intervention de l’ange

( Matthieu 28.2-4 )

Remarque

Matthieu rapporte qu’un ange descend du ciel dans un contexte de tremblement de terre et roule la pierre du tombeau.

Cependant, rien dans le texte n’oblige à conclure que les femmes assistèrent directement à cette scène. Marc, Luc et Jean décrivent au contraire les femmes découvrant simplement le tombeau déjà ouvert.

Il est donc probable que Matthieu fournisse ici l’explication de la pierre roulée de manière rétrospective.

Cette compréhension permet d’harmoniser naturellement les quatre récits.

 

Point N°11 (✓□□✓) Marie de Magdala quitte rapidement le tombeau

( Jean 20.1-2 )

Remarque

Jean semble décrire ici une réaction immédiate de Marie de Magdala. En voyant la pierre roulée, elle conclut spontanément que le corps du Messie Jésus a été déplacé :

« Ils ont enlevé du tombeau le Seigneur » ( Jean 20.2 ).

À ce moment précis, rien n’indique qu’elle ait pénétré dans le tombeau ni qu’elle ait vu les anges. Son comportement suggère au contraire un départ rapide vers Jérusalem afin d’avertir Pierre et Jean et les autres apôtres.

Cette précision est essentielle pour harmoniser le récit de Jean avec ceux des Synoptiques. Pendant que Marie repart prévenir les disciples, les autres femmes demeurent près du tombeau.

 

Point N°12 (✓✓✓□) Les autres femmes s’approchent du tombeau et entrent dans le sépulcre

( Matthieu 28.5 ; Marc 16.5 ; Luc 24.3-4 )

Remarque

Après le départ de Marie de Magdala, les autres femmes s’approchent davantage du tombeau et pénètrent dans le sépulcre.

Marc mentionne la présence d’un jeune homme vêtu de blanc ( Marc 16.5 ), tandis que Luc parle de deux hommes en vêtements resplendissants ( Luc 24.4 ). Matthieu met surtout l’accent sur l’ange qui rassure les femmes ( Matthieu 28.5 ).

Ces récits sont complémentaires : les auteurs mettent en avant le ou les personnages qu’ils jugent centraux dans la scène.

 

Point N°13 (✓✓✓□) Les anges annoncent la résurrection aux femmes

( Matthieu 28.6-7 ; Marc 16.6-7 ; Luc 24.5-8 )

Remarque

Les anges annoncent alors que le Messie Jésus est ressuscité et demandent aux femmes de prévenir les disciples.

Les femmes quittent le tombeau avec un mélange de crainte, de stupeur et de joie ( Matthieu 28.8 ; Marc 16.8 ).

Marc insiste particulièrement sur leur état de choc immédiat lorsqu’elles quittent les lieux.

 

Point N°14 (□□□✓) Pierre et Jean courent au tombeau

( Jean 20.3-10 ; Luc 24.12 )

Remarque

Après avoir entendu le témoignage de Marie de Magdala et des autres femmes, Pierre et Jean se rendent rapidement au tombeau. Ils devaient toutefois agir avec prudence afin de ne pas attirer l’attention des autorités religieuses, qui demeuraient hostiles aux disciples de Jésus.

Sur place, ils découvrent les linges funéraires soigneusement déposés, ainsi que le suaire roulé et placé à part ( Jean 20.6-7 ). Le tombeau ne présente donc aucun signe d’un vol précipité ou d’une profanation.

En observant ces éléments, Jean semble commencer à saisir la réalité de la résurrection, même s’il ne comprend pas encore pleinement l’ensemble des Écritures relatives à cet événement ( Jean 20.8-9 ).

 

Point N°15 (□□□✓) Marie de Magdala revient au tombeau après Pierre et Jean

( Jean 20.11 )

Remarque

Après le départ des deux disciples, Marie demeure seule près du tombeau en pleurant.

Cette précision est fondamentale, car elle montre que la scène décrite maintenant par Jean est distincte de celle rapportée précédemment dans les Synoptiques.

Marie se trouve désormais seule devant le sépulcre.

 

Point N°16 (□□□✓) Marie de Magdala voit les deux anges

( Jean 20.12-13 )

Remarque

Jean précise que Marie aperçoit alors deux anges assis dans le tombeau.

Cette scène explique pourquoi Marie n’avait pas encore parlé d’anges dans ( Jean 20.2 ) : elle ne les avait tout simplement pas encore vus.

Cette distinction chronologique résout l’essentiel de la difficulté soulevée par les critiques.

 

Point N°17 (✓□✓✓) Première apparition du Messie Jésus ressuscité

( Matthieu 28.9 ; Marc 16.9 ; Jean 20.14-17 )

Remarque

Le Messie Jésus apparaît alors à Marie de Magdala.

Jean développe longuement cette rencontre personnelle, tandis que Marc la résume brièvement.

Matthieu mentionne également une apparition aux femmes alors qu’elles quittent le tombeau ( Matthieu 28.9 ). Il est possible que Jésus soit apparu :

  • d’abord à Marie de Magdala seule ;
  • puis ensuite aux autres femmes.

Les Évangiles condensent parfois plusieurs événements rapprochés sans détailler toutes les transitions chronologiques intermédiaires.

XIV – Remarque générale sur les déplacements et la chronologie des événements

Les auteurs de l’Antiquité résumaient fréquemment plusieurs événements rapprochés sans détailler l’ensemble des transitions intermédiaires. Il était courant de condenser une succession d’actions en une narration synthétique centrée sur les faits jugés les plus significatifs. Les Évangiles s’inscrivent dans cette pratique littéraire. Par conséquent, certaines étapes intermédiaires doivent être reconstituées à partir de l’ensemble des témoignages disponibles plutôt qu’à partir d’un seul récit considéré isolément ( Luc 1.1-4 ; Jean 20.30-31 ).

Notre objectif n’est donc pas de découvrir des événements cachés, mais de proposer une lecture harmonisée des témoignages de Matthieu, Marc, Luc et Jean concernant les événements qui entourent la résurrection du Messie Jésus.

La compréhension de ces récits nécessite de suivre avec attention les déplacements des différents témoins. Les difficultés apparentes proviennent souvent du fait que plusieurs groupes agissent simultanément dans un intervalle de temps relativement court, tandis que chaque évangéliste choisit de concentrer son récit sur certains personnages ou certaines scènes particulières.

Il est également probable que les disciples et les femmes aient évité de se déplacer en groupes trop importants. Après l’arrestation et la crucifixion de Jésus, les autorités religieuses demeuraient hostiles à ses partisans ( Jean 20.19 ). Dans ce contexte, la discrétion constituait vraisemblablement une mesure de prudence.

Les Évangiles n’ont pas pour objectif de fournir un compte rendu continu, minute par minute, des événements. Chaque auteur résume certaines scènes et met l’accent sur les éléments qu’il considère essentiels à sa démonstration. Une lecture isolée de chaque récit peut ainsi donner l’impression de divergences, alors qu’une lecture d’ensemble permet souvent de reconstituer une chronologie cohérente et harmonieuse.

Le point le plus important concerne le parcours de Marie de Magdala. Selon le récit de Jean, elle constate que la pierre a été roulée et quitte immédiatement les lieux pour prévenir Pierre et le disciple bien-aimé, avant même d’avoir vu les anges ou entendu l’annonce de la résurrection ( Jean 20.1-2 ). Son témoignage initial ne porte d’ailleurs pas sur la résurrection, mais sur la disparition apparente du corps : « Ils ont enlevé du tombeau le Seigneur » ( Jean 20.2 ).

Pendant ce temps, les autres femmes demeurent à proximité du tombeau. Elles s’approchent davantage du sépulcre, y entrent et reçoivent le message des anges annonçant que Jésus est ressuscité ( Matthieu 28.5-7 ; Marc 16.5-7 ; Luc 24.3-8 ).

Après avoir reçu le témoignage de Marie de Magdala, Pierre et Jean se rendent à leur tour au tombeau ( Jean 20.3-4 ). Ils constatent l’absence du corps ainsi que la disposition ordonnée des linges funéraires ( Jean 20.6-8 ). Une fois leurs observations terminées, ils retournent à Jérusalem ( Jean 20.10 ).

Marie de Magdala revient alors au tombeau et demeure seule près du sépulcre. C’est à ce moment qu’elle voit les anges puis rencontre le Seigneur ressuscité ( Jean 20.11-17 ). Elle devient ainsi la première personne explicitement identifiée par les Évangiles comme ayant vu le Christ ressuscité ( Marc 16.9 ).

Selon cette reconstitution, plusieurs déplacements successifs se croisent :

  • les femmes quittent Jérusalem pour se rendre au tombeau ;
  • Marie de Magdala repart rapidement avertir les disciples ;
  • les autres femmes demeurent près du sépulcre ;
  • Pierre et Jean se rendent ensuite au tombeau ;
  • Marie revient avec eux ou peu après eux ;
  • Pierre et Jean repartent vers Jérusalem ;
  • Marie reste seule près du tombeau ;
  • le Seigneur ressuscité lui apparaît.

Cette succession de mouvements explique naturellement pourquoi certains témoins assistent à certains événements tandis que d’autres ne les mentionnent pas. Les récits évangéliques apparaissent alors non comme contradictoires, mais comme complémentaires. Chaque auteur décrit une partie particulière d’un événement complexe, impliquant plusieurs groupes de personnes, de nombreux déplacements et une succession rapide d’événements riches en émotions et en portée spirituelle.

XV – Décision importante dans cette chronologie

Les récits de la résurrection rapportés par Matthieu, Marc, Luc et Jean présentent une remarquable cohérence d’ensemble, bien que chaque évangéliste mette l’accent sur des aspects particuliers des événements. Les Évangiles ne prétendent pas fournir un compte rendu exhaustif de tous les faits observés, mais sélectionnent les éléments jugés les plus pertinents pour leur démonstration théologique ( Jean 20.30-31 ; Luc 1.1-4 ). Il convient donc d’examiner ces récits comme des témoignages complémentaires plutôt que comme des descriptions concurrentes.

La première difficulté concerne la visite de Simon Pierre et du disciple bien-aimé au tombeau. Luc rapporte que Pierre se rend au sépulcre après avoir entendu le témoignage des femmes, mais il ne mentionne pas la présence de Jean ( Luc 24.12 ). Jean, quant à lui, précise qu’il accompagnait Pierre lors de ce déplacement ( Jean 20.3-8 ). Cette différence ne constitue pas une contradiction. Les auteurs bibliques omettent fréquemment certains personnages lorsqu’ils ne sont pas essentiels à l’objectif poursuivi. Ainsi, Marc ne mentionne qu’un seul démoniaque en Décapole alors que Matthieu en mentionne deux ( Marc 5.1-20 ; Matthieu 8.28 ). De même, Luc choisit ici de concentrer son attention sur Pierre, figure principale du groupe apostolique, tandis que Jean apporte un complément d’information en signalant sa propre présence.

La deuxième difficulté concerne la rencontre entre Marie de Magdala et Jésus ressuscité. Le récit de Jean semble présenter Marie seule auprès du tombeau ( Jean 20.11-18 ). Cependant, les Évangiles synoptiques indiquent clairement que plusieurs femmes étaient présentes lors de cette visite matinale ( Matthieu 28.1 ; Marc 16.1 ; Luc 24.10 ). Parmi elles figurent notamment Marie de Magdala, Marie mère de Jacques et de Joseph, Salomé et d’autres femmes venues de Galilée.

Cette différence peut s’expliquer par le choix littéraire de Jean de concentrer son attention sur Marie de Magdala. Celle-ci occupe en effet une place particulière parmi les disciples de Jésus. Les Évangiles rappellent qu’elle avait été délivrée de sept démons ( Luc 8.2 ; Marc 16.9 ) et qu’elle faisait partie des femmes qui soutenaient matériellement le ministère de Jésus ( Luc 8.1-3 ). Son témoignage revêt donc une importance particulière dans la tradition chrétienne primitive. Il est ainsi possible que Jean ait volontairement mis en avant son expérience personnelle sans chercher à mentionner systématiquement les autres femmes présentes.

La troisième difficulté concerne le nombre d’allers-retours effectués par Marie de Magdala entre le tombeau et les disciples. Le récit johannique semble distinguer deux annonces successives. Dans un premier temps, Marie informe Pierre et Jean que le tombeau est vide et que le corps de Jésus a disparu : « Ils ont enlevé du tombeau le Seigneur, et nous ne savons où ils l’ont mis » ( Jean 20.2 ). À ce moment-là, elle ne possède encore aucune certitude concernant la résurrection.

Dans un second temps, après avoir vu les anges puis rencontré Jésus ressuscité, elle retourne vers les disciples avec un message totalement différent : « J’ai vu le Seigneur » ( Jean 20.18 ). La nature même de ces deux déclarations rend difficile leur fusion en une seule annonce. La première exprime l’incompréhension devant un tombeau vide ; la seconde constitue un témoignage direct de la résurrection.

Si Matthieu ne rapporte qu’une seule annonce des femmes aux disciples ( Matthieu 28.8-10 ), cela peut s’expliquer par son objectif narratif. La première information transmise par Marie de Magdala n’apporte aucun élément concernant la résurrection elle-même. Matthieu choisit donc probablement de ne retenir que l’annonce essentielle à sa démonstration, celle qui concerne la victoire du Christ sur la mort.

Dans cette hypothèse, les anges se seraient manifestés aux femmes mais non aux apôtres. Pierre et Jean constatent seulement l’état du tombeau et les linges déposés à l’intérieur ( Jean 20.5-7 ), tandis que les anges apparaissent aux femmes afin de leur annoncer que Jésus est ressuscité ( Matthieu 28.5-7 ; Luc 24.4-8 ). Cette distinction explique pourquoi aucun des deux apôtres ne rapporte avoir vu les messagers célestes lors de leur visite.

Nous retenons donc l’hypothèse selon laquelle Marie de Magdala fut la première personne à voir le Seigneur ressuscité ( Marc 16.9 ), sans pour autant être nécessairement isolée du reste du groupe des femmes. Son rôle est particulièrement mis en évidence par les évangélistes en raison de la valeur de son témoignage et de sa proximité avec Jésus.

Plus généralement, les Évangiles montrent que chaque auteur sélectionne les détails qu’il juge utiles à son propos. L’absence d’une information dans un récit ne signifie pas nécessairement son inexistence, mais reflète souvent un choix rédactionnel. C’est pourquoi une lecture harmonisée des quatre témoignages permet de mieux comprendre la succession des événements et de mettre en évidence leur profonde complémentarité ( Luc 1.1-4 ; Jean 21.25 ).

Conclusion

Les Évangiles de Matthieu, Marc, Luc et Jean ne cherchent pas à établir une chronologie exhaustive et détaillée des événements survenus le jour de la résurrection. Chaque auteur sélectionne les faits qu’il juge les plus significatifs pour son propos et met en lumière certains témoins ou certaines apparitions particulières. Cette méthode de rédaction, courante dans l’historiographie antique, nécessite une analyse comparative des différents récits afin de reconstituer la succession probable des événements.

L’étude menée ici montre qu’il est possible d’établir une harmonisation cohérente entre les quatre témoignages évangéliques sans remettre en cause l’exactitude des informations qu’ils rapportent. Les différences observées concernent principalement le niveau de détail, le choix des personnages mis en avant et l’organisation du récit, plutôt que les faits eux-mêmes. Loin de s’opposer, les récits apparaissent comme complémentaires et contribuent ensemble à une compréhension plus complète de cette journée exceptionnelle.

Les conclusions proposées demeurent toutefois des hypothèses de travail. Comme toute reconstitution chronologique fondée sur des sources anciennes, elles restent ouvertes à la discussion et pourront être réexaminées à la lumière de nouveaux arguments ou d’observations complémentaires. Notre objectif n’est pas d’imposer une solution définitive, mais de proposer l’explication qui nous paraît actuellement la plus conforme à l’ensemble des données bibliques.

Dans cette étude, nous avons examiné les événements survenus le jour de la résurrection, que nous identifions au dimanche 3 avril 33. L’analyse des apparitions du Christ ressuscité ne s’arrête cependant pas à cette seule journée. Les manifestations du Seigneur durant les quarante jours qui précèdent son ascension constituent un ensemble plus vaste qui mérite une étude spécifique ( Actes des apôtres 1.3 ). C’est pourquoi nous avons consacré l’annexe ANN090 à l’examen détaillé de ces différentes apparitions et à leur intégration dans une chronologie d’ensemble.

Enfin, la cohérence qui se dégage de cette harmonisation n’a rien de surprenant. Jean et Matthieu faisaient partie des témoins directs des événements, tandis que Marc a très probablement recueilli une partie importante de ses informations auprès de l’apôtre Pierre ( 1 Pierre 5.13 ). Quant à Luc, il affirme avoir mené une enquête approfondie auprès des témoins oculaires afin de transmettre un récit ordonné et fiable ( Luc 1.1-4 ). Ainsi, malgré leurs perspectives différentes, les quatre Évangiles convergent pour attester la réalité du tombeau vide et des apparitions du Christ ressuscité, fondement même de la foi chrétienne ( 1 Corinthiens 15.3-8 ).

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